dimanche 5 juillet 2026

La grotte fleurie

 

 



Silver, le génie des eaux, rendait souvent visite à Jacinthe, sa prisonnière d’amour,  à la tombée de la nuit. Il lui parlait peu et l’écoutait beaucoup. Apprenant qu’elle aimait les fleurs, il demanda aux naïades de décorer la grotte en évitant soigneusement les plantes vénéneuses comme le datura séduisant avec ses clochettes allongées en forme de clochettes capables de vous précipiter dans un sommeil mortel.

Les naïades furent aidées indirectement par Réjane, la nounou cajun de la princesse.

Persuadée que Jacinthe avait été enlevée par un génie ondin, Réjane déposait chaque jour une offrande sur les rives du cours d’eau si souvent peint par la princesse.

Des paniers de fleurs, des gâteaux de semoule en forme de cœur, des robes océanes cousues avec amour jalonnaient le contour de la rivière.

Tous ces présents, approuvés par Silver furent offerts à Jacinthe qui reconnut les marques de tendresse de sa nourrice, ce qui lui fit chaud au cœur.

Pour ne pas être distancées par ces marques d’affection, les ondines choisirent de beaux coquillages pour en faire des parures.

Colliers, bracelets de poignets et de chevilles, ceintures en or des rivières et perles de nacre s’harmonisaient avec la tenue de réception préparée pour la soirée passée en compagnie de Silver, soupirant timide qui ne savait pas déclarer sa flamme avec simplicité.

Il offrait des présents qui portaient un message crypté. Celui qui toucha Jacinthe était un miroir inclus dans un coquillage qui diffusait une mélodie apaisante quand on l’ouvrait : le miroir renvoyait des images provenant de Tournebride.

Jacinthe voyait ainsi ses parents et sa nourrice ; elle pouvait assister aux travaux de couture et de cuisine ainsi qu’à la cueillette des fleurs qui lui étaient destinées.

Elle apprit aussi que ses parents promettaient une colossale somme d’argent à celui ou celle qui ramèneraient leur fille bien aimée en son château.

 «  Voici le moment de nous dire adieu dit le génie en soupirant. Je ne souhaite pas que vos parents soient spoliés par un aventurier. Je vous ramènerai en personne chez vous » et il baissa les yeux pour que Jacinthe ne voie pas couler ses larmes.

Les larmes se transformèrent en perles qui devinrent une parure.

«  Ce sera mon dernier présent dit Silver, portez -le en souvenir d’un pauvre génie des eaux qui vous aima à la folie ».

Jacinthe fut touchée par ces aveux et elle promit au génie de porter la parure. La dernière boucle d’oreille eut un effet magique : Jacinthe se retrouva dans son lit en son château de Tournebride.

Elle se montra très vite à son entourage, rassura tout le monde en affirmant qu’elle avait été bien traitée. Elle promit le récit de son aventure et se laissa aller au bonheur de retrouver sa liberté.

Les effusions furent intenses et lorsque Jacinthe regagna sa chambre, elle eut une pensée pour le génie des eaux en ôtant ses boucles d’oreille. Elle lui écrivit une lettre de remerciement qu’elle confia à sa colombe personnelle.

L’oiseau revint, porteur d’un médaillon en forme de cœur. Cet ultime cadeau en rubis lui rappela que dans ce monde il existait une personne qui l’aimait tendrement et elle se sentit prête à affronter les aléas de la vie.

samedi 4 juillet 2026

Viens voir les comédiens

 

 



«  Les comédiens ont installé leurs tréteaux

Ils ont dressé leur estrade et tendu des calicots

Les comédiens ont parcouru les faubourgs

Ils ont donné la parade à grand renfort de tambour ».

Mettant ses pas dans ceux de Molière après avoir trouvé son prince de Condé, son Michel Baron et son Jean-Baptiste Lully en la personne de Laurent Ruquier, Vincent voit s’ouvrir les rideaux rouges du théâtre où il devient le premier ténor à apparaître dans le costume d’un acteur premier rôle d’une pièce à succès Chante et Tais-toi !

Gageons que ce spectacle obtiendra le triomphe attendu et que Vincent fera naître des vocations chez des adolescents en quête d’un devenir artistique.

«  Viens voir les comédiens

Voir les musiciens

Voir les magiciens

Qui arrivent ».

Le bal des Laze

 

 



«  Dans le château de Laze

Le plus grand bal de Londres

Lord et Lady de Laze

Recevaient le grand monde

Diamants rubis topazes

Et blanches robes longues ».

Fuyant les mondanités suzeraines, Vincent parcourut les jardins à la recherche d’une amoureuse au cœur de Marguerite, l’héroïne de Faust.

«  Je ris de me voir si belle en ce miroir » Ce signal provenait d’une fontaine. Une jeune beauté en robe de soie rose chantait en se mirant dans l’onde claire.

Elle sourit à Vincent qui lui donna la réplique avec le grand air de Ramuntcho.

«  Laissez- moi le temps de chausser des espadrilles dit la jolie Myriam

et nous danserons la valse du roi de la montagne.

Le couple dansa accompagné par les cigales et Vincent ne regretta pas le somptueux bal des Laze où l’on courait le risque de rencontrer un Othello.

Ils dansèrent jusqu’à l’aube et lorsqu’ils se séparèrent des cœurs de rubis ornèrent le drapé des danseuses du bal souverain.