samedi 21 mars 2026

L'appel musical du printemps

 

 


Pour saluer la venue du printemps , Vincent interpréta avec fougue le grand air de Michel Fugain

«  Le printemps est arrivé

Sors de ta maison ».

Au fur et à mesure des paroles vocalisées, les fleurs s’épanouissaient, renoncules, jacinthes, tulipes en turban et l’aubépine resplendissait à l’horizon.

Les mésanges, les merles et les rossignols unirent leur chant à celui de Vincent magnifiant la saison des amours avec Fais comme l’oiseau.

Des danseurs venus de la lointaine Acadie exécutèrent des danses rythmées et une pluie de jonquilles, de myosotis et d’hortensias gratifia le chanteur, ses choristes, offrant aux ballerines une parure de fraîcheur.

Le prince Printemps vint en personne remercier Vincent pour cette célébration et drapa sur ses épaules le manteau de broderie du poète Charles d’ Orléans :

«  Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie

Et s’est vêtu de broderie

De soleil luisant, clair et beau ».

Enveloppé dans sa cape fleurie, le chanteur rentra chez lui, heureux d’avoir solennellement rendu hommage au Printemps.

vendredi 20 mars 2026

L'ours et la fée

 


La tournée de Guillemette s’achevait lorsque l’ours aperçu dernièrement fit à nouveau irruption sur la route, lui barrant le passage.

«  Nounours, tu n’es pas raisonnable ! Tu m’empêches de ravitailler des personnes coupées du monde.

Je veux simplement t’empêcher de courir à ta perte car il y a eu, suite aux dernières pluies violentes, un éboulement et un glissement de terrain.

Je te remercie pour ta protection mais je dois quand même proposer mes services aux personnes souvent âgées,  isolées, qui risquent de mourir de faim ».

L’ours disparut comme par enchantement et Guillemette reprit sa route, évitant de klaxonner comme elle le faisait d’habitude pour signaler sa venue ; ce bruit strident faciliterait un éboulement se dit-elle et il vaut mieux user de prudence si l’ours a dit vrai.

Des blocs de pierre s’étaient effectivement détachés des collines, causant des dommage sur la chaussée.

Guillemette vint à bout de ce parcours périlleux. Elle s’installa sur la place du village et attendit patiemment les derniers clients.

L’une d’elles était une parfaite inconnue ; jeune, jolie et aimable, elle demanda un cake d’amour.

«  Comment savez-vous que j’en vendais s’étonna Guillemette, c’est une nouveauté.

Je sais tout, mon enfant car je suis la fée Lilas. C’est moi qui ai organisé votre rencontre avec le prince Pervenche. Il est temps que vous pensiez à vous, à un bonheur possible qui vous tend les bras. Un autre vendeur prendra votre place à bord de ce food-truck et servira les délaissés ».

La fée disparut, emportant de précieux cakes d’amour.

Les habitués vinrent à leur tour et chacun fut enchanté de se voir proposer un cake d’amour en plus des plats auxquels ils étaient accoutumés.

Sa tournée s’achevant, Guillemette revint chez elle, décidée à suivre les conseils de la fée.

Sa demeure était vide ! Une lettre était mise en évidence dans une corbeille contenant des pièces d’or et des pierreries.

«  Une affaire de la plus haute importance me rappelle au château. J’ai demandé à mon griffon de monter la garde dans votre jardin. Gardez-le auprès de vous jusqu’à mon retour. Votre dévoué Prince Pervenche ».

Guillemette trouva le griffon dans son jardin. Il était imposant et inspirait le respect. La jeune femme lui proposa de s’installer chez elle mais le griffon déclina l’invitation :

«  Mes griffes et mes crachats de feu abimeraient votre intérieur. Ici, je vous suis plus utile et je dissuaderai quiconque aurait des velléités malveillantes envers votre personne ».

Reconnaissante, Guillemette installa sur la table du jardin un repas composé de viandes, laitages et pyramides de fruits.

Le griffon mangea de bon appétit et reprit ensuite sa fonction de gardien.

Guillemette débarrassa la table, laissa une carafe de boisson aux fleurs et un hanap puis elle rentra chez elle pour se prépare à une attente qu’elle espérait de courte durée.

La mystérieuse dame voilée

 



Une élégante au chapeau à voilette se présenta un jour chez l’impresario de Vincent afin d’inviter le ténor du siècle à participer à un voyage célébrant la romancière Agatha Christie dans un wagon reconstituant Le crime de l’ Orient Express.

«  Paris-Istanbul sur la ligne du train fabuleux et les repas servis provenant des cuisines sous la direction d’un chef étoilé seront la marque de ce voyage légendaire » précisa la commanditaire en déposant une bourse de louis d’or sur le bureau de l’impresario.

«  Que devra faire Vincent demanda son mentor

Il lui suffira d’être lui-même, élégant et chaleureux. Il pourra chanter s’il le souhaite ou si une voyageuse charmante l’incite à célébrer leur rencontre.

La reine du crime que je représente veille sur lui et mettra tout en œuvre pour que le voyage se déroule de manière féerique ».

La mystérieuse commanditaire enleva son chapeau, découvrant ainsi son visage, celui d’ Agatha Christie, puis elle disparut comme un songe.

Quelle étrange rencontre pensa l’imprésario ;  Il empocha la bourse de louis d’or, les chèques-voyage, restaurant et tailleur chic pour que Vincent apparaisse au top de l’élégance dans le train mythique L’ Orient Express.