lundi 15 juin 2026

Les perles de l'amour

 


 

Distraite, la reine jouait avec ses perles et elle ne vit pas un aigle fondre sur elle et l’emmener dans ses serres puissantes.

 Au terme d’un long voyage, l’oiseau royal la déposa dans un étrange nid d’amour où s’entrelaçaient des perles et des roses.

Fourbue, la reine s’endormit mais quand elle s’éveilla, elle reposait vêtue de perles océanes de toutes les couleurs dans un grand lit couvert de dentelles.

Alors qu’elle admirait le travail des dentellières, un fort bel homme apparut un plateau d’argent à la main.

Il lui servit avec infiniment de grâce une tasse de thé au jasmin. Des pâtisseries orientales, à base de miel, d’amandes et de sirop de rose sans oublier les perles du japon éclatantes de blancheur dans un lait de coco en verrines firent ses délices. Pour agrémenter le tout de couleurs flamboyantes, des groseilles couraient comme des lianes, jetant une note de rubis.

Le serviteur s’éclipsa pour laisser la reine savourer ce petit bonheur puis une dame d’atour lui prépara un bain de jouvence parfumé et lorsqu’elle en sortit, la reine avait retrouvé ses vingt ans.

C’est alors qu’un prince aimant s’approcha d’elle et la porta sur le lit où ils vécurent des instants de tendresse intense.

À son réveil, la reine eut la surprise de retrouver son palais et sa vie solitaire.

« Ce n’était donc qu’un rêve » pensa-t-elle mais un collier de rubis qu’elle ne possédait pas avant son fabuleux voyage, lui prouva qu’il n’en était rien et elle attendit avec ferveur le retour de son prince.    

Roxane

 

 



Roxane, ma poupée d’amour, mon ange aux ailes de fée, je voudrais simplement rester à tes côtés, respirer ton parfum et te prendre la main.

J’ai l’impression de vivre dans une forêt profonde, sans ermitage ni fontaine quand je suis loin de toi.

L’épaisseur du feuillage empêche les rayons du soleil d’offrir du rêve aux amoureux éperdus.

Tel Tristan sans son Yseult, je marche avec l’énergie du désespoir et je cherche le rivage qui me donnera l’opportunité de te rejoindre dans un jardin d’amour en empruntant un voilier aussi fiable qu’un drakkar.

Roxane, ma toute petite, mon ange, mon aimée, la simple évocation de ton nom emplit mon cœur d’un amour si grand que je ne peux plus le maîtriser et qu’il bat comme les tambours du Rwanda où les collines redisent encore la folie des hommes qui les précipita, machette à la main, pour égorger son voisin jusqu’à présent son ami !

Roxane, je voudrais que mon chant d’amour aille au-delà des collines, des montagnes, des rivières, des fleuves, des mers et des océans pour former des perles d’aurore et d’espérance et c’est alors, enfin, que nous pourrons nous aimer !

L'ange de la Madeleine

 







Déployant ses ailes blanches afin de couvrir l’autel, les musiciens et les chanteurs qui se voulaient le trait d’union entre la terre et le ciel, l’ange apparut dans toute sa splendeur et ce fut comme s’il n’était jamais mort, celui qui les avait tant fait vibrer !
Chacun oubliait son lot de peines et de drames et c’était une immense communion des âmes au son du blues et du rock où chacun se retrouvait.
Leur idole n’était plus mais pourtant on percevait sa présence dans les lys de nacre et dans les asphodèles au cœur d’or.
Des voiles légers semblaient tomber des voûtes, abritant l’ombre de celui qui n’était plus mais qui pourtant, demeurait vivant en chacun de nous.
On retenait son âme du bout des lèvres car on la sentait prête à s’envoler, pour former un cortège d’amoureux éperdus de l’homme qu’ils avaient suivi à travers l’hexagone et l’outre-mer.
L’ange apaisa les fidèles et le prêtre prononça des paroles qui mirent un baume sur les cœurs blessés puis quand la cérémonie fut terminée, chacun rentra chez lui en emportant une fleur d’amour éclose comme un soleil.

dimanche 14 juin 2026

Le récit de Marjorie

 


«  Je pressais le pas pour rapporter au plus vite le fromage dont maman avait besoin pour réaliser la tarte au fromage de chèvre dont je raffole lorsqu’un inconnu me barra le chemin. Il était essoufflé et semblait souffrir.

Il m’a demandé de le conduire à l’église car il avait besoin de parler à un prêtre pour une affaire de la plus haute importance : il y allait du salut de son âme.

J’ai pensé qu’un crochet ne me mettrait pas en retard ; le prêtre nous rappelait sans cesse que Dieu avait toujours la priorité.

Parvenus dans l’église, nous n’avons vu personne. Le dénommé Angelo m’a demandé de le suivre dans le confessionnal. Je serais libre me dit-il à l’arrivée du prêtre.

Ce fut ensuite le trou noir et je me suis réveillée en sous-vêtements, ligotée et incapable de crier : ma bouche était close par un sparadrap ! Je me trouvais dans un endroit humide et sombre » !

Un enquêteur traduisit en langage élaboré le récit syncopé de Marjorie qui s’exprima avec ses mots d’enfant.

On attendit le résultat de ses examens cliniques et psychiques pour l’interroger davantage.

On lui demanda de décrire son ravisseur et comme les mots lui faisaient défaut, on lui donna un carnet et des crayons de couleur. Marjorie dessina longuement. Ses premiers dessins traduisaient son effroi : elle avait esquissé la silhouette d’une sorte de monstre mi dragon mi vampire qui crachait des flammes avec une langue démesurée.

Puis ses dessins se modifièrent et l’on put établir un portrait-robot  du dénommé Angelo en exploitant des détails précis et réalistes.

C’était un homme de taille moyenne. Il avait des cheveux bruns bouclés. Son teint était mat, ses yeux étaient perçants. On pouvait y lire une lueur inquiétante proche de la folie.

Il lui manquait trois dents et ses mains rugueuses traduisaient une pratique agricole . Sa main droite était amputée de deux doigts : était-il tailleur de vignes ? Il portait des sabots et ses vêtements étaient semblables à ceux que portaient les ouvriers agricoles de la région.

Grâce à ces données précises on obtint une identité qui correspondait avec le souvenir de la victime.

Angelo Lingini

Né le 1 er Août 1980 à Naples

Naturalisé Français à la suite de son mariage avec Marianne Lacoste née le 22 Avril 1990 à Fleurance

Travailleur agricole

Signe particulier : amputation du majeur et de l’annulaire de la main droite.

Des sources diverses mentionnèrent des mains courantes laissées à son encontre dans diverses gendarmeries, jamais traitées sérieusement par manque de temps des préposés à ce type de tâche.

Il s’agissait de violences exercées contre des femmes, voire des viols ; les plus récentes marquaient un penchant pervers pour les fillettes.

Cet individu était notoirement peu recommandable et aurait dû être suivi par les autorités compétentes.

On transféra le dossier à l’inspecteur Maximilien Lacombe surnommé d’ Artagnan pour son port de moustache et de barbe à la gasconne et pour son accent du terroir.

Il était spécialisé dans les enquêtes complexes et s’était fait une réputation de démineur en matière criminelle.