dimanche 5 avril 2026

La mort du cygne

 


L’univers des contes de fées est-il menacé ?

Glissant avec aisance dans le cortège des princes charmants et des princesses immatures, le cygne, protecteur dans le conte d’Andersen, sous la forme des sept frères, victime de l’enfance dans Le Vilain Petit Canard , devient aujourd’hui source d’inquiétude et de malédiction.

            Ce bel oiseau va-t-il supplanter le chat noir dans les basses cuisines des sorcières ?

            Trouvera-t-on un cygne dans les parages du manche à balai infernal qui conduit les danses sataniques de ces mégères du destin ?

            Sully Prudhomme perdra-t-il sa place au panthéon des poètes avec       Le Cygne, poème versifié à la forme parfaite, en harmonie avec le volatile qui inspira les chorégraphes pour en faire le majestueux Lac des Cygnes ?

            La malédiction s’étendra-t-elle à tous les lacs de France ?

            Compromise la chasse aux œufs de Pâques qui émerveille les enfants et les grands ?

            Nous nous apprêtons à mourir, soit, mais est-ce une nouveauté ?

            De grâce, ne touchons pas au monde des Merveilles et restons encore sur les rives de l’enfance où glissent d’immortels cygnes blancs.

samedi 4 avril 2026

Ode à la déesse Flore

 



Belle parmi les belles, la déesse du Printemps pare ses longs cheveux d’une couronne de fleurs d’aubépines et d’églantines, de primevères et de jonquilles et s’en va sur les chemins, soucieuse d’annoncer aux habitants des villages la fin des frimas.

Dans ses voiles de brume auréolée d’un rose pâle et d’un gris bleuté, la jeune beauté progresse à petits pas, faisant tinter les grelots d’or de ses bracelets de chevilles, accompagnée par le chant des oiseaux qui forment une noria où cascadent les notes triomphales d’une symphonie nouvelle, pastorale et urbaine, la cadence des usines se fondant en percussions haletantes, comme dans les chansons rythmées de Bernard Lavilliers. Fasciné par tant de beauté, le chanteur offre sa légendaire boucle d’oreille à la déesse qui la multiplie à l’infini pour apporter du rêve aux promeneurs de l’aube qui la croisent avec émotion, dévotion et amour.

Vêtue à présent d’une robe volière Belle du Seigneur, la déesse emprunte sa générosité à la Reine de Saba et dispense çà et là des louis d’or, déclarant par hérauts interposés, une chasse enfantine semblable à la recherche des œufs de Pâques en chocolat proposée aux bambins pour leur rendre tangible l’envol mythique des cloches vers Rome, la ville éternelle, digne relais de Jérusalem.

Au terme de sa course, la déesse se retire en son palais de verdure, niché sur un îlot protégé par les cygnes.

Elle se débarrasse de tous ses attributs et plonge dans l’eau pure d’une cascade épargnée par la main de l’homme.

Escortée par les loutres et les castors, elle se livre aux joies de la nage papillon puis rentre enfin dans son foyer, grignote quelques biscuits secs et des baies, s’allonge sur un matelas de plumes d’oies et s’endort dans un bruissement d’ailes. 

 

Pèlerinage en poésie

 



Sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle, j’ai croisé un pèlerin qui accepta de me confier son manuscrit La Chanson des Nuages. Je l’ai repris avec amour et vous le livrerai quand il sera recopié et enluminé par les soins d’un trio sans qui mes livres ne verraient pas le jour.

 C’est Pâques et j’ai opéré en quelque sorte une résurrection, celle de mon passé plein d’ombres et de lumières.

La dernière ligne a été écrite aujourd’hui. Qu’elle aille par les chemins de traverse, cette chanson ! Colportée par des conteurs en sabots ou en escarpins, qu’elle procure la joie et l’espérance !