dimanche 14 juin 2026

L'arche du temps

 

 


Sous l’arche du temps défilent les grandes figures qui ont fait palpiter notre cœur.

Johnny en tenue de scène, parfaitement coiffé et soigné passe sous l’arche avec sa guitare et je distingue, au loin, portant un œillet à la boutonnière, sa chemise de dentelle de Calais flottant dans les nuages, notre Fabrice tant aimé qui nous entraîna dans la légende.

Fabrice se détache, un pinceau à la main et il se dirige vers un atelier de peintre animé par des anges.

Il compose un portrait de Johnny en utilisant une mosaïque de coquillages et des ailes de papillons.

Comme le voile de mariée de Pénélope, le portrait se dissipe aux premières heures de l’aube.

Des cristaux d’amour tombent sur la terre. Nous les ramassons pour en faire un mausolée et nous attendons la finition du portrait, celle qui nous appellera à rejoindre notre maestro tant aimé, Fabrice aux couleurs de l’aurore.

samedi 13 juin 2026

Le bonheur est dans le pré

 




«  Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite

Le bonheur est dans le pré,  cours-y vite, il va filer ».

Décidé à suivre le conseil du poète Paul Fort, Vincent courut dans le pré où il rencontra la reine des roses sous l’apparence d’une ravissante jeune femme.

Voulez-vous être ma rose tango dit-il à la déesse en déshabillé de pétales et avec son assentiment, il l’entraîna dans un pas de deux éblouissant.

Quelques pétales volaient au vent et des boutons de roses éclataient comme des promesses de bonheur.

Vincent et la reine des roses connurent l’extase d’une passion parfumée de manière idyllique.

N’attendez pas le signal : courez vite dans le pré, le bonheur vous y attend !

La vallée oubliée

 

 

 


Des lucioles accompagnèrent les chercheurs désireux de retrouver la petite Marjorie au plus vite, le temps ne jouant jamais en la faveur des blessés potentiels ou des captifs.

Yves-Alain de Lectoure, le commandant de gendarmerie ne ménageait pas sa peine et le hasard finit par le servir.

Il faillit se faire une entorse en trébuchant sur une racine serpentine et observa qu’elle cachait une anfractuosité rocheuse.

Il s’y engouffra, éclairé par sa lampe torche et découvrit une galerie qui s’élargissait au fil de sa progression.

Il déboucha sur une immense salle où s’écoulait une rivière.

Un groupe d’hommes avertis le rejoignit pour lui prêter main forte au cas où il faudrait affronter une bête du Gévaudan ou un criminel dangereux.

Une infirmière faisait partie du groupe avec une trousse de secours bien garnie.

On crut entendre des gémissements provenant d’un rideau de pluie formant une cascade.

Un plongeur se risqua dans le courant et put lancer un appel au secours à l’aide d’un sifflet.

Marjorie était là, en sous-vêtements, attachée à un rocher par des liens serrés, la bouche couverte d’un sparadrap suffisamment lâche pour qu’elle puisse respirer.

Des brancardiers accoururent pour la délivrer. On lui fit respirer de l’oxygène et l’infirmière pansa quelques blessures sans gravité.

Un hélicoptère recueillit l’enfant que l’on couvrit du drap chauffant réglementaire réservé aux blessés.

Marjorie fut examinée à l’hôpital et l’on put constater qu’elle n’avait subi aucun dommage profond, mis à part le traumatisme créé par son enlèvement, sa quasi nudité et ses liens.

Comme promis, Yves-Alain de Lectoure se rendit chez Angélina, la mère de l’enfant,  pour lui faire part de la bonne nouvelle.

«  Je vais tout mettre en œuvre pour retrouver la personne monstrueuse qui lui a infligé ce traitement. Vous pourrez bientôt vous rendre à son chevet mais pour l’instant, priorité est donnée à son rétablissement et au recueil d’indices qui nous conduiront à son tortionnaire ».

Il mangea une part de tarte au fromage de chèvre pour ne pas décevoir la mère soulagée par le sauvetage de son enfant.

Angélina l’accompagna car elle n’avait pas pu manger tant l’angoisse nouait son corps.

Elle promit d’attendre le feu vert du commandant et après son départ, elle s’endormit, sa petite Marjorie au fond du cœur.