Myrtille se rendit compte qu’elle avait affaire à des fleurs gardées par des êtres féeriques car le carré de tulipes n’était jamais à la même place et elle s’enfonçait de plus en plus dans le bois pour trouver la base de ses couronnes de mariée.
Elle finit par arriver dans une clairière où se dessinait la silhouette d’un château aux tours crénelées.
Son panier de fleurs au bras, elle activa le heurtoir. La porte s’ouvrit comme dans le conte La Belle et la Bête et elle pénétra, le cœur battant, dans cet univers fantastique. Craignant d’y rencontrer un monstre qui lui reprocherait d’avoir ôté la vie à ses tulipes, Myrtille préparait ses arguments pour justifier son prélèvement à la nature.
Pas de monstre mais un jeune homme souriant avec de bonnes manières.
« On me nomme Reza dit le châtelain et j’attendais votre venue. Je suis heureux de voir les tulipes magnifiées sous vos doigts de fée ».
Sur ce, il frappa dans ses mains et un cortège de serviteurs dressa prestement une table où les jeunes gens s’installèrent après les ablutions à l’eau de rose.
Le service reflétait l’hommage fleuri : fleurs cristallisées et boisson à la violette pour se lancer dans une dégustation hors du commun.
Bouchées aux aromates, effilochée d’agneau rôti aux amandes, tartes au miel et à la guimauve rose, Pavlova aux fleurs se succédèrent pour les saveurs du palais.
Cet intermède gourmand achevé, Reza prit le bras de Myrtille et l’emmena dans son jardin d’amour.
Des tulipes royales cultivées en carrés symboliques dédiés aux amants enjolivaient le jardin, lui conférant une note passionnée incitative.
Les amants s’assirent sur un banc et laissèrent leurs pensées vagabonder puis lorsque le rossignol chanta, Reza posa ses lèvres sur celles de Myrtille qui s’ouvrirent comme une rose d’amour.


