dimanche 18 janvier 2026

Liseron, la fiancée de la forêt

 

 

 


En écrivant son dernier commentaire et en mettant la note appropriée à la pile de copies du Baccalauréat, Liseron eut l’impression qu’elle en avait terminé avec ce métier de professeur mangeur d’énergie et de temps.

En se promenant dans la forêt durant ses congés, Liseron avait ressenti un appel profond, intime et magique.

Un cerf blanc s’était approché d’elle pour la couronner d’un entrelacs de houx, d’églantines et de roses d’or.

Près de la fontaine de Barenton, un chevalier lui avait rendu hommage en lui offrant un bliaut brodé et une houppelande longue garnie de perles et de fourrure pour lui épargner la morsure glaciale de l’hiver.

Liseron rougit de plaisir et elle baisa la main de son généreux donateur en gage de fidélité.

Elle se promit d’écrire un roman de chevalerie où cet homme courtois aurait une place de premier plan.

Heureuse de sa décision, elle rentra chez elle, fit mijoter une soupe avec des racines et des fruits de la forêt puis elle commença un roman courtois sous le titre de La Fiancée de la Forêt.

Le Léviathan

 


Issu des profondeurs marines où il se reposait en compagnie d’un cœlacanthe, un monstre marin, le léviathan décida de surgir de l’onde pour chasser une proie.

N’écoutant que son courage, Johnny se saisit d’un harpon et s’apprêta à affronter la créature fantastique au dos d’écailles.

«  Quoi ma gueule ?

Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Quelque chose qui n’va pas ?

Elle ne te revient pas ?

Souvent un seul regard suffit

Pour vous planter mieux qu’un couteau » .

S’encourageant à l’assaut avec ce chant guerrier plus efficace que celui d’une équipe de rugby menaçant l’adversaire d’un hakka légendaire, Johnny planta une dague dans le cœur du monstre en exécutant des pas de côté pour éviter une étreinte mortelle.

Victorieux, il leva les bras en signe de victoire et repartit sereinement vers les cieux.

Le jeu de l'amour à l'orientale

 



Roxane aimait se trouver auprès de Mohand et de sa mère Lalla Myriem qui connaissait un regain de santé grâce aux opales.

La reine garda deux dames de compagnie, une cuisinière et son marmiton ainsi que son écuyer et son valet d’épée. Le village de tente fut démonté et la suite de Roxane prit le chemin du retour, emportant les multiples présents de Mohand et sa mère, du gibier en conserve, des tissus soyeux, des parures en rubis, la pierre précieuse du royaume et des vêtements en laine angora et en hermine.

Heureuse de se trouver en bonne compagnie, Roxane multipliait les promenades, rapportant à chaque passage dans les bois les trésors de la terre, champignons, baies sauvages et fleurs de rêve.

Mohand, de son côté, chassait le gibier et il déposait fièrement le produit du jour sur la table des cuisines.

Gigue de chevreuil aux airelles, terrine de lièvre aux noisettes, hure de sanglier, cassolettes d’abats en sauce s’ajoutèrent au saumon de rivière, aux daurades farcies et aux salades d’écrevisses ou de poulpes pour surprendre les hôtes royaux.

Lalla Myriem mangeait peu, se contentant de fromage de brebis frais et de fruits secs.

Les journées passaient agréablement et le soir, après le repas, le prince et la reine jouaient aux échecs ou écoutaient les récits et les chants des troubadours.

Le temps semblait suspendu mais un soir, Roxane déclara qu’elle envisageait de rejoindre son royaume.

«  N’en faites rien, mon aimée, votre départ me briserait le cœur ».

Roxane sourit tendrement à son amant et avoua qu’elle avait espéré cette réaction :

«  Envisageons l’avenir, très cher Mohand : nous pourrions annoncer officiellement nos fiançailles avec l’assentiment de Lalla Myriem, votre mère. De mon côté, je resterai en votre palais jusqu’à notre mariage et au-delà si vous le souhaitez.

Je délèguerai mes pouvoirs à mon sénéchal pour qu’il gère les affaires du royaume en mon absence.

Lorsque nous le jugerons nécessaire, nous unirons nos deux royaumes pour faire face à toute agression possible en ce bas monde ».

Mohand serra sa promise contre son cœur et ils allèrent fêter cette promesse de bonheur dans le jardin d’amour sous la lumière opalescente de la lune.