Ambroise Lamarque, chef de L’oie cendrée, n’eut de cesse de peaufiner ses menus pour que le repas de noces de Manuel et Mona soit inoubliable.
Comme l’indiquait le nom de son établissement, l’oie déclinait toutes les saveurs de cette volaille de choix revisitées au fil du temps, foie gras d’oie at rillettes, filets en papillotes, oie complète farcie aux raisins de Corinthe avec une farce composée de mie de pain trempée dans du lait, d’abats hachés menu avec un œuf et des épices puis passée plusieurs heures à feu doux.
Pour marquer le nom donné aux habitants des Landes, Croques-Maïs, l’épi de maïs doux était présenté de différentes manières, en velouté, en papillotes, en grains, en hachis, en crème dessert et en gâteaux sans oublier le pain incluant cette plante solaire.
Afin de réaliser d’autres merveilles, Ambroise se plongea dans les livres consacrés aux créations de grands chefs de renommée mondiale, notamment Marie-Antoine Carême et Auguste Escoffier.
Le résultat fut saisissant et chacun garda en mémoire ce repas fabuleux.
Tout le village était là et l’on applaudit les mariés qui apparurent dans une tenue de cérémonie tout à fait remarquable. Ils étaient très émus et semblaient étonnés de connaître un tel bonheur. Ils avaient toujours eu à l’esprit la satisfaction de leurs clients ce qui les éloignait d’un épicurisme personnel.
On mangea, on but modérément du vin de fleurs, des grands crus du Tursan et pour le dessert, accompagnant la croustade et la pièce montée, de l’Armagnac pour les messieurs et pour les dames, des cerises ou des pruneaux macérés dans la Folle Blanche.
On dansa et enfin, à la nuit tombée, on conduisit les mariés à leur nouvelle demeure croulant sous les fleurs. C’était une maison à colombages entièrement restaurée et meublée avec goût : le marié, ignorant alors qu’il en serait le bénéficiaire, s’était surpassé pour que le couple gagnant se sente heureux en partie pour son talent d’ébéniste.
La mariée était très émue et admirative ; son regard envers son époux était si éloquent que les Festayres ( nom des fêtards gascons) s’éclipsèrent pour respecter leur intimité.
Demeurés seuls, Mona et Manuel prirent place sur un canapé et se prirent la main, si heureux qu’ils n’osaient croire à leur bonheur.
La fête se poursuivit à L’Oie Cendrée jusqu’à ce que le chef, sa brigade, les sommeliers et les serveurs demandent grâce.
Il y eut des chants, des danses sur la place du village puis chacun rentra chez soi, espérant qu’un autre mariage succède au premier.
On remercia le Maire pour son fabuleux projet et le rideau de la nuit tomba sur le village au comble du bonheur.

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