mardi 12 mai 2026

Birds in the night

 




Par une belle nuit éclairée par la lune rousse, des oiseaux donnèrent un récital destiné aux amants.

Caroline et Julien se perdirent dans les bois pour chercher la fleur ardente qui prodigue l’espoir. Ils finirent par la débusquer au pied d’un chêne jouxtant une orchidée rose.

Caroline cueillit la fleur et l’inséra dans l’exemplaire d’ Aurélia de Gérard de Nerval qui ne la quittait jamais.

Amoureuse de l’univers du poète oscillant entre la femme idéale et l’amie d’enfance prête à lui offrir un amour de jeune fille simple, Caroline ne savait quelle voie suivre, l’étoile ou la prosaïque adolescente ?

Ce fut Julien qui trancha le nœud gordien en la ramenant sur les chemins fleuris de la vie quotidienne nimbés d’un réel poétique.

dimanche 10 mai 2026

Barcarolle d'amour

 

 



«  Belle nuit, ô nuit d’amour, souris à nos caresses

Nuit plus douce que le jour, ô belle nuit d’amour

Le temps fuit et sans retour emporte nos tendresses

Loin de cet heureux séjour, le temps fuit sans retour » 

Déterminé à interrompre la fuite du temps, Vincent s’élança à la recherche des sources perdues ; il trouva une jolie naïade assise sur un rocher dans la posture de la petite sirène d’ Andersen.

Elle peignait ses longs cheveux avec un peigne d’ivoire et elle se laissa emporter par le ténor, ému à la vue d’une telle beauté.

«  Zéphyrs embrasés, versez-nous vos caresses »

Les alizés parfumés répondant à l’appel du couple amoureux le plongèrent dans l’extase.

Les amants enlacés vécurent une nuit passionnée à l’ombre de cerisiers en fleurs.

Fleur et Jour, les enfants de l'amour

 

 

 


Nadir et Dahlia procédèrent par étapes pour révéler aux enfants élevés dans le même amour qu’ils n’étaient pas frère et sœur et qu’un destin différent les attendait au lendemain de leur septième année.

Loin de se décourager, Fleur et Jour redoublaient de gestes affectueux et juraient de rester liés à jamais.

Il fallut cependant exaucer le vœu du père de Fleur et un triste matin, Fleur de Lune prit la route dans un palanquin princier.

Dahlia avait préparé un trousseau complet pour la petite fille et lui avait légué le couffin brodé par sa mère avec amour. Fleur de Lune y avait installé sa poupée de porcelaine Philaé.

Bonheur du Jour qui aimait dessiner avait peint un tableau les représentant jouant dans le jardin sous les yeux de Philaé installée dans un petit fauteuil. L’enfant princier offrit le tableau soigneusement emballé dans un étui de soie et Fleur de Lune jura qu’il aurait la place d’honneur dans sa chambre.

L’escorte se mit en route. Bonheur du Jour galopa sur son poney Framboise jusqu’à la limite du domaine, envoyant des baisers à celle qu’il aimait tendrement.

De retour au palais, il se comporta avec dignité, redoublant d’ardeur pour parfaire son éducation.

Il porta un intérêt nouveau à la poésie, trouvant chez les poètes les accents de son cœur déchiré.

De son côté, Fleur de Lune offrit un visage souriant à ses parents. Ophélie avait décoré sa chambre avec goût.

Philaé trouva sa place dans un berceau qui avait été conçu pour la venue de Fleur de Lune.

La petite maman de sept ans et sa poupée apprécièrent le charme de la pièce où elles trouveraient le bonheur du jour et de la nuit.

Alban avait pêché une magnifique daurade qu’Ophélie avait cuite au four, enduite de miel et parsemée d’amandes.

La petite fille fit honneur au plat et elle apprécia particulièrement la part d’un gâteau parfumé à la rose décoré d’un cœur en pâte d’amande.

Les jours suivants, Fleur de Lune se plia à de nouvelles disciplines. Elle apprit l’art de la cuisine. Clarifier les œufs fut bientôt son exercice favori. En participant à l’élaboration d’un cake, elle ne put s’empêcher de penser au cake d’amour de Peau d’Ane.

Elle souhaita grandir au plus vite pour confectionner un semblable gâteau pour l’envoyer à Bonheur du Jour, toujours présent dans son cœur.

Par ailleurs, il lui arrivait d’accompagner son père et de manier la canne à pêche avec dextérité ? Elle eut la joie de ferrer une lamproie. Ce poisson au goût délicat rejoignit d’autres merveilles océanes qu’Ophélie présenta fièrement sous forme de cotriade, délice du pêcheur.

Elle prenait également des cours élémentaires en compagnie d’autres enfants dans une grande maison qui faisait office d’école.

Elle aimait particulièrement la botanique et pratiquait également des arts variés, danse, musique, dessin et poésie.

La poésie occupa une grande place dans son cœur car dans les soupirs de dames pleurant l’absence d’un bien aimé elle retrouvait une situation similaire à la sienne.

Ainsi la séparation des deux enfants décupla l’intérêt que chacun portait à l’autre par le biais de la poésie qu’ils chérirent tous deux dans un même élan d’amour enfantin, pur, noble, s’épanouissant comme une fleur immortelle.