jeudi 29 octobre 2015

Une fée pas comme les autres





Mon nom est Melancholia. Je suis la fée des exclus qui fuient les guerres et la misère.
Avec mon tambourin et les grelots de mes bracelets de cheville, ma chevelure éparse, cascadant sur ma robe gitane, je donne le rythme aux femmes et aux enfants dont le regard erre sur les colonnes tristes et hagardes.
Je chante les mélopées des pays oubliés, plongés dans l’obscure ignorance et je leur offre les rêves des contrées qui ont vaincu les dragons noirs cracheurs de feu qui génèrent la mort. J’appelle à notre secours les fées des vallées riantes où coulent les rivières sur les galets d’or fin.
Elles nous apportent du pain, de la brioche, des fruits succulents et des petits gâteaux en forme de cœur.
Nous avons, de plus, des capes de laine fine et des vêtements amples aux couleurs vives.
Ainsi intégrée dans ces colonnes, je redonne l’espoir et nous allons vers des ailleurs chaleureux qui offriront à tous le bonheur de renaître dans un pays aux couleurs de l’arc-en-ciel.

mercredi 28 octobre 2015

La vallée des Elfes





En remontant un cours d’eau, d’oueds perdus en sources chaudes, j’ai retrouvé la vallée de mon enfance, cet endroit riant où les elfes jouent à la balle avec les fées.
Blottie dans un buisson odorant de pivoines, je me remémore les contes qui m’enchantaient jadis, celui du Domaine du Chat botté ou encore l’Archange.
Rêvant de fleurs, d’oiseaux, de chats malicieux et de jeunes gens épris de romances, je ne m’aperçois pas tout de suite que des bras dorés m’enserrent avec tendresse.
Subjuguée, je suis mon prince oriental, tout de soie vêtu et je me réfugie à ses côtés dans un abri de feuillage et de mousse.
Nous nous endormons et au petit matin, je me trouve dans un palanquin d’amour, enveloppée de soieries brodées d’or.
De retour en mon domaine, j’ai hâte de voir fleurir les orangers, les lilas et les roses.
Cette nuit, un elfe m’a rendu visite et a joué un air mystérieux qui m’a, à nouveau, transportée dans cette vallée féerique où désormais je me retire, heureuse de vivre les aventures de mes plus beaux contes.

mardi 27 octobre 2015

Le Pavillon d'Amour





Dans la vallée des orangers, mon bien aimé a construit un pavillon de ses belles mains qui caressent le bois à longueur de jour.
Il a sculpté des roses sur l’olivier dont il a creusé le tronc pour en faire une structure en harmonie avec les fleurs de l’amour sincère et fidèle.
Je m’étendrai sur un lit capitonné de mousseline et de soie et j’attendrai la nuit propice aux amants pour caresser le corps noueux de mon aimé.
Et  nos lèvres s’uniront, tels les oiseaux de mes rêves, frémissants, et doux. 

jeudi 15 octobre 2015

À Sarah





Sarah, ma douce colombe, je te veux dans mon jardin où j’ai semé, pour toi, des ancolies, des pavots et des myosotis, de la couleur de tes yeux.
Ma petite Forget-me- Not, je te soignerai si bien que tu ne voudras jamais me quitter et que la mort elle-même aura de la peine à t’emporter dans un autre jardin dont je serai l’unique absent.
C’est pourquoi je veux te cajoler jusqu’à la nuit des temps. Je construirai une pergola où il te sera agréable de goûter des pâtisseries orientales et boire du thé au jasmin. Et puis, comme tu en as l’habitude tu pourras feuilleter ton cahier d’écriture et y noter les rêves qui ourlent tes paupières dans un reflet nacré.
Sarah, ma douce, Sarah ma belle, je combattrai les monstres qui tenteront de t’enlever. Ils ne parviendront pas à nous séparer car souviens-toi de nos serments d’enfants, un cœur unique sera le nôtre  et nous vivrons ainsi jusqu’à ce que l’un de nous deux se fane et parte vers un ailleurs céleste où il renaîtra dans toute sa beauté

dimanche 11 octobre 2015

La mariée portait une robe lilas



Lorsque la mariée apparut dans une superbe robe couleur lilas avec un bouquet de lys blancs, elle était si belle que l’on remarqua à peine l’absence du marié.
On joua l’hymne consacré, pensant qu’il se manifesterait mais seule l’ombre d’un cygne noir se profila dans la petite église où se pressait la noce.
Le cygne s’étoffa, devint immense et emporta la mariée dans un royaume mystérieux dont il était le maître.
Les fêtes furent grandioses. Chacun apporta un cadeau enrubanné d’azur.
La nuit fut propice aux amants. Le cygne déposa délicatement sa princesse dans un lit à baldaquin et lorsqu’il se glissa sous les draps brodés, il rejeta son enveloppe de cygne pour se métamorphoser en prince charmant.
Un sort lui avait été jeté dans l’enfance et seule une mariée en robe de couleur lilas pouvait le délivrer de cet enchantement diabolique.
Il avait rencontré Cordélia dans un parc, s’était laissé approcher, lui avait glissé des mots d’amour dans une langue qui ne lui était pas étrangère puisqu’elle était ornithologue et elle avait accepté sa demande en mariage comme un pari.
La robe couleur lilas était le stratagème qu’elle avait trouvé subtil : qui pouvait vraiment porter une telle robe le jour de son mariage ?
Or ce fut le déclic et Cordélias devint réellement amoureuse du cygne noir qui avait le cœur d’un prince doté d’un immense amour.
Cordélias et le prince Vandelin vécurent heureux le reste de leurs jours et ils mirent au monde de beaux enfants aimants et talentueux.