mercredi 13 mai 2026

La chanson de Nolwenn

 

 

 


Dans un vallon breton vivait une jeune fille prénommée Nolwenn.

Elle aimait partir, panier au bras, à la recherche de fleurs, de champignons pi d’objets précieux oubliés par des promeneurs ou des fées.

Dans le Val-sans-Retour, elle croisait parfois les lavandières qui lui recommandaient d’éviter l’Ankou, le valet de la Mort, armé d’une faux dont le tranchant était inversé pour qu’il emporte les âmes des défunts.

Un jour, près de la fontaine de Barenton, elle vit un barde qui chantait un hymne à l’amour sacré en pinçant les cordes de sa harpe.

Spontanément, Nolwenn unit sa voix à la sienne et les paroles d’une chanson venue du fond des âges lui vint aux lèvres.

«  Fées de la nuit, du jour et de l’aurore à la belle ceinture fleurie, écoutez ce chant venu des îles et murmuré par les sirènes.

Bretagne millénaire, tu as été façonnée par des êtres celtiques parlant la langue des dieux.

Que nos drapeaux flottent sur les manoirs de granit rose ou les chaumières étincelant sous l’effet bénéfique du soleil.

Je suis Nolwenn aux doigts d’argent et je donne aux objets que je crée l’éternelle beauté du lys royal ou de l’iris sauvage.

Les ancolies, les pervenches et les glaïeuls ornent mon jardin, m’inspirant des contes destinés à ceux qui ont gardé leur âme d’enfant ».

La chanson mourut sur les lèvres de Nolwenn car Yves-Alain, le barde s’était approché d’elle pour l’enlacer et cueillir sur sa bouche cerise le baiser de l’amour.

Merlin et Viviane sanctuarisèrent leur union et le couple partit sous le couvert des hêtres s’unir dans les jardins des fées avant de s’établir à Locronan pour y vivre des sources de leur art.

 

mardi 12 mai 2026

Birds in the night

 




Par une belle nuit éclairée par la lune rousse, des oiseaux donnèrent un récital destiné aux amants.

Caroline et Julien se perdirent dans les bois pour chercher la fleur ardente qui prodigue l’espoir. Ils finirent par la débusquer au pied d’un chêne jouxtant une orchidée rose.

Caroline cueillit la fleur et l’inséra dans l’exemplaire d’ Aurélia de Gérard de Nerval qui ne la quittait jamais.

Amoureuse de l’univers du poète oscillant entre la femme idéale et l’amie d’enfance prête à lui offrir un amour de jeune fille simple, Caroline ne savait quelle voie suivre, l’étoile ou la prosaïque adolescente ?

Ce fut Julien qui trancha le nœud gordien en la ramenant sur les chemins fleuris de la vie quotidienne nimbés d’un réel poétique.

dimanche 10 mai 2026

Barcarolle d'amour

 

 



«  Belle nuit, ô nuit d’amour, souris à nos caresses

Nuit plus douce que le jour, ô belle nuit d’amour

Le temps fuit et sans retour emporte nos tendresses

Loin de cet heureux séjour, le temps fuit sans retour » 

Déterminé à interrompre la fuite du temps, Vincent s’élança à la recherche des sources perdues ; il trouva une jolie naïade assise sur un rocher dans la posture de la petite sirène d’ Andersen.

Elle peignait ses longs cheveux avec un peigne d’ivoire et elle se laissa emporter par le ténor, ému à la vue d’une telle beauté.

«  Zéphyrs embrasés, versez-nous vos caresses »

Les alizés parfumés répondant à l’appel du couple amoureux le plongèrent dans l’extase.

Les amants enlacés vécurent une nuit passionnée à l’ombre de cerisiers en fleurs.