mardi 16 octobre 2012

Cristal de Bohême




Dans une coupe de cristal héritée d’un présent de mariage, j’ai observé les bulles de lumière qui éclataient avec joie à la surface d’un vin de champagne servi avec lustre par notre Sommelier de charme, Jean-Bernard dont j’ai conté les exploits.
En costume de fée, les serveuses ont distribué les coupes du bonheur, octroyant à chacun sa part de rêve.
Dentelles et champagne, valses et pas glissés, jeunesse et idéal, poésie et chansons, tous ces mots quadrillent un seul espace, celui du royaume mystérieux où voguent les nuages roses des fêtes impériales.

Piège de cristal




Tes yeux de jade sont emprisonnés dans le cristal de mes nuits et le chant d’un rossignol déchire le silence tandis que des lueurs bleutées et pourprées vagabondent auprès des sources de la vie.
Je vibre sous les murmures des saules et attends que reviennent les jours enchantés pleins de soleils et de rêves mais les cascades me renvoient les rides du temps.
Alors je prends le chemin des pèlerinages et m’en vais sur les routes, au hasard, à la recherche des phrases gelées, emprisonnées dans les noirs diamants que roulent les torrents.

samedi 6 octobre 2012

La chanson des Muses




Dans un éclat de lune,  les muses m’ont donné une aubade, accompagnées par des chérubins et de jolies servantes d’opérette portant des corbeilles de fruits, raisins translucides comme des petits soleils, noix et dattes enrobées dans la pâte d’amande brillante et colorée.
Je n’ai pas osé me servir, aussi tentantes fussent ces gourmandises, craignant que les muses ne disparaissent et que leur chant ne soit plus qu’un rêve.
« Poètes, ne vous laissez pas distraire par les biens matériels de ce monde. Nous tissons les nuages pour en capitonner votre retraite savante, nous vous aidons en vous envoyant les plus beaux chants d’oiseaux et faisons surgir une belle dans une pluie de roses lorsque vous fermez les yeux.
Cette beauté qui aurait pu séduire notre dieu Apollon marche sur tous les sols de la planète bleue, riche de la diversité du monde. Elle s’adresse à chacun dans sa langue et délègue ses talents et ses charmes à un prince des nuées qui doit tenir des discours équivalents aux femmes qui manient la plume depuis des millénaires sans que leur place ne soit réellement reconnue.
Amis poètes de la terre, suivez notre cortège et dégustez les fruits préparés dans nos cuisines où rutile le cuivre, adieu, devenez à votre tour les inspirateurs de ces contes et de ces fables que vous faites miroiter dans les splendeurs des mondes où s’irisent les perles ».

jeudi 4 octobre 2012

Le Chevalier au Lion




Jadis un chevalier se perdit en terre de Brocéliande. Selon la légende, il erre, accompagné par son lion, dans les halliers. Sa silhouette épouse celle des arbres qui forment une ronde autour des étangs millénaires.
Le cliquetis de son armure éloigne les oiseaux. Fatigué d’avoir tant erré, le chevalier s’assied auprès d’un chêne, caresse la crinière de son lion et rêve d’une dame au beau hennin où flottent des rubans. Il aimerait tant retrouver l’atmosphère et la terre des tournois. Son nom était une légende. Aujourd’hui il n’est plus qu’un chevalier errant, dépossédé de son domaine, de son blason et de ses projets. Il a échappé par miracle aux croisades en se réfugiant dans le Val Sans Retour protégé par les fées de Brocéliande. Elles lui ont joué de la harpe et c’est ainsi qu’il a été piégé, vivant éternellement en cette forêt magique, hors du temps et de sa propre mémoire.
Une jeune fille au cœur pur lui tendit une rose exquise aux couleurs de l’automne et c’est ainsi que notre chevalier rejoignit ses ancêtres dans un ailleurs qu’il était le seul à connaître et nous lisons encore le récit de ses exploits, celui d’Yvain le Chevalier au Lion.

lundi 1 octobre 2012

La Bohême




Elle a bercé notre jeunesse, cette belle chanson de Charles Aznavour, nous plongeant dans l’univers du voyage mais bien avant, elle nous était familière, à commencer par un objet qui symbolise le faste des tables d’antan, le cristal de Bohême. Rien à voir me direz-vous, pourtant dans tous nos paradis perdus, il y a des roulottes, des cirques itinérants, des danses gitanes. Elles sont présentes dans notre littérature, ces gypsies, à commencer par le poète Apollinaire et surtout les romanciers, Victor Hugo et sa belle Esméralda dans Notre-Dame de Paris, Carmen de Prosper Mérimée qui inspira un fantastique opéra à Bizet et tant d’interférences entre le monde des mots et celui de la musique que l’on s’étonne aujourd’hui d’un seul fait : que l’on chasse ces porteurs de rêves et d’espoirs, sans pitié, n’hésitant pas à plonger des enfants et leurs mères dans le désespoir . Alors, poètes et écrivains de tous les horizons, soutenez ces êtres fragiles qui n’ont pas fait de l’argent l’unique but de leur vie et qui se posent çà et là comme le font les oiseaux lorsqu’ils rencontrent un buisson accueillant.