dimanche 21 juin 2026

Johnny Papa

 

 

 


Jade et Joy, ses joyaux, Laura, sa princesse et David son roi envoyèrent à Johnny leur père, une chanson, dans les nuages pour lui souhaiter une belle fête des pères.

«  Papa, papa, en faisant cette chanson

Papa, papa, je r’deviens petit garçon

Et je t’attends sous l’orage

User tout ton humour

Pour redonner du courage

A nos cœurs lourds ».

La belle chanson de Georges Brassens atteignit Johnny en plein cœur et il devint le petit garçon qu’il n’avait jamais été, propulsé sur les planches à l’âge de cinq ans pour n’avoir pas été désiré.

Un immense cœur de guimauve éclata en mille pétales d’amour et il les envoya sur terre réjouir l’âme de tous les pères aimants du monde.

L'énigmatique Marin

 




Levée dès l’aube, Gwendoline se hâta de préparer le café et les crêpes du petit déjeuner. Elle eut la surprise en arrivant dans la cuisine de trouver trois louis d’or et quelques pierres précieuses, rubis, émeraudes et saphirs. Un petit mot «  Merci » signé Marin était écrit sur un bristol parfumé au bois de santal.

Ce jeune homme est une énigme pensa Gwendoline et elle rangea les cadeaux et la carte dans un petit coffret où elle enfermait ses objets précieux.

La journée lui parut longue et elle se surprit à confectionner un costume breton masculin dont elle broda le gilet et la veste au fil d’or.

«  Marin aurait fière allure dans ce costume » conclut-elle, satisfaite de son ouvrage.

La nuit tombait ; elle mangea la galette-saucisse achetée la veille au marché, mit un châle sur ses épaules et partit au Fest Noz, ce qui n’était pas dans ses habitudes.

Des soupirants l’invitèrent à danser une gavotte et elle se laissa étourdir par le rythme festif de cette danse ancestrale.

Son dernier cavalier, Yann Le Bihan tint à la raccompagner chez elle.

«  Une mauvaise rencontre est vite arrivée » conclut-il avec autorité.

Il s’inclina galamment sur le pas de sa porte et ils se quittèrent ainsi sur une promesse de nouvelle rencontre pour le prochain Fest Noz.

Les jours suivants, Gwendoline mit le costume confectionné en pensant à Marin dans sa vitrine et il se présenta plusieurs acquéreurs qui se faisaient fort de briller lors du prochain Fest Noz.

Gwendoline allait vendre le costume à Yann Le Bihan lorsque Marin entra.

Il s’écria «  Ce costume est pour moi ! Je sais que vous l’avez créé en pensant à moi, ma douce princesse. J’ai dû vous quitter brusquement pour régler un différent familial mais j’ai fait diligence pour briguer votre main ».

Lisant le désir dans le regard de Gwendoline, Yan Le Bihan sortit discrètement de la boutique, laissant le couple à la découverte de son amour naissant.

Saint Barth

 



Un jour, les vagues se mirent à swinguer et l’on entendit des sons inaccoutumés en provenance de l’océan.

Wraouf Wraouf !

C’était un déferlement de sons gutturaux qui ressemblaient à de gigantesques onomatopées, rappelant la présence du roi du rock sur ces rives lointaines.

Puis l’on vit des drakkars rouge et or, conduits par des géants à tête blonde, escortés par des sirènes et des dauphins farceurs.

La soirée allait être fabuleuse et sur la grève, les danseurs se mettaient en place.

Johnny allait faire son entrée et l’on oublierait ce mausolée blanc où s’accumulaient les bouquets de fleurs blanches.

D’énormes guitares enrubannées de fleurs, des roses blanches notamment, servaient de leitmotiv pour la fête sans précédent qui se préparait.

Quelques riverains redoutaient un peu de voir voler en éclats la tranquillité qu’ils avaient payée à prix d’or mais en voyant débarquer les amoureux du rock et les passionnés de celui qu’ils prenaient pour un dieu, ils se rassurèrent.

Ce n’étaient que des braves gens, venus, à leurs frais, rendre un hommage sans égal à leur Johnny qui ne pouvait pas être mort.

Un immense géant, créé en Flandre à l’image du chanteur, fut hissé sur la plage et en le voyant, Jade et Joy pleurèrent de joie : « on leur rendait leur papa » !

Elles voulurent l’embrasser et on les hissa pour qu’elles puissent se caler au creux de son épaule.

Le spectacle était si charmant que beaucoup de fans sortirent leur mouchoir pour chasser un imaginaire moucheron.

Enfin, l’on installa sur le sable étale, un piano blanc et lorsqu’on vit le grand Yvan Cassar, aux boucles argentées, véritable Méphistophélès sorti de La beauté du Diable, répéter un air, on comprit que l’inédit, le divin étaient au rendez-vous et l’on se prit à espérer une incroyable entrée en scène du chanteur, ce qui arriva, mais cela, je vous le raconterai une prochaine fois !