samedi 7 novembre 2026

Chanson de l' Aimée aux yeux d'or

 

 

 


Chanson de l' Aimée aux yeux d'Or
Tes lèvres aux saveurs de mer et de miel cherchent les miennes, les trouvent et c'est un envol de papillons gracieux qui nous fait frémir de désir.
J'ai voulu échapper à tes étreintes, écrivant encore et toujours un hymne à l'amour mais à force de vouloir suivre la raison, je me suis sentie alanguie et désespérée.
Il faut donc que j'adopte une toute autre voie et que j'accepte d'écouter les vibrations de mon corps qui se tend, tel un arc de volupté, vers toi, mon aimé, mon trésor, mon prince des orangers aux parfums de bonheur. 

La mystérieuse fée des bois

 

 

 


Dans sa petite maison située à l’orée d’une forêt, Wendy songeait à la manière de tirer parti du  bel héritage dont elle avait été la bénéficiaire lorsqu’elle reçut un mystérieux appel :

«  Venez à moi, Wendy, vous serez couronnée fée des bois et recevrez le sceptre en bois d’olivier célébrant les fées des sources ».

Sous forme de ruban enluminé, le message fut déployé par des tourterelles qui déposèrent l’appel manuscrit avant de disparaître dans une envolée céleste.

Wendy revêtit une tenue adaptée à la marche, se chaussa en conséquence et partit en forêt, une besace sur l’épaule pour engranger les trésors des sous-bois collectés.

Elle marcha plusieurs heures, cueillant et ramassant çà et là les produits-phares des bois, champignons, baies, fleurs et plantes qu’elle ensachait consciencieusement pour les conserver en bon état.

Les parfums chatouillaient ses narines et le chant des oiseaux stimulait son désir d’aller de l’avant. Elle arriva dans une clairière où chantait un ruisseau. Elle délaça ses chaussures et trempa ses pieds endoloris dans l’eau. Elle sécha ensuite ses pieds revigorés et les enduisit d’un baume à la rose.

Elle s’assit ensuite sur un banc de pierre et fut à peine étonnée de voir se présenter une fée.

«  Tu as suivi scrupuleusement les consignes, Wendy, sois-en remerciée » !

La fée disparut dans un éclair d’argent. Wendy s’aperçut alors qu’un énorme changement s’était produit dans la clairière. Elle s’était considérablement élargie et un Riad, à la mode orientale, avait surgi, promettant les splendeurs des Mille et Une Nuits.

Elle pénétra dans le Riad en robe de soie. Une dame d’honneur emporta sa tenue de marche et sa besace, promettant de mettre au menu la collecte du jour.

La pièce réservée à l’accueil des invités, richement meublée et décorée, ornée d’une volière où évoluaient des oiseaux exotiques, lui permit de se reposer en toute quiétude.

On la pria ensuite de passer à table et elle put savourer une omelette aux champignons, des abats en sauce servis avec de jeunes pousses en salade, du fromage de brebis et une tarte aux fruits rouges.

Cet excellent repas terminé, elle se retira dans la chambre que l’on avait préparée pour elle.

Alcôve de princesse, bergère, secrétaire, table de nuit où s’empilaient les ouvrages de ses auteurs préférés, Honoré de Balzac, Marcel Proust, Fédor Dostoïevski, Léon Tolstoï et Leila Slimani.

Après un bain parfumé, elle revêtit une chemise de nuit en lin, brodée et s’allongea dans le lit en se calant haut sur les coussins et lut quelques pages de La Nuit des Temps de René Barjavel, livre culte dont elle ne se séparait jamais et finit par s’endormir, couronnée virtuellement en fée des bois.

vendredi 6 novembre 2026

Aubépin, le prince aux fleurs

 

 



Au château de Beauregard, on attendait des nouvelles du chevalier Florian, parti guerroyer aux côtés du roi, mais elles se firent de plus en plus rares et brèves, ce qui ne manqua pas d’attrister sa belle épouse, Ondine aux longs cheveux dorés.

Certes elle avait à ses côtés le plus beau et le plus charmant des petits princes, Aubépin le bien nommé car son apparition dans le parc du château faisait éclore des fleurs dont certaines étaient inconnues jusqu’alors mais son époux lui manquait terriblement.

Au lendemain des fêtes données pour les cinq ans de son fils, elle décida de partir à sa recherche, laissant son fils aux bons soins de la famille réunie à Beauregard.

Aubépin grandissait en beauté et en charme. Il aimait les contes et par la suite, il lut des poèmes avec bonheur.

Des traités concernant les fleurs étaient présents sur sa table de chevet et il imagina des remèdes floraux capables de soulager certains maux qui étaient laissés de côté par la médecine.

Un parchemin parvint enfin au château, émanant de la belle Ondine : Florian était captif, ce qui expliquait son silence prolongé.

Ondine précisait qu’elle mettrait tout en œuvre pour le délivrer, ce dont chacun fut reconnaissant et soulagé.

Elle embrassait son cher petit garçon, lui recommandant de remplir les devoirs inhérents à sa condition.

Aubépin lui répondit dans une fort jolie lettre qu’il grandissait en ayant à la mémoire la gentillesse de sa mère et qu’il s’appliquait à devenir l’émule de son père dont on lui parlait avec tant de flamme.

Puis il revint à ses amours, les fleurs, et un jour, il vit naître un hybride parfumé qu’il nomma Ondine en souvenir de sa mère.

C’était une fleur qui s’apparentait à la rose, l’orchidée et qui possédait un parfum qui relevait de la vanille.

Il inventa un onguent qui pouvait à la fois soulager les personnes atteintes de rhumatismes et de signes précurseurs de la vieillesse.

Puis il créa des préparations gourmandes qui donnaient un piment délicat aux plats cuisinés et chacun prit l’habitude d’attendre la prochaine invention de celui que l’on surnomma le prince aux fleurs.

Les jours s’écoulèrent paisiblement et enfin une escorte apparut dans le lointain et l’on vit arriver avec joie le chevalier Florian et sa belle épouse Ondine qui serrèrent leur fils dans leurs bras aimants.

La liesse fut totale et des fêtes se succédèrent pour célébrer l’heureux événement.

Des volailles furent apprêtées dans un nappage de sauces odorantes et elles prirent place sur les tablées festives dans des volutes de fleurs.

Aubépin fut heureux de voir chacun savourer ses préparations et il se jura de dédier sa vie aux fleurs car seules, elles avaient le pouvoir d’offrir un supplément de bonheur à un monde un peu trop souvent tourné vers la guerre, à son humble avis.