Au fil des jours, Aurore sentait poindre en son cœur une véritable coiffe d’amour pour ce terroir en granit rose.
Chaque matin, elle assistait au retour des pêcheurs, admirant ce qu’ils avaient pris dans leurs filets, daurades et coquilles Saint Jacques notamment.
Elle apprit à cuisiner la cotriade, achetant le bonheur du marché, maquereaux, grondins, vieilles, moules, coques, crevettes et langoustines. Elle n’oubliait ni les tranches de pain beurré ni le vin blanc sec qui donnaient une touche gourmande à ce plat traditionnel. Le muscadet eut sa préférence ; elle en buvait peu pour respecter l’harmonie des équilibres.
Elle aimait regarder les dentellières et décora chaque pièce de son cottage de napperons et de chemins de table. Elle portait une mantille et envisageait de choisir une coiffe .
« Elle vous irait à ravir. Puis-je me permettre de vous l’offrir » dit une voix masculine alors qu’elle examinait une coiffe de sa main gantée.
Elle découvrit un jeune homme vêtu d’un costume de velours noir portant le traditionnel chapeau à rubans breton. Il souriait et Aurore apprécia sa charmante proposition.
Coiffée de dentelle, elle se sentait bretonne et brûlait de retrouver le Johnnie qui avait éveillé sa sensibilité de jeune fille.
Son admirateur se nommait Gilles Le Guen et il était peintre. Ils fêtèrent leur rencontre en savourant une cotriade à La Marée Bleue, restaurant réputé pour la qualité de ses plats et l’excellence de son service. Gilles lui parla de son art et souhaita sa présence dans son atelier.
Ils se séparèrent sur cette promesse et Aurore revint chez elle, le cœur léger, délivrée de l’obsession de problématiques retrouvailles avec l’élu de son cœur d’adolescente.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire