Les promenades au bord de l’étang de Gildas et Brigitte furent dignes de figurer dans les appendices des réflexions du philosophe Jean-Jacques Rousseau.
Les idées de ce poète penseur prenaient corps dans le vol d’une aigrette ou le chant d’une alouette.
Brigitte avait un panier d’osier au bras et elle collectait fleurs, plantes et champignons qui figureraient dans son herbier ou la marmite de son chef cuisinier.
Les jours de belles récoltes appelaient un rendez-vous dans sa longère pour goûter les délices du chef.
Tourtes aux champignons, veloutés de potiron aux herbes odorantes, tartes aux fruits des bois se succédaient pour le plaisir des gourmets.
Les rêveries amoureuses s’inscrivaient dans le droit fil de Tendre sur Estime si l’on se réfère à la carte des élans amoureux conçue par les Précieuses du XVII -ème siècle Français.
Est-ce que Tendre -sur-Estime doit l’emporter sur Tendre par Inclination se demandait Brigitte tandis que Gildas se contentait de goûter les moments heureux en lien avec la nature. Il ne savait pas si son amour était véritable et profond mais il croyait que Brigitte était devenue le pivot de sa vie. Il priait et méditait moins dans sa cellule, laissant sa pensée dériver comme un nuage de bonheur.
Brigitte décida un soir de mettre un terme de manière provisoire à ce pas de deux qui n’était pas concluant.
« Nous aimons aller de concert le long de l’étang et nos conversations témoignent de nos points communs. Cependant, il nous manque ce brin de folie qui maçonne notre amour à la manière de ces fils d’or qui subliment un vase fêlé dans l’art chinois.
Laissons faire la distance et le temps pour cimenter cet amour naissant ».
Le prince accepta la gageure et ils convinrent d’attendre l’événement providentiel qui les précipiterait dans les bras l’un de l’autre ou les séparerait à tout jamais.

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