lundi 6 avril 2026

La fête des vendanges

 

 


Blanchefleur crut revivre une troisième fois dans cette terre aux mille parfums.

Vêtue de percale ou de parures artisanales, chaussée d’espadrilles et chapeautée de capelines ornée de roses, elle se glissait avec délices dans les sillons verdoyants des vignes où abondaient les grappes blondes gorgées de soleil.

Jehan ne craignait plus de la laisser seule et il partait de plus en plus souvent au château de la tulipe d’or car il en était l’un des chevaliers.

Il arrivait qu’ils soient obligés de repousser des assaillants car il se disait, non sans raison, que le château recelait de nombreux trésors.

Le chevalier commanda à un peintre talentueux un portrait en pied de sa dame d’amour ainsi qu’une miniature qu’il enfermerait dans un médaillon porté près de son cœur.

Il profita, entre deux séjours, d’un moment où Blanchefleur rayonnait de bonheur pour lui révéler le décès de son époux.

Une étreinte tendre et passionnée mit un terme à l’immense chagrin qui s’empara de sa bien-aimée et il étouffa, un à un, les cris qui s’emparaient de son être en les neutralisant par des baisers.

Enlacés toute la nuit comme au premier jour, ils dormirent en paix et au petit matin, les mains caressantes de l’amant épris calmèrent les soubresauts douloureux de l’aimée.

Ils passèrent la journée entière dans la chambre, se baignant, se restaurant et se caressant mille et une fois.

Jehan apaisa le chagrin de sa belle en brossant ses longs cheveux.

Ils parlèrent peu mais ce qui fut dit revêtit une certaine solennité et constitua une charte d’amour courtois gravée dans l’éternité du marbre.

Blanchefleur dut vaincre sa timidité naturelle pour donner des preuves de sa passion à son amant fougueux.

Elle prodigua des gestes innovants et murmura un chant d’amour à la fois solennel et primesautier qui envoya le chevalier au firmament de l’épanouissement sublimé et total.

Entre deux étreintes, galvanisé par la participation insolite et passionnée de Blanchefleur, Jehan fit sa demande en mariage à l’amour de sa vie.

Honorée et rassurée par ce bel hommage, Blanchefleur donna son accord sous la forme de baisers qui papillonnèrent sur le corps de son amant et elle improvisa un chant d’amour :

« J’étais morte et tu m’as rendue à la vie, ô mon aimé !

Dans tes bras vigoureux, je sens mon corps et mon âme fondre comme un lingot de cet or miraculeux que l’on trouve au fond des rivières qui chantent sur des galets précieux.

Je suis à la fois ta mère, ton enfant, ton amante passionnée et je me meurs d’amour lorsque je suis loin de toi, ô mon amour !

J’aime laisser mes doigts errer à l’aveugle sur ton beau corps sculpté par des anges et je veux te couvrir de baisers pour que, jamais, tu ne te sentes mal aimé ».

Retrouvant vigueur et énergie grâce à ces paroles touchantes, le chevalier étreignit à nouveau sa dame d’amour puis il la pria de se reposer tandis qu’il s’adonnerait activement aux préparatifs de leur mariage qui viendrait comme un point d’orgue et une divine bénédiction, à la clôture de la fête des vendanges qui allait bientôt se profiler à l’ombre des vignobles.

Floc, folle blanche seraient les divins nectars de ces noces qui seraient paysannes, ducales et princières à la fois.

La fée des vendanges baisa le front de la belle endormie, offrant sa touche majestueuse aux fêtes qui se profilaient dans l’éclat lumineux des grappes aux raisins d’or.

La fête des vendanges

 


Blanchefleur crut revivre une troisième fois dans cette terre aux mille parfums.

Vêtue de percale ou de parures artisanales, chaussée d’espadrilles et chapeautée de capelines ornée de roses, elle se glissait avec délices dans les sillons verdoyants des vignes où abondaient les grappes blondes gorgées de soleil.

Jehan ne craignait plus de la laisser seule et il partait de plus en plus souvent au château de la tulipe d’or car il en était l’un des chevaliers.

Il arrivait qu’ils soient obligés de repousser des assaillants car il se disait, non sans raison, que le château recelait de nombreux trésors.

Le chevalier commanda à un peintre talentueux un portrait en pied de sa dame d’amour ainsi qu’une miniature qu’il enfermerait dans un médaillon porté près de son cœur.

Il profita, entre deux séjours, d’un moment où Blanchefleur rayonnait de bonheur pour lui révéler le décès de son époux.

Une étreinte tendre et passionnée mit un terme à l’immense chagrin qui s’empara de sa bien-aimée et il étouffa, un à un, les cris qui s’emparaient de son être en les neutralisant par des baisers.

Enlacés toute la nuit comme au premier jour, ils dormirent en paix et au petit matin, les mains caressantes de l’amant épris calmèrent les soubresauts douloureux de l’aimée.

Ils passèrent la journée entière dans la chambre, se baignant, se restaurant et se caressant mille et une fois.

Jehan apaisa le chagrin de sa belle en brossant ses longs cheveux.

Ils parlèrent peu mais ce qui fut dit revêtit une certaine solennité et constitua une charte d’amour courtois gravée dans l’éternité du marbre.

Blanchefleur dut vaincre sa timidité naturelle pour donner des preuves de sa passion à son amant fougueux.

Elle prodigua des gestes innovants et murmura un chant d’amour à la fois solennel et primesautier qui envoya le chevalier au firmament de l’épanouissement sublimé et total.

Entre deux étreintes, galvanisé par la participation insolite et passionnée de Blanchefleur, Jehan fit sa demande en mariage à l’amour de sa vie.

Honorée et rassurée par ce bel hommage, Blanchefleur donna son accord sous la forme de baisers qui papillonnèrent sur le corps de son amant et elle improvisa un chant d’amour :

« J’étais morte et tu m’as rendue à la vie, ô mon aimé !

Dans tes bras vigoureux, je sens mon corps et mon âme fondre comme un lingot de cet or miraculeux que l’on trouve au fond des rivières qui chantent sur des galets précieux.

Je suis à la fois ta mère, ton enfant, ton amante passionnée et je me meurs d’amour lorsque je suis loin de toi, ô mon amour !

J’aime laisser mes doigts errer à l’aveugle sur ton beau corps sculpté par des anges et je veux te couvrir de baisers pour que, jamais, tu ne te sentes mal aimé ».

Retrouvant vigueur et énergie grâce à ces paroles touchantes, le chevalier étreignit à nouveau sa dame d’amour puis il la pria de se reposer tandis qu’il s’adonnerait activement aux préparatifs de leur mariage qui viendrait comme un point d’orgue et une divine bénédiction, à la clôture de la fête des vendanges qui allait bientôt se profiler à l’ombre des vignobles.

Floc, folle blanche seraient les divins nectars de ces noces qui seraient paysannes, ducales et princières à la fois.

La fée des vendanges baisa le front de la belle endormie, offrant sa touche majestueuse aux fêtes qui se profilaient dans l’éclat lumineux des grappes aux raisins d’or.

dimanche 5 avril 2026

La couronne d'aubépines

 

 

 


Elles ont fleuri, les belles aubépines chères à Marcel Proust et elles ont jeté une telle note d’espoir que les jeunes filles ont bravé les épines pour faire des couronnes destinées aux mariées et aux représentations de la Vierge Marie.

Les cloches ont sonné à toute volée pour attirer la bonté divine sur notre pauvre terre ravagée par une pandémie hors norme qui frappe indistinctement riches et pauvres, vieillards et enfants.

Les bambins ont été longtemps épargnés mais soudain l’annonce de quelques décès a retenti comme le glas de l’irrémédiable malheur.

Les fillettes ont tressé des couronnes en chantant des Ave Maria puis elles ont joué avec leur insouciante gaieté.

Dolorès, venue d’Espagne a entonné un hymne magistral et toutes ses compagnes ont formé une ronde en se tenant délicatement par une main gantée.

Demain nous retrouverons un peu de l’insouciance perdue et nous appellerons le retour de la bienveillance et de la fraternité, aussi fragile et éphémère que les fleurs d’aubépines un beau jour de printemps.