mercredi 7 février 2024

Bleus à l'âme

 




La Saint-Valentin approche pour la grande joie des amoureux.

Mais il y a hélas ! des personnes qui vivent seules, définitivement par veuvage ou qui souffrent des douleurs infligées à leurs amants.

L’être aimé n’a plus la force de se montrer attentionné, passionné, en un mot, amoureux.

Alors on cherche des dérivatifs.

On se réserve les plus belles fleurs du moment, on songe à des mets délicieux mais quand vient le soir et que personne ne peut vous prendre la main alors les bleus à l’âme ressurgissent et s’emparent de votre pauvre corps disloqué et malade.

A l’approche de la nuit où règnent les grands fauves, on ressent jusqu’au tréfonds de son être l’absence de celui qu’on aime et qui ne pourra plus effacer d’une main caressante les noirs chagrins de votre cœur blessé.

mardi 6 février 2024

La reine Pervenche

 



Couronnée de fleurs des champs, la reine Pervenche s’en va par les chemins pour chercher celui qui lui offrira son cœur.

Elle rencontre des oiseaux, chante à l’unisson puis elle se repose au pied d’un chêne.

Lorsqu’elle s’éveille, elle voit deux beaux yeux émeraude qui la caressent de leur éclat.

Le bel inconnu se présente, il est le prince Printemps.

«  Je suis certaine de vous avoir déjà rencontré lui dit-elle.

 Evidemment lui répond le prince Azur, tu es l’avatar d’une conteuse qui m’a créé autrefois.

Nous étions faits pour nous aimer puisque nous sommes nés de sa plume ».

Le prince Azur déposa au pied de sa belle un panier contenant des biscuits au beurre et aux amandes, des livres enluminés et une écritoire puis il disparut dans un tourbillon bleu.

La reine des fleurs regagna son palais en emportant le précieux panier.

On rechercha le prince mais il demeura introuvable.

N’était-il pas en réalité l’avatar du prince Zahir qui se repose en son riad pavé de mosaïques et orné de pierreries ?

Je laisse à notre conteuse le soin de démêler l’écheveau de ce labyrinthe  courtois qui porte en son cœur un énorme rubis, symbole de la passion et des rêves oubliés.

samedi 3 février 2024

The wind in the windows

 

 

 


The wind in the willows

Dans les romans anglais, la nature et sa faune se complètent harmonieusement, nous incitant  à partir à notre tour, sur le mode gitan.

En roulotte, nous regardons défiler les paysages et lorsqu’une fleur nous intrigue, nous nous arrêtons pour l’admirer sans la cueillir car elle en mourrait.

Nous nous asseyons dans l’herbe et nous rêvons puis nous dessinons et nous écrivons pour immortaliser ce merveilleux don de beauté.

Comme Colette, l’admiratrice de la nature, nous aimons surtout les violettes car elles nous aident à supporter les frimas et les morosités des hivers rugueux.

«  Un parfum de violette a envahi mon âme, se lovant dans les lobes de mon cœur déchiré ».

Ces mots ailés m’aident à poursuivre ma route et j’attends fébrilement la venue de mon amant, mon tendre époux hélas disparu !