mercredi 1 juillet 2026

Séjour fleuri

 



La découverte minutieuse de l’île aux fleurs fut une expérience enrichissante pour les nouveaux venus.

Les maisons au toit de chaume protégés par des hortensias roses, bleus et blancs abritaient des pêcheurs qui s’affairaient à fabriquer des filets lorsqu’ils n’étaient pas en mer ; ils pratiquaient le cabotage, ramenant dans leurs filets des poissons qui seraient vendus à la criée. Les plus beaux seraient cuisinés au beurre doux et aux épices tandis que le menu fretin servirait de base à une délicieuse soupe nommée cotriade à laquelle on ajoutait des crevettes, des crabes, des palourdes, des pétoncles voire un homard ou une langouste.

Aurore et Amour revenaient de leur promenade avec un panier de poissons recherchés. Cotriade, plateaux de fruits de mer, kig ha farz de la terre ou de la mer étaient envoyés au manoir par chariots.

Les repas étaient toujours excellents et pour se maintenir en forme, les châtelains et leurs invités pratiquaient des jeux, quilles bretonnes, palets et autres divertissements ancestraux.

Les dames aimaient jouer au croquet et au volant.

Après ces jeux de plein air, on s’adonnait aux joies de la baignade puis on prenait un peu de repos avant le rituel du thé.

Au cours des conversations autour de la théière, des liens d’amitié se tissaient et chaque couple se sentit plus proche de l’autre.

«  Si nous partions en voilier au  Nouveau Monde dit un jour Sir William : il y a une contrée merveilleuse, la Louisiane où la langue française règne sous la forme d’un dialecte, le cajun, qui a des accents chantants ».

Le prince Amour demanda à réfléchir : «  C’est une proposition séduisante mais nous rêvons, Aurore et moi de la venue d’un enfant et d’autres bambins pour perpétuer notre lignée ».

Yseult de Molène approuva ces propos empreints de sagesse et elle confia son désir d’enfant à ses amis et son époux.

Sir William chercha à se faire pardonner ses désirs égoïstes et pour ne pas oublier le rêve cajun, il fit venir un cuisinier capable de réaliser des plats typiques de la contrée lointaine.

Les écrevisses, le jambalaya, le cochon de lait et le gombo apparurent sur la table comme des éclats de soleil.

«  Nous appelleront notre fille Jacinthe dit un soir la princesse Aurore et si c’est un fils, Amour choisira son prénom ».

C’est ainsi que l’on apprit le don d’amour de l’île aux fleurs. Le futur papa songea qu’il devenait urgent de partir.

Le couple insulaire promit de venir fêter le baptême de l’enfant conçu parmi les fleurs et les rêves.

Lorsque le voilier disparut à l’horizon, Sir William drapa un châle en cachemire sur les épaules de son épouse, l’embrassa tendrement et se mit en devoir de l’aimer passionnément pour qu’une promesse d’amour arrondisse le ventre de celle qui espérait voir gambader un enfant au milieu des fleurs et des embruns.

 

Johnny in blue

 

 

«  On est champion, on est tous ensemble

C’est le grand jour, la France est debout

Votre passion toujours nous rassemble

Allez, les Bleus, on est tous avec vous ».

Des colombes ont apporté des roses bleues à Johnny pour lui rappeler qu’un match éliminatoire concernait l’équipe de France dans un stade newyorkais.

Johnny emprunta la calèche des anges et lorsque le signal fut donné, il galvanisa chaque joueur de l’équipe sacrée en lui murmurant à l’oreille les refrains cadencés de sa chanson :

«  Allez, vous portez nos espoirs

Vous gravez notre histoire

Et dans nos cœurs, vous serez toujours vainqueurs

Le bleu, c’est notre couleur ».

Et le miracle eut lieu. Portés par les slogans vainqueurs, les Bleus marquèrent et gagnèrent leur match sous le regard attendri et admiratif de Johnny, leur éternel parrain.

mardi 30 juin 2026

L'île aux fleurs

 



C’est en char à bans tracté par des bœufs, orné d’agapanthes qui reflétaient le bleu du ciel que les jeunes mariés Aurore et Amour arrivèrent au manoir de William de Boston avec leur escorte.

Leur voilier était amarré dans la crique de l’île et quelques marins restèrent à bord pour sa maintenance.

Les camélias, les hortensias et les mimosas offraient une palette colorée qui valait à l’île de Bréhat son surnom de l’île aux fleurs.

Les échoppes d’artisans jalonnaient la route et l’on apercevait les forges des maîtres verriers en action.

Les oiseaux donnaient une aubade et c’est dans cet environnement enchanteur que les invités et leur escorte firent leur entrée dans le manoir de granit rose.

Bolées de cidre, jus de fruits, galettes-saucisses, boudin noir, crêpes Suzette, gâteau breton fourré à la crème de pruneaux furent servis aux voyageurs avant qu’on les emmène dans leurs chambres respectives.

Yseult de Molène, la maîtresse de maison reçut les présents de la princesse Aurore avec grâce. Un assortiment de robes tissées de fils d’or et de fleurs, des grenats ornant des médaillons, des bagues ou des bracelets symbolisaient l’élégance florale du royaume. Des plats spécifiques pour le tajine et le couscous, un grand plateau d’argent pour présenter une pastilla royale aux pigeons et aux amandes ainsi que le cuisinier coutumier de ces plats de fête furent mis en avant par le prince Amour adepte des repas somptueux.

«  Les verriers semblent rivaliser avec ceux de Murano » dit le prince Amour à Sir William de Boston.

«  Nous irons visiter une verrerie durant votre séjour. Vous pourrez faire votre choix : ce sera notre cadeau de noces. Boules de cristal pour orner une rampe d’escalier, compositions pour un chemin de table, verres et coupelles vous rappelleront  votre séjour dans l’île aux fleurs ».

Après cet échange mondain, des serviteurs conduisirent les hôtes dans leurs chambres respectives pour qu’ils prennent du repos.

On remit au lendemain la découverte de l’île.