vendredi 25 septembre 2026

Ardente fontaine d'amour

 

 



Le clapotis de la fontaine d’amour a franchi les nuées de ma mémoire pour surgir soudain près de moi.

Comme la Madelon de la chanson je me suis levée pour servir à boire aux tourlourous du voisinage et nous avons chanté des romances aux rimes évoquant les cerises de l’acmé.

Au milieu d’une chanson, j’ai réalisé que plus jamais tu ne serais à mes côtés alors j’ai pleuré et toutes mes larmes se sont cristallisées en perles d’amour.

jeudi 24 septembre 2026

Le ptit train de Catherine

 

 

 


Alors que notre divine ballerine s’en est allée, emportant sa fantaisie et sa créativité, des airs magiques se sont emparés de nos âmes.

«  Un ptit train s’en va dans la campagne

Un ptit train s’en va de bon matin

On le voit filer vers la montagne

Tch tchi fou tchi tchi fou

Plein d’ entrain”.

Je me souviens d’avoir chanté cette mélodie pleine d’entrain dans un radio crochet pour enfants à la plage du Portel.

J’avais eu droit à des berlingots de shampooing Dop et des bonbons sans compter les vigoureux applaudissements de retraités pour qui j’étais l’enfant à choyer.

Le ptit train s’en est allé avec mon enfance.

Lorsque Catherine Ringer s’empara de cet air ancien, elle le rajeunit considérablement et lui donna la couleur sombre des trains nazis de déportés, ce que je n’avais pas perçu, enfant, avec l’innocence de mes huit ans.

Pour moi, ce petit train était celui qui m’emmenait loin de mon village vers la mer iodée des environs de Boulogne.

Merci Catherine de nous avoir donné un aperçu personnel et le sens caché d’une chanson en apparence anodine.

«  Les histoires d’amour finissent mal en général ».

«  C’est comme çà, la la la la la ».

Le manteau de Johnny

 






Le temps passe mais nous n’oublions pas celui qui nous a tant fait vibrer ! Nous réalisons à présent qu’il incarnait les mille visages de l’amour, tantôt caressant, tantôt fébrile, tantôt déchaîné à l’image de tous les rôles qu’il a incarnés car il était un acteur doublé d’une vibrante voix qui faisait bouger les montagnes et décupler la force du vent, comme dans les contes.
Véritable magicien, il se défaisait prestement d’un manteau de cow-boy pour revêtir celui du prince charmant, du guerrier ou du biker.
Sa voix mélodieuse était à l’unisson de toutes les histoires d’amour, de Roméo à Jessie James en passant par l’hôte malheureux du Pénitencier ou le fou d’amour du Requiem qui retentit à nos oreilles comme le glas de la passion poussée à son paroxysme et qui fait bondir notre cœur à la manière d’un tambour de guerre.
Johnny a incarné tant de personnages que parfois on a oublié qui il était, un enfant désespéré qui cherche l’amour comme on cherche son âme, dans les dédales de la vie.

mercredi 23 septembre 2026

Le dé enchanté

 

 

Il était une fois une couturière dont chacun, au village, se plaisait à dire qu'elle avait des doigts de fée tant ses ouvrages délicats étaient originaux, précis et conformes à la personnalité de celle qui avait passé commande.

Elle confectionnait également des chapeaux et toutes sortes d'accessoires et l'on murmurait que toutes ses créations étaient dignes d'une reine.

Un jour, on lui apporta un pli scellé. Il contenait un dé ouvragé et ciselé ainsi qu'une commande mystérieuse ainsi libellée : Tenue royale d'apparat.

Pas la moindre mesure et aucune signalétique !

Sans doute faudrait-il attendre les consignes suivantes !

Effectivement, quelques jours plus tard, un carrosse s'arrêta à sa porte et une ravissante créature, vêtue de moire ornée de roses en descendit.

" J'ai besoin d'une robe extraordinaire" dit l'apparition en s'éventant avec délicatesse et un laquais apporta des rouleaux de soie et de velours ainsi qu'un assortiment de fils, de boutons, agrafes et perles.

Une paire de ciseaux, du strass et de la laine à broder complétaient la magnifique panoplie.

Pauline prit les mesures de la princesse avec une infinie déférence et lui demanda quelques informations complémentaires pour que l'ouvrage corresponde à ses attentes.

La princesse lui laissait carte blanche mais elle précisa qu'une traîne serait la bienvenue de même qu'un mantelet, des gants et une capeline assortis.

Concernant les broderies, elle lui laissait le soin de de donner libre cours à son imagination, s'attendant à un chef d'oeuvre.

Elles convinrent d'un jour pour le premier essayage et la princesse reprit la route, non sans avoir offert à la jeune femme une bourse de pièces d'or et un coffret de mignardises, de pâtés en croute et de feuilletés qu'il suffirait de réchauffer pour en goûter les délicates saveurs.

Tout étourdie par le souvenir de cette apparition, Pauline dégusta les mets princiers et ferma sa porte afin de prendre un repos nécessaire à la réflexion créatrice.

Le lendemain, elle élabora mille et un croquis, cherchant en vain la ligne royale dont elle rêvait.

De guerre lasse, elle choisit une pièce de percale qui restait d'un trousseau, mit le dé qu'on lui avait confié avec la commande et s'apprêta à coudre une robe d'enfant ou de poupée afin de trouver un dérivatif.

Et c'est alors que le dé donna une inflexion à son doigt qui lui ouvrit un chemin de rêve. La robe d'enfant était une pure merveille.

Alors Pauline s'empara des ciseaux et coupa dans la soie et la dentelle des morceaux de choix dont elle fit ensuite un assemblage magique.C'est bien une tenue de rêve qu'elle cousit et elle ne s'arrêta que lorsque l'ouvrage serait achevé dans ses grandes lignes.

Jamais robe ne fut plus proche de la perfection.

Les jours suivants, elle conçut la traîne, le manteau d'apparat et la capeline qu'elle orna de roses de soie.

Le jour de l'essayage, la princesse revêtit la tenue de rêve et elle en fut si heureuse qu'elle offrit en retour un petit coffre ouvragé empli de louis d'or et de bijoux précieux. Une nouvelle fois, elle tint à récompenser l'artiste par un don de mets savoureux.

Pauline n'aurait plus qu'à en terminer avec des broderies et des entrelacs de perles et de pierres colorées.

C'est un laquais qui vint chercher la parure complète. Des cadeaux somptueux furent à nouveau offerts mais ce qui causa le plus grand plaisir à la talentueuse couturière fut une invitation à participer au mariage de la princesse Rose Amour.

Ce qu'elle trouva dans une enveloppe la remplit d'allégresse car elle apprit par un décret que dorénavant, elle serait au service de sa dame et qu'un avenir brillant lui était réservé.

La reine l'anoblit et l'incita à porter son dé en sautoir car il était digne de son talent.

" D'or et d'argent, dé de fée, tu assembleras les nuages pour en faire de magiques créations" telle fut la devise de la comtesse Pauline à qui on destina un chevalier digne de sa beauté et de son éclat.

C'est ainsi que le dé et la devise devinrent l'apanage de sa descendance.

Ainsi finit le conte du dé enchanté et gageons que nous retrouverons ses héros dans d'autres histoires car les conteuses aiment à embellir les souvenirs légués par la tradition et l'amour des beaux ouvrages qui ont fait la gloire des dames à travers le temps.