mardi 9 juin 2026

Le sourire des anges

 

 

 


Venu du ciel en une arabesque divine, le sourire des anges réchauffe notre cœur.

Il est sculpté dans la pierre, peint avec délicatesse par le pinceau d’un peintre, comme le sourire ultime de la beauté du jour ou murmuré du bout de la plume du poète et lorsqu’on le regarde sous toutes ses formes, on voit s’ouvrir le paradis. L’on se prend à rêver de cet au-delà mystérieux qui n’est peut-être pas si effrayant qu’on se l’imagine.

Le sourire des anges flotte sous la voûte céleste et s’unit à la rose sublime qui jaillit de la fontaine des dieux.

La fleur souveraine jeta mille feux et devint une source lumineuse qui se répandit sur la terre, magnifiant le sourire de l’ange qui se multiplia, pulvérisant sans coup férir les ténèbres qui avaient commencé à assombrir le berceau de nos pères !

lundi 8 juin 2026

Un plan judicieux

 


Aimé de Tours se procura une poupée de la taille de Célia et s’introduisit une nuit dans le château du ravisseur.

Il glissa la poupée dans le lit de la petite fille qu’il emporta toute endormie sur son épaule.

Ce plan audacieux lui avait été soufflé par son intuition de fin limier habitué aux opérations rapides et périlleuses.

Loup des Ardennes s’indigna, trépigna, exprima sa rage mille fois puis il se ravisa, reconnaissant la folie qui s’était emparée de lui.

«  Cette petite fille a trouvé un foyer qui lui convient. Ai-je le droit de l’en arracher ? Certes pas ».

Son écuyer lui suggéra un remariage : «  Vous aurez ainsi un foyer bien à vous et nous n’irons plus chasser pour veiller sur votre famille ».

Le seigneur approuva cette sage proposition et il mit tout en œuvre pour la réaliser, gardant au fond de son cœur l’inoubliable Célia.

Les limiers de la maréchaussée

 



Le brigadier Aimé de Tours, informé de la disparition de l’enfant, eut à cœur de la retrouver rapidement. Il prit note du récit de Cerise, s’abstint de lui reprocher son silence lors de la découverte de Célia et mit une partie de son équipe à l’identification de la victime présumée.

Le bouquet informatif lui apprit que la petite disparue était orpheline et qu’elle avait échappé à la mort grâce à la protection de la forêt. Ensuite, elle avait été recueillie par Cerise qui avait tout mis en œuvre pour assurer sa sécurité. Néanmoins, un ravisseur inconnu avait franchi le cercle sécuritaire mis en place par la jeune femme et selon son témoignage, des chiens pisteurs auraient suivi sa trace jusqu’à un ruisseau au cœur de la forêt.

Aimé de Tours réunit une équipe chevronnée et ils allèrent au-delà du ruisseau pour découvrir des indices qui ne manqueraient pas de jalonner leur route : ici un ruban accroché à un buisson, là une ballerine oubliée en chemin. Cette piste les conduisit jusqu’aux murailles d’une forteresse.

L’évaluation du château fortifié pesant dans la balance du jugement, le brigadier ordonna le repli.

De retour à la gendarmerie, il mit tout en œuvre pour connaître la situation du propriétaire des lieux où était sans aucun doute retenue l’enfant.

L’histoire de Loup des Ardennes le réconforta : cet homme désespéré avait misé sur la présence de  Célia pour surmonter sa douleur et son deuil ; il ne serait sans doute fait aucun mal à l’enfant mais par ailleurs il serait difficile de persuader le ravisseur de se séparer de celle qui lui rendait la vie.

Le brigadier convoqua son conseil des sages et ils étudièrent la situation afin de délivrer l’enfant sans brutaliser son ravisseur , prenant en compte l’étendue de son désespoir.