dimanche 8 novembre 2026

Le prince aux yeux pers

 

 



En observant son reflet dans le miroir, le prince Florian dont chacun admirait le regard qui rappelait celui de la déesse Athéna, la déesse aux yeux pers, trouva que sa tenue, pourtant élégante, ne mettait pas en valeur la limpidité persane du miroir de son âme.

Des paillettes d’or sublimaient l’iris de sa parure naturelle, mettant l’accent sur la paradoxale retenue de sa mise.

Chez les Etrusques et à Florence, à l’époque de la Renaissance, en Italie et en France, les hommes portaient des tenues raffinées, correspondant à l’harmonie de leur couple ou au désir de se distinguer par la magnificence de leurs vêtements.

Lors de la Renaissance, velours, dentelles, soieries venues de la lointaine Chine, rubans, perles, diamants et pierreries du plus bel effet s’ajustaient pour créer d’incroyables tenues destinées à émouvoir le cœur des belles dont on cherchait la clef d’amour.

Le prince se rendit compte, à ce moment de la réflexion, qu’il n’aimait personne.

«  Voilà où le bât blesse » énonça-t-il clairement et ces paroles retentirent avec un écho sous la haute voûte de sa chambre.

«  Il me faut trouver ma dame d’amour » conclut-il résolument et délaissant son miroir qui ne lui apprendrait rien de plus, il entreprit un voyage, escorté par ses plus fidèles soutiens, fines lames et experts en arts martiaux.

Des poètes et des musiciens figuraient parmi la fine fleur de la noblesse, portant haut et fort la bannière princière.

Comme le voyage risquait d’être long, le prince prit la précaution d’engager du personnel prompt au service et à la cuisine ainsi que des hommes habiles à manier la hache, capables de construire un camp retranché si besoin était.

« Qu’elle montre ses jolis yeux pour être à la hauteur de notre prince, cette dame d’amour et nous pourrons la ramener dans notre palais » murmurait-on, le soir, lors des haltes qui nécessitaient un bivouac.

Laurent de Médicis ne sera plus le dernier gentilhomme connu pour sa magnificence se jurait par ailleurs le prince, se donnant ainsi des raisons d’aller de l’avant dans cette périlleuse entreprise.

Lors de la traversée d’un torrent dont les eaux gonflèrent au milieu du gué, le prince se trouva coupé du plus gros de sa troupe et gardant seulement à ses côtés cinq hommes, certes les plus hardis et les plus valeureux, jouant de leur corps et d’instruments de musique tels que la vielle et le biniou avec souplesse et talent, il dut revoir ses plans.

Parvenus sur l’autre rive, ils convinrent de ne pas prendre le risque d’attendre le reste de l’escorte et ils entreprirent la poursuite du voyage.

Ils eurent la chance de voir se profiler les hautes tours d’un château de belle facture à la tombée du soir.

On leur offrit l’hospitalité. C’est un chambellan qui dirigea la manœuvre et après un excellent repas précédé par un accès à une salle d’eau pour leurs ablutions, ils se virent proposer une veillée autour d’un grand feu de cheminée.

Des conteurs, des jongleurs et des troubadours se succédaient puis, à la clôture de la veillée, la dame des lieux se montra.

C’était une très belle femme et ce qui frappa le prince et ses suivants fut la grande beauté, la fulgurance même de son regard.

Le prince Florian se sentit inondé par une émotion si forte que la pourpre envahit son visage.

Dame Guylène fit preuve de retenue en ignorant ce détail, troublant pour son invité.

Ne voulant pas révéler le but secret de son voyage, le prince prétexta un frénétique besoin d’aventure et fort heureux d’avoir trouvé un thème de conversation, il évoqua son amour pour la mythologie et l’Italie de la Renaissance.

« Nous avons donc un point commun » révéla la duchesse et elle fut heureuse d’apprendre au prince que sa famille était originaire de Florence. Une aïeule était si belle qu’un prince voulut s’emparer de sa personne et Dame Luisa dut se résigner à fuir en compagnie de son époux qu’elle aimait tendrement.

«  Vous avez sans nul doute hérité de cette grande beauté » dit le prince et cette fois, ce fut au tour de Dame Guylène de piquer un fard.

Un ange passa et pour que l’atmosphère ne soit pas alourdie, le comte Aymeri qui était l’un des plus fidèles amis du prince, chanta une mélodie d’amour si belle et si poétique que chacun se sentit ému jusqu’au tréfonds de l’âme.

Pour féliciter ses hôtes de la beauté de l’aubade, Dame Guylène fit servir des coupes de sorbet au vin d’Asti, assorties de religieuses et de tartelettes aux amandes.

Ensuite, le prince et ses amis furent conduits dans leurs appartements et chacun prit du repos jusqu’au lendemain.

Une bonne nouvelle parvint au prince à son réveil : le reste de son escorte était arrivé au château et tous attendaient le bon vouloir de leur seigneur.

Florian trouva les mots pour faire comprendre que l’aventure était achevée en ce qui le concernait et lorsqu’ils virent apparaître Dame Guylène, chacun pensa que le prince avait trouvé sa dame d’amour.

«  Quelle est la couleur de ses yeux » ? lui demanda le comte Roland, autre proche, connu pour son art de manier le sabre.

«  Mon cher ami, répondit le prince, j’ai toute la vie pour la découvrir » !

samedi 7 novembre 2026

Halleluhiah

 

 


La voix de Léonard Cohen infiltra chaque parcelle de mon épiderme qui frémit à l’ombre du Sermon sur la Montagne.

J’y suis et j’écoute le maître, je me fonds dans la foule et j’écoute la parole d’or, les prophéties et les songes.

Telle Marie-Madeleine, je voudrais pouvoir balayer la poussière de tes pieds avec mes cheveux devenus soie  blonde d’amour mais je me réveille, transie, désespérée de devoir célébrer ta mort, ô Rabbi !

Tu nous avais tout donné et des personnes irresponsables n’ont pas supporté ta notoriété et ton règne sur les cœurs.

J’en demande pardon et je prie pour que les colombes t’entourent à tout jamais.

Chanson de l' Aimée aux yeux d'or

 

 

 


Chanson de l' Aimée aux yeux d'Or
Tes lèvres aux saveurs de mer et de miel cherchent les miennes, les trouvent et c'est un envol de papillons gracieux qui nous fait frémir de désir.
J'ai voulu échapper à tes étreintes, écrivant encore et toujours un hymne à l'amour mais à force de vouloir suivre la raison, je me suis sentie alanguie et désespérée.
Il faut donc que j'adopte une toute autre voie et que j'accepte d'écouter les vibrations de mon corps qui se tend, tel un arc de volupté, vers toi, mon aimé, mon trésor, mon prince des orangers aux parfums de bonheur.