vendredi 19 juin 2026

Le laurier de Johnny

 

 

La jolie Daphné devenue laurier pour échapper aux avances du dieu Apollon jeta son dévolu sur Johnny pour l’honorer de sa présence.

C’est ainsi que Johnny put interpréter Requiem pour un fou avec les tendres accents de l’homme passionné qui ne peut se résoudre au départ de sa bien-aimée.

Seul Johnny pouvait chanter une telle romance sans susciter la répulsion voire la haine.

Daphné en son cœur, il trouva les accents du désespoir en leur donnant une once d’humanité.

Auréolé de laurier, il apparut sur la scène comme l’archange de l’amour passion à qui l’on accorde le pardon pour son geste extrême.

jeudi 18 juin 2026

Gwebdoline des Abers

 

 

 


Non loin du rivage des Abers vivait une jeune fille prénommée Gwendoline. Adepte de la coiffe bretonne, elle en portait toujours une et faisait commerce de ses créations appréciées au village et dans les alentours. Elle arborait aussi le costume breton et brodait des tabliers personnalisés qui faisaient fureur. Chaque ménagère voulait avoir le sien, réservant la surprise à son entourage autour d’un kig ha farz de fête.

Le kouign amann  était servi au dessert et le cidre Coat Albret étanchait la soif provoquée par ces mets de choix.

Un jour, sur la route du marché où elle vendait ses productions, Gwendoline fit une rencontre insolite.

Un jeune homme portant une toge blanche agrafée par une fibule turquoise et couronné de roses lui présenta une sébile en forme de cœur.

Gwendoline offrit l’une de ses bagues en argent ciselé. Le jeune homme se confondit en remerciements et poursuivit sa route.

Gwendoline prépara son étal et attendit les acheteurs. Elle vendit des tabliers brodés, une coiffe et un gilet masculin. Satisfaite de ces ventes, nantie de commandes pour des tabliers personnalisés, elle rangea ce qui lui restait et fit un tour de marché. Elle acheta de la faïence de Quimper, de la cotriade parfumée et une galette saucisse.

Sur le chemin du retour, elle aperçut le jeune homme en toge. Il semblait fatigué. Elle lui proposa de partager son repas.

Heureux à la perspective de tisser des liens amicaux, Marin se laissa guider par son hôtesse. Il rangea sa sébile, se lava les mains à l’eau de rose et passa à table. Il trouva la cotriade délicieuse, mangea de bon appétit des haricots cuisinés à la bretonne ; un kouign amann le propulsa au paradis des gourmets. Il but du cidre et goûta une part d’omelette norvégienne flambée au Bouchinot, une liqueur locale.

Cet excellent repas terminé, il se laissa convaincre de passer une nuit reposante dans la chambre d’ami.

Demeurée seule, Gwendoline se félicita d’avoir trouvé un ami. Elle rangea la pièce où ils avaient mangé et se retira à son tour dans sa chambre où elle trouva facilement le sommeil.

Only you

 

 

 


«  Only you can make this world seem right

Only you can make the darkness bright

Only you and you plane can thrill me like you do

And fell my heart with love for only you”.

Vincent avait été bercé par la chanson des Platters dans son enfance et elle avait gardé le parfum de gardénia que portait sa mère en la fredonnant.

Il se souvint des jours heureux et chanta cet hymne à l’amour avec une telle ferveur que les rossignols du Japon l’accompagnèrent jusqu’à la tombée de la nuit.

Nous ne devrions chanter que l’amour pensa-t-il en s’endormant et la fée Lune des poètes vint le border d’une couverture de nuages porteurs de rêves.

Le lendemain, il trouva à sa porte une corbeille de pommes et de raisins avec les noix du poète Charles Trenet.