jeudi 7 novembre 2019

Aubépin, le prince aux fleurs


Aubépin, le prince aux fleurs
Au château de Beauregard, on attendait des nouvelles du chevalier Florian, parti guerroyer aux côtés du roi, mais elles se firent de plus en plus rares et brèves, ce qui ne manqua pas d’attrister sa belle épouse, Ondine aux longs cheveux dorés.
Certes elle avait à ses côtés le plus beau et le plus charmant des petits princes, Aubépin le bien nommé car son apparition dans le parc du château faisait éclore des fleurs dont certaines étaient inconnues jusqu’alors mais son époux lui manquait terriblement.
Au lendemain des fêtes données pour les cinq ans de son fils, elle décida de partir à sa recherche, laissant son fils aux bons soins de la famille réunie à Beauregard.
Aubépin grandissait en beauté et en charme. Il aimait les contes et par la suite, il lut des poèmes avec bonheur.
Des traités concernant les fleurs étaient présents sur sa table de chevet et il imagina des remèdes floraux capables de soulager certains maux qui étaient laissés de côté par la médecine.
Un parchemin parvint enfin au château, émanant de la belle Ondine : Florian était captif, ce qui expliquait son silence prolongé.
Ondine précisait qu’elle mettrait tout en œuvre pour le délivrer, ce dont chacun fut reconnaissant et soulagé.
Elle embrassait son cher petit garçon, lui recommandant de remplir les devoirs inhérents à sa condition.
Aubépin lui répondit dans une fort jolie lettre qu’il grandissait en ayant à la mémoire la gentillesse de sa mère et qu’il s’appliquait à devenir l’émule de son père dont on lui parlait avec tant de flamme.
Puis il revint à ses amours, les fleurs, et un jour, il vit naître un hybride parfumé qu’il nomma Ondine en souvenir de sa mère.
C’était une fleur qui s’apparentait à la rose, l’orchidée et qui possédait un parfum qui relevait de la vanille.
Il inventa un onguent qui pouvait à la fois soulager les personnes atteintes de rhumatismes et de signes précurseurs de la vieillesse.
Puis il créa des préparations gourmandes qui donnaient un piment délicat aux plats cuisinés et chacun prit l’habitude d’attendre la prochaine invention de celui que l’on surnomma le prince aux fleurs.
Les jours s’écoulèrent paisiblement et enfin une escorte apparut dans le lointain et l’on vit arriver avec joie le chevalier Florian et sa belle épouse Ondine qui serrèrent leur fils dans leurs bras aimants.
La liesse fut totale et des fêtes se succédèrent pour célébrer l’heureux événement.
Des volailles furent apprêtées dans un nappage de sauces odorantes et elles prirent place sur les tablées festives dans des volutes de fleurs.
Aubépin fut heureux de voir chacun savourer ses préparations et il se jura de dédier sa vie aux fleurs car seules, elles avaient le pouvoir d’offrir un supplément de bonheur à un monde un peu trop souvent tourné vers la guerre, à son humble avis.

mercredi 6 novembre 2019

Noces à Beauregard


Noces à Beauregard
Les préparatifs du mariage allaient bon train à Beauregard. Une noria d’attelages contenant des objets précieux, des soieries et des dentelles devenait coutumière.
Des dames de compagnie et des serviteurs appartenant à la maison de Dame Ondine firent leur entrée au château.
Tous les efforts se concentrèrent sur la confection de la robe de mariée qui devait être éblouissante selon les désirs de la future épousée et effectivement lorsqu’elle apparut dans cet écrin de dentelle brodée d’or dans une imitation parfaite de la chrysalide devenant papillon, il y eut un frémissement  d’admiration qui n’était pas feinte.
Le marié avait revêtu une tenue élégante et florale, ce qui le changeait de son apparence guerrière habituelle.
Après la cérémonie, vinrent les agapes et là encore, les invités succombèrent à maintes préparations délicates et festives.
Des veloutés crémeux forestiers ouvraient le bal et dénouaient les appétits , suivis de bouchées gourmandes.
La pièce centrale du repas était une volaille préparée selon les rites campagnards, avec des légumes savamment présentés dans un mélange parfumé de plantes rares et odorantes.
Quant au dessert, il représentait une étoile de la danse, sous la forme d’une pièce montée, dont la base reposait sur un feuilleté garni de choux à la crème.
Les jeunes gens mangeaient avec retenue car chacun espérait que parmi les convives, il se trouverait l’élu(e) de son cœur.
C’est ainsi que la belle et sémillante Aliénor rencontra le magnifique Guillaume de Malestroit et que la danse les réunit sous la bannière de l’amour.
La nuit fut courte pour tous et le lendemain Florian de Beauregard dut rejoindre le roi pour accomplir une mission délicate.
Il embrassa son épouse, ses parents et toute sa fratrie avant de partir tout équipé en faisant voler bien haut son étendard fleurdelisé.
La vie reprit son cours au château.
Guillaume de Malestroit demanda la permission de venir rendre visite à Aliénor, ce qui lui fut accordé, tant ses qualités et le renom de sa famille étaient dignes de la plus merveilleuse jeune fille qui ait été conçue par des parents aimants et attentifs au bonheur de chacun.
On espéra avoir de bonnes nouvelles du preux chevalier parti guerroyer pour son roi et son épouse Ondine prépara le trousseau du nouveau-né qui ne tarderait pas à naître, à qui l’on donna prématurément le nom d’Aubépin, en souvenir de la rencontre florale qui avait été à l’origine des amours du couple fabuleux dont chacun était le miroir de l’autre.

mardi 5 novembre 2019

La danse du papillon bleu


La danse du papillon bleu
Alors que Florian s’efforçait d’oublier tous les souvenirs qui s’apparentaient à la clairière aux orchidées, une rumeur courut dans les environs, si vivace qu’elle se métamorphosa en légende : un preux chevalier avait terrassé un guerrier cruel qui semait la terreur dans un large périmètre, mettant ainsi un terme à de longues années passées dans l’effroi.
Au château de Beauregard, on ne put s’empêcher de penser que ce preux chevalier ne pouvait être que Florian mais comme il ne souhaitait pas évoquer la nature de cet exploit, on n’en dit mot, respectant sa modestie et son désir de ne pas être magnifié.
Le jeune chevalier s’était réfugié dans la lecture et la méditation.
En se promenant dans les jardins du château, il aperçut une rose sublime dont le parfum était si suave qu’il ne résista pas au désir de le respirer.
Il vit alors surgir des pétales de la rose un papillon bleu qui se lança dans une danse voluptueuse.
Au fur et à mesure que la danse progressait, le papillon prenait de l’ampleur et soudain c’est la fabuleuse Ondine qui se profila dans cette danse magistrale.
Elle prit la main de Florian et tous deux s’embrassèrent passionnément.
Ils rentrèrent au château et Florian demanda à ce que l’on prépare une suite digne d’une grande dame pour sa dame.
Chacun fut ravi car Ondine était si belle qu’on ne pouvait rêver meilleur choix pour le chevalier.
On s’assit à la table d’apparat du château et l’on devisa aimablement.
Ondine se présenta comme la fille de nobles châtelains et l’on apprit que la danse et tous les arts étaient son quotidien.
Elle savait naturellement coudre et broder et les arts de la table n’avaient pas de secret pour elle.
En accompagnant son promis, elle lui demanda expressément de ne pas révéler sa nature féerique , ce que Florian accepta avec soulagement et plaisir.
Les appartements qui lui avaient été décernés étaient tout à fait à sa convenance et Ondine promit de jouer le rôle de la châtelaine parfaite à la perfection.
Une demande en mariage avec contrat et fixation de la dot fut réalisée dans la foulée et chacun put enfin se préparer à de fort belles noces qui constitueraient l’événement de l’année .

lundi 4 novembre 2019

La clairière aux orchidées


La clairière aux orchidées
Les journées défilaient à Beauregard, se répartissant parmi les cris joyeux des enfants et les accents mélodieux des chants d’amour et d’honneur au royaume.
Le prince Florian était à présent connu pour sa bravoure et son charme.
Son père avait chargé un vieux forgeron de la forêt de Brocéliande de lui forger une épée et un bouclier dignes de la lignée du roi Arthur.
Lorsque l’épée fut remise au jeune homme il y eut des cris d’admiration tant sa beauté singulière se rapprochait de celle de l’inoubliable Excalibur.
Royale fut le nom qui jaillit du cœur des amoureux fervents du royaume. Avec une telle épée et un chevalier aussi talentueux et brave, les terres étaient bien gardées.
Le bouclier n’était pas en reste. Son éclat rivalisait avec les lumineuses beautés solaires et n’était pas sans rappeler l’origine stellaire du chevalier Lilian de Beauregard, père de Florian.
Lors de sa première chevauchée, le jeune chevalier eut un moment de distraction et il se trouva soudain propulsé dans un environnement qu’il ne connaissait pas.
Il fit halte dans une clairière tapissée d’orchidées aux tons rosés et mordorés où volaient des papillons bleus.
Se rafraichissant aux eaux d’une source, il vit venir à lui une magnifique créature qui se présenta ainsi :
« Noble Florian de Beauregard, il y a longtemps que je t’attends. Je suis Ondine, la fée des sources qu’un mauvais génie a emprisonnée dans cette clairière, belle je te l’accorde, mais qui est néanmoins une prison.
Je sais qu’un chevalier viendra me délivrer et j’imagine que tu es cette personne et d’avance je te dis merci ».
Ondine disparut, de même que la clairière et son cortège de papillons.
Un grondement sourd se fit entendre et un chevalier, tout de noir vêtu, défia Florian de sa lance.
La lance du jeune homme était un héritage de son père et il s’en remit à sa bravoure légendaire en chaussant ses éperons.
Le choc fut terrifiant et les deux hommes se trouvèrent simultanément désarçonnés.
Un combat épique se déroula selon les canons habituels des combats chevaleresques et Royale tint son rôle tandis que le bouclier aidait le jeune homme à parer les coups de l’adversaire.
L’issue du combat fut longtemps incertaine mais il se produisit un miracle : une pluie de fleurs s’abattit sur le chevalier noir, ce qui l’aveugla et l’empêcha de parer un coup mortel asséné par le jeune chevalier.
Épuisé par ce combat hors du commun, Florian s’allongea sur le sol et s’endormit comme un enfant.
Au réveil, il ne restait rien de ce fabuleux combat et la belle ondine ne s’était pas manifestée.
Florian repartit à Beauregard, tout songeur.
Il ne dit mot à personne de son aventure, croyant avoir rêvé mais le souvenir d’Ondine fut désormais le rêve de toutes ses nuits.
  

dimanche 3 novembre 2019

Florian, le prince de l'espoir


Florian, le prince de l’espoir
Escortée par les oiseaux bleus du bonheur, Linda fit une entrée triomphale dans son village. La croix occitane qui brillait à son cou, son assurance firent comprendre à chacun qu’un grand seigneur était entré dans sa vie.
Des jeunes villageoises se présentèrent pour obtenir une place de dame de compagnie et elle en retint deux car la venue d’un petit prince était annoncée.
Chacune se mit au travail et bientôt un berceau garni de dentelles orna la chambre de la dame.
Un trousseau fabuleux fut conçu. Rien n’était trop beau pour l’enfant à naître.
Lorsque le moment fut venu, une assistance inespérée vint au secours de Linda sous la forme d’un médecin qui lui annonça son attachement à ses services et à celui de l’enfant, un garçon vigoureux à qui elle donna le prénom de Florian.
Le bébé grandissait sous les auspices de la beauté, de la santé et du charme indéfinissable qu’il devait à l’auteur de ses jours.
Lorsqu’il fut en âge de voyager, une délégation se présenta au village et emmena la mère et l’enfant dans un lieu hautement sécurisé puisqu’il s’agissait d’un château nommé Beauregard.
Linda quitta son village avec un peu de nostalgie mais la pensée de revoir certainement le beau Lilian aux yeux d’émeraude fut un aiguillon d’espérance.
Beauregard était un magnifique château, richement meublé et décoré.
Les chambres étaient somptueuses et rien n’avait été laissé au hasard.
Un beau matin, Linda fut réveillée par un doux baiser et elle n’eut qu’à ouvrir les bras pour accueillir sur sa poitrine le magnifique chevalier qui faisait une halte en son château pour embrasser sa dame et chérir son enfant.
Ce moment fut des plus magiques et lorsque le chevalier quitta son épouse et son fils pour une guerre inévitable où l’on avait besoin de ses services, Linda attendait déjà un nouveau-né qui deviendrait le maillon d’une longue lignée.
La princesse Coraline vit le jour et elle était si adorable que son frère ne la quittait pratiquement jamais.
Les années passèrent et au fil des haltes faites par le chevalier à Beauregard, des enfants naquirent, aussi lumineux et charmants qu’ils étaient les reflets d’un amour incommensurable.
Laura, Aliénor, Louis, Armand, Esther et Obin virent le jour au château et ce fut une merveilleuse entrée dans la vie car tout était mis en œuvre pour faire d’eux les dignes successeurs d’un chevalier qui s’était rendu indispensable à la cour royale.
Lorsque Florian fut en âge de connaître le métier des armes et il eut plusieurs maîtres.
C’est ainsi qu’il pratiqua l’escrime, l’art de monter à cheval et bientôt il fut question d’un adoubement qui donnerait au royaume l’appui d’une épée solide et porteuse d’espoir.
Son père organisa un tournoi et chacun put noter avec plaisir que Florian était bien le digne successeur de son père car personne ne put le désarçonner, encore moins le vaincre.
Florian devint pour tous le prince de l’espoir et son père songea alors qu’il était temps, pour lui, de couler des jours paisibles auprès de sa dame et de lui chanter des poèmes d’amour.

samedi 2 novembre 2019

La Reine Diamant

La Reine Diamant « Des noms trottent dans sa mémoire. Diamant, Solal le Magnifique, Flandrin, le Valeureux »… Orphelin recueilli par Griffe d’Argent, Flamboyant chemine aujourd'hui, juché sur son fidèle Persépolis, dans la Vallée des souvenirs perdus… Le chevalier est en quête, mais de sa nature et de ses rebondissements nous ne dirons rien, sinon qu’il y est question d'amour, d’un univers onirique, d’une galerie de personnages qu’envieraient nombre d’auteurs de fantasy, et que la notion de merveilleux prend ici tout son sens. Cartésiens, passez votre chemin, ou déposez vos préjugés à la frontière d'un monde peuplé de chevaliers, d'oursons malicieux, de pierres précieuses et de dragons ailés, un univers où la magie est reine et la féerie au centre de tout. Après « À l'ombre des cerisiers en fleur », « Contes des royaumes oubliés » et « Contes du Grand Ouest », Marguerite-Marie Roze signe aujourd'hui, avec « La Reine Diamant », un conte fantastique, à l'atmosphère pleine de charme et de fantaisie, que les petits et leurs parents devraient se chiper sans vergogne.