4. Flamber à l’Armagnac et mijoter
Verser les 5 cl d’Armagnac dans la cocotte et flamber avec précaution : couper la hotte, éloigner la bouteille et
ne jamais verser l’alcool directement depuis la bouteille au-dessus de la flamme. Laisser réduire. Ajouter le vin
rouge, le fond de veau et le bouquet garni. Porter à petite ébullition puis laisser mijoter doucement environ 45
minutes pour que les carcasses libèrent leurs arômes.
5. Filtrer et réduire
Retirer les carcasses et le bouquet garni. Passer la sauce au chinois ou dans une passoire fine. Presser
doucement les légumes et les carcasses pour récupérer les sucs, sans forcer les petits débris dans la sauce.
Remettre sur le feu et faire réduire jusqu’à obtenir une texture nappante. Hors du feu ou à feu très doux,
incorporer les 30 g de beurre froid en petits morceaux en fouettant. Goûter et rectifier l’assaisonnement.
Facultatif : ajouter un peu de foie de palombe préalablement bien cuit et finement écrasé.
6. Terminer le salmis
Remettre les cuisses et les ailes dans la sauce pour les réchauffer doucement. Ajouter les filets en dernier afin
de préserver leur tendreté. Réchauffer à feu doux environ 10 à 15 minutes au total, en évitant toute forte
ébullition. Vérifier que toutes les portions sont bien chaudes et que la cuisson à cœur est suffisante (repère de
sécurité : 74 °C). Laisser reposer quelques minutes avant de servir.
Accompagnements
Pommes de terre sarladaises • Cèpes poêlés à l’ail et au persil • Tagliatelles fraîches • Croûtons ou pain de
campagne grillé pour profiter de la sauce.
Salmis de palombes • Façon traditionnelle landaise Page 4
Conseils pour réussir
• Préparer la veille : le salmis peut être préparé à l’avance ; le conserver rapidement au réfrigérateur et le
réchauffer doucement le lendemain.
• Choisir le vin : un Madiran ou un Tursan apporte du caractère à la sauce.
• Ne pas négliger les carcasses : elles donnent profondeur et puissance à la sauce.
• Protéger les filets : les ajouter en dernier et éviter de faire bouillir la sauce après leur ajout.
Astuce : si les palombes sont de belle taille, la durée de rôtissage peut être supérieure. Le temps
indiqué est un repère ; la température à cœur et la tendreté priment toujours.
Bon appétit !
CONTES et NOUVELLES
Je suis née dans le Nord de la France et j’y ai passé toute mon enfance, rêvant à des ailleurs bleus. Lectrice assidue, j’ai marqué une préférence pour la féerie, ce qui affleure dans tous mes ouvrages. Enfin libre, je trouve le temps d’écrire, puisant dans le quotidien et l’univers légendaire mes sources principales d’inspiration.
samedi 31 octobre 2026
Salmis de palombes
Un amour d'outre-miroir
Les jours suivants, Gabriel demeura chez lui, passant des heures à contempler le portrait inspiré par Coralie qu’il avait peint dans une sorte d’ivresse, guettant le moment où elle consentirait à quitter le cadre pour lui offrir son amour.
Il se nourrissait frugalement de pain, de brioche et d’eau.
Heureusement Coralie, son modèle, lui permit de quitter un instant le monde irréel qu’il s’était forgé.
Elle entra, panier au bras, ouvrit les fenêtres, jeta un coup d’œil au tableau mais jugea bon d’éviter le sujet.
Elle déposa sur la table de la cuisine des trésors alimentaires, œufs, légumes de son potager, poulet rôti qu’elle accommoderait avec maîtrise. Les pâtisseries n’étaient pas oubliées et pour la première fois depuis longtemps, Gabriel eut envie de savourer un véritable repas.
Afin de justifier sa venue, Coralie avait confectionné un habit complet comme elle s’y était engagée pour paiement du tableau qui ornait sa demeure.
Elle pria le jeune homme de le revêtir, ce qu’il fit de bonne grâce, ce costume étant une véritable merveille.
Coralie s’activa dans la cuisine pour célébrer les faits du jour, tableau et costume et elle concocta un dîner à thème, en l’occurrence celui des contes de fées.
Un velouté à la citrouille servi dans sa coque évidée en guise de soupière ouvrait le bal. Volaille rôtie, potimarron et patates douces poursuivirent le rêve incursif dans le royaume de Cendrillon à bord de son carrosse redevenant citrouille après minuit.
Le cake d’amour de Peau d’Ane servi avec une gelée de groseilles de sa composition fermait le bal.
Les jeunes gens firent honneur à ces plats d’exception et évoquèrent l’univers féerique qui s’y apparentait.
Pour la première fois, l’obsession du tableau s’estompa dans l’esprit de Gabriel mais ce fut un bref répit.
Le repas achevé, le portrait vint le hanter et il quitta vivement la table pour contempler son œuvre.
Après avoir libéré la salle à manger, Coralie nettoya les couverts et les ustensiles ayant servi aux agapes du soir.
Lorsqu’elle revint dans la pièce principale, elle chercha en vain son ami peintre : il avait mystérieusement disparu !
Elle regarda enfin le tableau et tout à coup le mystère s’empara d’elle ; elle découvrit, au bas de la toile, assis sur une souche de chêne, son ami, en costume, celui qu’elle avait taillé, cousu et brodé pour lui.
Comme Alice, il était passé de l’autre côté du miroir et vivait désormais auprès de sa représentation en costume de roses pour l’éternité.
Mélancolique, Coralie ferma la porte de la maison du peintre et retourna chez elle afin de panser les blessures de son cœur mis à vif.
Elle regarda son portrait, lui sourit et décida d’oublier cette folle aventure pour n’en garder que la quintessence des moments heureux vécus un jour, dans la colline de roses qu’elle aimait tant !
vendredi 30 octobre 2026
Prise de contact
En pénétrant dans sa chambre médicalisée, fonctionnelle et dénuée du charme baroque de celle qui avait abrité ses rêves, Renée eut un geste de recul puis elle se raccrocha à l’inéluctable réalité en apercevant ses livres préférés sur une étagère placée près de son lit.
Le Cercle des Jours de Ken Follett était à portée de main et elle s’en saisit après avoir déposé sa valise, remettant à plus tard la mise en place de ses effets et de sa trousse de toilette.
Elle se plongea dans la lecture, confortablement installée au fond du fauteuil réservé aux visiteurs et ne vit pas le temps passer.
Une aide-soignante mit un terme à ce moment d’évasion en lui proposant de ranger ses effets dans les placards.
Elles eurent vite fait de procéder au rangement.
La valise fut placée dans un placard : « Ce sera pour vos prochaines vacances » dit Amélie gaiement puis elle lui suggéra de faire un brin de toilette avant de se rendre dans la salle de restauration pour le repas du soir.
Les administrateurs de l’ EPHAD n’avaient pas souhaité que la pièce destinée à la restauration ne ressemble pas à un réfectoire. Des tables rondes offraient une convivialité de bon aloi.
Renée trouva sa place grâce à un petit carton portant son nom au pied d’un verre en cristal de roche.
Les occupants de la table, trois hommes et deux femmes lui souhaitèrent la bienvenue. Renée leur rendit le salut et fit honneur au menu. Velouté de potimarron, escalope de poulet poêlée au lait de coco, cœur de laitue suivis d’un yaourt à la grecque et d’une compote étaient savoureux et digestes.
Le repas achevé, Renée regagna sa chambre, pressée de retrouver les héros du Cercle des Jours.
A dix heures du soir, on lui signifia qu’il était temps de se mettre au lit, ce qu’elle fit docilement, espérant trouver un sommeil réparateur.
La poupée d'or
Désirant examiner la rose d’or insérée dans un cube de grès découverte par Orion, Althéa eut la surprise de trouver le bloc de grès fendu en deux parties.
Aucune trace de la rose d’or !
« C’est moi que vous cherchez » dit une petite voix cristalline.
Althéa finit par découvrir une poupée de porcelaine entièrement moulée dans un lingot d’or. Elle était assise dans un fauteuil paon, jetant un éclat des plus lumineux, ses jolies boucles dorées retenues par un ruban pourpre.
Althéa prit place sur un pouf afin d’être à sa hauteur. Elle hésita à la questionner sur sa métamorphose, compte tenu du fait que chaque habitant de l’île avait une origine florale, minérale ou aviaire.
Orion la rejoignit. Il prit la menotte de la poupée, la baisa, ce qui rosit ses joues.
Ils parlèrent de leur naissance insulaire, attendant qu’un nouveau prodige se produise.
De fait, quand les derniers voiles de l’aurore furent dissipés, on entendit un bruit d’ailes.
Portant la poupée Mélissa dans ses bras, Orion s’approcha de la fenêtre principale du palais pour assister, impuissant, à l’arrivée de dragons cracheurs de feu.
Althéa donna des ordres pour que le palais soit protégé de ces inquiétants visiteurs.
L’un d’eux activa le heurtoir et en franchissant le seuil, il se métamorphosa en prince vêtu de noir, portant couronne et pourvu d’une épée.
« Pardonnez-moi, noble Althéa, d’arriver dans votre royaume de manière cavalière avec mon escorte mais je brûlais de voir de mes yeux la princesse dont tout le monde parle dans la ceinture insulaire dont nous sommes le garant. Nous sommes nés des soubresauts de la terre et avons pour destin le maintien de l’ordre dans la circonférence qui nous est dévolue ».
La poupée s’échappa des bras d’Orion pour se transformer en une ravissante princesse, au vu de la couronne d’or qui ornait sa belle chevelure.
Les deux couples prirent place à la table ronde du palais, réplique de celle qui fit la gloire des onze compagnons du Roi Arthur.
On leur servit des boissons à base de fleurs, de lait de chèvre et de miel de bruyère et d’hydromel. Sablés, cakes et mignardises aux fruits accompagnèrent ces délices du matin.
Pendant ce temps, les dragons n’avaient pas chômé. Grâce à leurs projections enflammées, le sol de l’île s’était amendé.
Les plaques de lave figée avaient fondu, libérant l’écorce terrestre de sa gangue.
« Vous pourrez cultiver votre terre à présent » dit le Prince Solal et pour marquer le renouveau du royaume, il apparut dans un costume flamboyant.
Il demanda galamment la main d’Althéa, offre que la princesse accepta tant la beauté solaire du prince était flamboyante.
Orion fit de même auprès de Mélissa puis les deux couples portèrent la bonne nouvelle aux dragons devenus chevaliers.
Ils jurèrent, la main sur le cœur, de protéger leurs souverains et entreprirent la construction d’une aile du palais où ils pourraient vivre, trouver des épouses qui donneraient naissance à des enfants appelés à devenir le soutien du royaume du Renouveau.


