vendredi 4 septembre 2026

Pêche miraculeuse

 




Silvio retrouva le contact de la mer et les émotions de la plongée en prenant soin de ne pas écouter le chant des sirènes grâce à des bouchons de cire placés dans ses oreilles.

Il tomba sur un banc d’huitres perlières qu’il récolta dans le sac étanche placé auteur de sa taille. Après cette pêche miraculeuse, il se dirigea vers sa demeure d’où s’échappait une bonne odeur de cotriade, son plat favori.

Noémie lui fit prendre un bain parfumé, passa l’éponge sur son corps malmené par les lames de fonds marines, l’enduisit après l’application de serviettes chaudes d’une crème à la rose qui lui procura un immense bien- être .

Un élixir aux fruits des bois lui ouvrit l’appétit et il fit honneur à la cotriade accompagnées de tranches de pain grillé au fromage frais et à l’estragon. Quelques fruits provenant de son verger, reines-claudes, poires et pommes, émincés et placés dans des coupes gourmandes avec un sirop de rose clôturèrent cet excellent repas.

Noémie l’invita à prendre un peu de repos. Au réveil, il était seul et sans la présence de la marmite contenant le reste de la cotriade, il aurait pu croire qu’il avait rêvé.

Il débarrassa les perles de leurs coquilles et laissa jouer le soleil sur cette nacre marine.

Il lutta contre le désir de revoir ses amis à l’auberge Aux trésors de la mer.

Coralie aurait écrit un joli poème sur les jeux de lumière autour des perles pensa-t-il et à cet instant, on frappa à la porte. C’était Coralie qui demeura bouche bée face à la récolte prodigieuse du pêcheur de perles.

«  J’ignorais que vous aviez ce talent » dit-elle.

Elle se joignit à lui pour déguster la cotriade servie par Noémie qui avait opéré sa réapparition. La jeune femme prépara la chambre d’ami pour Coralie puis elle s’éclipsa de nouveau après avoir servi une boisson parfumée aux fruits épicés.

Les amis bavardèrent comme au bon vieux temps de l’oisiveté puis se retirèrent dans leur chambre, Silvio devant se lever tôt pour repartir en mer.

Dès l’aube, il se dirigea vers les ondes prometteuses et plongea le plus loin possible dans l’espoir de trouver un nouveau banc d’huitres perlières.

Cette fois, il ne parvint pas à éviter la sirène qui l’entraîna à nouveau dans son palais de cristal. L’accueil princier fut accompagné de mouvements tendres et de preuves d’amour passionné qui procurèrent à Silvio d’intenses sensations jamais éprouvées.

«  Silvio, tu es mon prince, mon amour. Je souhaite que tu ne récoltes des perles que pour moi. Sache que je préserverai ton énergie vitale car je veux mettre au monde des enfants dont tu seras le père, sirènes et petits princes à ton image ».

Complètement ensorcelé, Silvio ne parlait pas, laissant son corps dériver dans un océan de volupté. La proximité d’un voilier rompit l’enchantement.

Les matelots hissèrent à bord un homme qu’ils prirent pour un naufragé et le débarquèrent en empruntant le canot de sauvetage.

Tout étourdi, gisant sur le sable, Silvio fut heureux d’entendre la voix douce de Noémie qui le ramenait à lui.

«  Vous ne pouvez pas toujours rapporter des perles » lui dit-elle avec douceur et comme la veille, elle procéda à une remise en forme de son corps endolori.

Elle avait préparé une jardinière de légumes et des côtes d’agneau rôties sur la braise. L’effet coup de fouet fut immédiat : Silvio retrouva ses esprits quelque peu égarés par le contact de la sulfureuse sirène.

Coralie étant repartie à l’auberge, le pêcheur de perles prit la décision de se reposer et d’oublier la plongée.

Noémie le frictionna à l’aide de serviettes imbibées d’huiles essentielles ce qui plongea le jeune homme dans un sommeil profond et réparateur.

 

Ode à ma dame d'amour

 




Comme le lierre s’enlace à la rose tant chantée par Ronsard, belle Daphné, tu t’es enroulée en mon cœur, distillant ton parfum ineffable.

L’améthyste qui bat dans ma poitrine explose en mille éclats qui sublimeront ta beauté si j’ai le bonheur de te serrer dans mes bras.

ô ma Dame d’Amour, peu s’en faut que je ne meure tant l’ivresse me saisit à la perspective de saisir votre beauté à pleines mains, à pleines lèvres, douces comme les pétales de roses que j’effeuillerai sur votre corps d’albâtre flexible sous la caresse de mes baisers.

Mon amour, je vous offre mon cœur, mon royaume et tous les trésors que j’arracherai à la terre, à la mer et au ciel pour vous plaire.

Dame de beauté, je vous aime tant que je souhaite m’enraciner près de vous pour mieux vous aimer.

Je dépose à vos pieds le cri d’amour gélifié de mon être, cristallisé en une améthyste toute semblable à la mienne, pour que nous vivions au rythme de la beauté originelle qui nous lie.

Que ces pierres d’amour ruissellent de splendeur tout au long de notre vie !

jeudi 3 septembre 2026

La place Jemaa el Fna

 




Titubant dans son caftan rose fuchsia, mal à l’aise dans ses babouches brodées ,avec un sérieux mal de tête, Astrid marchait à l’aveugle sur la célèbre place Jemaa el Fna qu’elle avait tout de suite reconnue pour en avoir tant rêvé.

Insensible aux divers spectacles qui s’offraient aux badauds et aux touristes, elle marchait, les yeux baissés, craignant d’attirer l’attention par la tenue qu’elle n’avait pas choisie.

« Alors ma belle, ma tourterelle, que penses-tu de Marrakech, la ville des merveilles dont la place Jemaa el Fna est la perle rare ? Ici tu trouveras tout ce dont tu as toujours rêvé, les parfums d’orient, les bijoux d’or cselé ou de pierres précieuses, de l’artisanat sublimé sans oublier les plats que l’in put savourer au passage !

-Dis-moi où se trouve l’oiseau bleu de la liberté…

-Dans mes bras, ma colombe ».

Sur ce, Solal aux yeux ardents prit Astrid par la taille et la conduisit amoureusement et fermement dans le patio d’un riad proche de la place qu’il réservait à ses conquêtes.

Astrid ferma les yeux et s’assoupit en écoutant le murmure d’une fontaine et en respirant le parfum des orangers, des citronniers et celui, subtil et pénétrant, du jasmin.

Elle rêva de Tristan. Quand viendrait-il la délivrer et la ramener dans sa petite maison de Fleur-lez-Lys, auprès de sa maman qui devait s’inquiéter de son absence ?

Le songe parvint à Florian qui s’éveilla brusquement.

Il se rendit dans son atelier et peignit un palais où Astrid, vêtue de rose et enveloppée dans un long voile de soie de la même couleur que son caftan portait les stigmates de la douleur, celle d’une captive.

Il reproduisit avec exactitude la fontaine du patio, ses arbres et ses arbustes d’ornement puis il dessina le contour d’une silhouette sombre, celle du prédateur et parvint à fixer son visage et son regard de rapace, mobile et inquiétant.

Ensuite, il se recoucha et attendit la visite de Max pour lui montrer le résultat du songe révélateur.