lundi 12 janvier 2026

Le loup des neiges éternelles

 

 

 


Alors qu’il interprétait Requiem pour un Fou sur scène, captivant son auditoire, Johnny vit apparaître dans un halo de lune un loup gigantesque qui lança un cri glaçant.

Johnny fut le seul à l’entendre mais ce hurlement profond imprima en son âme la douleur ressentie par la victime.

«  Je n’étais qu’un fou

Mais par amour

Elle a fait de moi

Un fou, un fou d’amour

Mon ciel, c’était

Ses yeux, sa bouche

Ma vie, c’était

Son corps, son cœur

Je l’aimais tant

Que pour la garder

Je l’ai tuée ».

Galvanisé par la présence du loup, Johnny chanta avec tant de ferveur que la jeune femme assassinée naquit de ses cendres et fit resplendir sa beauté.

Johnny, ruisselant, l’accueillit à genoux, au bord de la rupture.

Orphée des temps nouveaux, il ramena Eurydice des enfers et la rendit à l’amant qui chassa définitivement les démons de la passion destructrice.

«  Je l’aimais tant

Mais le loup des neiges éternelles me l’a rendue » improvisa Johnny, suscitant l’amour de ses fans.

dimanche 11 janvier 2026

Les îles d'or

 




«  Méditerranée

Aux îles d’or ensoleillées

Aux rivages sans nuages

Au ciel enchanté

Méditerranée

C’est une fée qui t’a donné

Ton décor et ta beauté

Méditerranée »

La voix de Tino Rossi chantant les beautés de son île natale murmura amoureusement aux oreilles de Vincent la chanson des amours. Vincent partit sur la grève semée de coquillages.

«  Mille jardins lui font comme un collier de fleurs ».

Venues des roseraies proches du bord de mer, des jeunes filles en boutons de roses, maniant une ombrelle symbole de la beauté féminine, entourèrent Vincent en smoking blanc portant des mocassins à l’indienne.

Ce fut une inoubliable rencontre qu’immortalisèrent les dauphins et les sirènes tandis qu’un peintre brossait la scène pour l’éternité.

L'île aux perles

 



En faisant relâche dans une île, Liouba fut frappée par l’importance accordée aux perles par les habitants.

Elles ornaient le cou et les poignets de toutes les femmes et les hommes portaient des turbans où resplendissait une énorme perle qui captait les rayons du soleil.

Liouba prit la décision de séjourner dans une île aussi remarquable, un eldorado sous le signe de la perle, symbole de pureté et d’exception.

Elle pria son équipage de l’imiter. Le quartier-maître explora l’île pour rechercher une habitation.

Une très belle villa de style mauresque, spacieuse et confortable était à vendre ; Liouba en fit l’acquisition et chacun prit ses marques dans cette demeure.

En hommage à la cité phocéenne chère à son cœur, Liouba nomma sa villa Massalia.

Elle se promit de lancer la mode des perles dans sa ville chérie et commença des investigations pour connaître le secret de l’île.

Elle découvrit que cette richesse reposait sur le travail quotidien de pêcheurs de perles. Chaque jour, ils risquaient leur vie pour ramener les précieux coquillages.

Un atelier spacieux permettait aux équipes ouvrières d’extraire la perle de sa nacre d’origine. Des artisans montaient les sphères lumineuses en bijoux que des commerçants vendaient dans l’île et aux alentours.

Liouba acheta une parure qu’elle arbora avec fierté, des turbans à perle pour l’équipage et des bijoux pour son personnel féminin.

Elle mit son voilier à la disposition de Mansour, le coordinateur de toutes les opérations commerciales du pays.

Mansour la remercia chaleureusement et lui offrit un coffret de perles qu’elle fit parvenir à Stanislas en le priant de doter les élèves méritants de l’atelier de peinture.

«  Que naissent des Vermeer, amoureux de ces sphères qui captent l’âme et la beauté des femmes » lui écrivit-elle en conclusion.

Heureuse d’avoir trouvé un nouvel intérêt à sa vie aventureuse, Liouba se livre corps et âme à l’exploitation précieuse d’un symbole absolu de la beauté.