dimanche 23 août 2026

La reine des pavots

 

 



Dans un royaume insulaire où poussaient des pavots multicolores vivait une reine, Féodora, à la beauté byzantine.

Elle aimait se promener dans son royaume, sous bonne escorte. Son grand plaisir consistait à dessiner, peindre et décrire dans des odes à la beauté son île sous toutes les formes.

Un jour, alors qu’elle s’appliquait à reproduire sur son carnet à dessins une ronde de dauphins, une escouade de dragons fondit sur elle, neutralisant son escorte dévouée qui tenta, en vain, de jouer du poignard. Les écailles des dragons étaient si épaisses que la pointe des poignards s’émoussait et perdait toute efficacité. En représailles, les  dragons infligèrent des brûlures aux serviteurs de la reine qui ne purent empêcher le chef ennemi, Drogon, qui portait un énorme rubis sur le front, d’emporter leur reine.

Désespérés de n’avoir pu lui venir en aide, ils revinrent au palais rendre compte de la situation au grand chambellan Armel. Cet homme de confiance fit étendre des filets dans l’environnement royal afin d’empêcher une invasion possible de dragons.

Ensuite, il dirigea un conseil pour concevoir un plan destiné à la délivrance de leur reine.

Pendant ce temps, Féodora découvrait le décor dans lequel elle allait devoir vivre.

C’était un royaume granitique où poussaient de rares fleurs. Le palais en cristal de roche s’avéra être d’un confort étonnant. Les appartements mis à sa disposition étaient dignes de son rang.

Drogon eut le bon goût de ne pas se montrer et délégua à des dames d’honneur le soin de tout mettre en œuvre pour que la reine se plaise en son palais. De fait, mise à part sa captivité implicite, Féodora avait tout pour être heureuse. Néanmoins, elle pensait à son royaume avec nostalgie et elle se demandait ce qu’il était advenu de la sérénité des habitants. Ses pavots lui manquaient et elle demanda l’autorisation de peindre sur les murs de sa chambre ces fleurs fragiles symbolisant le soleil.

Drogon consentit à ces embellissements et il fit préparer la pièce pour qu’elle devienne un atelier de peinture.

Tous les meubles furent placés dans une chambre proche de la sienne.

Du fait de cette connivence artistique, il eut l’impression d’avoir fait un pas vers la séduction de Féodora qui s’avérait difficile de par son apparence mais possible grâce à une union des âmes transformant les écailles en symboles d’amour.

Les adieux d'un prince à une reine

 



L’éventail de Kaori se referma en signe de clap de fin et elle reçut un hommage inattendu, celui de notre prince, Vincent à la voix d’or.

«  Les mains des p’tites femmes sont admirables

Et toutes semblables à des oiseaux

Elles agitent leurs petits doigts mignons et frêles

Comme des ailes

De passereaux.

Quand elles jouent de l’éventail

Ou d’leurs yeux avivent l’émail

Quand elles pianotent

Quand sur leur minois joli

Elles mettent la poudre de riz

Je le proclame

Les mains de femmes

Sont des bijoux

Dont je suis fou ».

La reine des neiges éternelles reçut l’hommage du prince avec un bonheur infini.

Libre d’aimer et de chanter, Kaori Sakamoto repartit vers le Levant, les chansons d’ Edith Piaf aux lèvres et en plein cœur la célébration rendue à sa valeur artistique par un ténor dont elle se promit de suivre les récitals pour le seul plaisir d’aimer.

jeudi 20 août 2026

Perles d'orient

 

 

 


En feuilletant le livre de leurs souvenirs, des amants ont découvert des perles d’orient, un trésor inouï dont ils ont admiré les reflets fascinants, évoquant les villes disparues, apparaissant comme les mirages d’amours défuntes.

Du haut d’un minaret, le muezzin appelle à la prière et chacun de respecter les rites des croyants.

Leila, la belle, regarda les évolutions des familiers de la maison comprenant, à la mode romaine, un patio à ciel ouvert d’où tombe parfois une pluie revigorante qui donne aux citronniers et aux orangers une couleur intense et active leur parfum.

Assise sur le sofa, elle lit, écrit, médite, brode et elle espère que son époux lui reviendra avec de bonnes nouvelles et une délicate fragrance de jasmin et de bonheur.

L’ambre et l’encens flottent dans la pièce et dans son caftan de soie, la belle hôtesse se parfume les mains, commande aux cuisines du thé à la menthe et des gâteaux au miel et recommande aux jeunes serviteurs de se tenir prêts pour procéder aux ablutions à l’eau de rose.

Un léger bruit atteste l’arrivée de l’époux.

Souriant, il dépose sur les genoux de son aimée des parures de perles et une ceinture d’argent.

Puis, après les ablutions rituelles, le cérémonial du thé se déroule tandis qu’une alouette, cachée dans le feuillage d’un oranger, égrène les notes de son chant.

Le temps est suspendu et les perles d’orient, rangées dans la boite à bijoux,  jettent leur note d’indéfectible amour !