vendredi 15 décembre 2017

Prince Amour




Égaré dans les couloirs du temps, Prince Amour, le troubadour était à la recherche des parchemins qu'il croyait perdus et qui constituaient le cœur de ses méditations sous la voûte des cieux.
Il trouva enfin un poème enchanteur qui pourrait être la cible des plus endurcis et dont les mots s'égrenaient comme les perles d'un chapelet à la gloire des amants éternels.
Calypso, Yseult, Guenièvre, autant de noms dont la beauté n'avait d'égale que celle de Vénus aux mille et un voiles de soie tissée de fils d'or.
Chaque voile dévêtu contenait un secret dont le moindre était celui de la Reine de Saba aux charmes si renommés.
Aimons encore, aimons toujours disait Victor Hugo et il prouva la vérité de cet adage en aimant encore et toujours jusqu'à son dernier souffle.
Prince Amour, le troubadour rangea ses parchemins sous les ailes de milliers d'oiseaux et il les envoya de par le monde, porter la bonne parole en déclinant son nom sur le phaéton de la licorne d'or, son associée, pour l'éternité !

mardi 12 décembre 2017

Dans le bleu de ses yeux

 

Dans le bleu de ses yeux,j'ai vu des mondes se défaire tandis qu'une montagne de glace se détachait d'un fjord incandescent.
Quadrilles, valses et rythmes fous se sont succédé, répondant à un orchestre dirigé par un être de génie, aux cheveux bouclés et argentés.
Dans le vert paradis des êtres d'exception, tu seras accueilli avec chaleur mais ceux qui imaginent que tu organiseras des fêtes grandioses se trompent.
Tel Achille qui avait bu l'eau du Léthé, tu te promèneras dans les champs élyséens, sans fin, à la recherche d'un monde perdu, celui de ton enfance qui t'a imposé cette folle poursuite du bonheur, sans cesse remise sur le métier et inachevée, pour l'éternité.

dimanche 10 décembre 2017

L'ange de l'aurore

Un ange blanc a déployé ses ailes sur mon cœur et m'a bercée d'un roulis vertigineux qui m'a conduite au bord d'un gouffre où règnent les princes combattants et je me suis endormie, des rêves au bord des cils dans une aurore boréale, turquoise et or.

samedi 9 décembre 2017

Je ne suis qu'un fou


Ils sont venus de partout, de Combourg, de Saint-Loup, du Poitou, ils se sont vêtus de cuir et de soie et ont enfourché leur monture pour escorter leur Dieu dans son dernier voyage.
Il n'était qu'un fou mais un fou d'amour et tout cet amour qu'il leur a offert, années après années, ils veulent le lui rendre, au centuple pour que les anges l'emmènent jusqu'au ciel, sa dernière demeure.

samedi 25 novembre 2017

Le palais de la Belle Endormie



Dans le palais de la Belle Endormie, des roses de nacre éclatent comme autant de soleils et des perles de lune parent les cheveux de la princesse, déferlant en vagues blondes et bleues.
La princesse dort dans un lit à baldaquin orné de roses et se tient le plus souvent à son écritoire où elle décrit longuement le prince de ses rêves.
Il doit venir d'orient et lui apporter les parfums de la sagesse comme les Rois Mages venus adorer l'enfant Dieu.
La princesse se promène aussi dans les jardins de son domaine et elle cueille çà et là les fleurs oubliées des écrivains disparus.
Balzac a son lys, Dumas, sa tulipe noire, Colette,les jacinthes et Belle du Seigneur, les roses de l'amour.
De retour en sa demeure, la princesse Myosotis se fait servir un bol de lait et une coupe de crème de riz aux amandes puis elle regagne sa chambre aux lourds rideaux tirés et elle s'endort en rêvant aux lendemains qui se drapent d'or et de diamants.
Reine de l'illusion, elle s'apprête à dormir cent ans pour enfin renaître au jour.

jeudi 9 novembre 2017

Quand reviennent les roses Acte IV


Décor : le banc des origines
Sophie

- Cher public, chers amis, nous allons nous quitter. J’espère que nous vous avons fait passer un agréable moment. Pour les adieux, j’ai choisi le banc qui fut à l’origine de notre belle aventure.
Si vous avez aimé notre rencontre, je vous invite à nous imiter. Allez dans les parcs, installez-vous sur un banc et attendez qu’une âme en peine sollicite votre regard. Les bancs publics ont besoin d’un éclairage nouveau car ils ont un peu trop souvent à mon goût été le fief des voyous.
A peine une jeune fille s’y était-elle installée, désireuse d’admirer la beauté d’un feuillage ou de se livrer à la méditation, qu’un homme, couleur de muraille, se glissait à ses côtés.
Se rapprochant peu à peu, il finissait par déployer tout son art de prédateur, devenant de plus en plus proche voire oppressant pour se révéler tactile et dominateur à l’extrême.
La pauvre jeune fille, après avoir repoussé les attaques, réalisant que ses rêves d’idéal avaient pris fin, n’avait d’autre salut que la fuite.
Il nous faut lutter contre ces comportements indignes. Est-ce à dire, si une femme s’assoit  sur un banc,  qu’elle n’est pas capable d’autre chose que de se laisser tripoter par le premier malotru venu ?
Doit-elle se cacher dans sa demeure ? Ne peut-elle pas jouir, comme les hommes, d’un espace de liberté ?
Devra-t-elle toujours avoir besoin d’une tutelle masculine pour se déplacer ?
Mais tout cela, vous devez le savoir, aussi bien que moi, c’est pourquoi je n’insisterai pas davantage.
Je préfère vous distribuer des roses et vous rappeler le titre de notre pièce : Quand reviennent les roses.
Oui, il faut que les roses renaissent sur les ruines de toutes ces zones sombres où les contes de fées, si nécessaires au développement des enfants, n’ont pas droit de cité.
Prenez le relais, mes amis et proclamez en chantant s’il le faut, même en rap, que le temps des âmes noires ne doit plus régner en maître.
Quand reviendront les roses éternelles de l’amour, courtois et noble, notre tâche sera achevée.
Mais d’ici là, chers amis, partez avec un livre à la main et attendez, sur un banc, qu’une personne vous interpelle avec calme et loyauté pour engager une conversation qui vous liera d’amitié.
Faisons renaître une carte du Tendre rénovée et au goût de notre temps !
Rêvons, en un mot, rêvons car le rêve est créateur et sans lui, rien de noble et beau ne se construit !
Rêvons !
Et tandis que le rideau tombe, peu à peu, Sophie continue à lancer des roses dans le public, jusqu’à ce que les applaudissements retentissent dans un parfum de roses.

mercredi 8 novembre 2017

Psyché


Le tulle brodé du voile s'étira pour devenir une rivière qui emporta la mariée dans un pays étrange alors qu'elle contemplait son reflet dans la psyché du salon.
Nouvelle Alice, elle plongea outre-miroir et découvrit les facettes inconnues de la rue qu'elle croyait si bien connaître, celle qui la conduisait vers la demeure de son futur époux, Sylvain au sourire charmant et aux gestes caressants.
Alors qu'elle croyait tout savoir le concernant, elle le vit sous un autre jour, moins souriant et moins aimant.
Il était assis à sa table de travail et composait des chansons mélancoliques.
C'était un autre Sylvain, secret et énigmatique et la belle Camélia, pour la première fois, craignit de s'être trompée et elle se laissa glisser sur le tapis persan qui était au pied de la psyché.
Qui viendrait la sauver ? Un beau chevalier, son prince charmant ou un inconnu?
Et c'est la modiste qui venait lui livrer une capeline ornée de roses, destinée à sublimer son tailleur de garden-party qui la découvrit, inanimée, un sourire énigmatique au bord des lèvres.
Que l'embarquement pour Cythère soit immédiat : l'amour n'attend pas !

lundi 6 novembre 2017

Le Prince du Bengale


Dans l'ombre d'un palais vit Rosalinde, princesse d'amour.Elle vit de la sève des poèmes et de l'espérance d'un jour où les roses deviendront éternelles, poudrées d'or et des rubis du prince bengali qui l'attend en la roselière de son cœur.
Et ce jour finit par éclore et leurs amours se parent des fastes de l'orient.
Sur un tapis persan se dresse un pavillon de rêve et ils unissent leurs lèvres en un baiser ardent qui devient un brasier où meurent les souvenirs enfouis dans une enfance perdue.

mardi 10 octobre 2017

Mystère en chambre



Cette fois c'est décidé, jme tire : je sens qu'on va me mettre le meurtre sur le dos ! Le bouc émissaire tout trouvé : j'ai les pupilles dorées avec des reflets jaunes, j'ai laissé mes empreintes partout, dans l'affolement !
Ma pauvre Luciana ! Je l'ai trouvée baignant dans son sang alors que j'étais à sa recherche : elle n'était plus à mes côtés et j'avais pensé que, comme à son habitude, elle était partie boire un verre de lait à la cuisine et c'est là que je l'ai vue, gisant sur le carrelage, elle qui redoute tant l'humidité, le visage lacéré, un poignard planté dans le cœur !
Filons avant qu'il ne soit trop tard : je ne tiens pas à croupir au fond d'une geôle ! Adieu les amis et à bientôt car mon enquête commence : l'assassin ne l'emportera pas au paradis !
-Que me dites-vous, Madame Belange ? Il y a une enquête criminelle dans notre village ? C’est inouï ! Y a-t-il des suspects ?
-Pas à ma connaissance mais je crois que nous allons tous être interrogés !
-Catastrophe ! Nous n’avons pas de temps à perdre ici ! Avec les croissants, la baguette et le puits d’amour, vous faut-il autre chose, Madame ?
Non merci, ça ira pour la journée ! Ce crime, de plus, m’a plus ou moins coupé l’appétit ! à demain Madame Bonpin ! J’espère que le criminel sera sous les verrous lorsque je reviendrai !

dimanche 10 septembre 2017

Le dé enchanté (suite)

De guerre lasse, elle choisit une pièce de percale qui restait d'un trousseau, mit le dé qu'on lui avait confié avec la commande et s'apprêta à coudre une robe d'enfant ou de poupée afin de trouver un dérivatif.
Et c'est alors que le dé donna une inflexion à son doigt qui lui ouvrit un chemin de rêve. La robe d'enfant était une pure merveille.
Alors Pauline s'empara des ciseaux et coupa dans la soie et la dentelle des morceaux de choix dont elle fit ensuite un assemblage magique.C'est bien une tenue de rêve qu'elle cousit et elle ne s'arrêta que lorsque l'ouvrage serait achevé dans ses grandes lignes.
Jamais robe ne fut plus proche de la perfection.
Les jours suivants, elle conçut la traîne, le manteau d'apparat et la capeline qu'elle orna de roses de soie.
Le jour de l'essayage, la princesse revêtit la tenue de rêve et elle en fut si heureuse qu'elle offrit en retour un petit coffre ouvragé empli de louis d'or et de bijoux précieux. Une nouvelle fois, elle tint à récompenser l'artiste par un don de mets savoureux.
Pauline n'aurait plus qu'à en terminer avec des broderies et des entrelacs de perles et de pierres colorées.
C'est un laquais qui vint chercher la parure complète. Des cadeaux somptueux furent à nouveau offerts mais ce qui causa le plus grand plaisir à la talentueuse couturière fut une invitation à participer au mariage de la princesse Rose Amour.
Ce qu'elle trouva dans une enveloppe la remplit d'allégresse car elle apprit par un décret que dorénavant, elle serait au service de sa dame et qu'un avenir brillant lui était réservé.
La reine l'anoblit et l'incita à porter son dé en sautoir car il était digne de son talent.
" D'or et d'argent, dé de fée, tu assembleras les nuages pour en faire de magiques créations" telle fut la devise de la comtesse Pauline à qui on destina un chevalier digne de sa beauté et de son éclat.
C'est ainsi que le dé et la devise devinrent l'apanage de sa descendance.
Ainsi finit le conte du dé enchanté et gageons que nous retrouverons ses héros dans d'autres histoires car les conteuses aiment à embellir les souvenirs légués par la tradition et l'amour des beaux ouvrages qui ont fait la gloire des dames à travers le temps.

Le dé enchanté





Il était une fois une couturière dont chacun, au village, se plaisait à dire qu'elle avait des doigts de fée tant ses ouvrages délicats étaient originaux, précis et conformes à la personnalité de celle qui avait passé commande.
Elle confectionnait également des chapeaux et toutes sortes d'accessoires et l'on murmurait que toutes ses créations étaient dignes d'une reine.
Un jour, on lui apporta un pli scellé. Il contenait un dé ouvragé et ciselé ainsi qu'une commande mystérieuse ainsi libellée : Tenue royale d'apparat.
Pas la moindre mesure et aucune signalétique !
Sans doute faudrait-il attendre les consignes suivantes !
Effectivement, quelques jours plus tard, un carrosse s'arrêta à sa porte et une ravissante créature, vêtue de moire ornée de roses en descendit.
" J'ai besoin d'une robe extraordinaire" dit l'apparition en s'éventant avec délicatesse et un laquais apporta des rouleaux de soie et de velours ainsi qu'un assortiment de fils, de boutons, agrafes et perles.
Une paire de ciseaux, du strass et de la laine à broder complétaient la magnifique panoplie.
Pauline prit les mesures de la princesse avec une infinie déférence et lui demanda quelques informations complémentaires pour que l'ouvrage corresponde à ses attentes.
La princesse lui laissait carte blanche mais elle précisa qu'une traîne serait la bienvenue de même qu'un mantelet, des gants et une capeline assortis.
Concernant les broderies, elle lui laissait le soin de de donner libre cours à son imagination, s'attendant à un chef d'oeuvre.
Elles convinrent d'un jour pour le premier essayage et la princesse reprit la route, non sans avoir offert à la jeune femme une bourse de pièces d'or et un coffret de mignardises, de pâtés en croute et de feuilletés qu'il suffirait de réchauffer pour en goûter les délicates saveurs.
Tout étourdie par le souvenir de cette apparition, Pauline dégusta les mets princiers et ferma sa porte afin de prendre un repos nécessaire à la réflexion créatrice.
Le lendemain, elle élabora mille et un croquis, cherchant en vain la ligne royale dont elle rêvait.
à suivre ...