dimanche 14 juin 2026

Le récit de Marjorie

 


«  Je pressais le pas pour rapporter au plus vite le fromage dont maman avait besoin pour réaliser la tarte au fromage de chèvre dont je raffole lorsqu’un inconnu me barra le chemin. Il était essoufflé et semblait souffrir.

Il m’a demandé de le conduire à l’église car il avait besoin de parler à un prêtre pour une affaire de la plus haute importance : il y allait du salut de son âme.

J’ai pensé qu’un crochet ne me mettrait pas en retard ; le prêtre nous rappelait sans cesse que Dieu avait toujours la priorité.

Parvenus dans l’église, nous n’avons vu personne. Le dénommé Angelo m’a demandé de le suivre dans le confessionnal. Je serais libre me dit-il à l’arrivée du prêtre.

Ce fut ensuite le trou noir et je me suis réveillée en sous-vêtements, ligotée et incapable de crier : ma bouche était close par un sparadrap ! Je me trouvais dans un endroit humide et sombre » !

Un enquêteur traduisit en langage élaboré le récit syncopé de Marjorie qui s’exprima avec ses mots d’enfant.

On attendit le résultat de ses examens cliniques et psychiques pour l’interroger davantage.

On lui demanda de décrire son ravisseur et comme les mots lui faisaient défaut, on lui donna un carnet et des crayons de couleur. Marjorie dessina longuement. Ses premiers dessins traduisaient son effroi : elle avait esquissé la silhouette d’une sorte de monstre mi dragon mi vampire qui crachait des flammes avec une langue démesurée.

Puis ses dessins se modifièrent et l’on put établir un portrait-robot  du dénommé Angelo en exploitant des détails précis et réalistes.

C’était un homme de taille moyenne. Il avait des cheveux bruns bouclés. Son teint était mat, ses yeux étaient perçants. On pouvait y lire une lueur inquiétante proche de la folie.

Il lui manquait trois dents et ses mains rugueuses traduisaient une pratique agricole . Sa main droite était amputée de deux doigts : était-il tailleur de vignes ? Il portait des sabots et ses vêtements étaient semblables à ceux que portaient les ouvriers agricoles de la région.

Grâce à ces données précises on obtint une identité qui correspondait avec le souvenir de la victime.

Angelo Lingini

Né le 1 er Août 1980 à Naples

Naturalisé Français à la suite de son mariage avec Marianne Lacoste née le 22 Avril 1990 à Fleurance

Travailleur agricole

Signe particulier : amputation du majeur et de l’annulaire de la main droite.

Des sources diverses mentionnèrent des mains courantes laissées à son encontre dans diverses gendarmeries, jamais traitées sérieusement par manque de temps des préposés à ce type de tâche.

Il s’agissait de violences exercées contre des femmes, voire des viols ; les plus récentes marquaient un penchant pervers pour les fillettes.

Cet individu était notoirement peu recommandable et aurait dû être suivi par les autorités compétentes.

On transféra le dossier à l’inspecteur Maximilien Lacombe surnommé d’ Artagnan pour son port de moustache et de barbe à la gasconne et pour son accent du terroir.

Il était spécialisé dans les enquêtes complexes et s’était fait une réputation de démineur en matière criminelle.

 

L'arche du temps

 

 


Sous l’arche du temps défilent les grandes figures qui ont fait palpiter notre cœur.

Johnny en tenue de scène, parfaitement coiffé et soigné passe sous l’arche avec sa guitare et je distingue, au loin, portant un œillet à la boutonnière, sa chemise de dentelle de Calais flottant dans les nuages, notre Fabrice tant aimé qui nous entraîna dans la légende.

Fabrice se détache, un pinceau à la main et il se dirige vers un atelier de peintre animé par des anges.

Il compose un portrait de Johnny en utilisant une mosaïque de coquillages et des ailes de papillons.

Comme le voile de mariée de Pénélope, le portrait se dissipe aux premières heures de l’aube.

Des cristaux d’amour tombent sur la terre. Nous les ramassons pour en faire un mausolée et nous attendons la finition du portrait, celle qui nous appellera à rejoindre notre maestro tant aimé, Fabrice aux couleurs de l’aurore.

samedi 13 juin 2026

Le bonheur est dans le pré

 




«  Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite

Le bonheur est dans le pré,  cours-y vite, il va filer ».

Décidé à suivre le conseil du poète Paul Fort, Vincent courut dans le pré où il rencontra la reine des roses sous l’apparence d’une ravissante jeune femme.

Voulez-vous être ma rose tango dit-il à la déesse en déshabillé de pétales et avec son assentiment, il l’entraîna dans un pas de deux éblouissant.

Quelques pétales volaient au vent et des boutons de roses éclataient comme des promesses de bonheur.

Vincent et la reine des roses connurent l’extase d’une passion parfumée de manière idyllique.

N’attendez pas le signal : courez vite dans le pré, le bonheur vous y attend !