samedi 16 août 2025

Rose Fée

 

 


En route vers l’occident pour une mission diplomatique, le prince Sofiane croisa une rose-fée qui jouait de sa robe comme d’un éventail.

La fée bayadère exécuta une danse orientale puis elle parla ainsi :

«  Prince Sofiane, une princesse cachée dans une rose t’est destinée. A toi de la découvrir ».

Puis elle s’évanouit dans la brume du soir, laissant derrière elle une pluie de roses et de perles.

Majid, son écuyer, mit ces cadeaux précieux dans un sac de soie.

Les deux hommes progressèrent en silence, chacun nourrissant des pensées diverses. Majid songeait à sa douce épouse Nour qu’il avait dû quitter pour suivre le prince. Quant à Sofiane, il pensait à la déclaration de la fée, se demandant quelle sorte de princesse se cachait dans une rose.

«  Toutes les prédictions sont sibyllines se disait-il et il se peut que celle-ci disparaisse avec la personne qui l’a proférée ».

Avisant un castel qui se profilait au loin, le prince décida de demander l’hospitalité pour la nuit.

Un majordome les introduisit dans une salle richement meublée tandis que le palefrenier emmenait les chevaux à l’écurie.

L’hôtesse, Isabeau de Guermantes fit une entrée éblouissante. Elle était si belle que Sofiane se demanda si elle n’était pas la princesse cachée mais cette dernière le détrompa :

«  Mon époux, Gauthier de Nemours, a été appelé à la cour. Il me sera gré de vous avoir reçus avec la courtoisie qui vous est due ».

Sur ce, elle les pria de passer à table.

De la fouace, galette cuite au feu de bois, garnie de beurre,  rillettes, mogettes ou fromage de chèvre ouvrit le bal des réjouissances.

Vint ensuite une oie laquée de miel, fourrée de châtaignes et de pommes, rôtie à souhait.

Des hanaps de vin épicé les incitèrent à poursuivre ce repas de fête.

Des chaussons aux pommes, de la crème anglaise, des biscuits au beurre et aux amandes, des coupes de fruits variés et de la gelée présentée sous forme de dômes colorés clôturèrent ce festin ducal.

Jongleurs, musiciens et troubadours donnèrent un aperçu de leur talent.

Cette aubade terminée, les invités furent conduits dans une chambre spacieuse dotée d’un cabinet de toilette.

Des pages furent mis à leur disposition ; après avoir aidé les deux hommes à prendre un bain, revêtir un vêtement de nuit et se glisser sous l’édredon de l’alcôve, se retirèrent en soufflant les chandelles.

On se donna rendez-vous au lendemain.

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