Dans son char couleur de feu, la déesse Aurore aux mille
voiles d’or parcourait monts, vallées et forêts en jetant des roses enchantées.
Un jeune homme à la guitare en reçut une qui s’incrusta
instantanément dans l’échancrure de sa chemise où brillait un crucifix d’argent
et il ressentit une émotion si vive qu’elle
se traduisit en chansons qui bouleversèrent les jeunes de son temps.
On l’appela l’idole des jeunes et chaque fois qu’il se
produisait sur la scène d’une ville, les fans acclamaient son nom, celui qu’il
avait emprunté à un membre de sa famille, un artiste.
Ce nom, il en fit un totem et les fans firent de même.
Les années passèrent, notre jeune homme continua à chanter
avec la même ardeur et le même talent.
S’entourant de compositeurs et de musiciens célèbres, il fit
naître tant de succès qu’il devint difficile de les compter.
Et que dire de ses entrées en scène, parfois périlleuses et
des décors choisis si ce n’est qu’ils étaient absolument fabuleux et relevaient
du défi et de la magie.
Toujours protégé par la rose de la déesse Aurore, il allait,
apportant le bonheur et l’amour de ville
en ville.
Certaines chansons étaient parfois empreintes de la violence
des temps mais la colère était toujours maîtrisée par un enrobage de pitié, de
prière et d’amour car le jeune homme à la guitare était croyant.
Puis, l’âge venant, des sillons creusèrent son beau visage,
ses mains furent veinées des stigmates du passé et il eut de la difficulté à
bondir sur la scène comme avant.
Cependant sa jeunesse
était toujours présente car, en vérité, elle était inaltérable puisqu’elle lui
venait du cœur.
Ses mains acquirent une vélocité qui imprimait le mouvement et il était plus que jamais l’enchanteur.
Enfin lorsque la nouvelle terrible de sa mort éclata comme
une bombe, bien qu’elle fût attendue, ses fans ne purent réprimer leur douleur
et il fallut que des obsèques dignes d’un roi fussent organisées pour atténuer
la peine de sa famille, ses proches et ses compatriotes.
Depuis il repose au bord de l’océan, dans une île ultra
marine, près d’une route car chacun s’imagine que, tel un pharaon, il renaisse
un jour et reparte avec sa guitare, à la conquête du monde.
Alléluia !
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