Lors de ses promenades matinales dans les bois environnants, Cerise faisait maintes rencontres, des lapins, des chevreuils, des hérissons et surtout des baies, des champignons et des fleurs dont elle faisait bon usage . Des compositions florales jaillissaient de ses mains expertes ; mises en vente dans sa boutique, elles trouvaient rapidement preneur.
Les baies et les champignons agrémentaient des préparations gourmandes qui fleuraient bon les sous-bois d’origine.
Un jour, Cerise fit une rencontre inattendue : une petite fille d’environ cinq ans buvait l’eau d’une fontaine. Nullement effarouchée et semblant avoir fait de la forêt son habitat naturel, la petite Célia n’apprit rien à Cerise concernant ses origines. Elle était vêtue sobrement mais chaque élément de sa toilette semblait être de qualité. Elle portait de jolies boucles d’oreille en or, un bracelet en saphirs et un médaillon consacré à la reine Anne de Bretagne.
Cerise proposa à l’enfant son hospitalité jusqu’à ce que ses parents viennent la chercher. Célia battit des mains et lui emboita le pas jusqu’à la maison dont elle apprécia le confort après tant de jours passés dans le bois.
Elle savoura un repas léger, bouillon de volaille, œuf en gelée et cœurs de laitue, fit sa toilette avec l’aide de Cerise, enfila une chemise de nuit brodée que son hôtesse avait gardée de son enfance et s’endormit rapidement dans un lit douillet.
En pliant les vêtements de la petite fille, Cerise trouva dans une poche une lettre ainsi libellée :
« Prenez soin de notre fille. Nous lui avons demandé de s’enfuir dans la forêt à l’approche de brigands qui veulent sans doute nous séquestrer. Que Dieu vous garde » !
Cerise rangea le précieux document dans son secrétaire et se promit de tout mettre en œuvre pour que Célia retrouve ses parents.



