dimanche 21 juin 2026

L'énigmatique Marin

 




Levée dès l’aube, Gwendoline se hâta de préparer le café et les crêpes du petit déjeuner. Elle eut la surprise en arrivant dans la cuisine de trouver trois louis d’or et quelques pierres précieuses, rubis, émeraudes et saphirs. Un petit mot «  Merci » signé Marin était écrit sur un bristol parfumé au bois de santal.

Ce jeune homme est une énigme pensa Gwendoline et elle rangea les cadeaux et la carte dans un petit coffret où elle enfermait ses objets précieux.

La journée lui parut longue et elle se surprit à confectionner un costume breton masculin dont elle broda le gilet et la veste au fil d’or.

«  Marin aurait fière allure dans ce costume » conclut-elle, satisfaite de son ouvrage.

La nuit tombait ; elle mangea la galette-saucisse achetée la veille au marché, mit un châle sur ses épaules et partit au Fest Noz, ce qui n’était pas dans ses habitudes.

Des soupirants l’invitèrent à danser une gavotte et elle se laissa étourdir par le rythme festif de cette danse ancestrale.

Son dernier cavalier, Yann Le Bihan tint à la raccompagner chez elle.

«  Une mauvaise rencontre est vite arrivée » conclut-il avec autorité.

Il s’inclina galamment sur le pas de sa porte et ils se quittèrent ainsi sur une promesse de nouvelle rencontre pour le prochain Fest Noz.

Les jours suivants, Gwendoline mit le costume confectionné en pensant à Marin dans sa vitrine et il se présenta plusieurs acquéreurs qui se faisaient fort de briller lors du prochain Fest Noz.

Gwendoline allait vendre le costume à Yann Le Bihan lorsque Marin entra.

Il s’écria «  Ce costume est pour moi ! Je sais que vous l’avez créé en pensant à moi, ma douce princesse. J’ai dû vous quitter brusquement pour régler un différent familial mais j’ai fait diligence pour briguer votre main ».

Lisant le désir dans le regard de Gwendoline, Yan Le Bihan sortit discrètement de la boutique, laissant le couple à la découverte de son amour naissant.

Saint Barth

 



Un jour, les vagues se mirent à swinguer et l’on entendit des sons inaccoutumés en provenance de l’océan.

Wraouf Wraouf !

C’était un déferlement de sons gutturaux qui ressemblaient à de gigantesques onomatopées, rappelant la présence du roi du rock sur ces rives lointaines.

Puis l’on vit des drakkars rouge et or, conduits par des géants à tête blonde, escortés par des sirènes et des dauphins farceurs.

La soirée allait être fabuleuse et sur la grève, les danseurs se mettaient en place.

Johnny allait faire son entrée et l’on oublierait ce mausolée blanc où s’accumulaient les bouquets de fleurs blanches.

D’énormes guitares enrubannées de fleurs, des roses blanches notamment, servaient de leitmotiv pour la fête sans précédent qui se préparait.

Quelques riverains redoutaient un peu de voir voler en éclats la tranquillité qu’ils avaient payée à prix d’or mais en voyant débarquer les amoureux du rock et les passionnés de celui qu’ils prenaient pour un dieu, ils se rassurèrent.

Ce n’étaient que des braves gens, venus, à leurs frais, rendre un hommage sans égal à leur Johnny qui ne pouvait pas être mort.

Un immense géant, créé en Flandre à l’image du chanteur, fut hissé sur la plage et en le voyant, Jade et Joy pleurèrent de joie : « on leur rendait leur papa » !

Elles voulurent l’embrasser et on les hissa pour qu’elles puissent se caler au creux de son épaule.

Le spectacle était si charmant que beaucoup de fans sortirent leur mouchoir pour chasser un imaginaire moucheron.

Enfin, l’on installa sur le sable étale, un piano blanc et lorsqu’on vit le grand Yvan Cassar, aux boucles argentées, véritable Méphistophélès sorti de La beauté du Diable, répéter un air, on comprit que l’inédit, le divin étaient au rendez-vous et l’on se prit à espérer une incroyable entrée en scène du chanteur, ce qui arriva, mais cela, je vous le raconterai une prochaine fois !

samedi 20 juin 2026

Livret d'opéra

 

 

 

 


Livret de l’Opéra Vincent Niclo Roi de Brocéliande

Acte V

Le Dieu des forgerons

Décor : Forge en action, langues de feu, armure en or ciselé, épée réplique d’Excalibur

 

François de Belletoise, forgeron à Tréhorenteuc. Il présente sa dernière commande, l’épée Perceval, symbole de paix :

«  Je vais remettre Perceval, le glaive de la paix, à notre roi Vincent. Merlin m’a promis d’être présent pour confirmer le transfert magique de ses pouvoirs.

Vincent Roi pourra, à présent, disposer de la magie ancestrale qui a assuré la pérennité du royaume ».

 

Merlin apparaît, une pierre de puissance à la main :

« Fidèle à ma promesse de m’extraire de mon tombeau de cristal pour la renaissance de la forêt, me voici prêt à servir notre roi et l’aider à choisir une compagne qui lui donnera un héritier ».

Vincent donne l’accolade à Merlin et serre la main gantée de fer de François de Belletoise :

«  Merci mes amis pour votre concours. Je renouvelle mon serment de rendre à la forêt toute sa beauté et d’y apporter une touche nouvelle vouée à la poésie en créant notamment un immense jardin d’amour où l’on bâtira un pavillon destiné à favoriser les rencontres amoureuses ».

Un chœur de jeunes filles se place près de lui. Les cheveux couronnés de fleurs, les vestales de la forêt lui font cadeau d’un chant virginal :

«  Nous sommes là, vestales de l’amour et nous déposons nos couronnes de fleurs à tes pieds, ô Roi !

Choisis celle qui pourra enchanter tes soirées » !

Vincent Roi

«  Relevez-vous, jeunes demoiselles, nous prendrons le temps de nous connaître. Je ne vous ferai pas l’injure de choisir l’une d’entre vous. C’est un choix qu’il faut prendre de concert.

Chantons ensemble, le charme de votre voix m’ensorcèle et suffit à mon bonheur ».

Le ciel s’assombrit, des éclairs zèbrent l’horizon, le tonnerre gronde.

Un chevalier en armure noire surgit, la lance à la main.

Harold, chevalier de Ponthus

«  Qui m’a appelé en versant l’eau de la fontaine de Barenton sur la margelle en se servant du gobelet d’or » ?

Vincent Roi

«  Mille excuses, chevalier ! On vous a dérangé pour rien : le royaume est stable et je suis prêt à faire régner la paix grâce à l’épée de justice Perceval fabriquée par François de Belletoise ».

Le chevalier de Ponthus s’incline et remercie le roi :

«  Sache, ô Vincent Roi, que tu pourras m’appeler pour te seconder si tu es en difficulté. J’ai entendu parler du charme de ta voix. Puis-je en apporter un échantillon à ma dame de cœur » ?

Vincent Roi

«  Qu’il en soit fait selon ton désir, noble chevalier » !

Il chante

«  Dame Laudine, Noble amante de Harold de Ponthus, je chante ta beauté, l’enveloppant d’une bulle mordorée qui te garantira, avec le concours de Merlin, la jeunesse éternelle ».

Chœur de jeunes filles à l’unisson

«  Nous pouvons enchanter la douceur de tes soirs, noble Harold et si ton épouse a besoin de suivantes, n’hésite pas à faire appel à nous.

Nous viendrons dans ton château, parées de nos plus riches atours et nous servirons, tour à tour, en qualité de chambrières, de cuisinières, de danseuses et de chanteuses de charme pour tes invités ».

Vincent Roi :

«  Qu’il en soit fait selon votre désir, nobles demoiselles ! grâce à vous, la forêt continuera à briller et à mériter son renom hospitalier.

Que vive Brocéliande, terre de légende, d’avenir et de beauté » !

 

Rideau