vendredi 26 juin 2026

Quand chantent les cygnes

 



Des cygnes se mirent à chanter le jour où la reine Phoebe disparut. Elle était partie, comme à l’accoutumée, pour se promener et cueillir des fleurs des champs, écouter des chants d’oiseaux pour créer des poèmes venus du cœur.

On ne retrouva d’elle qu’une chaussure, comme dans le conte de Cendrillon mais son entourage était formel, aucun prince ne gravitait dans la cour de ses habitués.

Ce qui parut inquiétant aux yeux d’aurore, sa dame de compagnie, c’est que l’on trouva dans un buisson son carnet, celui où elle notait ses idées fugitives, craignant qu’elles ne s’évaporent avec le vent.

Ce jour-là, elle avait inscrit le mot «  Mélancolie » et elle avait commencé un poème où intervenait une actrice qui cherchait la pièce sacrée qui la propulserait au niveau de Sarah Bernhardt.

Elle a peut-être rencontré une personne qui lui a inspiré cette trame romanesque et théâtrale dit le prince Eugène, secrètement amoureux de la reine, cherchant sans doute à se rassurer.

Il se maudit, une fois de plus, de ne pas avoir avoué sa flamme : si j’étais son mari, se dit-il, je lui interdirais cette promenade en solitaire car Dieu sait quelles mauvaises rencontres on peut y faire !

On mit des chiens sur sa piste et ces derniers s’arrêtèrent près d’une rivière qui serpentait parmi les saules.

Le prince Andréa qui était un admirateur de la reine tout en ayant un regard complaisant sur toutes les jolies personnes qu’il rencontrait, aperçut un indice révélateur du passage de la reine. Son châle reposait près d’un buisson d’églantines. Or, la reine ne s’en séparait jamais.

Un page qui avait l’habitude de se promener près de la rivière, y donnant rendez-vous à de jolies soubrettes, remarqua qu’une barque qui était toujours amarrée près du buisson d’églantines avait disparu.

Elle sera certainement partie à bord de cet esquif dit le prince Eugène. Mais était-elle seule et pour aller où ?

Le majordome de la reine suggéra que l’on fasse venir une barque avant la nuit et que l’on entreprenne des recherches.

Une barge qui servait à transporter des barriques de vin de Cahors que l’on servait à la cour, des sacs de farine de blé et de seigle, des coupons de tissu et de soieries, fit l’affaire.

On emporta des flambeaux pour le cas où la nuit envelopperait de ténèbres le fil d’argent de la rivière.

L’un des plus fidèles limiers de la reine faisait partie de l’équipe. Le châle lui serait confié en temps utile.

La rivière se scindait en deux bras et la chance voulut que sur l’une des bifurcations, apparaisse la barque des origines.

Ralf, le chien danois reconnu pour son flair aboya positivement pour signifier que la reine avait bien pris l’embarcation.

La barge amarrée, la petite troupe suivit la piste de Ralf et ils arrivèrent bientôt aux abords d’un château qui leur sembla à l’abandon.

Le prince Eugène sonna du cor afin d’avertir le maître des lieux de leur présence.

Mais ce fut la reine elle-même qui apparut sur le perron, un perroquet bleu sur l’épaule.

Elle les fit entrer dans une grande salle où flambait un bon feu.

«  Vous nous avez fait peur, Phoebe » dit Andréa avec une pointe de reproche. Mais quelle ne fut leur surprise d’entendre la reine répliquer de cette étrange manière : «  Mais qui êtes-vous et pourquoi m’appelez-vous Phoebe ? On me nomme Eglantine et je suis la maîtresse des lieux.

Madame ne me reconnaît donc pas dit le majordome et sur ce, il laissa échapper quelques larmes. Il avait veillé sur la reine depuis son enfance et il éprouvait pour elle des sentiments quasi paternels.

Reconnaissez-vous votre châle risqua le page…et votre carnet dit sa dame de compagnie avec le mot Mélancolie écrit sur l’une des dernières pages » ?

Le mot Mélancolie sembla frapper la reine au cœur, sa dame de compagnie lui fit respirer de l’essence de rose qu’elle renouvelait chaque jour dans un flacon précieux.

Reprenant ses esprits, la reine Phoebe réalisa qu’elle avait été victime d’un enchantement.

L’enchanteur n’était autre que le génie de la rivière.

Voyant que le sortilège avait pris fin, il prit le parti d’apparaitre au grand jour et de reconnaître sa défaite.

«  J’ai été vaincu par un mot dit-il plaisamment. Ne m’en veuillez pas mes amis. Votre reine est si belle que j’ai usé de tout mon pouvoir d’enchanteur pour l’emmener dans ce château qui n’est pas si triste qu’il paraît ».

Il frappa le sol du pied et fit jaillir la lumière de lustres étincelants.

Une table richement ornée de linge brodé, de coupes de fruits et de fleurs, de vaisselle fine et de verres de cristal fut rapidement chargée de soupières au fumet gourmand, de tourtes aux pigeonneaux et à la sauce riche en madère et en champignons des bois, offrit à tous le réconfort d’un repas de fête.

Ballotines de volaille, agneau rôti et tajines de légumes fleurant bon le safran et les quatre épices poursuivaient la ronde amandine des plats venus d’orient et des cours royales.

Un gâteau cuit à la broche et une pyramide de choux à la crème pralinée terminèrent ces agapes de retrouvailles.

Après une bonne nuit de repos et un petit déjeuner à la hauteur du dîner de la veille, les hôtes prirent la route du retour.

Pour se faire pardonner son enlèvement d’amour, le génie de la rivière mit à leur disposition une barque spacieuse protégée par un dais.

Il offrit des pierreries à la reine et des bijoux précieux dont un collier de perles et de diamants.

Chacun reçut un cadeau personnalisé et tout le monde reprit la route du bonheur, emportant le souvenir d’un génie des eaux devenu un précieux ami.

Le prince Eugène se jura de faire sa demande en mariage mais il jugea qu’il faudrait à la reine un temps de pause pour oublier le génie qui était, à tout prendre, un être séduisant et charmant.

La reine Phoebe ne s’éloigna plus de son domaine et elle écrivit un beau roman qui firent les délices de ses sujets. Les enfants interprétèrent des épisodes sous forme théâtrale lors des fêtes scolaires.

Le chant des cygnes inspira une symphonie au prince Eugène qui trouva ainsi, par le biais d’une belle partition, le moyen de traduire l’amour profond qu’il éprouvait pour la reine.

Parallèlement, le prince Andréa déclara sa flamme à une demoiselle d’honneur de la reine à qui il jura fidélité.

Quant au génie des eaux, il fit parvenir une corbeille d’objets précieux en jade, or et cristal.

Près du buisson d’églantines jaillit une fontaine et chacun put venir s’y rafraîchir à loisir.

On célébra les mariages de manière romantique et le royaume trouva un équilibre harmonieux et féerique, digne de la rencontre d’un génie et d’une reine éprise de poésie.

 

 

Céladon berger du Tendre

 

 



Tandis que son frère jumeau le cherchait à l’autre bout du monde, Céladon, berger attentif au bien être de son troupeau, rêvait près du Lignon, charmante rivière claire qui abritait des ondines amies.

Céladon ignorait son identité princière. Au palais, sa nourrice l’avait immédiatement aimé et l’avait emporté, s’en remettant au destin.

Sa sœur jumelle avait pris sa place, simulant le désespoir à la vue du berceau vide.

Les recherches se portèrent tout naturellement vers un prédateur étranger au palais, personne ne remarquant la substitution de la nourrice.

Pendant ce temps, Madeleine emportait l’enfant dans sa région natale, certaine de pourvoir à son bien être et à son bonheur.

«  On n’est jamais heureux dans un palais ; il n’y a que des coups à prendre, Céladon chéri. Je te nomme ainsi car tes yeux de jade me l’imposent ». Elle chanta une berceuse et lorsqu’elle arriva à son point de chute, une jolie demeure confortable et cossue au milieu des fleurs, elle promit le paradis à l’enfant dans un milieu naturel dont la guerre était bannie. Tu seras berger, mon petit. Tu apprendras à gérer un troupeau. Nous récolterons le lait de nos brebis et tu m’aideras à faire le fromage que je vendrai au marché. Je mettrai des louis d’or de côté pour toi et lorsque tu seras en âge d’être marié, tu seras un beau parti et toutes les jeunes filles rêveront de devenir ton épouse ».

Cette belle romance berça l’enfant qui sourit sous les voiles de sa nacelle d’osier.

Céladon grandit et sa beauté était telle qu’elle devint légendaire.

Son nom parvint au palais. On parla de ses yeux de jade et ce détail émut la reine qui n’avait pas oublié la nuance océane des yeux de son fils disparu. Elle garda ce fol espoir au fond de son cœur et elle émit simplement le désir d’organiser un bal où l’on convierait les personnalités des terroirs avoisinants.

Elle chargea son conseiller de l’invitation d’un jeune berger nommé Céladon dont chacun célébrait la beauté, la sagesse et le talent.

Honoré de se voir invité au palais dont le rayonnement était considérable, Céladon profita de l’absence de celle qu’il tenait pour sa mère pour prendre la route. Prise de remords pour l’enlèvement de l’enfant, Madeleine avait éprouvé le besoin de partir en pèlerinage.

Céladon remit les clefs de la bergerie, de la laiterie et de la salle où l’on confectionnait le fromage à un homme sûr et partit gaiement, vêtu de sa plus belle tenue, pour le palais, lieu de sa naissance, ce qu’il ignorait.

Rêve d'amour pour Johnny

 

 



Les fans l’ont appris avec mélancolie, la maison de Johnny à Marnes -la-coquette a été vendue !

On aurait pu en faire un musée, le terrain immense et doté d’équipements sportifs et aquatiques aurait pu être exploité pour encadrer des événements ludiques et culturels ! Les enfants s’y seraient installés pour des jeux royaux !

«  Ne soyez pas tristes dit la grande voix de Johnny, je suis là parmi vous ! J’ai toujours eu l’âme d’un nomade et si je me suis installé aussi magnifiquement c’était pour que ma famille soit heureuse et se sente à l’abri. L’esprit de Cochise m’habite et les villas fortifiées ne sont pas pour moi. Rejoignez moi dans les grands espaces.

Je demanderai à Pascal Obispo et à Yvan Cassar, mes talentueux amis, de composer un spectacle où j’apparaitrai, plumes d’aigle et guitare d’argent oblige parmi les tipis, les loups, les ours, les aigles et tout ce qui me caractérise.

A très bientôt chers amis !