dimanche 11 octobre 2026

Céladon, berger du Tendre


Tandis que son frère jumeau le cherchait à l’autre bout du monde, Céladon, berger attentif au bien être de son troupeau, rêvait près du Lignon, charmante rivière claire qui abritait des ondines amies.

Céladon ignorait son identité princière. Au palais, sa nourrice l’avait immédiatement aimé et l’avait emporté, s’en remettant au destin.

Sa sœur jumelle avait pris sa place, simulant le désespoir à la vue du berceau vide.

Les recherches se portèrent tout naturellement vers un prédateur étranger au palais, personne ne remarquant la substitution de la nourrice.

Pendant ce temps, Madeleine emportait l’enfant dans sa région natale, certaine de pourvoir à son bien être et à son bonheur.

«  On n’est jamais heureux dans un palais ; il n’y a que des coups à prendre, Céladon chéri. Je te nomme ainsi car tes yeux de jade me l’imposent ». Elle chanta une berceuse et lorsqu’elle arriva à son point de chute, une jolie demeure confortable et cossue au milieu des fleurs, elle promit le paradis à l’enfant dans un milieu naturel dont la guerre était bannie. Tu seras berger, mon petit. Tu apprendras à gérer un troupeau. Nous récolterons le lait de nos brebis et tu m’aideras à faire le fromage que je vendrai au marché. Je mettrai des louis d’or de côté pour toi et lorsque tu seras en âge d’être marié, tu seras un beau parti et toutes les jeunes filles rêveront de devenir ton épouse ».

Cette belle romance berça l’enfant qui sourit sous les voiles de sa nacelle d’osier.

Céladon grandit et sa beauté était telle qu’elle devint légendaire.

Son nom parvint au palais. On parla de ses yeux de jade et ce détail émut la reine qui n’avait pas oublié la nuance océane des yeux de son fils disparu. Elle garda ce fol espoir au fond de son cœur et elle émit simplement le désir d’organiser un bal où l’on convierait les personnalités des terroirs avoisinants.

Elle chargea son conseiller de l’invitation d’un jeune berger nommé Céladon dont chacun célébrait la beauté, la sagesse et le talent.

Honoré de se voir invité au palais dont le rayonnement était considérable, Céladon profita de l’absence de celle qu’il tenait pour sa mère pour prendre la route. Prise de remords pour l’enlèvement de l’enfant, Madeleine avait éprouvé le besoin de partir en pèlerinage.

Céladon remit les clefs de la bergerie, de la laiterie et de la salle où l’on confectionnait le fromage à un homme sûr et partit gaiement, vêtu de sa plus belle tenue, pour le palais, lieu de sa naissance, ce qu’il ignorait.

samedi 10 octobre 2026

La princesse des merveilles

 

 

Née d’une rose pourpre, la princesse des Merveilles attendait la venue de son prince.
Il aurait l’océan au fond des yeux, le jasmin sur son beau corps musclé et une rose sur les lèvres de pourpre qui s’uniraient aux siennes.
Mais seul le vent et les orages frappèrent à sa porte et la princesse s’endormit en espérant dormir mille ans.
Apparemment elle fut exaucée car elle se retrouva juchée sur des talons hauts sur le bitume.
Des hommes au visage de loup l’environnaient et lui tenaient des propos vulgaires et osés.
Mais il arriva enfin celui qu’elle n’attendait plus. Il n’était pas exactement comme dans ses rêves mais il la sauva de ces fauves en lui ouvrant la portière de son cabriolet.
Ses cheveux fins volaient sur sa nuque nacrée.
Ils arrivèrent dans une maison de bois et de verre dans un environnement fleuri.
Les roses de sa naissance ornaient les allées du jardin.
La princesse des Merveilles sut qu’elle était arrivée à bon port.
Son hôte la conduisit dans une pièce lumineuse et lui servit une agréable collation à base de gâteaux de semoule, de riz et de crèmes gelées. Des boissons pétillantes aromatisées aux fleurs circulèrent pour apporter une touche florale supplémentaire.
Le jeune homme se présenta. Prénommé Cyril, il était de petite noblesse mais préférait son titre de chercheur en sciences appliquées.
La princesse des Merveilles requit l’honneur d’être son élève et c’est ainsi que commença leur romance d’amour sous le signe de la rose pourpre des Sultans.

La mélodie du vent

 

 

 


Ma sœur, mon rêve, ma douce-aimée, entends-tu la romance du vent ?

Il te demande de renoncer aux tons gris et de te vêtir d’un rose ardent pour renaître au jour.

Las, ma mie, mon amie de cœur, telle la rose du petit prince déracinée et jetée aux quatre vents, j’erre comme une âme en peine et il m’est difficile de vivre dans un univers où mon époux, fauché par l’ Ankou, n’est plus à mes côtés pour m’aider à affronter les tourbillons du temps.

Résiste aux vents mauvais, pour lui car il n’aimerait pas te voir ainsi recroquevillée dans ta robe couleur de misère. Ouvre les fenêtres et laisse le vent t’envelopper de sa douce mélopée !

Le vent se tut et l’amante éperdue retrouva l’amour de vivre l’espace d’un instant !