Un jour, les vagues se mirent à swinguer et l’on entendit
des sons inaccoutumés en provenance de l’océan.
Wraouf Wraouf !
C’était un déferlement de sons gutturaux qui ressemblaient à
de gigantesques onomatopées, rappelant la présence du roi du rock sur ces rives
lointaines.
Puis l’on vit des drakkars rouge et or, conduits par des
géants à tête blonde, escortés par des sirènes et des dauphins farceurs.
La soirée allait être fabuleuse et sur la grève, les
danseurs se mettaient en place.
Johnny allait faire son entrée et l’on oublierait ce
mausolée blanc où s’accumulaient les bouquets de fleurs blanches.
D’énormes guitares enrubannées de fleurs, des roses blanches
notamment, servaient de leitmotiv pour la fête sans précédent qui se préparait.
Quelques riverains redoutaient un peu de voir voler en
éclats la tranquillité qu’ils avaient payée à prix d’or mais en voyant
débarquer les amoureux du rock et les passionnés de celui qu’ils prenaient pour
un dieu, ils se rassurèrent.
Ce n’étaient que des braves gens, venus, à leurs frais,
rendre un hommage sans égal à leur Johnny qui ne pouvait pas être mort.
Un immense géant, créé en Flandre à l’image du chanteur, fut
hissé sur la plage et en le voyant, Jade et Joy pleurèrent de joie :
« on leur rendait leur papa » !
Elles voulurent l’embrasser et on les hissa pour qu’elles
puissent se caler au creux de son épaule.
Le spectacle était si charmant que beaucoup de fans
sortirent leur mouchoir pour chasser un imaginaire moucheron.
Enfin, l’on installa sur le sable étale, un piano blanc et
lorsqu’on vit le grand Yvan Cassar, aux boucles argentées, véritable
Méphistophélès sorti de La beauté du Diable, répéter un air, on comprit que
l’inédit, le divin étaient au rendez-vous et l’on se prit à espérer une
incroyable entrée en scène du chanteur, ce qui arriva, mais cela, je vous le
raconterai une prochaine fois !