lundi 15 juin 2026

Le retour des misérables

 

 



Dans la ville lumineuse, des ombres se terrent. À l’aube, on s’affaire pour reprendre figure humaine. Toilette dans les lieux publics ou dans les commodités des cafés pour les plus fortunés et chacun part travailler, heureux d’être encore en vie sans avoir subi les affres des nuits glaciales ou les dangers provoqués par des assassins.

« Dans les rues de Paris, Julot rencontre Nini » chantait-on autrefois avec une certaine gaieté et la nuit semblait être le refuge des amants.

Aujourd’hui, on voit renaître une sorte de cour des misérables et des personnes semblent sorties des pages d’un livre de Victor Hugo, y compris des enfants pour qui le grand poète avait tant milité.

Dans le meilleur des cas, des tentes Quechua fleurissent les berges de la Seine, vite démontées et roulées dans un sac cache-misère où chacun et chacune gardent des objets précieux servant à la toilette et des tenues de rechange.

Comment se fait-il qu’à notre époque la misère fleurisse et se propage comme les liserons près des jardins potagers ?

Les perles de l'amour

 


 

Distraite, la reine jouait avec ses perles et elle ne vit pas un aigle fondre sur elle et l’emmener dans ses serres puissantes.

 Au terme d’un long voyage, l’oiseau royal la déposa dans un étrange nid d’amour où s’entrelaçaient des perles et des roses.

Fourbue, la reine s’endormit mais quand elle s’éveilla, elle reposait vêtue de perles océanes de toutes les couleurs dans un grand lit couvert de dentelles.

Alors qu’elle admirait le travail des dentellières, un fort bel homme apparut un plateau d’argent à la main.

Il lui servit avec infiniment de grâce une tasse de thé au jasmin. Des pâtisseries orientales, à base de miel, d’amandes et de sirop de rose sans oublier les perles du japon éclatantes de blancheur dans un lait de coco en verrines firent ses délices. Pour agrémenter le tout de couleurs flamboyantes, des groseilles couraient comme des lianes, jetant une note de rubis.

Le serviteur s’éclipsa pour laisser la reine savourer ce petit bonheur puis une dame d’atour lui prépara un bain de jouvence parfumé et lorsqu’elle en sortit, la reine avait retrouvé ses vingt ans.

C’est alors qu’un prince aimant s’approcha d’elle et la porta sur le lit où ils vécurent des instants de tendresse intense.

À son réveil, la reine eut la surprise de retrouver son palais et sa vie solitaire.

« Ce n’était donc qu’un rêve » pensa-t-elle mais un collier de rubis qu’elle ne possédait pas avant son fabuleux voyage, lui prouva qu’il n’en était rien et elle attendit avec ferveur le retour de son prince.    

Roxane

 

 



Roxane, ma poupée d’amour, mon ange aux ailes de fée, je voudrais simplement rester à tes côtés, respirer ton parfum et te prendre la main.

J’ai l’impression de vivre dans une forêt profonde, sans ermitage ni fontaine quand je suis loin de toi.

L’épaisseur du feuillage empêche les rayons du soleil d’offrir du rêve aux amoureux éperdus.

Tel Tristan sans son Yseult, je marche avec l’énergie du désespoir et je cherche le rivage qui me donnera l’opportunité de te rejoindre dans un jardin d’amour en empruntant un voilier aussi fiable qu’un drakkar.

Roxane, ma toute petite, mon ange, mon aimée, la simple évocation de ton nom emplit mon cœur d’un amour si grand que je ne peux plus le maîtriser et qu’il bat comme les tambours du Rwanda où les collines redisent encore la folie des hommes qui les précipita, machette à la main, pour égorger son voisin jusqu’à présent son ami !

Roxane, je voudrais que mon chant d’amour aille au-delà des collines, des montagnes, des rivières, des fleuves, des mers et des océans pour former des perles d’aurore et d’espérance et c’est alors, enfin, que nous pourrons nous aimer !