jeudi 28 mai 2026

La fontaine aux oiseaux

 

 



«  Comme un enfant aux yeux de lumière

Qui voit passer au loin les oiseaux

Comme l’oiseau bleu survolant la terre

Vois comme le monde, le monde est beau ».

Recevant le message ailé de Marie Myriam, Vincent se rendit  à la fontaine où l’attendait l’oiseau des rêves.

L’oiseau délivra son message de paix et d’amour.

«  Blanc l’innocent, le sang du poète

Qui en chantant invente l’amour

Pour que la vie s’habille de fête

Et que la nuit se change en jour ».

Une jolie femme en robe fleurie rejoignit Vincent à la fontaine et ils jurèrent de rester unis jusqu’à la fin des temps sous le regard bienveillant de René Barjavel, l’écrivain au grand cœur.

La Marée Bleue

 

 



Le chef de l’établissement La Marée Bleue voulait décrocher une étoile auprès du fameux guide qui propulsait au firmament ou détruisait une grande maison. Il revit ses menus en sublimant la plupart de ses plats et voulut un décor féerique pour la salle principale.

Dany Lebeau, le chef, entendit parler d’une toile qui faisait fureur Yseult aux yeux d’or. Il l’acheta, payant sans sourciller la somme demandée. Le tableau illuminait la salle et il dut chercher des éléments décoratifs appropriés pour faire pièce à la merveilleuse représentation d’une légende.

Il créa une pièce montée en forme de nef et plaça l’élixir d’amour en haut de la pyramide.

Pour améliorer la cotriade, le chef ajouta un homard breton cuit sous la braise et des encornets farcis.

Afin de peaufiner sa prestation, Dany s’ingénia à créer un inédit.

En flânant sur le port, il retint des daurades dont il voulut tirer le meilleur profit ; quelque chose qui ferait oublier Le Rouget Cuit de Peur de Stéphanie Le Quellec. Non seulement il fallait cuisiner pour atteindre le nirvana des gourmets mais encore il était nécessaire d’habiller la création d’une appellation que personne n’oublierait.

Cuite au court bouillon, badigeonnée de miel forestier, saupoudré d’épices orientales et passée au four avec du fenouil en quenouille, la daurade s’intitula L’ Or de la Sirène et pulsa sur les tables au rythme argenté de l’écume des vagues.

Satisfait par sa nouvelle carte, le chef résolut de finaliser l’essai auprès de la clientèle.

Il lança des invitations aux notables de la cité et réserva sa meilleure table au couple en vogue, Gilles Le Guen et Aurore du Hainaut en qui l’on voyait à présent la belle Yseult légendaire.

Le repas fut une réussite ; parmi les invités se trouvait un quidam venu de Quimper, cousin du pêcheur de daurades : il était convié pour le remercier de la pêche miraculeuse inspiratrice du plat principal .

Ce cousin n’était autre qu’Armand du Plessis, l’un des goûteurs secrets du fameux guide de la gastronomie.

Il demanda la faveur d’être présenté à la duchesse qui avait servi de modèle au portrait peint, étoile de la scénographie du décor.

Il la salua et félicita le peintre qui avait donné une âme à la légende.

Quelques mois plus tard, Dany Lebeau apprit que son établissement était distingué par une première étoile, la plus difficile à conquérir !

 

 

mercredi 27 mai 2026

Accordéon


«  Dieu que la vie est cruelle

Au musicien des ruelles

Son copain, son compagnon

C’est l’accordéon ».

Désireux de rendre ses lettres de noblesse au piano du pauvre, Vincent organisa un tour de chant où les plus belles mélodies étaient embellies par l’instrument légendaire.

Avec une pensée émue pour Vitalis et Rémi ses compagnons d’ enfance lors des diffusions des épisodes de Sans Famille, Vincent entonna La Foule.

Voulant terminer sur une note gaie, il chanta Sous le ciel de Paris

«  Près de Notre-Dame

Parfois comme un drame

Oui mais à Paname

Tout peut s’arranger

Quelques rayons du ciel d’été

L’accordéon d’un marinier

L’espoir fleurit

Au ciel de Paris ».

Sous l’arc-en-ciel du rêve, Vincent acheva son concert, son accordéoniste à ses côtés.