lundi 13 juillet 2026

La conteuse aux mains d'or

 




Dans une contrée boisée vivait une jeune fille prénommée Muguet dont l’art consistait à alterner le temps de l’écriture et celui du récit lors des veillées.

Au village, on l’avait surnommée la conteuse aux mains d’or car ceux qui avaient eu la chance de l’observer dans ses travaux d’écriture croyaient voir une virtuose du stylo tant la plume courait avec rapidité sur le parchemin à base de papyrus, de roses et de jasmin.

La quintessence florale du parchemin imprégnait la plume en or de la conteuse, conférant aux mots employés le parfum subtil de sa substance.

Comme ils étaient beaux les princes nés de sa plume ! Ils galopaient sur leurs destriers pour délivrer une princesse détenue par un dragon ou un être malfaisant pétri de haine.

Dans le meilleur des cas, le geôlier souffrait de troubles de l’âme et finissait par libérer sa prisonnière, honteux de ses actes de prédateur.

Mais ce cas restait une exception.

Un jour, une biche apparut près de la fenêtre de la pièce principale, semblant présenter un signe à Muguet.

Muguet jeta un châle sur ses épaules, mit quelques provisions dans un panier et suivit la biche qui l’entraîna dans un petit bois pour faire une halte près d’une fontaine. Elle disparut sous les arbres, laissant la jeune fille affronter son destin.

Muguet se souvint de la symbolique attribuée à la biche ; représentant la pureté, la grâce, l’harmonie avec la nature, la biche accompagnait Artémis, la déesse lunaire dans la représentation des divinités antiques.

L’avoir rencontrée et suivie signifiait assurément que Muguet était dans la bonne voie en magnifiant la nature dans ses écrits et qu’elle allait certainement voir une inflexion positive dans son destin.

De fait, un jeune chasseur armé d’un arc et de flèches la rejoignit près de la fontaine.

Pas de biche à ses côtés ; par contre ses beaux yeux noisette avaient l’éclat de la parure principale de cet animal gracieux.

Il se présenta, Hubert de la Renaudière :

«  Cet arc et ces flèches sont un cadeau du dieu Apollon et je n’ai nulle envie de m’en servir pour tuer un hôte de ce bois à moins qu’il ne soit redoutable, dangereux et offensif à notre égard ».

Il s’assit auprès de la jeune femme et s’enquit de sa présence en ce lieu consacré. Muguet répondit qu’elle avait suivi un signe et qu’elle se trouvait en ce lieu avec la croyance que sa vie allait subir une inflexion.

Elle se présenta à son tour, Muguet, conteuse pour assurer le bonheur du jour à ses compatriotes.

«  Puis-je vous enlever, charmante Muguet ? Nous apprendrons à mieux nous connaître en mon palais dont vous serez l’invitée d’honneur »
Un carrosse volant apparut dans la clairière. Les jeunes gens y prirent place et ce fut le départ pour le royaume de Mondésir où régnait Hubert de la Renaudière.

dimanche 12 juillet 2026

Retiens la nuit bleue

 

 


«  Born to kill » telle est la devise des Marines et s’inscrit sur leur casque.

«  Né pour aimer » telle est la devise de  Johnny à l’opposé du corps d’élite des USA.

«  Retiens la nuit pour nous deux jusqu’à la fin du monde

Retiens la nuit pour nos cœurs dans sa course vagabonde

Serre-moi fort contre ton corps, il faut qu’à l’heure des folies

Le grand amour raye le jour et nous fasse oublier la vie ».

Dans notre imaginaire, Johnny est le grand jeune homme blond aux yeux bleus qui circule en Lamborghini rose au sortir de ses spectacles, avalant les kilomètres pour enchanter ses fans d’une ville à l’autre.

La belle chanson écrite pour Johnny par Charles Aznavour flotte dans nos rêves et nous offre la clef du bonheur.

samedi 11 juillet 2026

Célimène

 

 


Les rythmes antillais assortis de cocktails aux fruits exotiques s’emparèrent de Vincent qui se laissa gagner par le farniente cadencé des îles.

«  Depuis deux mois

J’en reviens pas

Je m’demande si je n’ rêve pas

Tout çà est bien trop beau pour moi

Imaginez

Une poupée

La plus belle fille du pays

Et la plus amoureuse aussi

C’est tout cela

Célimène

Et plus que çà

Célimène » .

Vêtu d’un pantalon de toile blanche et d’une chemise de lin écrue, espadrilles en toile pour ne pas se blesser en marchant sur les coquillages, Vincent célébra les charmes de l’été en s’écriant

«  Cé cé cé-Célimène » espérant qu’elle apparaisse en jupon à volants et caraco de soie, une fleur dans les cheveux, cette insulaire magique qui lui apportera l’amour !