Après un petit déjeuner complet, Amira, Aurore et Soliman firent le point sur la situation.
Soliman suggéra que la clef du mystère puisse se trouver à l’extérieur.
Quelqu’un se souviendrait peut-être d’un élément intéressant pour leur enquête, ce secret familial étant bien gardé.
« Pour ma part, j’ai exploré les environs de notre domaine, me livrant même à la chasse au faucon afin de mettre la main sur un oiseau-lyre ou un phénix porteur de message. Ce fut en vain et les personnes aimant les contes, la poésie et le mystère ne m’ont rien révélé que je ne sache déjà, à savoir que mon ancêtre Soliman avait vécu en Occident une grande histoire d’amour et qu’un empêchement inédit l’avait privé de belles épousailles avec sa dame de cœur ».
Les deux amies félicitèrent Soliman pour son esprit d’initiative et proposèrent de ratisser les environs en ordre dispersé.
Chacun se munit d’un sac contenant une gourde, une boite à bento et des pochettes pour mettre les trouvailles à l’abri puis la chasse au trésor commença.
Aurore profita de la visite qu’elle devait faire chez des clients pour lancer la conversation sur le thème des légendes de leur cité. Une personne âgée qui souhaitait renouveler son intérieur pour fêter ses cent ans en famille se souvint d’une histoire où il était question d’un prince oriental tombé follement amoureux d’une jeune villageoise.
Selon Valentine, la future centenaire, le prince, contraint de retourner dans son pays pour aider son souverain n’avait plus donné de nouvelle. Or, une petite fille, fruit de leurs amours, était née.
« Ton amie Amira est la descendante de cette enfant qui fut élevée dignement par sa mère » ajouta-t-elle puis, fatiguée d’avoir tant parlé, elle s’excusa de ne pouvoir en dire davantage.
C’est tout à fait conforme à nos déductions pensa Aurore et elle remercia vivement la nonagénaire en lui promettant un bouquet spécial portant la marque de la félicité.
Amira se dirigea vers un petit bois où elle avait l’habitude de cueillir des jacinthes sauvages, des pervenches et du muguet, récoltant aussi des baies et des champignons, pensant qu’un détail, une source perdue pouvaient lui avoir échappé mais à part une belle cueillette de baies parfumées, de champignons et un joli bouquet de fleurs pour la chambre de son invité, elle ne trouva rien qui se rapporte à son enquête.
Quant à Soliman, confiant en sa bonne étoile, il marcha au hasard, s’arrêtant parfois pour dialoguer avec des passants.
Il avait placé quelques cadeaux dans son sac, perles, coquillages musicaux, réticules en soie et autres merveilles introuvables dans son pays d’accueil.
Un vieil homme, Eusèbe, se confondit en remerciements après avoir reçu une jolie boite à musique en coquillages puis il s’exprima :
« Vous cherchez peut-être la source du prince ? Je peux vous y conduire » !
Heureux de l’aubaine, Soliman lui emboita le pas. Ils arrivèrent dans un lieu tout à fait singulier.
C’était un bosquet d’arbres qui abritait une chapelle bordée de rosiers et d’églantiers.
« On y rendait un culte autrefois dit le vieil homme. Une chanson lui était consacrée : « Prince de la nuit, étends ton voile pour protéger tes enfants » ; ce sont les paroles dont je me souviens mais quelqu’un, au village, doit la connaitre dans son intégralité ».
Ils dépassèrent la chapelle et soudain, jaillissant d’une roche noir ébène, une source fit entendre son chant. Une énorme bulle se forma, se solidifiant en cristal.
Eusèbe la saisit avec une épuisette placée à côté de la roche : « Vous aurez aussi votre boite à musique, beau prince » dit le vieil homme avec un beau sourire et il tendit le présent à Soliman qui le remercia, lui promettant de doter toute sa famille en perles, or et pierres précieuses.
« Vous ne me devez rien, beau prince, je suis simplement heureux de pouvoir offrir un présent de valeur au descendant de celui qui se fit aimer de tout le village et que l’on vit partir avec tristesse aux dires des anciens ».
Soliman l’accompagna jusqu’à sa demeure, accepta un verre de lait et des biscuits et rentra aux Feuilles d’Or, impatient d’écouter le message provenant de la source enchantée.

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