Dylan, le chevalier blanc
Le château de Beauregard connut une période flamboyante
grâce aux exploits de Dylan, l’enfant miraculeusement épargné par la
destruction du château familial et ramené dans un foyer fleurant bon la paix
par la dame qui régnait sur un domaine sans faille, Laura, la princesse
guerrière.
La créativité de l’adolescent dans les domaines artistiques,
notamment le dessin et la peinture, séduisait chacun et les visiteurs ne
manquaient pas de s’extasier sur le portrait si révélateur qu’il avait peint de
Laura, sa mère de substitution depuis le départ inexpliqué de celle qui lui
avait donné le jour.
Laura avait multiplié les recherches mais ce fut en vain et
elle en vint à la conclusion que seule, la fée Morgane pouvait être à l’origine
de sa disparition.
Dylan s’était épris des romans de chevalerie, s’attachant
notamment à la figure de Lancelot du Lac dont la destinée était similaire à la
sienne dans son origine.
Comme lui, il avait été arraché à ses parents, son château
avait été détruit et la fée Viviane, en mal d’enfant, l’avait emmené dans son
palais, situé au fond d’un lac et l’avait élevé comme son fils, pour l’envoyer
ensuite à la cour du roi Arthur où il s’était distingué par l’excellence de ses
exploits.
Il s’employa à connaître les arts guerriers et lorsque le
temps de l’adoubement arriva, il avait choisi la couleur blanche pour son
armure, ce qui nécessita des recherches approfondies dans les forges de
Brocéliande. Il lui fallait du brillant voire de la flamboyance et le blanc n’était
pas une couleur facile à traiter dans ce genre guerrier.
Pour ne pas être en reste, Laura broda son oriflamme d’edelweiss,
ces fleurs de montagne qui avaient un aspect velouté et nacré.
Les forgerons s’ingénièrent à lui offrir une épée sans égale
et elle était si belle, au sortir de la forge que le nom de Merveilleuse s’imposa
tout naturellement.
Le jour de la cérémonie fut empreint de faste et de
mélancolie car personne n’avait oublié les disparus, Gabriel, pour Laura, et
Yveline, la mère de Dylan dont la présence aurait été si nécessaire en un tel
jour.
« Mère, ne vous faites pas de souci, vous avez remué
ciel et terre pour retrouver ma mère et pour cela, je ne vous remercierai
jamais trop. Vous m’avez élevé comme si j’étais votre fils et je vous en serai
éternellement reconnaissant. C’est pourquoi je vous octroie ce beau titre de
mère si vous me le permettez.
Je porterai fièrement les couleurs du chevalier blanc cher à
mon cœur et j’espère avoir une destinée comparable à celle de Lancelot du Lac,
en évitant les amours tumultueuses qui l’ont conduit à sa perte.
Avec votre exemple d’un amour légitime plus fort que la
mort, je ne peux que connaître un destin exemplaire.
Vous m’avez fait homme, Dame Laura et je jure de toujours
vous défendre ainsi que ce beau château qui m’a servi de refuge et d’exutoire à
mes passions.
Pour tout je vous dis merci et je vous aime tendrement,
comme il sied à un fils reconnaissant ».
Très émue par ces paroles, Laura serra son fils sur son cœur,
se jurant par ailleurs de toujours poursuivre les recherches de Dame Yveline
qui l’avait mis au monde et qui devait se morfondre et se demander ce qu’était
devenu son fils bien aimé.
Dans l’attente de ces retrouvailles hypothétiques, chacun
prit plaisir à participer aux festivités de ce beau jour, l’adoubement d’un
fier chevalier !
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