jeudi 23 juillet 2026

Le prince des collines

 

 



Il nous est revenu le petit prince des collines de Candy, l’héroïne de notre jeunesse, sur un air de cornemuse, dans la lande fleurie d’ajoncs et de genêts.

«  L’amour, l’amour, l’amour

Dont on parle toujours

L’amour c’est le printemps craintif

Une lumière attendrie ou souvent une ruine

L’amour, l’amour, c’est le poivre du temps

Une rafale de vent, une feuillée de lune ».

Les dryades rescapées de Brocéliande chantèrent en chœur une romance de Mouloudji, ce qui incita Vincent Niclo, notre prince des collines, à entonner ce chant d’amour, sous la lune s’effeuillant en roses d’or que les fervents supporters agrafaient à leur chemise ou à leur caraco.

Des tsiganes dansèrent, annonçant la venue définitive du Prince de l’Amour, Vincent Niclo, dans un éclat celtique de bagad triomphant.

Véra belle princesse

 

 

 


«  Véra, belle princesse

Fleur de noblesse

Au pur sang bleu

Au gentilhomme austère

Elle préfère

Le pauvre gueux

Au cœur de cette femme

Une sublime flamme

A fait jaillir la limpide clarté

D’un amour vrai dans sa simplicité

Puisqu’il donnait sa vie

Pour sa Véra jolie

Elle voulut suivre dans le trépas

Le pauvre batelier de la Volga ».

Vêtu d’une houppelande bordée d’hermine, Vincent Niclo, ténor des steppes et de la toundra, partit dans le pays des rennes en troïka  attelée de chevaux blancs.

Il longea la Volga, cherchant la trace du batelier amoureux.

L’ombre des amants flotta sur le fleuve, projetant Vincent dans un champ où vivaient et mouraient des fleurs de glace.

Les bateliers de la Volga, chanson entonnée avec force par les Chœurs de l’Armée Rouge ,firent entendre leur flamme patriotique.

Les chanteurs entourèrent Vincent, l’emmenant jusqu’au palais des tsars où il se coucha sur une fourrure d’ocelot. La princesse était à ses côtés, jouant avec son sautoir de perles.

Les chanteurs emportèrent le ténor qui s’éveilla, des rêves plein la tête et une chanson merveilleuse sur les lèvres.

mardi 21 juillet 2026

C'est un mauvais garçon

 




«  Nous les paumés

Nous ne sommes pas aimés

Des bons bourgeois

Qui nagent dans la joie

Il faut avoir

Pour être à leur goût

Un beau faux col

Et un chapeau mou

Ça n’fait pas chic une casquette

Ça donne le genre malhonnête

Et c’est pourquoi

Quand un bourgeois nous voit

Il dit en nous montrant du doigt

C’est un mauvais garçon

Il a des façons

Pas très catholiques

On a peur de lui

Quand on le rencontre la nuit

C’est un méchant p’tit gars

Qui fait du dégât

Sitôt qu’il s’explique

Ça joue du poing

D’la tête et du chausson

Un mauvais garçon ».

Si Johnny avait vécu à la Belle Epoque, au temps de Casque d’or, voilà la chanson qu’il aurait choisie et j’imagine des duos fantastiques avec Eddy Mitchell amateur de chansons anciennes telles Mon Paternel qu’il avait chantée avec brio.

Mais le vent du rock and roll ayant tout emporté sur son passage dans l’univers musical français il a chanté Noir c’est noir et Le Pénitencier , renouant ainsi avec la tradition.

Comme il nous manque aujourd’hui ! Il saurait réconcilier les farouches combattants de l’ombre qui se comportent comme les mauvais garçons de Henry Garat :

«  Mais y a pas mieux

Pour donner l’grand frisson

Qu’un mauvais garçon ».

Les femmes, sublimes médiatrices, réconcilieraient les deux mondes en rejoignant Johnny et son inclination vers les forces de l’amour.