dimanche 10 août 2025

La cité des dragons impériaux

 

 


Tandis que son amie Maud gagnait Cassel dans l’espoir de retrouver la disparue, Pauline vivait des heures enchanteresses dans la ville impériale gérée par des dragons.

Des mets exceptionnels à base de gingembre, de citron et de poissons macérés dans un bain d’huile parfumée lui étaient servis avec de multiples variantes et un accompagnement de riz au jasmin. Des délices fruités, mangues, litchis et pommes d’amour en pyramide, crème d’amandes, roses et cerises lui apportaient mille plaisirs gourmands.

Par ailleurs, les dragons étaient de merveilleux compagnons. Chacun avait sa spécialité, celui de la faire voyager par la voie des airs, de la faire rêver en lui contant sa genèse ou de la plonger dans un univers fantastique en organisant des concours de lutte ou d’art oratoire.

Un dragon, Thabor, était son préféré. C’était un dragon d’amour aux yeux émeraude. Pour faire oublier sa carapace d’écailles, il multipliait des approches dignes d’un troubadour, composait des poèmes à sa louange en la nommant sa dame d’amour, jouait de la harpe et l’emmenait dans une île où abondaient des cocotiers et des palmiers dattiers.

Dans cette île, ils se livraient à mille jeux puis se reposaient à l’ombre de palétuviers.

Un jour, alors que Thabor avait déposé sur le sable l’énorme rubis qui ornait son front à la manière de la vouivre de légende, un rayon de soleil pulvérisa ce joyau, faisant exploser la carapace d’écailles du dragon : un jeune homme à l’allure princière avait pris sa place !

«  Ma belle d’amour, le sort qui m’a été jeté a pris fin. C’est donc en ma qualité de prince insulaire que je vous invite, douce Pauline, à partager ma destinée ».

Au comble du bonheur, Pauline tomba dans les bras du prince :

«  Les écailles nous séparaient irrémédiablement, mon beau prince et pourtant nos deux âmes étaient unies, chacune d’elles étant la parfaite réplique de l’autre. Puis-je vous demander de m’accompagner dans ma cité de naissance, Maretz, où chacun doit me chercher avec inquiétude » ?

La supplique de Pauline toucha le prince qui réclama un peu de temps pour l’exaucer :

«  Avec ma carapace d’écailles, je vous aurais prise sur mon dos et fendre les airs jusqu’à votre demeure mais à présent, je vais devoir construire un voilier pour franchir la barrière océane ».

Pauline se rendit à cet argument et proposa son aide : elle pourrait tisser les voiles qui permettraient à la nef d’avancer sur les flots sous l’impulsion du vent.

Le prince Cyrus fit venir des spécialistes de tous les arts nécessaires à la création du voilier. Ces ouvriers commencèrent par construire une habitation et des communs pour loger le couple princier, sa suite et tous les représentants des corps de métier impliqués dans la construction du navire.

On mit sur pied un métier à tisser ; Pauline activa la navette, utilisant le chanvre et le lin présents dans l’île pour tisser de belles voiles. Elle créa des motifs à base de fleurs  d’hibiscus et de bougainvilliers.

Le prince admirait l’adresse et l’art créatif de Pauline, ce qui ajoutait une aura à son charme naturel.

Pour ne pas être en reste, il mania la hache, abattant les arbres qui serviraient à édifier le navire.

Les dragons de la cité impériale ne montrèrent aucune animosité en apprenant le départ prochain de Pauline et la métamorphose de l’un des leurs. Ils prêtèrent main forte aux travaux, accélérant la construction du voilier.

Sous la bannière du prince, le navire prit la mer avec un équipage choisi.

«  En route vers l’aventure » dirent les amants tandis que le voilier avançait, escorté par une escouade de dragons protecteurs.

 

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