dimanche 22 février 2026

La rose miraculeuse

 


Décidés à rester sur leur garde, le chevalier et son écuyer redoublèrent de prudence sur la route de l’orient.

Escortés par des oiseaux, ils se sentaient protégés par une force miraculeuse et lorsqu’ils aperçurent au loin une rose à taille humaine, ils n’en furent guère surpris.

En s’approchant de l’apparition, ils purent la détailler : c’était une femme-fleur dont la beauté était sans égale.

« Noble dame, j’admire votre incomparable beauté et je vous demande, à genoux, l’autorisation de vous aimer » prononça Gwendal, une main sur le cœur.

Le femme-fleur sourit puis elle invita le prince et son serviteur à pénétrer dans sa demeure.

C’était une jolie maison entourée d’hortensias. Ils entrèrent à sa suite et découvrirent un local charmant où tout semblait avoir été étudié pour connaître le bonheur.

La femme-fleur utilisa une clochette d’argent et commanda un souper à base de végétaux : bouillon aux algues, salade de pousses printanières, gâteau de tubéreuses à la crème et une magnifique pièce montée ornée de roses en sucre et de violettes.

Nos deux voyageurs mangèrent avec appétit, burent modérément et écoutèrent un troubadour qui chanta la romance de Tristan et Yseult avec infiniment de poésie.

Cet intermède musical dénoua les langues et chacun se mit à parler à cœur ouvert.

Leur hôtesse se prénommait Angélique et elle leur confia que cette soirée resterait dans sa mémoire comme un moment privilégié.

Bertrand parla peu car il était conscient de la modestie de son statut et Gwendal livra une partie de sa vie, notamment sa venue à la cour après un passage dans un buisson de roses.

Angélique trouva cette venue au monde de la chevalerie tout à fait remarquable et promit d’aider les deux voyageurs à trouver la rose sublime qu’ils recherchaient.

Le loup gris de Johnny

 

 


Venu du fin fond de la Sibérie, un loup gris à l’effigie de Johnny entra dans un village paisible où le chanteur avait connu un bonheur parfait auprès de Nathalie.

Laura était née, apportant une note d’espoir indélébile comme son premier tatouage, incrusté dans sa chair pour qu’elle soit présente lors de ses concerts.

«  Laura, y a tant d’hommes que je ne suis pas

Y a tant de phrases qu’on dit que je ne te dirai pas

Oui Laura, j’aurais tant à apprendre de toi

Tous ces mots tendres qu’on sait, moi, je ne les sais pas ».

La pureté de cet amour d’un père-enfant éclate dans ces mots et le cri du loup répercute l’écho de cette infinie tendresse et de sa solitude.

Seul, le poème d’ Alfred de Vigny La mort du loup peut exprimer le romantisme profond de Johnny «  Comme moi, souffre et meurs sans parler ».

Arrachant à son cœur meurtri des larmes de sang, Johnny en a fait de l’or pour l’offrir à son public, le reflet de sa désespérance.

Quand les rossignols se taisent

 



Une nuit, Vincent s’éveilla, l’angoisse au cœur : les rossignols qui chantaient en lui s’étaient tus, interrompant son sommeil.

«  Rossignol, rossignol de mes amours

Dès que minuit sonnera

Quand la lune brillera

Viens chanter sous ma fenêtre

Rossignol, rossignol de mes amours

Quand ton chant s’élèvera

Mon chagrin s’envolera

Et l’amour viendra peut-être

Ce soir, sous ma fenêtre

Reviens, gentil rossignol »

Avec la force et la radieuse clarté de l’étoile Vénus, le chant de l’amour explosa dans la nuit.

Des myriades de rossignols du Japon aux plumes colorées et au chant mélodieux volèrent, favorisant la venue de Terpsichore, la muse de la danse accompagnant le dieu Apollon pourvu de sa lyre.

Ce trio interpréta la romance rendue célèbre par Luis Mariano, remise à la mode par Vincent, le ténor à la voix d’or.

«  Le rossignol revint, se posa

Sur la main de la jolie princesse

Elle le caressa puis elle l’embrassa

Et elle se transforma en un prince charmant

Qui devint le galant de sa jolie maîtresse ».

Vincent étreignit avec fougue la belle Terpsichore et lorsqu’il s’éveilla, il avait dans les bras une merveilleuse compagne, son amie fidèle au suave parfum d’amour.