lundi 19 janvier 2026

Le voile de l'amour

 

 

 


Le voile de l’amour, blanc nacré, brodé de roses d’or, vaporeux comme les rêves, a enveloppé ma bien-aimée d’une brume légère qu’ont accompagnée des accords de harpe, de flûte et de violon.

C’est après cette aubade que j’ai ôté le voile frémissant de nos désirs unis et enlacés en triskèle passionné et nos lèvres se sont jointes en un doux baiser.

Nos deux vies, forgées comme dans le rubis étincelant de notre destinée, se sont embrasées en suivant un accord martelé par le dieu forgeron.

«  Deux étions et n’avions qu’un cœur » disait le poète François Villon.

Puisse cet adage se décliner en suivant les courbes du voile que l’on range soigneusement dans le coffre contenant des symboles précieux de l’amour éternel, doux et délicat comme l’aurore de nos jours.

L'appel d' Ulysse

 

 

 


Alors qu’il se reposait entre deux tournées, Vincent Niclo reçut un appel poignant. Ulysse, le divin Ulysse lui apparut, couvert d’écume, escorté par des albatros et des sirènes.
« Vincent, nous t’avons choisi pour que notre belle Méditerranée perdure et garde sa flore et sa faune menacées par les pétroliers et les pêcheurs sans foi ni loi.
Reprends les chansons de Tino Rossi, le corse à la voix de velours et chante les en compagnie de Patrick Fiori et de Chimène Badi.
Votre trio magique fera tomber les murs de boue qui risquent à tout moment de surgir, tels des dragons redoutables, semeurs des dents de la haine. 2025 est l’année du serpent et nous espérons que l’ Empire du Milieu nous aidera à terrasser les démons de la terre.
Va chanter sur la Grande Muraille. De ce point élevé, tu feras retentir ta grande voix aux couleurs d’espérance ».
Ulysse disparut, laissant derrière lui une aurore boréale et une écharpe arc-en-ciel en signe d’amour.

dimanche 18 janvier 2026

Liseron, la fiancée de la forêt

 

 

 


En écrivant son dernier commentaire et en mettant la note appropriée à la pile de copies du Baccalauréat, Liseron eut l’impression qu’elle en avait terminé avec ce métier de professeur mangeur d’énergie et de temps.

En se promenant dans la forêt durant ses congés, Liseron avait ressenti un appel profond, intime et magique.

Un cerf blanc s’était approché d’elle pour la couronner d’un entrelacs de houx, d’églantines et de roses d’or.

Près de la fontaine de Barenton, un chevalier lui avait rendu hommage en lui offrant un bliaut brodé et une houppelande longue garnie de perles et de fourrure pour lui épargner la morsure glaciale de l’hiver.

Liseron rougit de plaisir et elle baisa la main de son généreux donateur en gage de fidélité.

Elle se promit d’écrire un roman de chevalerie où cet homme courtois aurait une place de premier plan.

Heureuse de sa décision, elle rentra chez elle, fit mijoter une soupe avec des racines et des fruits de la forêt puis elle commença un roman courtois sous le titre de La Fiancée de la Forêt.

Le Léviathan

 


Issu des profondeurs marines où il se reposait en compagnie d’un cœlacanthe, un monstre marin, le léviathan décida de surgir de l’onde pour chasser une proie.

N’écoutant que son courage, Johnny se saisit d’un harpon et s’apprêta à affronter la créature fantastique au dos d’écailles.

«  Quoi ma gueule ?

Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Quelque chose qui n’va pas ?

Elle ne te revient pas ?

Souvent un seul regard suffit

Pour vous planter mieux qu’un couteau » .

S’encourageant à l’assaut avec ce chant guerrier plus efficace que celui d’une équipe de rugby menaçant l’adversaire d’un hakka légendaire, Johnny planta une dague dans le cœur du monstre en exécutant des pas de côté pour éviter une étreinte mortelle.

Victorieux, il leva les bras en signe de victoire et repartit sereinement vers les cieux.