mercredi 11 février 2026

Le pèlerinage du prince Gildas


Dans le monastère où il vivait au rythme des prières et des tâches nécessaires à la survie de la communauté, la fabrication de fromages, de confitures et des plats cuisinés vendus au marché, le prince Gildas s’était si bien adapté à la vie monacale qu’il songeait sérieusement à revêtir l’habit de bure.

Cependant, Frère Anselme, le prieur du monastère voué à Saint Yves, le lui déconseilla :

«  Il est trop tôt, mon fils, pour prendre une telle décision. Afin que la clarté se fasse en votre âme, je vais vous envoyer chez un confrère qui dirige l’abbaye de Paimpont. Il y règne, à ce que l’on dit, une atmosphère propice à la méditation et à la rêverie. Vous saurez sans doute, à la fin de votre séjour, si votre avenir adhère au profane ou au sacré ».

Le prince Gildas se mit en route. Son émotion fut très vive à la vue de l’abbaye posée à la manière d’une fleur des bois auprès d’un étang aux belles eaux vives.

Frère Benoît, le prieur, lui réserva un accueil chaleureux et reçut avec reconnaissance le panel gourmand de son confrère. Le fromage fut servi en larges tranches au réfectoire et le petit déjeuner s’auréola des confitures du monastère, généreux en produits de qualité.

Gildas se promena sur les berges de l’étang fréquentées par des pêcheurs et des orpailleurs qui fouillaient les ruisselets adjacents. L’un des chercheurs d’or lui révéla qu’il vendait ces trésors rares à Bianca dont la boutique s’ornait d’objets artisanaux travaillés avec art.

C’est donc naturellement que le prince se dirigea vers L’ Ame de Brocéliande, la boutique de Bianca.

Séduit par tant de beauté exposée à l’étalage de la vitrine, il acheta quelques jeux d’échecs.

«  Ce jeu, d’origine persane, aura peut-être le mérite de réconcilier des mondes séparés depuis des siècles » dit-il à Bianca qui apprécia ce commentaire, se promettant de le diffuser tant il sonnait avec justesse dans un univers en proie à une hostilité nouvelle, inquiétante et barbare.

Après le départ du prince, Bianca demeura pensive ; était-il le messager divin que l’on attendait pour que renaisse le monde perdu de Brocéliande ?

Loin de ces préoccupations, Gildas rentra au monastère pour y trouver le charme du repos et de la méditation.

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