Maëva, la fée des cerises du bel été flamboyant
croisa en chemin Vladimir des steppes aux beaux cheveux blonds bouclés qui
cascadaient sur ses épaules.
Un éclair les foudroya et ils se
retrouvèrent enlacés près d’une petite maison de paille laissée par les
glaneurs lors des moissons.
Vladimir devenu Volodia tressa
les beaux cheveux de la fée, y entremêlant des bleuets et des coquelicots.
Ils prononcèrent mille et un
serments d’amour avant de se séparer car chacun avait à cœur de diriger son
domaine, le prince Vladimir son petit royaume qui n’était pas sans rappeler La
Cerisaie et la fée un espace féerique et disparate qui formait un ruban azuré.
Les jours passèrent et il fallut
une circonstance qui sortait de l’ordinaire pour que les deux amants se
retrouvent.
Une jeune fille du domaine
princier avait subi des violences de la part d’un parent trop épris de jeune
beauté et dénué de morale, de sorte que Violetta, la victime s’était enfuie, en
jupons et sans chaussures.
La fée des cerises recueillit la
malheureuse et lui donna les premiers soins de son propre chef tant la jeune
fille était effarouchée.
Les jours passèrent et Violetta,
devenue sa filleule, redevint la jeune fille radieuse qu’elle avait été avant
son abominable agression.
La fée lui donna des cours de
poésie et d’écriture romanesque. Un musicien lui apprit à jouer du piano et du
violon et la meilleure brodeuse du palais lui enseigna l’art de la broderie
dont elle devint experte.
Aux cuisines, on lui montra des
tours de main pour prépare de succulents repas : pâtés en croûte, vol au
vent de volaille, salmis de pigeons, pastilla aux amandes, crèmes aromatisées
aux fleurs des bois et à divers parfums venus des îles, gâteaux sous forme de
pièce montée n’eurent bientôt plus aucun secret pour la jeune fille et pour
fêter son accession au rang de jeune fille à marier, la fée ordonna que l’on
prépare un bal en l’honneur de la belle Violetta, devenue grâce aux soins
prodigués par la fée, un part de premier choix.
Le jour des festivités venu,
chacun se pressa pour voir la splendide créature dont chacun parlait et
personne ne fut déçu tant sa beauté était évidente et éclatait au grand jour.
Un prince venu d’orient eut la
primeur de la première valse car il avait offert des joyaux incomparables et
une somme considérable en pièces d’or
pour prétendre à cette ouverture.
Vladimir invita la fée à danser
et ils formèrent d’emblée le plus beau couple qui se puisse trouver.
Le prince murmura des mots
d’amour à Maeva qui tremblait de désir dans ses bras.
De nombreux couples se formèrent
et connurent une issue heureuse ce soir-là.
Quant au malotru qui avait
agressé la merveilleuse Violetta, il avait été banni du royaume et on lui avait
infligé le flétrissement du visage, coutume chinoise que l’on réservait à ceux
qui avaient osé défier l’empereur.
On oublia vite ce triste sire qui
était repoussé par tous car son forfait était lisible au grand jour par chacun
et il se réfugia dans un marécage, vivant des produits de chasse, de cueillette
et d’un élevage minimal.
Des bans royaux furent annoncés
et on célébra le même jour les noces du prince Vladimir et de la fée ainsi que
celles du prince Abdallah et de la jolie Violette.
Par la suite, le prince Abdallah
emmena sa jolie épouse dans son royaume et quant au couple formé par le prince
Vladimir et la fée, ils vécurent une magnifique histoire d’amour, alternant les
passages dans les deux domaines et les palais.
Des fêtes furent données à
l’occasion des baptêmes des enfants et les deux couples se réunirent, tantôt à
Bagdad, tantôt à La Cerisaie des temps nouveaux pour célébrer les anniversaires
des enfants qui étaient nés de ces splendides unions.