mercredi 4 mars 2026

Dom Louis

 



Levé de bon matin, Dom Louis part chausser ses skis et s’apprête à dispenser son savoir durant de longues heures à la station où on l’attend avec allégresse. Il est patient, doux et surtout si professionnel que chacun ne veut pas d’autre moniteur.

Il rentre chez lui à la nuit tombée et trouve à peine le temps de se restaurer tant la fatigue est grande !

Courage Dom Louis, sache que tes amis dont je suis te décernent l’edelweiss de diamant qui récompense les personnes dévouées à leur art !

L'amant qui venait du Nord




Il est venu du Nord, de Hambourg ou d’ailleurs, l’amant aux yeux bleus et aux mains caressantes.

Il a jeté sur mes épaules un manteau d’hermine et il m’a emmenée dans une taverne pour y manger des harengs et boire de la cervoise au goût de miel.

Puis il s’est transformé en prince oriental et m’a séduite en m’offrant une part de pastilla et du thé au jasmin.

J’ignore ce qu’est devenu l’amant qui venait du Nord et je me demande s’il a trouvé la femme de sa vie, capable de l’aimer passionnément et de lui préparer des plats aromatisés à la bière.

Je suis la reine sans nom et sans royaume et j’erre dans les dédales de mes livres pour y retrouver la clef des bonheurs couleur soleil.

La marelle des amants

 



Dans son nuage bleu, Johnny redevient petit garçon : il joue à la marelle. Un, deux trois soleil, il gagne en poussant un galet d’or fin et en atteignant le ciel ; il se voit propulsé sur la terre de ses origines.

Il est adolescent et à l’aide de sa guitare il charme les jolies filles. Son sourire éclatant, ses beaux cheveux blonds qu’il peigne soigneusement en imitant James Dean, l’aident à conquérir les cœurs et il va, de succès en succès, galvanisant les foules de ses refrains enchanteurs.

La marelle des amants, il l’a pratiquée avec ferveur croyant sincèrement que la dernière conquête serait la bonne et qu’elle le conduirait au paradis des amoureux mais, chaque fois, un méchant grain de sable venait enrayer le disque de platine de son amour et il ne lui restait que la chanson.

Philosophe, Johnny a accepté la dure loi des hasards et il a réalisé que, sur cette terre, tout ne pouvait être donné. Alors il a aimé son public à la folie car en réalité ses fans ont été les seuls à l’aimer sans partage et sans retour.

Le liseron du bois joli


En s’envolant vers le Bois Joli, Jacotte, la pie apprivoisée de Pénélope donna à la maîtresse des lieux l’idée de la suivre.

Laissant derrière son sillage des perles irisées, Jacotte volait avec volupté vers des aventures souhaitées : la vie devenait morne au domaine des Trois Sources et elle en connaissait à présent toutes les issues.

Pénélope marchait d’un bon pas, emmenant avec elle une valisette destinée à parer à toute éventualité et décidée à profiter d’une journée exceptionnelle, sans doute protégée par les fées de son domaine.

La fée Noisette, une habituée des lieux, la fée Cassandre, reconnue pour trouver toutes les énigmes en pure perte puisqu’on ne la croyait jamais, la fée Livre d’or qui était reconnaissable à son turban à la mode de Simone de Beauvoir et qui croyait passionnément à la vertu créatrice des mots, survolaient le chemin qui sentait bon le serpolet et la sauge.

Arrivée dans le bois, Jacotte chercha un bon emplacement pour installer son nid et Pénélope, parvenue au même endroit en suivant les indices laissés par son amie, déplia une chaise pour ne pas salir sa jolie robe Vichy à la mode Bardot.

Elle sortit de son panier un ouvrage à broder et se mit au travail, heureuse de sentir les effluves parfumés du sous-bois, jacinthes et violettes en dominante.

Un vent léger souffla sur sa nuque et un galop de soleil illumina la clairière dans laquelle elle se trouvait.

Relevant la tête, elle aperçut un liseron gigantesque qui déployait ses corolles nacrées, roses et lumineuses.

Au même instant, la fée Livre d’or lui donna la taille de la petite Poucette et elle se mit à grimper sur la liane du liseron avec l’agilité du marsupilami qui errait dans tous les livres d’aventures destinés aux enfants.

De fleur en fleur, Pénélope parvint à la cime d’un arbre gigantesque qui dominait le bois.

Un lutin charmant, tout semblable à ceux que l’on aperçoit dans la forêt de Brocéliande vint lui tenir compagnie et Pénélope se laissa conter fleurette avec délices car, pensait-elle, cette aventure n’aura pas de lendemain, ce en quoi elle se trompait puisqu’elle resta à jamais dans le bois joli sous la forme d’une fée Clochette, aux ailes diaphanes et aux pieds ornés de volutes végétales qui lui permettaient de se déplacer à la vitesse de l’éclair.

Leurs noces furent champêtres et Jacotte eut le privilège de jeter dans les sous-bois des fleurs de liseron pour célébrer l’événement.