Des lucioles accompagnèrent les chercheurs désireux de retrouver la petite Marjorie au plus vite, le temps ne jouant jamais en la faveur des blessés potentiels ou des captifs.
Yves-Alain de Lectoure, le commandant de gendarmerie ne ménageait pas sa peine et le hasard finit par le servir.
Il faillit se faire une entorse en trébuchant sur une racine serpentine et observa qu’elle cachait une anfractuosité rocheuse.
Il s’y engouffra, éclairé par sa lampe torche et découvrit une galerie qui s’élargissait au fil de sa progression.
Il déboucha sur une immense salle où s’écoulait une rivière.
Un groupe d’hommes avertis le rejoignit pour lui prêter main forte au cas où il faudrait affronter une bête du Gévaudan ou un criminel dangereux.
Une infirmière faisait partie du groupe avec une trousse de secours bien garnie.
On crut entendre des gémissements provenant d’un rideau de pluie formant une cascade.
Un plongeur se risqua dans le courant et put lancer un appel au secours à l’aide d’un sifflet.
Marjorie était là, en sous-vêtements, attachée à un rocher par des liens serrés, la bouche couverte d’un sparadrap suffisamment lâche pour qu’elle puisse respirer.
Des brancardiers accoururent pour la délivrer. On lui fit respirer de l’oxygène et l’infirmière pansa quelques blessures sans gravité.
Un hélicoptère recueillit l’enfant que l’on couvrit du drap chauffant réglementaire réservé aux blessés.
Marjorie fut examinée à l’hôpital et l’on put constater qu’elle n’avait subi aucun dommage profond, mis à part le traumatisme créé par son enlèvement, sa quasi nudité et ses liens.
Comme promis, Yves-Alain de Lectoure se rendit chez Angélina, la mère de l’enfant, pour lui faire part de la bonne nouvelle.
« Je vais tout mettre en œuvre pour retrouver la personne monstrueuse qui lui a infligé ce traitement. Vous pourrez bientôt vous rendre à son chevet mais pour l’instant, priorité est donnée à son rétablissement et au recueil d’indices qui nous conduiront à son tortionnaire ».
Il mangea une part de tarte au fromage de chèvre pour ne pas décevoir la mère soulagée par le sauvetage de son enfant.
Angélina l’accompagna car elle n’avait pas pu manger tant l’angoisse nouait son corps.
Elle promit d’attendre le feu vert du commandant et après son départ, elle s’endormit, sa petite Marjorie au fond du cœur.

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