vendredi 10 juillet 2026

Le royaume de Gabor

 

 



Des échanges épistolaires tissèrent des liens entre Gabor et Jacinthe.

Gabor commanda une parure de saphirs au joailler de son palais ; il comptait en parer sa dame d’amour à son arrivée dans son royaume.

De son côté, Jacinthe demanda au tailleur du prince Amour, son père, un costume en soie de lotus doux au contact de l’épiderme. Les broderies reproduisaient la jacinthe, sa fleur symbole.

Ces préparatifs achevés, la famille princière escortée de notables, de cuisiniers et de l’indispensable nourrice Réjane prit la route pour le royaume de Hongrie.

Gabor s’ingénia à concevoir des plats de fête pour la réception de ses invités.

Carpes farcies, préparations à base de fruits de mer, carpaccios de pétoncles, méchoui d’agneau furent retenus. Gâteaux Reine de Saba, tourtières aux pruneaux, couronnes de choux caramélisés tenteraient les amateurs de plaisirs gourmands.

Gabor prépara un service spécial destiné à l’ arrivée en son palais : un bouillon de volaille, un steak tartare présenté à la dernière minute pour les amateurs de viande et du poulet à la sauce crémeuse et aux champignons.

De fait, à leur arrivée, les voyageurs se laissèrent tenter par ce repas qui leur permit de reprendre des forces.

On bavarda ensuite autour du samovar. Gabor remit au lendemain la présentation de sa parure à sa bien-aimée.

Chacun partit se coucher. Gabor donna les derniers ordres pour que le petit déjeuner soit une réussite ; il rêva de crêpes à l’orange et de regards amoureux.

Le lendemain, après un petit déjeuner princier, Gabor offrit la parure de saphirs à Jacinthe.

La princesse rangea celle qu’elle portait dans un écrin de nacre, cadeau du génie des eaux Silver conçu par un joaillier de talent pour sublimer les larmes d’amour d’un amant désespéré par son départ.

Oubliant qu’elle avait juré de ne jamais s’en séparer, Jacinthe se promena dans les jardins du palais. Apercevant une rivière dont les eaux vives étaient lumineuses, elle éprouva le besoin de saisir les nuances cristallines de l’eau dont elle se sentait proche.

Occupée à peindre l’insaisissable beauté de la rivière, Jacinthe ne vit pas le visage de celui qui s’était incrusté en son cœur à son insu, Silver, le génie des eaux. La passion l’avait transporté dans une rivière lointaine et il aurait à nouveau enlevé sa dame d’amour si Gabor n’était pas apparu pour prévenir Jacinthe que le déjeuner allait bientôt être servi.

Silver disparut dans le lit de la rivière et Jacinthe prit la main de celui qu’elle avait rencontré sur Tendre / Inclination.

Le séjour hongrois ressembla à un album féerique où chaque tableau était la pièce indispensable du puzzle de la passion.

Jacinthe fit le portrait de Gabor et la toile était si belle que le prince lui offrit une place de choix dans la salle de réception du palais.

Le prince fit sa demande en mariage qui fut acceptée par la destinataire et approuvée par ses parents.

Les noces auraient lieu dans le royaume de Jacinthe. C’est pourquoi les insulaires quittèrent le royaume de Hongrie pour mettre  au point le déroulé de l’événement.

Les fiancés se dirent au revoir et Gabor promit à Jacinthe de lui écrire chaque jour jusqu’à leurs retrouvailles.

Mélodie d'amour

 

 



Viens, mon aimée, sous la tonnelle, je te veux toute à moi sur un lit de fleurs.

Dans mes bras noueux, tu seras mienne et je t'aimerai tant que l'on ne saura plus vraiment qui de nous deux est le plus ardent.

J'habillerai ton corps ambré de pierres de lune et de turquoises et le rubis de mes lèvres apportera à ce temple vivant la vigueur de la passion.

Je t'aime follement, mon aimée et l'ardeur de ma flamme embrase de soleil la géographie de ton corps dont je déchiffre collines, vallons et volcans incandescents.

Ce soir, mon aimée, nous dormirons sous les étoiles pour écouter la mélodie de leur chant et j'en écrirai demain la partition magique à la gloire éternelle de ta beauté.

Plaisir d'amour

 

 



«  Plaisir d’amour ne dure qu’un moment

Chagrin d’amour dure toute la vie » .

Longeant les rives de la Seine magnifiquement symbolisée par la cavalière d’argent Sequana lors des jeux olympiques de Paris, Vincent partit à la recherche de celle qui ferait mentir l’adage romantique chanté par Rina Ketty et repris ensuite par Nana Mouskouri.

C’est Yvonne Printemps qualifiée de rossignol par son époux Sacha Guitry qui vint à sa rescousse. Le voile inimitable du chagrin dans sa voix se dissipa grâce au galop de la cavalière d’argent devenue immortelle.

Vincent fit cascader le plaisir d’amour avec une telle intensité que des jeunes filles fleur bleue apparurent à ses côtés et c’est dans cet environnement Fleur de Paris que le ténor à la voix d’or déroula son tour de chant sur les scènes de notre beau pays.