mercredi 1 juillet 2026

Johnny in blue

 

 

«  On est champion, on est tous ensemble

C’est le grand jour, la France est debout

Votre passion toujours nous rassemble

Allez, les Bleus, on est tous avec vous ».

Des colombes ont apporté des roses bleues à Johnny pour lui rappeler qu’un match éliminatoire concernait l’équipe de France dans un stade newyorkais.

Johnny emprunta la calèche des anges et lorsque le signal fut donné, il galvanisa chaque joueur de l’équipe sacrée en lui murmurant à l’oreille les refrains cadencés de sa chanson :

«  Allez, vous portez nos espoirs

Vous gravez notre histoire

Et dans nos cœurs, vous serez toujours vainqueurs

Le bleu, c’est notre couleur ».

Et le miracle eut lieu. Portés par les slogans vainqueurs, les Bleus marquèrent et gagnèrent leur match sous le regard attendri et admiratif de Johnny, leur éternel parrain.

mardi 30 juin 2026

L'île aux fleurs

 



C’est en char à bans tracté par des bœufs, orné d’agapanthes qui reflétaient le bleu du ciel que les jeunes mariés Aurore et Amour arrivèrent au manoir de William de Boston avec leur escorte.

Leur voilier était amarré dans la crique de l’île et quelques marins restèrent à bord pour sa maintenance.

Les camélias, les hortensias et les mimosas offraient une palette colorée qui valait à l’île de Bréhat son surnom de l’île aux fleurs.

Les échoppes d’artisans jalonnaient la route et l’on apercevait les forges des maîtres verriers en action.

Les oiseaux donnaient une aubade et c’est dans cet environnement enchanteur que les invités et leur escorte firent leur entrée dans le manoir de granit rose.

Bolées de cidre, jus de fruits, galettes-saucisses, boudin noir, crêpes Suzette, gâteau breton fourré à la crème de pruneaux furent servis aux voyageurs avant qu’on les emmène dans leurs chambres respectives.

Yseult de Molène, la maîtresse de maison reçut les présents de la princesse Aurore avec grâce. Un assortiment de robes tissées de fils d’or et de fleurs, des grenats ornant des médaillons, des bagues ou des bracelets symbolisaient l’élégance florale du royaume. Des plats spécifiques pour le tajine et le couscous, un grand plateau d’argent pour présenter une pastilla royale aux pigeons et aux amandes ainsi que le cuisinier coutumier de ces plats de fête furent mis en avant par le prince Amour adepte des repas somptueux.

«  Les verriers semblent rivaliser avec ceux de Murano » dit le prince Amour à Sir William de Boston.

«  Nous irons visiter une verrerie durant votre séjour. Vous pourrez faire votre choix : ce sera notre cadeau de noces. Boules de cristal pour orner une rampe d’escalier, compositions pour un chemin de table, verres et coupelles vous rappelleront  votre séjour dans l’île aux fleurs ».

Après cet échange mondain, des serviteurs conduisirent les hôtes dans leurs chambres respectives pour qu’ils prennent du repos.

On remit au lendemain la découverte de l’île.

Tournebride

 

 



Tournebride était un joli château aux tourelles de granit rose qui n’incitait pas à faire demi-tour comme son nom le suggérait.

Le maître de l’expédition William de Boston demanda l’honneur d’être reçu par la maîtresse des lieux, la princesse Aurore.

Il présenta une robe en dentelle blanche ornée de roses en soie et une parure de saphirs pour respecter le «  quelque chose de bleu » requis pour un mariage réussi à la princesse Aurore qui apprécia ces cadeaux élégants.

Sa suite et lui-même furent invités à loger au château. Des palefreniers prirent soin des chevaux et chacun goûta le charme et le confort d’une chambre après l’impression de roulis restée en eux depuis leur voyage sur le voilier.

Ils purent prendre un bain et arborer une tenue d’apparat pour honorer leur hôtesse à la table du festin où ils étaient conviés.

Des damoiseaux et de jolies dames en robe de brocart portant le hennin étaient installés sur des chaises hautes en laissant les places d’honneur auprès de la princesse aux invités.

Un cochon de lait farci de châtaignes fut découpé et servi par les cuisiniers du château qui furent applaudis tandis que des échansons versaient du vin grec, du chouchen ou des cocktails fruités dans des hanaps ciselés.

Une ronde de plats s’ensuivit ; chacun put choisir le mets de son choix parmi une kyrielle de gourmandises : jardinière de légumes, chaud-froid de volaille sauce madère, pastilla aux pigeons et aux amandes, tajine d’agneau et cassolettes de fruits de mer.

Un plateau de fromages comprenant maroilles, comté, brebious, mimolette, roquefort, fourme d’Ambert, brie et crémeux de Normandie ravit les convives.

Pavlovas, mokas, tartes à la crème et aux fruits ou à la cassonade, cake d’amour de Peau d’ Ane et pièce montée de choux à la crème chantilly clôturèrent ce repas de fête.

Des troubadours donnèrent ensuite un récital où les chansons d’amour primaient.

Quelques propos autour d’une infusion d’aubépines cimentèrent cette soirée du sceau de l’amitié.

«  Altesse, cette soirée sera inoubliable. J’espère vous recevoir avec votre époux en mon manoir : les portes vous seront grand ouvertes. La cervoise, le cidre, le vin clairet et le champagne couleront à flots et nos cuisiniers vous réserveront de belles surprises pour que vous gardiez un bon souvenir de notre terroir fouetté par l’océan ».

Le lendemain, les hôtes quittèrent Tournebride chargés de présents et après une chevauchée sans histoire, ils reprirent la mer pour rentrer dans l’île aux fleurs où les attendaient leurs fidèles épouses.