Ses bras étaient si blancs, ivoire et nacre, qu’ils faisaient penser à la belle Nausicaa, princesse phénicienne, envoyée par un songe en bord de mer pour accueillir Ulysse, couvert d’écume et nu, contraint de masquer sa virilité avec des feuillages, telle était Myrtille, jeune beauté dont les ressources provenaient des fruits des bois et d’un pécule laissé par sa grand-mère.
Chaque semaine, Myrtille vendait au marché ses produits-phares.
Elle s’ingéniait à produire une nouveauté à chaque fois pour ne pas lasser les habitués qui lui accordaient leur confiance.
Un jour, c’était un lapin aromatisé au thym et à la moutarde, une autre fois, une broche enchâssée dans une rose pourpre.
Dans le sous-bois qui lui livrait ses trésors, Myrtille découvrit un carré de tulipes aux couleurs de l’arc-en-ciel. Elle en préleva avec parcimonie et revint chez elle promptement pour tirer profit de cette splendeur à valeur d’offrande.
Elle créa une coiffe en entrelaçant les calices de la fleur avec des roses d’or. Complétant cette couronne inédite avec un voile de mariée miniature, elle enferma ce trésor dans un globe à l’ancienne décoré de fleurs d’oranger.
Cet article charmant obtint tous les suffrages et chaque jeune fille eut à cœur de s’inscrire sur une liste de commandes.
On jalousa Océane pour son achat du jour puis on la félicita pour sa rapidité et sa volonté d’acquérir un véritable trésor qui lui apporterait le bonheur le jour de ses noces.


