samedi 23 juin 2018

Le Roi David


 « Le Roi David est entré dans mon cœur » chantait Sylvie Vartan et l’on peut affirmer sans conteste que cette royauté n’a jamais été remise en cause, en dépit des tribulations amoureuses et passionnées du couple dont le mariage fut littéralement princier.
Jamais mariée ne sera plus belle que la blonde Sylvie qui semblait provenir d’un conte de fées où coulait la Maritza qu’elle chantera plus tard avec émotion et talent !
Quant au père, que dire de lui si ce n’est qu’il était et demeurera toujours le monstre sacré de notre siècle ?
Grandir, mûrir, s’affirmer dans l’ombre de l’idole des jeunes qui semblaient ne pas pouvoir vieillir au fil des concerts qui ressemblaient de plus en plus à de grandes messes dédiées à l’amour et au rock, n’était pas chose facile et pourtant, David a réussi à imposer son style, son charme, le charme Vartan pourrait-on dire, et la force passionnée qui anime son père et qui éclate dans l’album Sang pour Sang.
Oui, David est bien l’heureux symbole de l’union de deux talents qui vécurent en harmonie pour chanter l’amour de leur époque et qui restera celui d’outre-temps !
Personne n’oubliera J’ai un problème , Comme un garçon et tant de mélodies qui sommeillent en nous !
La scène attire et retient David, lui offrant le moyen d’exprimer tout l’amour qui repose en lui et que chacun attend, haletant, pour l’applaudir et l’aimer !

Le retour du guerrier



C’est en revenant d’une croisade que le comte Enguerrand de Bonneterre s’égara en chemin, à quelques lieues de son château où l’attendait Dame Aude au hennin blanc.
Un églantier qu’il avait toujours connu depuis son enfance, l’induisit en erreur. Il avait pris l’habitude de le traverser pour vérifier si sa cotte de maille était toujours sans faille et cette fois, il en resta prisonnier.
Blotti bien malgré lui dans ce buisson épineux, son cheval Dragon d’ Or ayant pris la fuite, il se résigna à dormir, en dépit de l’inconfort de sa couche.
Au réveil, l’églantier avait disparu. Le comte était étendu sur un lit de mousse, à l’ombre d’un grand hêtre dont il ne se souvenait pas.
A sa grande surprise, il se vit offrir une collation par une jeune paysanne au frais minois. Elle s’éclipsa après le repas d’un pas de ballerine.
« Cette aventure est très étrange » se dit le comte mais il avait connu tant d’horribles batailles qu’il n’était pas fâché de renouer avec la beauté naturelle de cette terre.
La pensée de son épouse qui devait se morfondre, brodant à s’en piquer les doigts des tapisseries à la gloire des chevaliers l’aida à reprendre pied dans le réel.
Par chance, son cheval réapparut et il put l’enfourcher, testant au doigt mouillé la direction de ses domaines.
Une mésange se posa sur son épaule, ce qui lui parut de bon augure.
En approchant du château, il entendit le bruit des tambours et l’ensorcelante mélodie qui accompagnait souvent les armées sarrasines.
La guerre nous a donc rattrapés, songea-t-il avec stupeur et une pointe d’effroi !
Comment pourrait-il en être autrement ? lui dit l’oiseau bleu. La guerre devient omniprésente et éternelle si on a le malheur de la déclencher. Croyais-tu vraiment pouvoir te reposer après avoir pourfendu tant de personnes pour l’unique raison qu’elles ne pensaient pas comme toi ?
J’aurais mieux fait de mourir au combat, soupira Enguerrand mais il se plia aux velléités de la destinée, abaissa son heaume et partit dans la mêlée car il se devait de défendre son château et de préserver l’honneur de sa blanche épouse qui l’attendait depuis si longtemps !

vendredi 22 juin 2018

Le kiosque d'amour



Dans sa balancelle brodée d’oiseaux du paradis, Dame Blanche d’ Iroise rêvait à son île natale, fouettée par les embruns, et se laissait bercer par le chant des sirènes qui l’incitaient au voyage, sur un voilier d’or.
Mais au moment précis où elle posait son pied chaussé de satin sur la passerelle de la goélette, une colombe lui apporta un message.
C’était un parchemin, noué par une faveur turquoise, l’apanage d’un amant qui lui avait entrouvert les portes d’un ciel à l’aurore éternelle pour disparaître ensuite, la laissant seule et désorientée, avec un immense amour, désormais sans objet.
Fébrilement, elle dénoua le ruban pour découvrir des mots qui prêtaient, comme toujours, à des interprétations dignes de la Pythie :
« Les cieux déracinés t’attendent, mon aimée. La colombe te montrera le chemin ».
Machinalement, elle posa son regard sur la colombe, pour constater qu’elle avait disparu, laissant derrière elle un itinéraire poudré d’or et de turquoises.
« Tel maître, telle messagère » soupira la dame et elle s’efforça de transformer ses rêves d’amour inachevés en roses de broderie, destinées à un jeté de table qui ferait la joie de ses invités.
A l’instant où elle nouait le dernier point à une rose couleur de feu, son époux, Dom Juan de Saint-Thual déposa un baiser chaste sur son beau front.
« Ne vous fatiguez pas trop, ma Mie ! Que serais-je sans vous ? »
Et  ces belles paroles, simples et si vraies pulvérisèrent définitivement le souvenir du bel amour fou qui s’était manifesté sous la forme d’une colombe, au chemin  poudré de l’or des Incas à jamais disparus !

Nuit Celtique



Jamais Yvan n’avait joué avec autant de ferveur. Cette fois, il n’était plus le génial arrangeur du Maestro, il était lui-même et il sentait monter des profondeurs de son âme, les prodiges celtiques qui puisaient leur force dans la nuit des temps.
Nolwenn Leroy, Alan Stivell, Soldat Louis, Greg Slap à l’harmonica magique, se succédèrent sur la scène, drapée d’une étoffe où éclatait le Triskèle.
Des danseurs grimés en korrigans et en lutins de Brocéliande improvisèrent des séquences rythmées et charmantes.
Puis ce furent des danseurs étoiles qui interprétèrent un ballet où l’on reconnaissait la fée Morgane, la fée Viviane et l’enchanteur Merlin.
Mais chacun attendait l’apparition du boss, celui pour qui on avait préparé toute cette mise en scène.
Apparaîtrait-il comme le Commandeur, drapé de noir et masqué, à la manière du personnage d’opéra, révélé dans Amadeus ?
Non, ce n’était pas son style, il n’aimait pas faire peur, un peu mais pas trop, juste une touche de Pénitencier ou de Noir c’est Noir !
Et c’est alors qu’il surgit, tel qu’on ne l’avait encore jamais vu, il incarna Le Roi Arthur, celui qui envoyait les chevaliers de La Table Ronde à la recherche du Graal .
Yvan quitta son clavier, mit un genou en terre tandis que Nolwenn entonnait des chansons bretonnes en écho à Marie, Laura et Requiem pour un Fou.
Alan Stivell joua de la harpe celtique avec passion et les vagues de l’océan déferlèrent en murmurant des chants éternels à la gloire de Johnny, le rocker au grand cœur qui avait fait vibrer des milliers de personnes en mal d’amour.

jeudi 21 juin 2018

Saint Barth


Saint Barth
Un jour, les vagues se mirent à swinguer et l’on entendit des sons inaccoutumés en provenance de l’océan.
Wraouf Wraouf !
C’était un déferlement de sons gutturaux qui ressemblaient à de gigantesques onomatopées, rappelant la présence du roi du rock sur ces rives lointaines.
Puis l’on vit des drakkars rouge et or, conduits par des géants à tête blonde, escortés par des sirènes et des dauphins farceurs.
La soirée allait être fabuleuse et sur la grève, les danseurs se mettaient en place.
Johnny allait faire son entrée et l’on oublierait ce mausolée blanc où s’accumulaient les bouquets de fleurs blanches.
D’énormes guitares enrubannées de fleurs, des roses blanches notamment, servaient de leitmotiv pour la fête sans précédent qui se préparait.
Quelques riverains redoutaient un peu de voir voler en éclats la tranquillité qu’ils avaient payée à prix d’or mais en voyant débarquer les amoureux du rock et les passionnés de celui qu’ils prenaient pour un dieu, ils se rassurèrent.
Ce n’étaient que des braves gens, venus, à leurs frais, rendre un hommage sans égal à leur Johnny qui ne pouvait pas être mort.
Un immense géant, créé en Flandre à l’image du chanteur, fut hissé sur la plage et en le voyant, Jade et Joy pleurèrent de joie : « on leur rendait leur papa » !
Elles voulurent l’embrasser et on les hissa pour qu’elles puissent se caler au creux de son épaule.
Le spectacle était si charmant que beaucoup de fans sortirent leur mouchoir pour chasser un imaginaire moucheron.
Enfin, l’on installa sur le sable étale, un piano blanc et lorsqu’on vit le grand Yvan Cassar, aux boucles argentées, véritable Méphistophélès sorti de La beauté du Diable, répéter un air, on comprit que l’inédit, le divin étaient au rendez-vous et l’on se prit à espérer une incroyable entrée en scène du chanteur, ce qui arriva, mais cela, je vous le raconterai une prochaine fois !

Douce Aimée


Douce Aimée
Ma douce aimée aux senteurs de paradis perdus et de pain d’épices, je voudrais t’emmener dans un pays merveilleux et j’ai beaucoup cherché ce royaume des merveilles pour m’apercevoir finalement que le domaine royal, parfait écrin de ta beauté, il est ici, chez moi et je t’enverrai le palanquin de la mariée pour aller te chercher.
J’ai orné le palanquin de roses de soie pour qu’elles ne s’effeuillent pas en chemin.
J’ai choisi des porteurs sûrs et fidèles et surtout je leur ai demandé d’agrémenter ton voyage en te chantant des mélodies d’amour. Ce sont les meilleurs ténors de la région et je ne doute pas qu’ils t’enchantent et te préparent à la cantilène que j’ai écrite pour toi.

« Au cœur de mon domaine situé près d’un village de charme, il y a une charmille que j’ai aménagée pour toi, avec un kiosque d’amour où tu pourras te retirer à ta guise, pour rêver et écrire au fil des méandres de ta pensée.
Pour toi, ma Douce, j’ai inventé des recettes où se mêlent les fleurs, les cubes de légumes anciens et des herbes odorantes comme la mélisse et la verveine. Le miel entrera aussi dans la composition de ces tajines aux parfums d’orient, terre de l’amour et je te laisserai vivre à ta guise jusqu’à ce que tu sois prête à répondre à cette passion qui m’anime lorsque je pense à toi et que je te vois ».

Douce Aimée entra résolument dans le palanquin et se laissa emmener dans cette terre d’amour où l’attendait un amant éperdu.