dimanche 3 août 2025

Le vol des cygnes

 

 


Les habitants du Pas du Houx, le hameau où vivait Gwendoline, virent passer une énorme montgolfière dans le ciel. On apercevait des cygnes dans la nacelle ainsi que des ombres lestées par un cerclage doré.

Gwendoline eut l’impression que son mari ne figurait pas parmi les ombres et elle eut le fol espoir de pouvoir le retrouver dans l’île où vraisemblablement il l’attendait.

Les jours suivants, on vit passer des bandes d’oiseaux qui semblaient fuir un danger immédiat puis le ciel prit des couleurs allant du pourpre à l’or brun avec des zébrures argentées.

Mais il ne se passa rien et la tempête annoncée ne se déclencha pas.

Gwendoline vit dans ce répit le signe positif d’une rencontre possible avec son Loïc bien aimé.

Elle embarqua à bord de son canot personnel et rama jusqu’à l’île aux cygnes.

Les cygnes étant partis, l’île semblait déserte mais en s’enfonçant à l’intérieur des terres, Gwendoline vit de la fumée s’échapper d’une maison pimpante. Le cœur battant, elle activa le heurtoir et la porte s’ouvrit. Son mari était là, souriant et il tenait à la main une paire de jolis sabots décorés de roses. «  Je les ai faits pour toi » dit-il simplement comme si cela allait de soi.

Un agréable fumet parfumait la maison, émanant de la crémaillère.

La table était dressée et Loïc versa la cotriade dans de jolis bols en faïence de Quimper.

Un beau pain de maïs accompagnait ce plat de choix : «  Comme tu les aimes, dorés et croquants » dit-il en souriant.

Il avait cuit un gâteau à la broche et en coupa deux parts. Des coupelles de crème complétaient ce dessert fabuleux. Une cruche de limonade rose étancha leur soif.

Ne s’étonnant plus de rien, Gwendoline ne fit aucune remarque ; le défunt mangeait comme elle et il était un vis-à-vis souriant.

Elle se sentit transportée vingt ans en arrière, frémissant au simple regard de son époux.

Le repas terminé, Loïc ouvrit les rideaux du lit clos et invita sa femme à prendre du repos.

«  Demain je te montrerai les trésors de l’île » dit-il et il déposa un baiser sur son front.

Gwendoline s’endormit très vite et elle rêva que les cygnes étaient de retour, la priant de rentrer chez elle, au Pas du Houx, pour y reprendre ses activités.

 

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