La route du jasmin
S’enfonçant dans le maquis bleuté des collines lointaines,
la route du jasmin, scandée par les youyous des femmes du cortège, tremble au
son des tambours et finit par aboutir, en pleine lumière, à la tente mariale
dressée pour les amants.
Les étoiles du jasmin jonchent le sol et embaument l’azur
tandis que l’on s’affaire, de part et d’autre, aux préparatifs du festin.
Méchoui, tajines de poulet aux amandes, pastilla poudrée de
sucre glace pour voiler le feuilletage où se cachent les pigeons caramélisés,
pâtisseries où abondent le miel, les dattes et les fruits confits au sein de
jolis moulages de pâte fine comme le voile de la mariée, tentent les gourmets
qui s’abreuvent de moka, de thé et de boissons pétillantes aromatisées à la
réglisse, la rose et l’hibiscus.
Les mariés goûtent aux plats par souci de bienséance car ils
savent à quel point cuisiniers et cuisinières se sont impliqués dans ce repas
dédié à l’amour puis ils s’éclipsent après avoir remercié tous leurs amis et se
dirigent vers la bulle cristalline qu’on leur a préparée pour abriter les élans
de leur passion.
Le lendemain, toute la noce reprend la route du jasmin et s’en
retourne à la ville où les attend la trépidante vie des activités techniques
inventées par les hommes, désireux de voir progresser l’humanité.
Alanguis et heureux, les mariés s’endorment en se promettant
de reprendre bientôt en guise de pèlerinage, la route du jasmin.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire