jeudi 16 septembre 2021

La chanson des aulnes

 



Dans les aulnes de mon enfance vivait un chevalier. Les oiseaux lui tenaient compagnie et en attendant que se manifeste, envoyée par le destin, la dame de ses pensées, le chevalier Aymeri de Cambrai envoyait des émissaires pour que les brodeuses du royaume tissent en dentelles ajourées des lés de tissu précieux pour la confection de la robe de mariée.

Mais une guerre survint et le chevalier dut accompagner son suzerain.

Il protégea son destrier d’un caparaçon matelassé et escorté par douze compagnons, il prit la route de l’orient qui rougeoyait d’incendies et de tourbillons pourpre.

Sept ans plus tard, il revint seul, vieilli et couvert de cicatrices.

La robe de mariée commandée était prête. Majestueuse, souple et riche en broderies, elle attendait qu’une jeune femme fasse resplendir l’ouvrage féerique des brodeuses.

Aymeri de Cambrai lança des invitations sans grande conviction mais lorsque Blanche des ajoncs d’or se présenta dans la clairière, le chevalier sentit son cœur battre avec ardeur et il retrouva un regain d’énergie.

Les futurs époux se rendirent dans un château situé près d’un lac où se miraient les libellules et les chardonnerets.

Peu à peu, au fil des promenades au clair de lune, le chevalier retrouva son énergie première et il se montra attentif à l’évolution des pensées de sa dame.

Lorsque le moment propice arriva, le grand chambellan lança des émissaires pour que l’assistance aux noces du chevalier soit assurée.

La mariée était si belle que les oiseaux chantèrent des airs merveilleux.

Un barde de l’assistance composa une chanson en s’inspirant de la symphonie spontanée des oiseaux sous le titre de Chanson des aulnes que je murmure encore aujourd’hui.

mercredi 15 septembre 2021

Les roses blanches de Johnny, un 14 Septembre

 


Les roses blanches de Johnny, un 14 Septembre

Ce sont les roses qui l’ont choisi et ces fleurs qui ont fait pleurer un enfant et tout un public populaire par la voix de Berthe Silva «  C’était un gamin, un gosse de Paris, pour famille il n’avait que sa mère » se sont infiltrées dans son cœur pour faire de lui un artiste à nul autre pareil, réunissant tous les contraires, blues, rock, chanson populaire, âme profonde venue du pavé.

Le pavé de Paris a vu surgir en ce 14 Septembre des roses sauvages qui ont salué la statue érigée en son honneur, alliant bleu et bike et guitare aussi.

La Harley bleue étincelle et attend que Johnny réapparaisse pour entamer une ultime chevauchée fantastique.

lundi 13 septembre 2021

La légende de Johnny 14

Montage - Réalisation : © Fabrice Cocquet

Vertige

 



J’ai cueilli les plus belles roses du jardin, mon aimé et je les ai disposées dans le vase de jade que tu m’offris jadis mais hélas, tu n’es plus là pour les admirer et respirer leur parfum alors j’ai laissé couler mes larmes qui sont devenues des perles d’amour pour en faire un collier d’éternité.

Ton absence me pèse mais parfois je te sens à mes côtés pour me donner le courage d’avancer et de continuer à vivre.

Tu vois, j’ai repris mes carnets, ceux que tu aimais me chiper parfois pour me taquiner et aussi pour chasser l’anxiété qui te prenait de me sentir éloignée par le biais d’un stylo.

Toutes les chansons que tu aimais, je les garde en moi mais elles me font mal lorsque je les entends car tu n’es plus là pour en partager l’émotion.

Les débats sur l’actualité que nous suivions passionnément tombent sur moi comme des pierres aussi froides que le marbre de ton tombeau.

Un vertige d’amour m’emporte auprès de toi tandis que j’accomplis les gestes quotidiens pour m’acheminer, seule, sur ce chemin du rêve qui me conduit toujours jusqu’à toi.

dimanche 12 septembre 2021

L'ange des douleurs

 



L’ange des douleurs a déployé ses ailes brisées et meurtries pour emporter, dans un souffle azuré, Johnny endormi.

Johnny a traversé des nuages ouatés, filés or pour poser le pied près du lac des légendes, celui qui, jadis, accueillit Lancelot, le fier chevalier.

Accompagné par un barde aux longs cheveux d’argent, Johnny a repris les chansons qui ont fait chavirer les cœurs.

Le lac s’est illuminé de feux follets, de lucioles et de lanternes vénitiennes. Les belles dames de sa vie sont apparues, éclipsant les cygnes glissant sur l’eau et ce fut alors un merveilleux ballet dispensant l’enchantement.

Le récital terminé, l’ange en majesté a emporté Johnny dans les cieux, nous laissant rêveurs, transis et orphelins.

jeudi 26 août 2021

Où es-tu mon Papi ?


Mamie avait placé la petite fée Playmobil de mon jeu près de ta photo, Papi, pour qu’elle te protège avec ses petites ailes roses et son papillon de compagnie mais cela n’a pas suffi et tu es parti, pour les cieux, afin de connaître les grands champs d’étoiles que tu n’as pas explorés.

Nous étions si heureux avec Papi dans le train de Marquèze, ce domaine merveilleux où l’on rencontre un meunier, des échassiers, des moutons et des bœufs qui travaillent à l’ancienne.

Tu m’as dit, Papi, que tu avais conduit des bœufs dans ta jeunesse.

Comme j’aurais aimé t’entendre me raconter les épisodes de ta vie pour m’en inspirer mais hélas tu es parti car tu avais été appelé par une force supérieure plus extraordinaire que celles que je connais en pratiquant les jeux vidéo.

Au revoir, mon Papi, je t’aime.

Ton petit Eloan qui ne t’oubliera jamais.

Le seigneur des blés d'or

Il a conduit les bœufs, manié la faucille et a toujours arboré la cocarde de l’élégance le dimanche après-midi.

Fauché par une remorque sur la route, un jour fatal, il a perdu l’usage d’un genou, se trouvant heureux d’avoir pu éviter l’amputation de la jambe.

Il a fallu sept interventions chirurgicales, le chiffre magique des contes de fée mais tu as toujours gardé la prestance de celui qui pratiquait un sport noble, provincial et breton à la fois, le cyclisme et le destin t’a conduit près de Notre Dame des Cyclistes où l’on te rend un adieu liturgique, une célébration comme celle que tu suivais, de ton lit médicalisé, à la maison.

Tous nos proches, voisins et amis retiennent de toi, Bernard, ton courage silencieux, ta force mentale et ton sens de l’honneur.

Quant à moi, ton épouse, à qui tu as épargné les vicissitudes du quotidien, me laissant écrire avec indulgence les contes de fées qui surgissaient en moi comme les poupées et les roses de mon enfance perdue, je ne sais comment je pourrai vivre sans ton ombre tutélaire et protectrice, celle d’un géant.

Nos fils, Jean-Bernard et Jean-Noël qui se sont relayés sans relâche pour t’épargner l’excessive douleur causée par de multiples maladies et les traitements nécessaires à ta survie, de plus en plus nombreux et répétitifs, ils connaissent à présent l’immense chagrin d’avoir perdu plus qu’un père, un ami, un confident, celui à qui l’on pouvait tout dire et tout demander.

Le seigneur des blés d’or n’avait que le grand cœur de ceux qui donnent sans jamais compter.

Bernard, mon amour, mon mari, je te garde pour toujours au plus profond de mon être et je te dis au revoir dans l’azur éternel des cieux.

lundi 23 août 2021

Le livre d'Heures de Johnny

 



Un jour, Johnny se vit offrir un magnifique livre d’Heures illustré de toutes ses arrivées magistrales en costume de scène.

Maquillé et vêtu de manière à honorer le thème du spectacle, il arrivait comme une star idolâtrée.

Le livre d’Heures, splendide, majestueux ou familier selon les tournées, était signé par une personne au nom de fleur, Rose, Marguerite, Pervenche ou encore Cœur de Marie.

Au début, Johnny ne fit qu’en rire : en homme de la nuit, il n’était pas prêt à chanter Mâtines comme les moines d’une abbaye perdue au fond des bois.

Mais il rencontra, au cours de ses voyages, un ermite portant la coquille de Saint Jacques de Compostelle et cet homme lui parla avec tant d’éloquence et de simplicité que le chanteur, conquis, décida de porter en guise de bijou la croix du Christ pour lui signifier son appartenance.

Depuis ce jour béni, des fans éplorés et fervents portent une croix semblable et consultent le livre d’Heures de la jeune femme à la plume d’argent qui continue à écrire, au gré du vent.