mercredi 14 janvier 2026

Vincent by night in Paris

 

 

 


«  Sous les ponts de Paris lorsque descend la nuit

Toutes sortes de gueux se faufilent en cachette

Et sont heureux de trouver une couchette

Hôtel du courant d’air où l’on ne paie pas cher

L’parfum et l’eau c’est pour rien mon marquis

Sous les ponts de Paris ».

En déambulant dans la ville des arts, Vincent croisa des personnes démunies qui s’abritaient près des arches de pierre.

L’ombre d’ Yves Montand surgit à ses côtés pour entonner un couplet qui fit chavirer le ténor au cœur d’or.

«  Sous le ciel de Paris

Coule un fleuve joyeux hmm hmm

Il endort dans la nuit

Les clochards et les gueux ».

Message reçu dit Vincent aux moineaux et il se promit de donner un concert dont la recette contribuerait à éradiquer la misère.

Les oiseaux lui répondirent et environné de cette suite royale, Vincent affronta la nuit.

« Sous le ciel de Paris

Les oiseaux du Bon Dieu hmm hmm

Viennent du monde entier

Pour bavarder entre eux » …

Les murmures du vent

 

 

  


Des volutes de soie, de satin et de lin blanc ont modelé ta silhouette, mon aimé, pour me rendre le sommeil plus léger.
Tu n’es plus là pour m’offrir un refuge en cas de chagrin.
Tel un arbre frappé par la foudre, je sens jaillir un brasier du tréfonds de mon être.
Tu n’es plus là pour t’emparer malicieusement du carnet de notes où je traduis ma peine, construisant parfois un monde féerique pour servir de pare-feu.
Ma main a voulu saisir la tienne mais elle n’a perçu que le vent.
Pourquoi une divinité ne s’est-elle pas arrêtée chez nous et offert, pour nous remercier de notre hospitalité, un départ vers l’au-delà sous forme de chêne à deux têtes ?
Tels Philémon et Baucis, nous aurions recueilli dans notre feuillage les murmures du vent.
Ma main remodèle ta silhouette et je m’endors, enfin apaisée, pour cueillir l’aube nouvelle, sans toi, mise à part ta présence constante sous forme de nuage.

lundi 12 janvier 2026

Le loup des neiges éternelles

 

 

 


Alors qu’il interprétait Requiem pour un Fou sur scène, captivant son auditoire, Johnny vit apparaître dans un halo de lune un loup gigantesque qui lança un cri glaçant.

Johnny fut le seul à l’entendre mais ce hurlement profond imprima en son âme la douleur ressentie par la victime.

«  Je n’étais qu’un fou

Mais par amour

Elle a fait de moi

Un fou, un fou d’amour

Mon ciel, c’était

Ses yeux, sa bouche

Ma vie, c’était

Son corps, son cœur

Je l’aimais tant

Que pour la garder

Je l’ai tuée ».

Galvanisé par la présence du loup, Johnny chanta avec tant de ferveur que la jeune femme assassinée naquit de ses cendres et fit resplendir sa beauté.

Johnny, ruisselant, l’accueillit à genoux, au bord de la rupture.

Orphée des temps nouveaux, il ramena Eurydice des enfers et la rendit à l’amant qui chassa définitivement les démons de la passion destructrice.

«  Je l’aimais tant

Mais le loup des neiges éternelles me l’a rendue » improvisa Johnny, suscitant l’amour de ses fans.

dimanche 11 janvier 2026

Les îles d'or

 




«  Méditerranée

Aux îles d’or ensoleillées

Aux rivages sans nuages

Au ciel enchanté

Méditerranée

C’est une fée qui t’a donné

Ton décor et ta beauté

Méditerranée »

La voix de Tino Rossi chantant les beautés de son île natale murmura amoureusement aux oreilles de Vincent la chanson des amours. Vincent partit sur la grève semée de coquillages.

«  Mille jardins lui font comme un collier de fleurs ».

Venues des roseraies proches du bord de mer, des jeunes filles en boutons de roses, maniant une ombrelle symbole de la beauté féminine, entourèrent Vincent en smoking blanc portant des mocassins à l’indienne.

Ce fut une inoubliable rencontre qu’immortalisèrent les dauphins et les sirènes tandis qu’un peintre brossait la scène pour l’éternité.