lundi 30 mars 2026

Les baladins du rêve en bleu

 


Emboitant le pas à Django Reinhardt, Vinent se laissa bercer par les refrains de Gilbert Bécaud

«  Ces baladins qui sillonnent les routes

Mais qui sont-ils donc dans leur costume d’or ?

Des vagabonds ou des dieux en déroute ?

Ils n’ont que des chansons pour seul trésor ».

Lors d’une halte et d’un repas cuit au feu de bois, des femmes apparurent et se mirent à danser, accompagnées par les guitaristes du groupe.

«  Danse donc, joli baladin

C’est la ballade, c’est la ballade

Danse donc, joli baladin

C’est la ballade d’ Arlequin » .

Lorsque le feu fut éteint, les flammes de l’amour jaillirent dans les cœurs et Vincent trouva son Esméralda pour poursuivre le rêve engendré par la route.

La nuit bleue

 

 


Les vagues meurent sur la grève et dans une frange d’écume semblable à un frou-frou de rêve, Johnny surgit, vêtu de bleu turquoise.

Son visage apparaît dans un cœur façonné par des galets et il s’adresse à notre âme.

«  Croyez en la beauté. N’écoutez pas les cris de haine mais suivez mon étoile, elle vous a toujours guidés vers le bonheur ».

C’est alors que retentit sur l’île des cœurs meurtris une chanson où se mêlent le clapotis des vagues, l’appel des goélands et le bruit étouffé des pieds nus sur le sable mouillé.

De petites fées réalisent des colliers, des bracelets et des bagues en sculptant les galets et en les poudrant d’or.

Nous ornons notre corps de ces parures et nous rêvons d’un retour de Johnny dans le jardin des Hespérides de notre cœur.

Vole, vole, petit oiseau

 

 


Comme il était mignon, notre petit Eloan, lorsqu’il chantait en la mimant une comptine apprise en maternelle «  Vole, vole, petit oiseau » !

Papa, devenu plus tard Papounet d’amour avait la primeur de ce spectacle sans cesse revu puisque mon petit fils avait le souci de la perfection.

Mamie composait des hymnes qu’elle chantait avec ardeur. L’un des refrains était «  Je suis Eloan le magnifique ! Hurrah ». Eloan chantait ce refrain à tue-tête lors de ses balades à bicyclette en compagnie de Papa et ses Hurrah n’avaient rien à envier aux Cosaques, grands seigneurs de guerre.

Il aimait se promener avec Papi et l’une de ses dernières escapades eut lieu à Marquèze.

Ce célèbre musée à ciel ouvert offre aux touristes un aperçu de la vie menée dans les Landes autrefois.

Maison à colombages meublée à l’ancienne, échassiers, chevaux, moulin et four à bois d’où l’on sort du pain et des pastis fleurant bon l’anis ou la fleur d’oranger racontent l’histoire de ce terroir resté longtemps dans son état initial restauré par Napoléon III.

Ce qui passionnait avant tout Eloan, c’est le petit train qui conduisait les amoureux des lieux d’un point à un autre.

Marquèze était son royaume d’où l’on rapportait mille et un trésors comme un tabouret en forme de champignon qui trône dans notre salle à manger.

Malheureusement, dans les contes de fées, il y a souvent une fée Carabosse qui s’acharne sur un prince ou une personne innocente pour le plaisir de jeter un sort maléfique.

Il y en eut une qui s’en prit au maître de maison, Papi, si généreux et prévenant envers son petit-fils.

Une toux diabolique l’emporta et le petit prince de la maison ne revit son Papi que sur son lit de mort.

Vêtu de noir, il assista aux obsèques qui se déroulèrent dans la chapelle de Notre Dame des Cyclistes, à 500 mètres de la maison.

Il accompagna Mamie dans le chœur en disant un texte à deux voix composé pour cette funeste occasion par la conteuse familiale afin de redire une fois de plus à Papi qu’on serait toujours auprès de lui par la pensée.

Le vent a emporté les rêves d’Eloan et sa croyance en la féerie.

Lors de ses promenades, il rapportait une fleur ou une plume d’oiseau trouvés dans les chemins pour Mamie qui les enserrait dans ses carnets d’écriture en guise de porte-bonheur.

Petit à petit, ces gestes ont disparu et dorénavant, il s’enveloppe dans une houppelande pour s’enfermer dans un monde virtuel dont nous sommes exclus.

Espérons que les roses de Noël lui rendront un peu de cette magie nécessaire au bonheur familial !