vendredi 9 juin 2017

Quand reviennent les roses

 
Décor : un banc dans un jardin public
Scène I
-une passante:
Que faites-vous là, ma brave dame, sur ce banc, avec un livre à la main ? Peut-être cherchez-vous de l'aide?
-Je vous rassure, je vais bien.C'est notre monde qui va mal, avec le retour de pistoleros qui jouent à la roulette russe le sort de notre planète. Quant au livre, il s'agit de contes écrits par une descendante de Madame d' Aulnoy . Elle chante l'amour de la nature, des roses et des biches et naturellement, un quadrille de princes et princesses danse au son d'un orchestre viennois. Je vous le recommande.
- Non merci, moi je suis une adepte des thrillers et des polars noirs. Les cadavres mutilés et sanguinolents font mes délices.
-Grand bien vous fasse ! Ne trouvez-vous pas qu'il y a suffisamment de misère et de douleurs dans notre environnement pour vous repaître ainsi d'un supplément de cruauté ?
- Ce n'est pas faux mais je me suis habituée à ces drapeaux noirs brandis aux quatre chemins de nos illusions.
-Ma pauvre amie, je vous plains. N'aimiez-vous pas les contes de fées lorsque vous étiez enfant ?
-Bien sûr mais j'ai toujours su que la réalité était différente dans ce monde où les rêves s'ancrent dans le quotidien.
-Pourquoi les monstres et leurs armes de destruction seraient-ils plus crédibles que les fées qui s'incarnent dans des personnages du quotidien ?
- En vérité, cette question me trouble et j'avoue mon impuissance à y répondre. Permettez moi de passer mon chemin et de revenir demain pour vous donner une réponse.
- A demain donc !

mardi 6 juin 2017

Ode à la déesse Flore



 Si ton cœur est rempli de haine, ne croise pas la fée de la fontaine, elle te fera cracher des crapauds et des serpents et tout le monde te fuira.
Mais si ton cœur est empli d'amour,cherche la fontaine qui abrite la fée des vertus.
A ceux qui souffrent, qui sont les mal-aimés mais qui sont attentifs aux souffrances d'autrui, elle offre le don magique de laisser échapper perles et roses d'amour à chaque parole prononcée.
Moi, je ne suis qu'un chanteur et je ne peux vous donner qu'un récit fait par une dame aux cheveux gris et qui rêve encore d'un monde toujours beau, toujours fleuri pour que s'effacent les signes maladifs qui lézardent notre terre, aujourd'hui attaquée en sa couronne verte, celle de la déesse Flore aux mille mains d'argent.

jeudi 1 juin 2017

Le Prince de la Jalousie



Abrité derrière le rideau de ses cils aussi doux que la soie, le petit prince dort ou plutôt il sommeille, à la manière des chats.
Ne vous méprenez pas, il vous observe et c’est uniquement lorsqu’il dort, les bras en croix, repu et apaisé qu’il est vraiment plongé dans le sommeil.
Les sens en alerte, il écoute, il regarde, il gazouille et ses vocalises nous révèlent qu’il sera peut-être ténor.
Il chante déjà si bien ! C’est un peu comme si les oiseaux étaient entrés dans notre demeure qui porte si bien son nom : La Jalousie !
Il est notre prince et si sa mamie parvient à écrire un livre à sa gloire, guidée par la fée qui active sa plume, il sera Roi !

dimanche 28 mai 2017

Les larmes du soleil





En me promenant près du miroir aux fées, j'ai croisé une libellule qui m'a adoptée.
Pour fêter ce bel événement, je me suis assise sur un banc de pierre et j'ai sorti de mon sac un petit carnet qui ne me quitte jamais.
Et les mots se sont mis à chanter avec tant d’allégresse que les larmes du soleil sont tombées sur mes écrits pour leur donner un charme inédit.
Ensuite, à la tombée du soir, je suis repartie chez moi, à petits pas, avec la juvénile beauté de la libellule à jamais inscrite en moi.
J'ai choisi pour titre de mon prochain livre Les larmes du soleil et je ne doute pas de son succès car la fusion de l'éphémère beauté de la libellule et ces larmes solaires, radieuses et empreintes de poésie a offert à mon grimoire féerique l'accent de l'éternité.

samedi 27 mai 2017

Le cadeau de Liseron





Un beau matin, la belle Liseron mit sa pèlerine et chaussa ses bottines pour aller voir le roi de la forêt, un magnifique sapin centenaire dans l'espoir d'y découvrir un fabuleux cadeau.
Lorsqu'elle arriva dans la clairière, précédée par un vol d'oiseaux bleus, elle ne vit aucun paquet enrubanné.
Par contre, un jouvenceau jouait de la flûte traversière et l'enchantement prenait corps dans une douce mélopée.
Un nuage d'or les enveloppa et ils naviguèrent de concert dans un pays enchanté où l'on avait banni pour toujours guerres et disettes.
Liseron et son enchanteur atterrirent sur les marches d'un beau palais de marbre aux couleurs d'orient.
Ils goûtèrent à toutes les joies paradisiaques dont on peut jouir sur terre et s'endormirent, enlacés dans une zibeline qui leur rappela les bienfaits de la forêt et de ses habitants.
Et lorsque Liseron s'éveilla dans sa chambre de jeune fille sage, elle fut à peine surprise de voir à son chevet le pâtre d'amour qui lui était destiné pour toujours.

vendredi 26 mai 2017

Le Prince d' Or

Le Prince d' Or
En son jardin d'amour, la belle Oriane brodait en rêvant. Soudain le paon turquoise qu'elle venait de terminer sur le chemin de table destiné aux fêtes s'envola, laissant à sa place de la poudre d'or.
Après avoir suivi le vol de l'oiseau céleste, Oriane se pencha sur le centre de sa broderie et découvrit avec surprise les contours d'un jeune prince avenant à la silhouette dorée.
Elle emporta soigneusement le précieux ouvrage dans sa chambre, déterminée à attendre le prochain miracle.
Les jours suivants, elle privilégia la peinture à la broderie et esquissa de nombreux portraits du prince mystérieux.
Le dernier lui parut d'une grande beauté et elle fit le serment de découvrir cet amour de contrées lointaines où l'or coulait à flots, un eldorado de l'amour.
Elle prit la décision de voyager et de parcourir le monde oriental où ce prince devait nécessairement résider.
La ville de Marrakech fut sa première étape. Les parfums, les bijoux, les danses l'enchantèrent.
Elle fréquenta les riads à la mode et fit de belles rencontres, éloignées néanmoins du magique portrait.
Elle mit alors le cap sur la ville d' Alep, respira l'odeur des étals et celle des savons estampillés par un maître-savonnier.
Elle fit provision de produits nécessaires à l'entretien de sa beauté et poursuivit sa route vers cet orient des Mille et une Nuits où les contes coulaient de source.
Pendant ce temps, le prince d'or l'attendait en son palais.Un paon lui avait apporté le portrait d'Oriane et il avait fini par trouver sa résidence.
Il l'attendait, le cœur plein d'amour.
Comme il regardait avec tendresse les portraits que sa dame avait réalisés, il lui vint un désir d'écriture et il commença un livre où l'amour avait son visage.
Les mois passèrent puis les années et la belle Oriane ne revenait toujours pas, cherchant en vain le prince de ses rêves.
Un messager vint prévenir le prince Amant que son père venait de décéder et qu'on l'attendait pour conduire le deuil.
Amant écrivit une lettre circonstanciée à sa dame et lui laissa l'ouvrage qu'il venait justement de terminer.
Son titre Amour de Rose correspondait tout à fait aux rêves qu'il avait entretenus en suivant le vol des oiseaux et en respirant les parfums du jardin d'amour.
Le paon revint et reprit sa place sur le chemin de table, effaçant les contours dorés du prince.
Oriane, de son côté, décida de mettre un terme à sa quête et de revenir en son palais.
Un étrange hasard voulut qu'ils se croisent sur le chemin du retour.
Ils se reconnurent car l'âme des amants a une couleur turquoise et un parfum de rose orientale.
Chacun reprit sa route après avoir juré de se revoir, une fois la période du deuil terminée.
De retour au palais, Oriane découvrit avec bonheur le retour du paon turquoise sur sa broderie et le livre que son aimé avait écrit à sa gloire;
Elle commença un trousseau où les fleurs et les oiseaux donnaient une note lumineuse.
Ce fut le plus charmant des mariages et ce jour là, le prince Amant revêtit un somptueux costume couleur or et la belle Oriane avait une robe de dentelle incrustée de diamants, gages d'éternité.

Charme de Botticcelli




Digne émule de la déesse Flore,Lucrèce  s'en va par les chemins, respirant l'odeur des fleurs des champs et des roses.
Pour adhérer à la terre qu'elle aime tant, elle ôte ses chaussures et marche pieds nus sur la glaise qui lui communique sa vigueur et son ardeur.
Pour détailler la beauté d'un bleuet, d'un coquelicot ou d'un simple bouton d'or, elle s'assied sur l'herbe avec précaution pour que l'éphémère charme de ces offrandes ne se détruise pas avant l'heure du requiem.
Avec pour compagnon un grillon porte-bonheur en hommage à Elsa Triolet, Lucrèce goûte la beauté terrestre et l'emporte dans sa demeure où elle se met à chanter Le temps du muguet pour immortaliser l'idéal qu'elle a vrillé au cœur dont elle fait cadeau à ses amis pour leur plus grand bonheur.

vendredi 19 mai 2017

Requiem

 Je suis passée comme un rêve sans pouvoir imprimer mes pas sur la terre qui m'était si chère dans l'enfance.
Je me suis entourée de livres et de roses et j'ai ressenti une révélation de mon existence, peut-être fictive mais empreinte d'une ouverture vers le ciel auquel j'aspire ardemment.
Les cieux se sont ouverts et des colombes sont venues jusqu'à moi pour me rendre le goût de vivre et de vouloir follement que l'amour et la paix règnent en ce monde si tourmenté que le mot "colère" est sans doute le plus employé pour décrire l'état d'âme des habitants d'un grand pays qui a oublié peu à peu des pans de son histoire pour n'en retenir que des anecdotes dérisoires, aussi éloignées de la réalité que le fut un paysage peint par un âne à qui un peintre facétieux avait attaché un pinceau.
Pour échapper à ces tourments de l'esprit, je reprends la plume et la trempe à nouveau dans l'encrier des poètes avec la couleur turquoise qui a toujours été mienne.
J'irai dans les jardins, j'irai près des fontaines et je recueillerai les chants d'oiseaux pour les métamorphoser en mots qui finiront par chanter.


jeudi 27 avril 2017

La fée Printemps


 


En ouvrant la fenêtre, j'ai fait entrer une fée aux couleurs lilas ; elle s'est assise dans un fauteuil Voltaire et elle a pris un livre qu'elle a lu avec beaucoup d'attention.
J'ai pris la plume pour la décrire car elle était si émouvante dans cette posture empreinte de délicatesse et de réflexion : ses cheveux cendrés tombaient en volutes sur ses épaules nacrées, sa robe à bouillons offrait une belle ampleur à sa silhouette gracile et une fine ceinture soulignait sa taille fine. Des bleuets et des coquelicots jonchaient le sol à la façon d'une traîne: en reine absolue elle s'est interrompue pour commander à de petites fées des boissons et des mignardises qu'elle a offertes à la ronde car un cercle d'admirateurs venus de tous les horizons s'était constitué, dissipant la solitude de la maîtresse des lieux et c'est ainsi que j'ai pu reprendre la plume qui séchait dans la turquoise d'un encrier et que j'ai retrouvé l'imaginaire féerique qui m'enveloppe de sa moire depuis tant d'années et que je croyais évanoui dans les limbes des royaumes perdus où nous vivons actuellement ! Que revienne le temps des sources vives et des chants d'oiseaux !

samedi 25 février 2017

Les édelweiss de l'espérance

Un jour, en Macronie, une pluie d'édelweiss nimba la vallée d'un voile velouté et nacré.
Sous les sabots des chèvres, les fleurs s'étaient détachées des rochers pour apporter aux âmes égarées le signe de l'espérance.
Le chantre des Hautes Pyrénées, jadis connu sous le nom de renard béarnais vint apporter sa caution sous forme d'alliance à l'homme jeune et dynamique qui pouvait porter le projet d'une France éternelle, de Jeanne d' Arc au Général de Gaulle, sans plier, comme le roseau de la fable.
L'arc des sourcils en forme de triangle victorieux en disait long sur sa détermination à réaliser une loi fiable et incontournable.
L’écœurement des citoyens était à son paroxysme après les révélations du Pénélopegate et autres dossiers sulfureux.
Décidés à rendre à la France son honneur, les deux hommes qui avaient pour point commun des attaches béarnaises se faisaient fort d'éradiquer la tourbe provinciale, balzacienne, installée au cœur de la capitale.
L'or des coffres brillait et se cachait au sein de savants montages qui avaient nécessité des trésors d'ingéniosité au détriment d'actions bénéfiques pour le bien de tous.
C'est ainsi qu'auréolé des fleurs de l'espérance et du soutien d' hommes et de femmes de valeur, le jeune Emmanuel, au prénom prédestiné, entreprit une campagne qui le conduirait à une victoire possible et souhaitée pour que la France revive enfin dans toute sa beauté.