Elle semblait ne venir de nulle part la belle Bianca vêtue de gris perle et rose soleil sous une cape de laine noire lorsqu’elle arriva au village de Paimpont.
Elle loua une chambre à l’ hôtel Le Relais de Brocéliande si bien nommé que l’on s’attendait à croiser des descendants de La Table Ronde dans les couloirs de l’auberge éclairés par des flambeaux.
Bianca fit honneur à la crêperie incorporée au Relais, mangea une délicieuse galette de sarrasin garnie et une crêpe Suzette, le tout arrosé par du cidre au bon goût de pomme, le Coat Albret.
Ensuite, on ne la vit plus guère car elle partait de bonne heure en tenue de randonnée avec un petit sac pour collecter les trésors de la forêt.
Près de la fontaine où la fée Viviane et l’enchanteur Merlin s’étaient rencontrés, elle trouva des cristaux étoilés, de véritables cristaux d’amour dont elle se promit de faire un collier.
Elle eut également la chance de découvrir sous un monticule de feuilles mortes le gobelet d’or qui servait à alerter le chevalier noir, gardien du lieu, d’un danger. Il accourait aussitôt, lance baissée, pour défaire l’intrus.
Le gobelet portait une inscription en langue celtique que Bianca traduisit sans peine vu qu’elle avait été élevée par une nourrice bretonne qui ne maîtrisait le Français que pour les besoins de sa fonction.
Bercée par les chansons de sa nourrice, Bianca s’endormait au rythme des bagads et des romances insulaires. Elle aimait les coiffes de sa nounou et en réclama une pour l’anniversaire de ses cinq ans.
Soizic lui confectionna une coiffe papillon qu’elle adorait porter. Le brossage de ses cheveux lui semblait moins pénible à présent car elle savait qu’une coiffe ne valait que par la mise en valeur d’une chevelure ordonnée et lissée.
Après ses longues excursions, Bianca rentrait directement dans sa chambre et commandait un repas souvent composé de bouillon et d’une crêpe avant de s’endormir en rêvant d’une rencontre féerique.


