mardi 31 mars 2026

Le jour de gloire

 

 


Ils sont arrivés par la grande porte, les sacrifiés de toutes les guerres, laissant derrière eux des veuves, des orphelins et bien des larmes.

Certes on aime les héros, on les magnifie mais le poison du doute s’est instillé en nous, surtout lorsque l’on constate que les ennemis d’hier sont les amis de demain.

Ne pourrait-on pas ranger définitivement les armes, les bannir s’il le faut, pour que la vie reprenne pied avec son cortège de fleurs, d’oiseaux et de poètes pour la célébrer ?

«  Venez voir le sang dans les rues » scandait le poète Pablo Neruda, lors de la guerre civile en Espagne, s’excusant de ne plus pouvoir chanter la beauté des coquelicots et de toutes les fleurs des champs !

Que l’on range la guerre dans le royaume de l’oubli, se référant à l’Iliade pour le souvenir !

La mort d’Hector nous inflige une blessure immortelle et nous renseigne, si besoin est,  sur le caractère injuste et cruel de tous les conflits qui naissent sur la terre.

Qu’elle disparaisse, cette guerre insensée, à la manière des dinosaures et autres monstres de la Préhistoire !

Nous entendrons enfin sereinement le chant des oiseaux et regarderons le vol des papillons et des abeilles, butinant le pollen des fleurs pour en faire du miel que nous dégusterons dans un bol de lait pour perpétuer un art de vivre, loin du fracas, du bruit et de la fureur !

lundi 30 mars 2026

Les baladins du rêve en bleu

 


Emboitant le pas à Django Reinhardt, Vinent se laissa bercer par les refrains de Gilbert Bécaud

«  Ces baladins qui sillonnent les routes

Mais qui sont-ils donc dans leur costume d’or ?

Des vagabonds ou des dieux en déroute ?

Ils n’ont que des chansons pour seul trésor ».

Lors d’une halte et d’un repas cuit au feu de bois, des femmes apparurent et se mirent à danser, accompagnées par les guitaristes du groupe.

«  Danse donc, joli baladin

C’est la ballade, c’est la ballade

Danse donc, joli baladin

C’est la ballade d’ Arlequin » .

Lorsque le feu fut éteint, les flammes de l’amour jaillirent dans les cœurs et Vincent trouva son Esméralda pour poursuivre le rêve engendré par la route.

La nuit bleue

 

 


Les vagues meurent sur la grève et dans une frange d’écume semblable à un frou-frou de rêve, Johnny surgit, vêtu de bleu turquoise.

Son visage apparaît dans un cœur façonné par des galets et il s’adresse à notre âme.

«  Croyez en la beauté. N’écoutez pas les cris de haine mais suivez mon étoile, elle vous a toujours guidés vers le bonheur ».

C’est alors que retentit sur l’île des cœurs meurtris une chanson où se mêlent le clapotis des vagues, l’appel des goélands et le bruit étouffé des pieds nus sur le sable mouillé.

De petites fées réalisent des colliers, des bracelets et des bagues en sculptant les galets et en les poudrant d’or.

Nous ornons notre corps de ces parures et nous rêvons d’un retour de Johnny dans le jardin des Hespérides de notre cœur.