Le brigadier Aimé de Tours, informé de la disparition de l’enfant,
eut à cœur de la retrouver rapidement. Il prit note du récit de Cerise, s’abstint
de lui reprocher son silence lors de la découverte de Célia et mit une partie
de son équipe à l’identification de la victime présumée.
Le bouquet informatif lui apprit que la petite disparue était
orpheline et qu’elle avait échappé à la mort grâce à la protection de la forêt.
Ensuite, elle avait été recueillie par Cerise qui avait tout mis en œuvre pour
assurer sa sécurité. Néanmoins, un ravisseur inconnu avait franchi le cercle
sécuritaire mis en place par la jeune femme et selon son témoignage, des chiens
pisteurs auraient suivi sa trace jusqu’à un ruisseau au cœur de la forêt.
Aimé de Tours réunit une équipe chevronnée et ils allèrent
au-delà du ruisseau pour découvrir des indices qui ne manqueraient pas de
jalonner leur route : ici un ruban accroché à un buisson, là une ballerine
oubliée en chemin. Cette piste les conduisit jusqu’aux murailles d’une
forteresse.
L’évaluation du château fortifié pesant dans la balance du
jugement, le brigadier ordonna le repli.
De retour à la gendarmerie, il mit tout en œuvre pour
connaître la situation du propriétaire des lieux où était sans aucun doute
retenue l’enfant.
L’histoire de Loup des Ardennes le réconforta : cet
homme désespéré avait misé sur la présence de Célia pour surmonter sa douleur et son deuil ;
il ne serait sans doute fait aucun mal à l’enfant mais par ailleurs il serait
difficile de persuader le ravisseur de se séparer de celle qui lui rendait la
vie.
Le brigadier convoqua son conseil des sages et ils étudièrent
la situation afin de délivrer l’enfant sans brutaliser son ravisseur , prenant
en compte l’étendue de son désespoir.