dimanche 23 août 2020

La rivière des amants


Elle serpente sur les galets d’or de la période celtique, la rivière des amants et elle court avec vivacité pour conquérir l’éternité.

Yseult, Guenièvre, Agnès, Anne, toutes ces belles à qui des rois ont juré allégeance, se mirent dans ses eaux fraîches et vagabondes.

Il arrive parfois que des grottes se créent et que s’y logent un génie ou une ondine, voire une sirène qui peut, à l’instar de Mélusine, tromper un mari ébloui par sa beauté et vivre des jours heureux, femme le jour, sirène la nuit.

La rivière séduit tous les esprits et bien des écrivains se sont laissés emporter par son charme fou, tel Henri Bosco dans son roman-poème L’enfant et la rivière qui nous enchante par un rythme en cascade, ouvert sur la course vers la mer dont tout le monde rêve.

La rivière des amants, à la fois irréelle, épousant les courbes géographiques du rêve et concrète par ses méandres et la recherche active des orpailleurs, cette rivière mythique nous attire, nous fascine et dessine le portrait de l’âme-sœur qui se cache dans les roseaux apparents sur les rives.

Elle nous appelle, nous ravit, nous aide à comprendre les arcanes de l’amour fou, cette rivière qui ne cesse de cascader au rythme de notre cœur et qui nous incite à marcher, encore et toujours, vers l’étoile polaire de notre destin !

 

samedi 22 août 2020

Gabrielle

 


Immortelle comme son créateur sur scène, la belle Gabrielle chasse le noir de notre ciel et s’impose, majestueuse, magnifique et digne de la conclusion «  mourir d’amour enchaînés ».

Oui, mourir de cette manière, on y consent avec joie, on forme les cœurs de nos mains réunies, on souffle sur cette harmonieuse figure et on applaudit Johnny qui caracole sur sa Harley dans une gigantesque mise en scène, éclipsant Broadway et toutes les salles de spectacle américaines qui n’ont pas vu, dans notre légendaire chanteur, le digne émissaire d’une Amérique mythique qui prend sa source dans le Blues du Mississipi !

Gabrielle, tu vis en nous de telle manière que les hommes en sont amoureux et cherchent son avatar sur les Champs Elysées et les belles artères de nos villes et que les femmes essaient de lui ressembler, en imaginant une robe volière comme celle d’Ariane, l’héroïne de Belle du Seigneur d’Albert Cohen.

Belle et marchant comme une princesse de conte de fée, vêtue et maquillée de manière rock, Gabrielle palpite en notre cœur et vibre au son magique de la guitare, danse au rythme impulsé par Johnny, le légendaire émissaire de l’amour !

 

 

Cendrillon de nos amours

 


Comme elle était belle, la Cendrillon de notre enfance, avec ses pantoufles de vair, sa robe de princesse, ses bijoux et sa coiffure de rêve !

Rien d’étonnant à ce que le prince ne tombe amoureux de la belle inconnue, apparue dans un bal destiné à lui faire rencontrer l’amour !

Que de péripéties autour de la pantoufle perdue pour échapper à la métamorphose du carrosse en citrouille et de la toilette somptueuse en guenilles !

Que cachent ces petits pieds dont personne, à l’exception de Cendrillon, ne peut revendiquer l’exceptionnelle beauté ? Tout simplement l’origine chinoise du conte tant il est vrai qu’en Chine, à une certaine époque, il était de bon ton que les jeunes beautés gravitant dans les milieux aisés voire nobles ou impériaux aient des pieds de poupée. Pour parvenir à ce résultat, on bandait ces membres destinés à la marche, comprimant ainsi et tassant les os des petites filles jusqu’à provoquer des évanouissements et des souffrances inouïes dont le résultat était une infirmité reconnue pour une délicatesse !

Le roman de Pearl Buck Vent d’est vent d’ouest traite ce sujet avec beaucoup de réalisme de même que La Terre Chinoise qui me fit battre le cœur dans mon adolescence, révélant une palette de personnages criant de vérité.

Plus âgées, leur beauté fanée, ces femmes ne pouvaient plus marcher et il ne restait de leurs amours qu’un éventail brisé !

Que n’a-t-on infligé aux femmes pour leur offrir un soi-disant surcroît de beauté ?

Crinolines, corsets, blanc de céruse qui provoquait de graves allergies…Instruments de torture ou produits néfastes à contrecourant de la nature, toutes ces inventions ne pouvaient être que masculines jusqu’à ce que des esprits éclairés comme le couturier Paul Poiret délivrent les femmes de ces carcans.

Aujourd’hui, il nous reste le maquillage à base de graisse de baleine et des courants de mode qui font fi de la santé, à l’origine de l’anorexie et autres maladies provoquant parfois une mort prématurée.

Belle d’un jour belle de toujours devrait être la devise féminine impliquant la pérennité de l’éclosion des roses et leur exigence d’amour !

Cendrillon pivote sur ses talons et nous renvoie à notre enfance candide et ses décors de conte de fée dans un jardin où abondent les pivoines venues de Chine et les cerisiers en fleurs !

vendredi 21 août 2020

Les portes du pénitencier

 


Les portes du pénitencier sur lui se sont refermées et quel que soit le pacte passé avec le diable, elles ne s’ouvriront que lorsque nous arriverons, tels des anges, pour le délivrer !

Alors nous chantons, nous rêvons, nous dessinons, nous offrons à tous les compositions de notre âme et nous cherchons la clef d’or qui ouvrira  ces lourdes portes de l’éternité.

Nous affrétons voiliers et drakkars pour aller nous recueillir sur sa tombe, située dans une île lointaine et nous apportons des couronnes de fleurs, aussi belles, fraîches et exotiques que celles qu’arboraient les jolies vahinés entrevues par les mutins du Bounty.

Des aigles, des tourterelles et des oiseaux du paradis forment l’arrière-garde de notre groupe triomphal, pour ta délivrance, Johnny, du royaume dont en principe on ne revient pas.

Tel Orphée, notre chef de file Fabrice tente par tous les moyens de t’arracher au royaume des ombres et parfois il y parvient, à force de passion et d’amour désintéressé !

L’âme de Johnny s’échappe des confins de l’au-delà et nous parvient dans un ultime concert dédié à l’amour !

jeudi 20 août 2020

Nous n'avons plus rien à nous dire

 


Comment croire, cher Johnny, que nous n’avons plus rien à nous dire lorsque tu le chantes avec un tel brio et avec une présence si chaleureuse qu’elle nous frappe au cœur ?

Nous, tes fans, nous t’assurons que ce rien explose en notre souvenir comme un feu d’artifice.

Yvan, Greg sont là pour nous le redire, tu n’es pas mort, c’est juste une sortie de scène et il suffit d’un supplément d’âme pour que tu reviennes parmi nous !

Nous n’avons plus rien à nous dire…les femmes de sa vie palpitante nous l’ont affirmé, Johnny ne les a jamais réellement quittées, une tendresse vivace succédant à une passion dévorante qui l’empêchait de vivre !

Ce n’est pas non plus à son public qu’il pouvait dire ces mots et avec quelle allégresse, que ces riens joués au son de la guitare, de la batterie et de l’harmonica s’enchaînent comme les notes magiques de l’éternelle communion des âmes au paroxysme de l’amour !