samedi 13 juin 2026

Le bonheur est dans le pré

 




«  Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite

Le bonheur est dans le pré,  cours-y vite, il va filer ».

Décidé à suivre le conseil du poète Paul Fort, Vincent courut dans le pré où il rencontra la reine des roses sous l’apparence d’une ravissante jeune femme.

Voulez-vous être ma rose tango dit-il à la déesse en déshabillé de pétales et avec son assentiment, il l’entraîna dans un pas de deux éblouissant.

Quelques pétales volaient au vent et des boutons de roses éclataient comme des promesses de bonheur.

Vincent et la reine des roses connurent l’extase d’une passion parfumée de manière idyllique.

N’attendez pas le signal : courez vite dans le pré, le bonheur vous y attend !

La vallée oubliée

 

 

 


Des lucioles accompagnèrent les chercheurs désireux de retrouver la petite Marjorie au plus vite, le temps ne jouant jamais en la faveur des blessés potentiels ou des captifs.

Yves-Alain de Lectoure, le commandant de gendarmerie ne ménageait pas sa peine et le hasard finit par le servir.

Il faillit se faire une entorse en trébuchant sur une racine serpentine et observa qu’elle cachait une anfractuosité rocheuse.

Il s’y engouffra, éclairé par sa lampe torche et découvrit une galerie qui s’élargissait au fil de sa progression.

Il déboucha sur une immense salle où s’écoulait une rivière.

Un groupe d’hommes avertis le rejoignit pour lui prêter main forte au cas où il faudrait affronter une bête du Gévaudan ou un criminel dangereux.

Une infirmière faisait partie du groupe avec une trousse de secours bien garnie.

On crut entendre des gémissements provenant d’un rideau de pluie formant une cascade.

Un plongeur se risqua dans le courant et put lancer un appel au secours à l’aide d’un sifflet.

Marjorie était là, en sous-vêtements, attachée à un rocher par des liens serrés, la bouche couverte d’un sparadrap suffisamment lâche pour qu’elle puisse respirer.

Des brancardiers accoururent pour la délivrer. On lui fit respirer de l’oxygène et l’infirmière pansa quelques blessures sans gravité.

Un hélicoptère recueillit l’enfant que l’on couvrit du drap chauffant réglementaire réservé aux blessés.

Marjorie fut examinée à l’hôpital et l’on put constater qu’elle n’avait subi aucun dommage profond, mis à part le traumatisme créé par son enlèvement, sa quasi nudité et ses liens.

Comme promis, Yves-Alain de Lectoure se rendit chez Angélina, la mère de l’enfant,  pour lui faire part de la bonne nouvelle.

«  Je vais tout mettre en œuvre pour retrouver la personne monstrueuse qui lui a infligé ce traitement. Vous pourrez bientôt vous rendre à son chevet mais pour l’instant, priorité est donnée à son rétablissement et au recueil d’indices qui nous conduiront à son tortionnaire ».

Il mangea une part de tarte au fromage de chèvre pour ne pas décevoir la mère soulagée par le sauvetage de son enfant.

Angélina l’accompagna car elle n’avait pas pu manger tant l’angoisse nouait son corps.

Elle promit d’attendre le feu vert du commandant et après son départ, elle s’endormit, sa petite Marjorie au fond du cœur.

vendredi 12 juin 2026

La disparue de Haute Rive

 

 



Tout le village de Haute Rive était en émoi : la jolie petite Marjorie au sourire spontané et aux beaux yeux d’émeraude avait disparu.

Sa mère l’avait envoyée acheter du fromage de chèvre chez une voisine ; pendant ce temps, elle préparait la pâte qu’elle farcirait ensuite de belles tranches de fromage, de miel d’acacia, d’airelles et d’amandes fraîches.

Ce serait un régal !

Cependant alors que tout était prêt, Marjorie ne revenait pas !

Angélina, la maman, inquiète, partit à sa rencontre mais elle s’affola littéralement lorsque Carmen, la fromagère, lui apprit qu’elle n’avait pas vu l’enfant.

«  Vois, tes fromages sont prêts, je les ai mis de côté, tu peux les emporter ».

Le cœur lourd, Angélina paya les fromages, repartit chez elle en espérant y trouver son enfant.

Dans la cuisine vide et le reste de la maison sans âme qui vive, elle dut se rendre à l’évidence : la petite fille avait disparu !

Oubliée la tarte au chèvre ! Elle rangea les fromages et partit frapper à toutes les portes pour savoir si quelqu’un avait vu sa fille.

Le tour du village fut vite fait : pas la moindre trace de Marjorie !

Comme le soir tombait, on alluma des flambeaux et l’on explora tous les sentiers où elle aurait pu se perdre.

Le personnel de la gendarmerie se joignit aux recherches, des maîtres-chiens furent convoqués avec  leurs pisteurs canins.

Chacun avait conscience qu’en ce genre d’affaire, il fallait faire vite si l’on voulait avoir la moindre chance de retrouver l’enfant vivant.

Un aigle planait dans le ciel ; il semblait vouloir indiquer une piste. Certains admirateurs de ces rois aquilins suivirent la piste et parvinrent dans une vallée oubliée où serpentait une rivière.

Les pisteurs donnèrent l’alerte. Le commandant de gendarmerie demanda à chaque villageois de regagner son foyer car la venue de la nuit n’était pas favorable aux investigations. Il fallait retenir des spécialistes en domaine de recherche.

Le commandant promit à Angélina de tout faire pour lui rendre sa fille et l’assura de son passage afin de lui rendre compte du résultat des investigations.

«  J’espère vous ramener votre fille. Dans cette attente, préparez un repas puis reposez vous en attendant sa venue ».

Angélina revint chez elle et pour tromper son angoisse, elle cuisina la tarte au chèvre et lorsque le plat fut sorti du four, elle s’allongea sur son divan, dans l’attente de la venue du commandant.