lundi 31 août 2026

La route du jasmin

 

 

 


S’enfonçant dans le maquis bleuté des collines lointaines, la route du jasmin, scandée par les youyous des femmes du cortège, tremble au son des tambours et finit par aboutir, en pleine lumière, à la tente mariale dressée pour les amants.

Les étoiles du jasmin jonchent le sol et embaument l’azur tandis que l’on s’affaire, de part et d’autre, aux préparatifs du festin.

Méchoui, tajines de poulet aux amandes, pastilla poudrée de sucre glace pour voiler le feuilletage où se cachent les pigeons caramélisés, pâtisseries où abondent le miel, les dattes et les fruits confits au sein de jolis moulages de pâte fine comme le voile de la mariée, tentent les gourmets qui s’abreuvent de moka, de thé et de boissons pétillantes aromatisées à la réglisse, la rose et l’hibiscus.

Les mariés goûtent aux plats par souci de bienséance car ils savent à quel point cuisiniers et cuisinières se sont impliqués dans ce repas dédié à l’amour puis ils s’éclipsent après avoir remercié tous leurs amis et se dirigent vers la bulle cristalline qu’on leur a préparée pour abriter les élans de leur passion.

Le lendemain, toute la noce reprend la route du jasmin et s’en retourne à la ville où les attend la trépidante vie des activités techniques inventées par les hommes, désireux de voir progresser l’humanité.

Alanguis et heureux, les mariés s’endorment en se promettant de reprendre bientôt en guise de pèlerinage, la route du jasmin.

La route ruban

 


 

La route se déroulait comme un ruban enchanteur. Sur ses bords fleurissaient des motels, des ranchs et des pavillons pimpants avec des jardinets dignes des rêves de Charlie Chaplin.

Mais un terrible incendie provoqué par une négligence humaine ravagea la route fleurie, pulvérisant les habitations dont il ne resta que de noirs débris calcinés.

Alors, n’écoutant que son incroyable courage et son désir de rendre l’amour pour la haine, Johnny, moulé dans son pantalon de cuir et sculpté dans sa chemise constellée de strass, les bottes appuyées sur l’accélérateur de sa moto à la mode Piaf, surgit comme le sauveur.

Sur son passage, les prés reverdirent et lorsqu’il chanta Pour moi la vie va commencer, des oiseaux, des castors et des robots firent renaître les lieux de vie en leur rendant des habitations pleines de charme.

La musique que j’aime, J’ai oublié de vivre, Le cœur en deux, Ma jolie Sarah se déroulèrent comme un ruban d’amour, redonnant à une contrée son charme inégalé.

Merci, Johnny !

Sur la route de l'opale

 

 



En s’éveillant, le prince Mohand prit rapidement le premier repas de la journée, fit préparer ses bagages pour une randonnée et partit à la recherche d’une opale merveilleuse dont il avait rêvé.

On attribuait à l’opale de nombreux pouvoirs. Mohand espérait que la pierre miraculeuse apporterait un soulagement à sa mère Lalla Myriem qui se mourait à petit feu.

Porté par cet espoir, Mohand vit se dresser devant lui un éperon rocheux qu’il n’avait jamais vu. Un semblant de porte s’ouvrait à lui. ; il laissa sa monture Aile du vent en liberté, certain de la retrouver à son retour car le cavalier et sa monture étaient liés par un pacte de fidélité.

La main sur sa dague, Mohand marcha sur un chemin pavé aux reflets luisants.

Je suis bien dans le royaume de l’opale se dit-il et il avança résolument.

Un palais d’opale rose s’offrit bientôt à sa vue. Il prépara une bourse de soie contenant les plus beaux joyaux de son royaume pour sésame.

Il n’eut pas besoin d’user de cette monnaie d’échange car il fut immédiatement introduit dans une salle lumineuse où l’opale sous toutes ses formes était déclinée.

Oursins, pouces-pieds, crabes farcis, huitres et langoustines étaient à sa disposition sur un guéridon et sur une petite table des terrines et des pâtés en croûte alternaient avec de fines tranches de magret séché et des raviolis garnis de viande hachée épicée.

Le prince goûta ces plats avec plaisir et but un élixir proposé par un serviteur en livrée dorée.

C’est alors qu’apparut la plus belle femme qu’il eût jamais vue, une reine assurément à son air altier et sa parure en diamants.

Promenons-nous dans les jardins, beau prince dit la belle apparition.

Mohand prit la main offerte et ils se promenèrent à la lumière des torches dans un univers fleuri, fascinant par sa beauté.