jeudi 4 juin 2026

Quatrième de couverture de Mystère à Maroilles

 


 

« Un photographe d’art réalisa post mortem un cliché de la malheureuse. Grâce à d’habiles retouches, il effaça les stigmates de la douleur et donna à la femme l’apparence d’une personne en vie.

De cette manière, on put proposer aux habitants de Maroilles une photographie convenable voire attrayante.

Un homme la reconnut : «  C’est la créature des bois » ! On lui demanda de préciser le sens de la métaphore.

Selon ses dires, cette femme connue sous l’appellation « créature des bois » était une aubaine pour les hommes en quête de proies faciles ».

 

Qui est cette « créature des bois » et quel lien l’unit-elle avec une petite fille trouvée en forêt de Mormal près de Maroilles ?  Voilà l’énigme que doivent résoudre la gendarmerie du village et Ophélie, habitant aux Bleuets, dans la maison léguée par sa grand-mère au passé étonnant ! En cherchant des champignons et des fleurs pour ses compositions artistiques, Ophélie a trouvé une enfant errant dans la forêt …

La colline de roses

 





Dans une colline envahie par les roses vivait un jeune peintre prénommé Gabriel qui peignait inlassablement ces reines de beauté, s’attachant à reproduire la moindre nuance.
Il installait son chevalet et procédait par petites touches en espérant voir apparaître une jeune femme épanouie qu’il effeuillerait sous ses baisers.
De rêve en rêve, il finit par la représenter. Longue, fine avec une taille de guêpe, elle laissait sa chevelure prendre le pli du vent.
Il ne fut guère surpris de la voir apparaître à ses côtés. Elle était encore plus belle que dans son rêve. Elle prit la parole :
« Ces toiles sont d’une hallucinante beauté et je serais enchantée de vous servir de modèle ; reine des roses, ce titre me convient tout à fait ! Je suis une enfant trouvée. Ma mère qui était sans doute dans une situation désespérée m’a déposée dans un couffin où elle avait placé une parure de corail accompagnant un mot laconique : « Prenez soin de ce joyau » ! Le prêtre qui m’a découverte sur les marches de son église m’a confiée à une famille en mal d’enfant. On m’a prénommée Coralie en référence à la parure trouvée dans mon berceau. J’ai appris une foule de choses à l’école et mon prêtre sauveur m’a enseigné le latin. J’ai appris à coudre, tricoter et broder avec sa servante au presbytère et je peux, si vous le souhaitez, vous confectionner un costume de fête pour rembourser les frais du tableau que vous feriez de moi ».
Enchanté par cette requête, Gabriel posa ses pinceaux et proposa à la jeune fille de l’accompagner dans une auberge où l’on servait de bons plats forestiers.
« Je vous confie ma toile, ma brosse, mes pinceaux et mes couleurs, chers écureuils » dit-il en rangeant son matériel dans un buisson d’églantines en fleurs.
Les jeunes gens furent heureux de s’asseoir à la terrasse d’une auberge pimpante qui portait le nom de Trois Roses.
Aux Trois Roses, la cuisine était soignée. Cotriade bretonne, Coucou de Rennes et gâteau au beurre fourré de crème de pruneaux les ravirent.
Cet excellent repas arrosé de cidre er de muscadet terminé, Gabriel et Coralie regagnèrent la colline de roses.
Coralie prit la pose et Gabriel la peignit longuement, heureux d’avoir trouvé la muse de sa vie.

mercredi 3 juin 2026

Quoi de plus doux, de plus tendre

 

 

 


«  Quoi de plus doux, de plus tendre

Que le cœur d’une maman

Qui donc sait mieux nous comprendre

Et calmer tous nos tourments » ?

Vincent se pencha avec tendresse sur le portrait de sa maman, la bonne fée de son enfance et lui envoya des baisers du bout des doigts.

«  C’est pour toi seule que ce soir je chante

Maman, toi dont la grâce et

La douceur m’enchantent

Que m’importe  si l’âge a

 Creusé ton cher visage

Et si je vois tomber peu à

Peu la neige sur tes cheveux, maman ».

Vincent promit à sa mère de lui envoyer une douzaine de roses lors de sa tournée.

Nimbé de cette tendresse maternelle qui l’avait aidé à surmonter toutes ses craintes d’artiste sensible, Vincent foula un tapis de pétales de roses qui le conduisit jusqu’à la première ville où il devait se produire en star confirmée.

 

Quête de l'orient

 

 


Cette quête de l’Orient menait bon train. Selon les données du carnet, Lola était remontée jusqu’aux croisades où un ancêtre de son père s’était illustré.

« Se pourrait-il qu’en fouillant le passé et en dialoguant avec un descendant de la Terre Sainte, elle ait ravivé les plaies de ceux qui avaient perdu une épouse chérie ou des enfants » ? se disaient-ils à mots couverts tant ce sujet était sensible.

Un nom revenait souvent, c’était celui du prince Abdallah. Il vivait dans un royaume situé en bord de mer, riche en perles et en or noir.

«  Je devrais peut-être m’y rendre et tâcher de savoir quels liens s’étaient noués entre Lola et le prince » dit Bertrand mais il avait à peine terminé sa phrase qu’un bruit singulier se fit entendre : c’était celui d’un cavalier.

Ce dernier attacha sa monture à la clôture des Bleuets et activa le heurtoir.

«  Je suis le prince Abdallah dit-il à son arrivée et je m’inquiète au sujet de la comtesse des Marches car elle m’a laissé sans nouvelle et sans explication. Elle m’a beaucoup parlé de vous, Dame Ophélie, c’est pourquoi j’ai pris la liberté de venir directement chez vous plutôt que de me rendre en son manoir » expliqua-t-il.

Le général Dutilleul se présenta et autour d’un thé à la menthe, il mit le prince au courant de leurs investigations.

Une délégation appartenant au prince apporta de jolis présents, colliers de perles, coffrets en nacre et bijoux artisanaux. Une tiare en diamants et une ceinture en or complétaient ce don oriental.

Ophélie remercia le prince de sa générosité et lui dit que le plus merveilleux des cadeaux serait le retour de Lola, saine et sauve.

Les deux hommes en convinrent et ils se rendirent au cimetière où tout avait commencé.

Ils notèrent que des fleurs fraîches avaient été déposées sur la tombe ce qui était sans nul doute le signe d’une Lola, vivante et cachée pour des raisons qu’ils ignoraient.

Ragaillardis par cette présence florale, le prince et le général convinrent que les recherches devaient se focaliser sur Maroilles où Lola se trouvait peut-être.