jeudi 28 août 2025

Lalla Amina


Trouvant à son chevet une jolie boite rose enrubannée portant le sceau princier, la belle Amina s’empressa de la déballer. Un merveilleux caftan s’offrit à ses yeux éblouis. Elle se hâta de prendre son petit déjeuner et fit une toilette soignée pour se parer de la robe choisie par le sultan en personne pour sa favorite.

Le caftan semblait avoir été fait pour elle. Coiffée, parfumée, manucurée, elle attendit, le cœur battant, que son bien-aimé lui fasse signe de venir. Mais ce signal ne vint pas.

« Ce sera pour un autre jour » se dit-elle et elle revêtit une tenue ordinaire pour répondre au rituel du thé. Là encore une surprise l’attendait. La gouvernante chargée du confort des dames lui confia que le service à thé en argent, une nouveauté, lui appartenait en propre puisqu’il  lui avait été destiné avec le sceau du prince.

Lalla Amina se consola de l’absence du prince en grignotant quelques gâteaux au miel et en buvant à petites gorgées un thé parfumé au jasmin.

Le soir, elle s’endormit, le ruban de la boite -cadeau enroulé autour de son poignet droit.

Le lendemain, le prince lui fit dire qu’il l’attendrait à la tombée de la nuit dans ses appartements.

Lalla Amina peaufina sa toilette, allant jusqu’à réclamer à ses servantes qu’elles réalisent de beaux motifs au henné sur ses mains et ses pieds.

Le prince Youssef apprécia cette attention, admira la coupe du caftan et son coloris puis après un repas sucré-salé propice aux ébats amoureux, attira sa favorite dans sa couche pour connaître d’intenses moments de bonheur.

Il la garda toute la nuit auprès de lui et au petit jour, il lui murmura des mots d’amour :

«  Belle de mes nuits, je souhaite à présent que tu restes toujours auprès de moi. Il me semble que tu es un porte-bonheur et je veux engendrer une lignée de princes qui hériteront de ta beauté ».

Ces mots prononcés, il l’attira à nouveau à lui et se livra à des caresses si profondes que la jeune femme se sentit investie par la marque indélébile d’un amour royal.

Elle put bientôt annoncer la venue prochaine d’un enfant. Fou de joie, le prince Youssef ne la renvoya plus dans le quartier des femmes et la garda dans ses appartements privés comme le plus beau de ses joyaux.

Lalla Amina était au comble du bonheur et lorsqu’elle mit au monde un petit prince que l’on prénomma Amir, elle se laissa envelopper dans un nuage de félicité.

«  Voilà le vrai bonheur se dit le prince : une femme aimée, un bel enfant et des promesses de venues au monde, il n’y a plus de place pour la morosité ».

Son incursion en ville sous le déguisement d’un riche marchand avait été productive et il renouvela l’expérience, emmenant le prince Amir lorsqu’il fut en âge de comprendre les mouvements d’une ville.

Il renvoya les intendants indélicats qui avaient confondu sa bourse et la leur et recruta les successeurs dans la campagne profonde et laborieuse empreinte de la sagesse ancestrale et du code de l’honneur.

Le petit prince Amir fit la joie de tous et il eut bientôt à ses côtés des petits frères et des petites sœurs dont il se fit le protecteur.

Le prince Youssef garda son épouse toute sa vie et lui attribua le titre de reine.

Ils vécurent heureux jusqu’à ce que la mort les emporte, laissant pour gouverner le royaume un prince accompli.

2 commentaires:

  1. Un livre à lire ! Un pas vers l'Orient plein de mystère. Une merveilleuse histoire. Merci chère amie. Excellent vendredi.

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  2. Merci pour ce commentaire !

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