Aurore se rendit à l’atelier de Gilles en char à bancs conduit par Hervé du Trégor, disciple de Per Jakez Hélias célèbre pour son amour de la Bretagne magnifiée dans Le cheval d’orgueil.
Cet attelage était nécessaire car le peintre avait choisi un promontoire face à la mer pour avoir sous les yeux les multiples facettes des paysages au fil des heures.
Gilles accueillit Aurore avec sa courtoisie innée, invita le conducteur du char à bancs à se désaltérer d’un excellent cidre de marque Coat Albret et conduisit son invitée dans la salle d’exposition de ses toiles. Les marines étaient nombreuses et l’on avait l’impression en les contemplant de se trouver sur le pont d’un navire, croyant même sentir la fraîcheur des embruns et entendre les cris des goélands présents sur de nombreux tableaux.
« Comme vous le voyez, j’ai peint peu de portraits mais je compte bien remédier à ce manque en vous choisissant comme modèle. Vous serez mon Yseult et je réaliserai ainsi comme Garlonn dont les toiles respirent la légende le portrait idéal de cette figure mythique qui hante les amants ».
Sur ces mots, Gilles invita la jeune femme dans un boudoir joliment décoré garni de coupes de fruits et de gâteaux juste sortis du four.
« La pâtisserie est mon violon d’ Ingres » ajouta-t-il.
Ils savourèrent des tranches de cake qu’Aurore assimila au gâteau confectionné par Peau d’Ane dans le célèbre conte.
Ils burent du sirop maison confectionné à partir des fruits du verger qu’il fallait disputer aux oiseaux.
Au terme de cet intermède, Gilles installa sa muse sur le char à bancs et il recommanda l’élue de son âme au conducteur. Ils convinrent d’un rendez-vous pour une séance de pose et l’artiste vit s’éloigner celle qui comblait son âme et son cœur au-delà de ses espérances.

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