vendredi 3 avril 2026

Rue de la poésie

 

 


Rue de la poésie, des amants se cherchent, Aragon cherche son Elsa, Ronsard, son Hélène et Victor Hugo, sa Juliette.

Quant à moi, si j’ai trouvé un poète, je l’ai aussitôt perdu pour m’appuyer sur l’épaule d’un mari fidèle et aimant.

La poésie a ceci de particulier qu’elle magnifie les attraits de l’être cher avec des mots.

J’ai longtemps cru qu’il me suffirait d’appliquer les préceptes d’André Breton pour trouver l’amour fou mais je suis allée de déconvenues en désespoirs solitaires, déçue de n’attirer, en fait d’amour fou, que des voyous en mal de romantisme des rues.

J’ai parfois joué le jeu, pensant que mon destin était ainsi tracé mais j’ai du fuir car, sous la chemise à jabots, le cœur ne battait que par intermittence et le regard qui se voulait doux se voilait d’éclairs fauves.

Je n’ai pas l’âme d’une dompteuse et il m’est arrivé de perdre un être cher pour n’avoir pas voulu lutter.

Et c’est ainsi que j’ai jeté par brassées, toutes les roses fanées de mon cœur dans mes contes et légendes en leur redonnant leur éclat initial.

Rue de la poésie, Pierrot aime Colombine mais Arlequin veille à récolter les fruits de cet amour volatile comme les pivoines de mon enfance, au parfum subtil et ensorcelant.

Violette magique

 


Une violette d’amour a jailli dans un bois, pulpeuse et parfumée, se multipliant à une vitesse vertigineuse.

Un prince qui passait par là enfouit son visage dans cette masse odorante, s’enivrant de sa fragrance.

C’est alors que la violette originelle se métamorphosa en princesse vêtue comme une fée de la forêt, une baguette sertie de diamants à la main.

Le prince lui prêta allégeance, la main sur le cœur et tous deux marchèrent à l’unisson, attendant le berceau de feuillages et d’églantines pour protéger leur amour.

Un fameux trois-mâts

 

 


‘ C’est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau

Hissez haut Santiano

Dix huit nœuds, quatre cents tonneaux

Je suis fier d’y être matelot ».

Au pays d’ Edmond Dantès à bord du mythique Pharaon, Vincent fut sollicité par des nostalgiques des belles chansons fleurant bon l’écume de mer et il se rendit sur la grève, escorté par des mouettes et des goélands.

«  Tiens bon la vague et tiens bon le vent

Hissez haut Santiano !

Si Dieu veut toujours droit devant

Nous irons jusqu’à San Francisco ».

Vincent chanta et le vent emporta les paroles de l’autre côté de l’océan où l’on attend toujours une Hermione toutes voiles devant !