En faisant relâche dans une île, Liouba fut frappée par l’importance
accordée aux perles par les habitants.
Elles ornaient le cou et les poignets de toutes les femmes et
les hommes portaient des turbans où resplendissait une énorme perle qui captait
les rayons du soleil.
Liouba prit la décision de séjourner dans une île aussi
remarquable, un eldorado sous le signe de la perle, symbole de pureté et d’exception.
Elle pria son équipage de l’imiter. Le quartier-maître explora
l’île pour rechercher une habitation.
Une très belle villa de style mauresque, spacieuse et
confortable était à vendre ; Liouba en fit l’acquisition et chacun prit
ses marques dans cette demeure.
En hommage à la cité phocéenne chère à son cœur, Liouba nomma
sa villa Massalia.
Elle se promit de lancer la mode des perles dans sa ville
chérie et commença des investigations pour connaître le secret de l’île.
Elle découvrit que cette richesse reposait sur le travail
quotidien de pêcheurs de perles. Chaque jour, ils risquaient leur vie pour
ramener les précieux coquillages.
Un atelier spacieux permettait aux équipes ouvrières d’extraire
la perle de sa nacre d’origine. Des artisans montaient les sphères lumineuses
en bijoux que des commerçants vendaient dans l’île et aux alentours.
Liouba acheta une parure qu’elle arbora avec fierté, des
turbans à perle pour l’équipage et des bijoux pour son personnel féminin.
Elle mit son voilier à la disposition de Mansour, le
coordinateur de toutes les opérations commerciales du pays.
Mansour la remercia chaleureusement et lui offrit un coffret
de perles qu’elle fit parvenir à Stanislas en le priant de doter les élèves
méritants de l’atelier de peinture.
« Que naissent des Vermeer, amoureux de ces sphères qui
captent l’âme et la beauté des femmes » lui écrivit-elle en conclusion.
Heureuse d’avoir trouvé un nouvel intérêt à sa vie
aventureuse, Liouba se livre corps et âme à l’exploitation précieuse d’un
symbole absolu de la beauté.