mardi 5 août 2025

Violette au coeur ardent

 

 

  

Dans une ville de haute montagne vivait une fruitière prénommée Violette. Ses fromages étaient réputés et l’on venait de loin pour s’en procurer.

Le secret de sa réussite était simple : elle sélectionnait les meilleurs laits venus des alpages, les goûtant sur place pour s’assurer de leur teneur en crème et de leur douceur fruitée, ce qui était sans doute à l’origine du mot « fruitière » destiné à une crémière façonnant , moulant et affinant de merveilleux fromages.

Un jour, elle reçut la visite d’un poète qui s’éprit de la lueur violette de ses yeux. Il composa plusieurs odes et se risqua même à aller sur les brisées de Pierre de Ronsard en écrivant des sonnets à la mode italienne.

Ce poète, Flavio Montebello , monta sa tente près de la fromagerie, se jurant de s’alimenter exclusivement de pain et de fromage jusqu’à ce que la belle Violette réponde à ses élans amoureux.

«  Belle Violette, je me suis perdu dans le lac limpide et profond de vos yeux aux éclats de Cérès.

La déesse des moissons habite en votre cœur : j’en ai la preuve en goûtant le bon pain qui sort de votre four à bois. Le parfum des blés se lie à la couronne de pavots dont vous ornez parfois vos beaux cheveux retenus par un ruban bleu céleste.

Douce Violette, je pense à vous, nuit et jour et si vous repoussez mon amour, j’en mourrai » !

En recevant ce message, Violette fut attendrie par les accents sincères de cet amoureux. Il lui était cependant impossible de lui rendre la pareille.

Alors qu’elle s’interrogeait sur le comportement qu’elle devait adopter vis-à-vis de Flavio, il se passa un événement qui mit fin à son embarras : le poète avait disparu ! On retrouva sa tente lacérée et maculée de taches rouge sang.

Les gendarmes lancèrent une enquête et interrogèrent Violette en premier lieu car tout le monde, au village, connaissait l’amour qui consumait le disparu.

Violette se prêta à l’interrogatoire, donna la lettre qu’elle avait reçue pour preuve de sa bonne foi ; «  Pourquoi aurais-je tué cet homme ? Je ne lui voulais aucun mal et le plaignais sincèrement d’éprouver un amour qui n’était pas réciproque »argumenta-t-elle et les enquêteurs se déclarèrent convaincus. Ils gardèrent la lettre comme pièce à conviction et explorèrent d’autres pistes pour retrouver le poète disparu.

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