samedi 10 octobre 2026

La mélodie du vent

 

 

 


Ma sœur, mon rêve, ma douce-aimée, entends-tu la romance du vent ?

Il te demande de renoncer aux tons gris et de te vêtir d’un rose ardent pour renaître au jour.

Las, ma mie, mon amie de cœur, telle la rose du petit prince déracinée et jetée aux quatre vents, j’erre comme une âme en peine et il m’est difficile de vivre dans un univers où mon époux, fauché par l’ Ankou, n’est plus à mes côtés pour m’aider à affronter les tourbillons du temps.

Résiste aux vents mauvais, pour lui car il n’aimerait pas te voir ainsi recroquevillée dans ta robe couleur de misère. Ouvre les fenêtres et laisse le vent t’envelopper de sa douce mélopée !

Le vent se tut et l’amante éperdue retrouva l’amour de vivre l’espace d’un instant !

Léonidas

 

 

 


Léonidas c’est le prénom que ma mère a choisi pour moi, à ma naissance.

C’est une farouche partisane des valeurs hellénistiques alors je  lui pardonne volontiers ce choix fantasque.

Les copains, au lycée, m’appellent Léo mais au fond de moi-même je me sens profondément Léonidas.

Léonidas aux Thermopyles mourant avec ses guerriers pour empêcher les Perses de s’emparer de son pays, quel symbole !

C’est donc tout naturellement que j’affronte les boucliers de la police sans agressivité de ma part je le précise afin d’exprimer le mal-être de ma génération sacrifiée sur les autels financiers, le fameux Veau d’ Or de la Bible !

vendredi 9 octobre 2026

Pèlerinage en Brocéliande

 

 

 


En avons-nous fait des randonnées dans le Val-sans-Retour, allant du Miroir aux fées aux rochers qui défient les esprits maléfiques, descendants de la fée Morgane !

Nous marchions allègrement, admirant au passage les libellules, dévalant les ravines d’un pied sûr et empruntant le petit pont de bois qui nous menait ensuite à l’Arbre d’Or !

Nous longions la rivière où il ne faisait pas bon de rencontrer les lavandières de nuit car elles étaient en train de préparer votre linceul.

Puis nous allions nous recueillir auprès du tombeau de Merlin, un tumulus fleuri de bouquets de bruyère et d’ex-voto, à l’ombre d’un buisson de houx gigantesque qui donnait au paysage une aura digne du poète Victor Hugo.

Nous nous reposions près de la fontaine de Barenton, admirant le bouillonnement limpide de la source puis nous partions à la conquête du hêtre de Ponthus, arbre légendaire qui aurait vu s’affronter des chevaliers avides de conquêtes et de combats fameux.

Nous n’irons plus en Brocéliande, mon cher Bernard ou si nous empruntons un chemin fantôme, ce sera par le biais du rêve.

Mais nos fils à qui nous avons instillé l’amour de cette terre  de légende nous représenteront.

Enfants, ils aimaient ces randonnées et par-dessus tout, ils se faisaient un plaisir de pêcher dans l’étang du château de Comper ou sur les rives du lac de l’abbaye de Paimpont.

Les légendes et ces plaisirs champêtres ne périront jamais et nous aideront, mon cher époux, à accepter l’inéluctable départ, nous promettant de nous associer aux papillons et aux korrigans sur les chemins caillouteux que nous avons tant fréquentés !