Comme il était mignon, notre petit Eloan, lorsqu’il chantait
en la mimant une comptine apprise en maternelle « Vole, vole, petit
oiseau » !
Papa, devenu plus tard Papounet d’amour avait la primeur de
ce spectacle sans cesse revu puisque mon petit fils avait le souci de la
perfection.
Mamie composait des hymnes qu’elle chantait avec ardeur. L’un
des refrains était « Je suis Eloan le magnifique ! Hurrah ».
Eloan chantait ce refrain à tue-tête lors de ses balades à bicyclette en
compagnie de Papa et ses Hurrah n’avaient rien à envier aux Cosaques, grands
seigneurs de guerre.
Il aimait se promener avec Papi et l’une de ses dernières
escapades eut lieu à Marquèze.
Ce célèbre musée à ciel ouvert offre aux touristes un aperçu
de la vie menée dans les Landes autrefois.
Maison à colombages meublée à l’ancienne, échassiers,
chevaux, moulin et four à bois d’où l’on sort du pain et des pastis fleurant
bon l’anis ou la fleur d’oranger racontent l’histoire de ce terroir resté
longtemps dans son état initial restauré par Napoléon III.
Ce qui passionnait avant tout Eloan, c’est le petit train qui
conduisait les amoureux des lieux d’un point à un autre.
Marquèze était son royaume d’où l’on rapportait mille et un
trésors comme un tabouret en forme de champignon qui trône dans notre salle à
manger.
Malheureusement, dans les contes de fées, il y a souvent une
fée Carabosse qui s’acharne sur un prince ou une personne innocente pour le
plaisir de jeter un sort maléfique.
Il y en eut une qui s’en prit au maître de maison, Papi, si généreux
et prévenant envers son petit-fils.
Une toux diabolique l’emporta et le petit prince de la maison
ne revit son Papi que sur son lit de mort.
Vêtu de noir, il assista aux obsèques qui se déroulèrent dans
la chapelle de Notre Dame des Cyclistes, à 500 mètres de la maison.
Il accompagna Mamie dans le chœur en disant un texte à deux
voix composé pour cette funeste occasion par la conteuse familiale afin de
redire une fois de plus à Papi qu’on serait toujours auprès de lui par la
pensée.
Le vent a emporté les rêves d’Eloan et sa croyance en la
féerie.
Lors de ses promenades, il rapportait une fleur ou une plume
d’oiseau trouvés dans les chemins pour Mamie qui les enserrait dans ses carnets
d’écriture en guise de porte-bonheur.
Petit à petit, ces gestes ont disparu et dorénavant, il
s’enveloppe dans une houppelande pour s’enfermer dans un monde virtuel dont
nous sommes exclus.
Espérons que les roses de Noël lui rendront un peu de cette
magie nécessaire au bonheur familial !