mercredi 7 octobre 2026

Fine mouche

 

 

 


Déterminée à trouver une planche de salut pour s’évader de ce palais-prison, Astrid fit semblant de boire le thé qui contenait vraisemblablement des substances narcoleptiques  puis profita du moment où le personnel prenait son repas du soir pour se vêtir d’une djellaba couleur de muraille et se voiler avant de s’échapper par la terrasse.

Elle remercia par la pensée son professeur de gymnastique pour l’entraînement quotidien destiné à donner aux lycéens souplesse et goût de l’effort.

Une fois à terre, elle évita la place Jemaa el Fna et prit une rue opposée qui menait à la Médina.

Elle s’arrêta devant les boutiques des bijoutiers pour donner le change et acheta quelques bijoux, un pendentif en argent pour sa mère et une médaille en or décorée d’une main de Fatma pour son cher amour, Tristan.

Elle avait trouvé une liasse de billets de banque dans le palais et s’en était emparée car elle avait remarqué qu’à Marrakech, l’argent occupait une place centrale.

En sentant une main se poser sur son bras, Astrid tressaillit mais se rassura en découvrant qu’il s’agissait de Max parti à sa recherche dès que ses indicateurs lui avaient signalé la présence de la jeune fille dans la Médina.

Sans perdre un instant, ils se dirigèrent vers l’aéroport et demandèrent à être rapatriés d’urgence en France.

Max avait de sérieuses références diplomatiques au Quai d’Orsay, ce qui leur facilita la tâche.

«  Laissons ce monstre en liberté provisoire dit Max à la jeune fille, il sera toujours temps de le poursuivre et j’imagine qu’on pourra le cueillir à Saint-Amand-les-Eaux car  la morsure du jeu le ramènera dans ce casino associé à ton image ».

Astrid approuva ce plan mais se demanda s’il ne serait pas bon de changer de région et d’aller dans une ville où les salles de jeu n’existaient pas. La perspective de servir de chèvre lui faisait peur.

Son retour à Fleur-lez-Lys fut mémorable. Le maire de la commune ordonna qu’un repas de ducasse soit servi après la grand-messe du Dimanche.

Astrid ne se lassait pas d’embrasser sa mère.

Tristan obtint un congé exceptionnel et les deux amants tombèrent dans les bras l’un de l’autre en échangeant des baisers passionnés.

De l’autre côté de la Méditerranée, Solal le perfide hurlait sa rage et son désespoir.

«  Je la reprendrai, se dit-il farouchement et elle subira des sévices pour avoir osé me fausser compagnie ».

L’avenir nous dira si cet homme aux agissements de bête sauvage accomplira son funeste projet.

Un anniversaire pas comme les autres

 

 

 

 


Année après année, les anniversaires se sont succédé, faisant de toi, mon fils, un quinquagénaire bien installé dans la plénitude de ton âge.

Mais, pour moi, tu seras toujours Jean des Merveilles, le petit lutin malicieux qui partait à la découverte du monde, certain de sa féerie.

Tu n’avais pas une once de méchanceté au fond du cœur et de ce côté, tu n’as pas changé.

Incapable de fomenter la moindre turpitude, tu étais parfois la cible de ceux qui n’ont pas ces délicatesses mais tu repartais de plus belle, certain que le monde était merveilleux.

Je te revois, campé sur tes petites jambes, déplorant la mort d’un papillon et rêvant de le voir renaître.

Tous les jeux d’équipe et de société, au grand air si possible, comme dans Alice au pays des merveilles et sa mémorable partie de croquet, te causaient la plus grande joie.

Puis, les années s’accumulant et t’apportant la preuve qu’il fallait affronter la cruauté de ce monde, tu as matelassé ton cœur et ton corps, portant sur tes larges épaules, celles de ton père bien aimé, le fardeau du courage.

Jean des Merveilles réapparaît dans une offrande, une orchidée pour ta mère, des bonbons et des jeux pour ton neveu, des astuces commerciales pour ton frère et tu portes, sans rien dire, la souffrance d’avoir perdu un père aimant et dévoué.

Son absence te manque d’autant plus que tu ne trouves pas les mots pour l’exprimer alors je les dis pour toi, Jean-Bernard, et je souhaite que lorsque tu souffleras les bougies de ton gâteau d’anniversaire, la main de ton père, furtive et apaisante, se pose sur ton épaule pour t’enlever un peu de cette douleur qui te taraude depuis son départ vers d’autres cieux.

Bon Anniversaire, Jean-Bernard, même s’il n’est pas aussi joyeux qu’on pourrait le souhaiter.

Qu’un vent de fleurs enveloppe ta silhouette et t’offre, pour une année encore, le courage d’avancer vers la conquête de ton destin.

 

 

mardi 6 octobre 2026

Mystères à Maroilles

 



 

« Un photographe d’art réalisa post mortem un cliché de la malheureuse. Grâce à d’habiles retouches, il effaça les stigmates de la douleur et donna à la femme l’apparence d’une personne en vie.

De cette manière, on put proposer aux habitants de Maroilles une photographie convenable voire attrayante.

Un homme la reconnut : «  C’est la créature des bois » ! On lui demanda de préciser le sens de la métaphore.

Selon ses dires, cette femme connue sous l’appellation « créature des bois » était une aubaine pour les hommes en quête de proies faciles ».

 

Qui est cette « créature des bois » et quel lien l’unit-elle avec une petite fille trouvée en forêt de Mormal près de Maroilles ?  Voilà l’énigme que doivent résoudre la gendarmerie du village et Ophélie, habitant aux Bleuets, dans la maison léguée par sa grand-mère au passé étonnant ! En cherchant des champignons et des fleurs pour ses compositions artistiques, Ophélie a trouvé une enfant errant dans la forêt …