mercredi 24 octobre 2012

La belle endormie




Dans son lit de dentelles couleur champagne, la belle endormie rêve. Elle rêve qu’un prince vient déposer, sur ses lèvres, un baiser. Elle sourit et voit passer sur les voiles de son ciel-de-lit, des milliers d’oiseaux bleus. Elle se réveille auprès d’un lagon aux parfums de vanille et se sent emportée par une brise qui la dépose aux marches d’un palais de marbre rose veiné de pourpre et d’or.
Elle est accueillie par des beautés vêtues de pagnes de lin qui l’invitent à prendre place dans un immense fauteuil de rotin orné de roses, d’orchidées et de fleurs d’hibiscus.
Des hommes splendides se prosternent à ses genoux et déposent sur sa robe d’organdi des présents inestimables dont une fibule de turquoises. La belle se regarde dans un miroir de fragments célestes et se replonge dans un rêve auréolé de chants d’oiseaux.
C’est alors qu’elle s’éveille pour reconnaître en son prince, l’homme au regard de jais qui lui a offert le plus beau des cadeaux, la douceur de son sourire et la caresse de son baiser au goût de miel.

mardi 23 octobre 2012

Bambous




Fragiles, résistants, ployant sous la neige ou la pluie, abritant des oiseaux qui tiennent de véritables conférences, les bambous réjouissent notre regard car ils représentent un éden miniaturisé et donnent aux jardins l’éclat émeraude et fascinant de leur lumineuse beauté.
Alors que je me promenais dans le parc de notre modeste domaine, j’ai entendu l’appel strident des grues qui battent le rappel, appelant au sauve-qui-peut pour partir vers l’Afrique se nicher douillettement après un long voyage.
Qui pourra traduire le fabuleux langage de ces oiseaux qui forment un triangle ou volent en files équilibrées selon le caprice des vents ?
Préservons les dons de notre terre et privilégions les oiseaux qui nous offrent le charme et le mystère profond de notre éternité, fragile et robuste comme les bambous.

dimanche 21 octobre 2012

Marche sous les étoiles





Une perle fichée sur sa cravate blanche, le prince de la nuit émerge de la brume où ses ancêtres se sont rassemblés pour lui dire adieu et il marche sur la route, soucieux de sa destinée, les yeux tournés vers les étoiles.
Il va d’un bon pas, les épaules lourdes des souvenirs de son enfance, il grandit au rythme scandé de toutes les chansons qui grondent en sa poitrine.
Plus de guerre ! chantent les rossignols et le poète, harcelé par les tambours, se cache dans la foule où errent côte à côte les assassins d’hier et les victimes de demain.
Des chants d’amour explosent en son cœur et il entre dans un nouveau monde sous une arche de lilas.
 

samedi 20 octobre 2012

Fleur d'Or




Tel un poème qui se voudrait floraison du soleil, le chrysanthème offre l’énigme de sa beauté aux poètes et adresse en automne la splendeur du dernier message d’espoir.
Pinceaux et stylos s’activent pour toucher de la pointe de leur instrument la quintessence de cet or lumineux qui orne les jardins et s’épanouit en vases céladon, comme à la cour des empereurs chinois.
J’aime passionnément cette fleur qui présente à notre regard ébloui, la représentation solaire d’un univers de rêve où flottent les lotus des mondes égarés.

jeudi 18 octobre 2012

Le langage des fleurs




Fleurs modestes et délicatement parfumées, les violettes jonchent des chemins de table brodés et parsèment les robes des élégantes qui se pressent dans les salles de bal, impériales et féeriques.
Moi qui fréquentais surtout les bibliothèques, je suivais Colette dans ses choix mais ne pouvant pas me promener à l’aube dans les bois, je me contentais d’en respirer le parfum dans les flacons précieux en provenance de Toulouse.
Je souhaite à présent renouer avec le plaisir modeste qui apporte autant de fraîcheur printanière que de souvenirs littéraires.
La manière dont un héros balzacien composait un bouquet pour dire à sa bien aimée l’amour fou qu’il éprouvait pour elle, nous en dit long sur l’absolue délicatesse des sentiments lorsqu’ils sont exprimés dans un langage poétique, celui des fleurs !