jeudi 4 août 2016

Coeur de Dahlia


Le vent des dunes magiques m'a apporté les dahlias de l'amour.
Je les ai soigneusement accueillis et mis en bouquets de rêve.
Dans le patio, la fontaine ardente des amants égrène ses notes bleues et la fée Shéhérazade dévide le cocon soyeux des contes destinés à charmer un amant exigeant.
Les rossignols me tiennent compagnie et restent muets tandis que je tiens la plume qui te murmure mon amour discret car le temps des passions rubis a emporté la fougue des désirs, laissant sur le sable des roses cristallines, témoins des battements fragilisés de nos cœurs bleus.

mardi 2 août 2016

La princesse aux cheveux d'or



En se mirant dans le courant d'un ruisseau bondissant sur des pierres de lune, une jeune paysanne se trouva nimbée d'une chevelure d'or.
Elle n'osa pas revenir à son village, de crainte d'être repoussée ou pire, d'être recherchée pour la dot constituée par ses cheveux. Des colporteurs passaient parfois, vendant aiguilles, fils à broder et autres trésors. Il leur arrivait d'inciter les femmes à se défaire de leur unique parure afin d'en orner les têtes de celles qui avaient suffisamment d'argent pour danser dans les bals où ruisselaient les parures de diamants et où bruissaient les robes de soie tissées par des ouvrières vêtues de laine.
Elle marcha au hasard et arriva enfin dans un lieu féerique inondé par des éclats de lune. Elle s'allongea sur une natte de fougères et s'endormit.
Lorsqu'elle se réveilla, elle était vêtue de percale et de lin brodé. Sa chambre était princière, son lit à baldaquin d'où s'échappaient des pans d'organdi, sa coiffeuse et ses fauteuils recouverts de velours bois de rose conféraient à ce lieu de rêve une aura paradisiaque.
Désormais la belle Marion devint la princesse aux cheveux d'or et tous les princes des alentours briguèrent sa main.
Elle attribua ce bonheur à la magie de la lune d'où tombent parfois, sur terre, des éclats qui fixent les rêves.

Rêve d'Amour




La belle en son jardin d’amour lit Le Roman de la Rose et les romans de Chrétien de Troyes.
Son esprit vagabonde. Son âme s’envole sous la forme d’une mésange qui va à tire d’aile se poser sur la margelle de la fontaine de Barenton. Viviane et le chevalier noir forment un duo qui valse sur un tapis de fougères et de roses d’automne, les plus belles puisque ce sont les dernières.
Dans ce flamboiement végétal, les sons d’une harpe s’égrènent comme le poème éternel et Inachevé de l’amour.
Gorgée de cette sève, la mésange rejoint le giron de la belle endormie dans son jardin.
Émue, elle range ses livres et rejoint son mari, en proie aux noirs tourments du croisé vaincu qui a tué tant de supposés infidèles avant de revenir en son fief abandonné.
La belle pose sa main fraîche sur celle de son époux, striée de rides, de crevasses et de blessures mais son âme s’égare auprès des sources qui chantent l’amour en roulant les galets et les pépites qui appartiennent aux amants.