Mon cœur est un retable d’où l’Enfant-Dieu s’est échappé.
Ses pieds nus effleurent les dalles froides ; il court en chemise,
et ses boucles dorées volèrent au vent léger.
L’Enfant divin, las des témoignages d’adoration facile, court sur les
routes poudreuses de la misère. Il court à la recherche des enfants qui
souffrent. Là, il arrache un groupe qui s’affairait dans une décharge et lui
fait une offrande de fruits et de fleurs. Plus loin, il redonne honneur et
virginité à des petites filles vendues sur les marchés. Il distribue jambes,
bras, yeux aux mutilés des guerres. Subrepticement, il transforme la clef du
paradis ornant le cou des malheureux enfants qui sautent sur les mines. Alors,
cette clef devient pain éternel. Les enfants l’accompagnent en oubliant leurs
litanies de mort, et l’honorent d’un cortège
Nouveaux apôtres, ils protègent l’Enfant-Dieu de leurs corps. Ainsi,
empêcheront-ils les bourreaux de se saisir de leur Maître.
La chemise de l’Infant-Roi étincelle de lumière. De ses mains parfaites,
il impose le silence et les armes se taisent, vaincues.
L’Enfant-Roi et son cortège de rebelles font ployer le genou des Rois sur
leur trône de carton. Les Rois tombent. Seul, reste le divin Enfant, l’Infant
de Dieu, qui impose à la terre un nouveau langage fait de lumière et d’Amour …
Mon cœur est un retable où se fanent les ors inutiles.
Auréolée de cette poussière, je pars, moi aussi, à la recherche de
l’Enfant-Roi.
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