Dans la petite commune de Maretz où vivait Pauline, sa disparition fit grand bruit. Comme elle ne répondait à aucun appel, que ses volets étaient fermés, on envoya deux gendarmes perquisitionner sa demeure. Apparemment, tout était en ordre, le lit était fait et aucun indice suspect ne fut trouvé. Les enquêteurs purent seulement constater son absence.
On explora les environs, on interrogea les habitants, on lança une battue mais toutes les recherches furent vaines.
« Et si la clef du mystère se trouvait dans ses livres » dit l’institutrice et elle relut soigneusement les écrits de l’auteure de contes fantastiques.
Pauline ne s’était pas contentée d’un premier succès avec son ouvrage Dragons, lagons et perles, Contes fantastiques, elle avait écrit un nouveau recueil intitulé La porte impériale où foisonnaient les êtres fantastiques à qui elle avait donné une telle perception du réel que l’on s’imaginait vivre parmi eux.
Était-elle partie de son plein gré ou avait-elle été enlevée se demandait Maud Dumas, l’institutrice qui était une arrière-arrière petite nièce du génial écrivain.
En relisant un conte et en s’attachant aux éléments descriptifs de l’histoire, Maud crut identifier les caractéristiques de la ville de Cassel, si belle qu’elle avait obtenu un prix lors d’un concours élisant Le plus beau village de France.
Le moulin, ses géants, précurseurs des dragons pour veiller sur la ville emplie de richesses, les beaux pâturages et les cultures florissantes, les monuments et des maisons fleurant bon la cire et la lavande, ses fromageries, toute cette prospérité appelaient une surveillance étroite, la ville ayant été souvent dans le passé livrée aux horreurs de la guerre et à des pillages systématiques.
Maud profita d’une période de vacances scolaires pour se rendre dans la cité afin d’y rechercher celle qu’elle considérait comme son amie.

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