samedi 4 juillet 2026

Le bal des Laze

 

 



«  Dans le château de Laze

Le plus grand bal de Londres

Lord et Lady de Laze

Recevaient le grand monde

Diamants rubis topazes

Et blanches robes longues ».

Fuyant les mondanités suzeraines, Vincent parcourut les jardins à la recherche d’une amoureuse au cœur de Marguerite, l’héroïne de Faust.

«  Je ris de me voir si belle en ce miroir » Ce signal provenait d’une fontaine. Une jeune beauté en robe de soie rose chantait en se mirant dans l’onde claire.

Elle sourit à Vincent qui lui donna la réplique avec le grand air de Ramuntcho.

«  Laissez- moi le temps de chausser des espadrilles dit la jolie Myriam

et nous danserons la valse du roi de la montagne.

Le couple dansa accompagné par les cigales et Vincent ne regretta pas le somptueux bal des Laze où l’on courait le risque de rencontrer un Othello.

Ils dansèrent jusqu’à l’aube et lorsqu’ils se séparèrent des cœurs de rubis ornèrent le drapé des danseuses du bal souverain.

La rose d'or de Yasmina

 

 



Yasmina piqua deux roses célestes dans ses cheveux puis couverte d’un voile léger brodé, elle marcha dans les ruelles à la recherche d’une rose d’or promise en rêve.

Cette rose fabuleuse devait apporter le bonheur à sa famille selon une voix féerique émanant d’un nuage bleu aux franges dorées.

Des petites filles s’enfuirent à sa vue car elle leur semblait irréelle par son élégance si rare dans l’univers ocre et poussiéreux où elles vivaient.

Yasmina regretta de ne pas avoir emporté un sac de dragées et de douceurs sucrées aux amandes puis elle se dit que ce serait pour une prochaine fois, la rose d’or devant se dérober à chaque détour du chemin. Or, elle apparut sur le heurtoir d’une porte gardant l’accès d’un palais ancien où chuchotait l’eau d’une fontaine.

Elle activa le heurtoir et la rose d’or prit place sur son caftan côté cœur.

La porte s’ouvrit et une ravissante jeune fille l’invita à prendre place dans le jardin d’intérieur près d’un oranger et d’un citronnier.

Yasmina ferma les yeux pour écouter le murmure de la fontaine et le chant des oiseaux puis un parfum subtil et boisé lui révéla une présence masculine. Un homme souriant vêtu d’une gandoura de belle facture turquoise et or lui souhaita de connaître des heures agréables en sa compagnie.

Jawat, généreux comme son prénom l’indiquait, lui proposa de partager son repas du soir. Yasmina accepta avec la retenue polie requise en bonne société.

Un serviteur apporta du lait et des dattes ; après cette entrée prometteuse, ils lièrent connaissance en abordant des sujets de circonstance.

Cette étape amicale achevée, Yasmina se laissa conduire dans une pièce destinée au repos. Les murs étaient en faïence et un divan capitonné lui permit de s’étendre et de laisser son esprit vagabonder.

Elle somnola jusqu’à ce que Horia l’aide à se rafraichir et revêtir un caftan de cérémonie.

Ainsi vêtue, elle avait le charme d’une princesse orientale. Jawad la félicita pour sa magnificence et lui prit délicatement la main pour la conduire à la table de réception.

Après des ablutions à l’eau de rose, on leur servit la chorba dans de jolis bols de porcelaine, des bricks de viande hachée à la coriandre, un couscous prestigieux, une pastilla au lait et des cornes de gazelle.

Un joueur d’oud les aidait à patienter entre chaque plat.

Unis par ce repas de fête, Jawad et Yasmina laissèrent leurs idées se métamorphoser en phrases poétiques et furent à peine surpris de voir un voile d’or les envelopper de sa douceur langoureuse.

Ils purent ainsi échanger un baiser à l’abri des regards indiscrets et se mirer dans un miroir d’eau rosée présenté par des angelots annonciateurs de l’amour.

 

 

vendredi 3 juillet 2026

L'étang chimérique

 

 



«  Nos plus beaux souvenirs fleurissent sur l’étang

Dans le lointain château d’une lointaine Espagne

Ils nous disent le temps perdu ô ma compagne

Et ce blanc nénuphar c’est ton cœur de vingt ans ».

Une colombe provenant de l’étang chimérique des poètes apporta à Vincent le lotus sacré de l’amour éternel.

Du cœur de la fleur surgit une danseuse vêtue de pétales de roses tourbillonnant au vent léger.

Vincent s’inclina devant elle et ils dansèrent au son des tambourins et du violon.

«  Un jour nous nous embarquerons

Sur l’étang de nos souvenirs

Et referons pour le plaisir

Le voyage doux de la vie ».

Le couple d’amoureux unis par l’ardente flamme de la passion s’éclipsa dans une roselière pour y connaître les moments uniques réservés aux âmes sensibles et musicales nés pour se rencontrer.