samedi 20 juin 2026

Livret d'opéra

 

 

 

 


Livret de l’Opéra Vincent Niclo Roi de Brocéliande

Acte V

Le Dieu des forgerons

Décor : Forge en action, langues de feu, armure en or ciselé, épée réplique d’Excalibur

 

François de Belletoise, forgeron à Tréhorenteuc. Il présente sa dernière commande, l’épée Perceval, symbole de paix :

«  Je vais remettre Perceval, le glaive de la paix, à notre roi Vincent. Merlin m’a promis d’être présent pour confirmer le transfert magique de ses pouvoirs.

Vincent Roi pourra, à présent, disposer de la magie ancestrale qui a assuré la pérennité du royaume ».

 

Merlin apparaît, une pierre de puissance à la main :

« Fidèle à ma promesse de m’extraire de mon tombeau de cristal pour la renaissance de la forêt, me voici prêt à servir notre roi et l’aider à choisir une compagne qui lui donnera un héritier ».

Vincent donne l’accolade à Merlin et serre la main gantée de fer de François de Belletoise :

«  Merci mes amis pour votre concours. Je renouvelle mon serment de rendre à la forêt toute sa beauté et d’y apporter une touche nouvelle vouée à la poésie en créant notamment un immense jardin d’amour où l’on bâtira un pavillon destiné à favoriser les rencontres amoureuses ».

Un chœur de jeunes filles se place près de lui. Les cheveux couronnés de fleurs, les vestales de la forêt lui font cadeau d’un chant virginal :

«  Nous sommes là, vestales de l’amour et nous déposons nos couronnes de fleurs à tes pieds, ô Roi !

Choisis celle qui pourra enchanter tes soirées » !

Vincent Roi

«  Relevez-vous, jeunes demoiselles, nous prendrons le temps de nous connaître. Je ne vous ferai pas l’injure de choisir l’une d’entre vous. C’est un choix qu’il faut prendre de concert.

Chantons ensemble, le charme de votre voix m’ensorcèle et suffit à mon bonheur ».

Le ciel s’assombrit, des éclairs zèbrent l’horizon, le tonnerre gronde.

Un chevalier en armure noire surgit, la lance à la main.

Harold, chevalier de Ponthus

«  Qui m’a appelé en versant l’eau de la fontaine de Barenton sur la margelle en se servant du gobelet d’or » ?

Vincent Roi

«  Mille excuses, chevalier ! On vous a dérangé pour rien : le royaume est stable et je suis prêt à faire régner la paix grâce à l’épée de justice Perceval fabriquée par François de Belletoise ».

Le chevalier de Ponthus s’incline et remercie le roi :

«  Sache, ô Vincent Roi, que tu pourras m’appeler pour te seconder si tu es en difficulté. J’ai entendu parler du charme de ta voix. Puis-je en apporter un échantillon à ma dame de cœur » ?

Vincent Roi

«  Qu’il en soit fait selon ton désir, noble chevalier » !

Il chante

«  Dame Laudine, Noble amante de Harold de Ponthus, je chante ta beauté, l’enveloppant d’une bulle mordorée qui te garantira, avec le concours de Merlin, la jeunesse éternelle ».

Chœur de jeunes filles à l’unisson

«  Nous pouvons enchanter la douceur de tes soirs, noble Harold et si ton épouse a besoin de suivantes, n’hésite pas à faire appel à nous.

Nous viendrons dans ton château, parées de nos plus riches atours et nous servirons, tour à tour, en qualité de chambrières, de cuisinières, de danseuses et de chanteuses de charme pour tes invités ».

Vincent Roi :

«  Qu’il en soit fait selon votre désir, nobles demoiselles ! grâce à vous, la forêt continuera à briller et à mériter son renom hospitalier.

Que vive Brocéliande, terre de légende, d’avenir et de beauté » !

 

Rideau

 

 

Boulevard du rêve

 






Sur le boulevard du rêve les élégantes marchent à petits pas. Elles aiment les soleils couchants car dans la pourpre du soir les couleurs vives de leurs robes et de leurs chapeaux irradient leur charme.
Parfois une calèche s’arrête à leur hauteur et un homme bien mis, gardénia à la boutonnière, convie l’une d’elles à le rejoindre mais Marjorie, Elodie et Roxane préfèrent marteler le sol de leurs bottines à lacets.
Elles s’arrêtent à la terrasse du Flore, commandent un chocolat chaud et des puits d’amour puis elles poursuivent leur rêverie en notant les impressions ressenties lors de leur promenade nocturne.
Un marchant ambulant leur propose des fleurs et des nougats.
Marjorie se lance dans une improvisation théâtrale et son charme opère sur les passants qui l’applaudissent chaleureusement.
« Quel bonheur de vivre dans une ville où les prédateurs se terrent, conscients de leur vilénie » dit Roxane et elle se lève à son tour pour incarner l’héroïne d’Edmond Rostand.
« Je propose que nous prenions le train de nuit pour nous rendre à Cambo-les-bains afin de visiter la Villa Arnaga et flâner dans ses jardins ; nous aurons peut-être la chance d’y croiser l’ombre de Cyrano de Bergerac ».
Cette phase conclusive du rêve décida les élégantes à rentrer chez elles afin de préparer leur déplacement dans le haut-lieu du rêve, le havre de paix de l’écrivain qui donna à la beauté le summum de l’élégance et de l’esprit.

vendredi 19 juin 2026

Le laurier de Johnny

 

 

La jolie Daphné devenue laurier pour échapper aux avances du dieu Apollon jeta son dévolu sur Johnny pour l’honorer de sa présence.

C’est ainsi que Johnny put interpréter Requiem pour un fou avec les tendres accents de l’homme passionné qui ne peut se résoudre au départ de sa bien-aimée.

Seul Johnny pouvait chanter une telle romance sans susciter la répulsion voire la haine.

Daphné en son cœur, il trouva les accents du désespoir en leur donnant une once d’humanité.

Auréolé de laurier, il apparut sur la scène comme l’archange de l’amour passion à qui l’on accorde le pardon pour son geste extrême.

jeudi 18 juin 2026

Gwebdoline des Abers

 

 

 


Non loin du rivage des Abers vivait une jeune fille prénommée Gwendoline. Adepte de la coiffe bretonne, elle en portait toujours une et faisait commerce de ses créations appréciées au village et dans les alentours. Elle arborait aussi le costume breton et brodait des tabliers personnalisés qui faisaient fureur. Chaque ménagère voulait avoir le sien, réservant la surprise à son entourage autour d’un kig ha farz de fête.

Le kouign amann  était servi au dessert et le cidre Coat Albret étanchait la soif provoquée par ces mets de choix.

Un jour, sur la route du marché où elle vendait ses productions, Gwendoline fit une rencontre insolite.

Un jeune homme portant une toge blanche agrafée par une fibule turquoise et couronné de roses lui présenta une sébile en forme de cœur.

Gwendoline offrit l’une de ses bagues en argent ciselé. Le jeune homme se confondit en remerciements et poursuivit sa route.

Gwendoline prépara son étal et attendit les acheteurs. Elle vendit des tabliers brodés, une coiffe et un gilet masculin. Satisfaite de ces ventes, nantie de commandes pour des tabliers personnalisés, elle rangea ce qui lui restait et fit un tour de marché. Elle acheta de la faïence de Quimper, de la cotriade parfumée et une galette saucisse.

Sur le chemin du retour, elle aperçut le jeune homme en toge. Il semblait fatigué. Elle lui proposa de partager son repas.

Heureux à la perspective de tisser des liens amicaux, Marin se laissa guider par son hôtesse. Il rangea sa sébile, se lava les mains à l’eau de rose et passa à table. Il trouva la cotriade délicieuse, mangea de bon appétit des haricots cuisinés à la bretonne ; un kouign amann le propulsa au paradis des gourmets. Il but du cidre et goûta une part d’omelette norvégienne flambée au Bouchinot, une liqueur locale.

Cet excellent repas terminé, il se laissa convaincre de passer une nuit reposante dans la chambre d’ami.

Demeurée seule, Gwendoline se félicita d’avoir trouvé un ami. Elle rangea la pièce où ils avaient mangé et se retira à son tour dans sa chambre où elle trouva facilement le sommeil.