jeudi 5 mars 2026

Nour de nos amours

 



Divine beauté céleste, Nour prépara le thé destiné à ses invités. Dans son palais rétro, elle vivait comme ses ancêtres, respectant les rituels.

Rien ne manquait dans le décor. Service en porcelaine, fleurs, assiettes de bouchées gourmandes, samovar, tout était à la hauteur de ses ambitions.

Drapée dans un sari de mousseline rose , Nour reçut ses protégés, un poète, une mondaine, un journaliste et une romancière.

Le thème de la conversation choisi par la romancière à la demande de Nour fut celui de la reine des intrigues policières, Agatha Christie.

On voyagea beaucoup, en bateau de croisière sur le Nil, en transatlantique, en train, bleu ou Orient Express et l’on se passionna pour toutes ces histoires inspirées par l’art oriental et la subtilité britannique. On fit renaître la campagne anglaise avec son assortiment de puddings et de plats cuisinés à base de menthe et de sauces relevées par le Cherry à la mode dans les Indes ; le mahjong fut évoqué tant ce jeu pouvait être révélateur de la psychologie d’un personnage.

Satisfaite de sa réception, Nour quitta ses invités en leur offrant un bijou de nacre et de perles respectant la personnalité de chacun.

Elle se promit de renouveler l’expérience en organisant, cette fois, un repas festif qui surprendrait par son excellence et son originalité.

Fontaine d'amour fou

 

 


«  Dans l’eau de la claire fontaine

Elle se baignait toute nue

Une saute de vent soudaine

Jeta ses habits dans les nues.

En détresse, elle me fit signe

Pour la vêtir d’aller chercher

Des monceaux de feuilles de vigne

Fleurs de lys et fleurs d’oranger ».

Afin de ne pas être pris au dépourvu au cas où une belle prendrait son bain dans la fontaine des amours, Vincent acheta chez sa fleuriste des bouquets de lys et de roses

«  Avec des pétales de roses

Un bout de corsage lui fis »

Et chez sa marchande de primeurs, il choisit de belles grappes de raisin  avec leurs feuilles de vigne

«  Avec le pampre de la vigne

Un bout de cotillon lui fis »

Rêvant de pouvoir habiller de fleurs et de feuillage une beauté au sortir de la fontaine.

Telle Arletty dans Les enfants du Paradis, une splendide créature s’offrit à lui et Vincent la couvrit de fleurs avant de l’enlacer pour la dénuder noblement.

«  Elle me tendit ses bras, ses lèvres

Comme pour me remercier

Je les pris avec tant de fièvre

Qu’elle fut toute déshabillée ».

Les rossignols accompagnèrent leurs amours et lorsque Vincent s’éveilla, son bel amour s’enfuit comme la nymphe de la fontaine.

La rockeuse de diamants

 

 


Interpellé par la rockeuse de diamants, Vincent fit pleuvoir les étoiles de sa voix d’or et il dansa au son du violon.

«  Moi j’donne du rêve à tous les gens qui trainent des souvenirs cassés

D’la dentelle bretonne à ceux qu’ont des habits troués ».

Valsant avec son élégance habituelle, une jolie fleur pervenche dans les bras, Vincent sema du rêve en dispersant à chaque pas les joyaux du bonheur.