dimanche 27 septembre 2026

Oriane de nos amours

 


Comme on l’aimait la belle Oriane de nos amours ! Princesse de Guermantes, vêtue de somptueux déshabillés à la mode japonaise chez elle ou flamboyante dans son attelage au Bois de Boulogne, elle jouait de l’éventail avec une grâce infinie, ses doigts aux ongles peints avec délicatesse, protégés par des gants en dentelle.

La belle Oriane brisait les cœurs dans un éclat de rire et elle aimait s’entourer de jeunes gens, fins lettrés à qui elle accordait une matinée.

L’élite de la capitale ne se rendait à l’opéra qu’à l’heure du troisième acte dont les compositeurs soignaient l’habillage.

Que de rêves évanouis, balayés par les feuilles d’or de l’ automne !

La princesse endormie

 

 

 


Il était une fois une princesse endormie dans un livre de contes. Une pluie d’étoiles la réveilla et la belle Marie-Aurore quitta son état d’encre turquoise et de parchemin en feuilles de riz pour s’élancer à la recherche du bonheur.

Elle était vêtue d’un ensemble ancien, chanvre et lin brodé de roses et de pivoines et cette composition, riz, chanvre et lin surbrodé de fleurs qui rappelaient son teint, l’encre turquoise s’étant fixée dans ses beaux yeux, faisait de la princesse la plus belle femme du royaume.

Les hommes qui la croisaient en perdaient presque la raison. Heureux d’avoir pu contempler une telle splendeur, ils rentraient chez eux, trouvaient un prétexte pour s’isoler afin de revoir en pensée, encore et encore les détails de celle qu’ils n’oseraient aimer tant sa beauté la rendait inaccessible.

Tandis que le soir s’apprêtait à tomber, Marie-Aurore aperçut au loin une maison de paille ornée de bouquets de bleuets et de coquelicots.

Il flottait un parfum de blé et de crème légère. La princesse entra dans cette résidence peu commune mais y trouva un décor charmant et un confort inattendu.

Pour s’étendre, il y avait un hamac tissé de roseaux entrelacés. Elle s’y étendit et respira cette odeur qui lui était étrangère, celle d’une demeure qui fleurait bon les fruits de la terre.

Elle s’endormit d’un sommeil léger, ouvrant parfois les yeux à la manière d’un chat car elle craignait de revivre l’hypnose qui l’avait précipitée dans un livre contre son gré.

Bien lui en prit car un filet à papillon s’abattit sur sa frêle personne. D’un mouvement rapide, elle échappa au piège et s’enfuit en se fiant aux lueurs de la lune, des lucioles et aux étoiles qui s’accrochaient dans les feuillages donnant aux arbres l’apparence de flambées lumineuses.

Un carrosse d’or se porta à sa hauteur, la porte s’ouvrit et elle n’eut qu’à se hisser dans l’habitacle parfumé.

Un jeune homme aimable lui tendit une cape de satin rose assorti à son teint. Elle s’y blottit amoureusement et tous deux se laissèrent bercer par ce beau carrosse qui filait comme le vent avec l’aide de licornes dont la crinière tressée reflétait l’opale lunaire, la pierre des amants et ils allèrent au bord d’une mer turquoise où ils vécurent enfin un amour infini auréolé d’écume blonde et d’éclats de soleil.

Un amour de sirène

 





C’est en voyant le reflet du chanteur Vincent Niclo à la proue de son voilier que la sirène Mélody tomba amoureuse et qu’il lui fut impossible de chanter.
Vincent chantait et les notes formaient un friselis d’amour sur l’écume des vagues.
Mélody alla consulter le vieux sage de l’océan, un poulpe dont les tentacules s’ornaient de miroirs féeriques.
« Tu devras le séduire, ma fille, ou tu perdras la raison » prononça-t-il avec gravité.
Mélody sacrifia sa jolie queue turquoise. Dotée d’une paire de jambes, elle apprit à danser.
Sa promenade en mer terminée, Vincent marcha le long de la plage où se mouraient les vagues écumeuses et lorsqu’il vit Mélody, il fut saisi d’un frisson passionné qui se matérialisa en un chant sicilien venu du fond des âges pour séduire sa dame de cœur.
Mélody dansa et l’entraîna dans un tango langoureux.
Ils dansèrent jusqu’à une heure avancée de la nuit, sous les étoiles et lorsque la constellation Orion, dite du chasseur, se trouva sur la trajectoire de leur couple harmonieusement uni, Mélody retrouva sa voix et sa queue de sirène.
Elle bondit vers les flots ; le jaillissement des perles d’écume ajoutèrent des notes inconnues dans la voix de Vincent Niclo qui chanta l’amour comme personne, réjouissant les oiseaux, les fleurs et les dauphins.
Il reprit son voilier et navigua vers l’étoile du berger qui brilla de tous ses feux, suivi discrètement par Mélody qui chanta à l’unisson de son prince terrestre, Vincent Niclo à la voix d’or.

samedi 26 septembre 2026

Pour qui sont-ils morts ?

 

 


A l’heure où nous recevons le Pape Léon XIV, chacun restant sur son quant à soi, Président de notre République et Représentant du Christ sur terre, je m’interroge sur le sacrifice des chevaliers français et des fantassins sur le sol italien pour que le Vatican reste le symbole de la Chrétienté.

Croisades pour délivrer le Tombeau du Christ et guerres d’Italie interminables, parfois jalonnées d’images d’ Epinal, chevalier Bayard «  sans peur et sans reproche » à l’agonie,  adossé à un chêne pour fermer les yeux après avoir contemplé la terre de France à l’horizon, le Roi François Ier fait prisonnier sur le champ de bataille, écrivant à son épouse «  Madame, tout est perdu, fors l’honneur », c’est le terreau de notre grande Histoire, relayée ensuite par l’ Empire et Le Génie du Christianisme de François-René de Chateaubriand.

Or, aujourd’hui, cette mémoire est occultée et l’on peut, à juste titre, s’interroger : pourquoi et pour qui sont-ils morts, ces valeureux chevaliers français et fils de France puisqu’aujourd’hui rares sont les personnes qui pensent à eux et à l’immensité de leur sacrifice ?