dimanche 11 octobre 2015

La mariée portait une robe lilas



Lorsque la mariée apparut dans une superbe robe couleur lilas avec un bouquet de lys blancs, elle était si belle que l’on remarqua à peine l’absence du marié.
On joua l’hymne consacré, pensant qu’il se manifesterait mais seule l’ombre d’un cygne noir se profila dans la petite église où se pressait la noce.
Le cygne s’étoffa, devint immense et emporta la mariée dans un royaume mystérieux dont il était le maître.
Les fêtes furent grandioses. Chacun apporta un cadeau enrubanné d’azur.
La nuit fut propice aux amants. Le cygne déposa délicatement sa princesse dans un lit à baldaquin et lorsqu’il se glissa sous les draps brodés, il rejeta son enveloppe de cygne pour se métamorphoser en prince charmant.
Un sort lui avait été jeté dans l’enfance et seule une mariée en robe de couleur lilas pouvait le délivrer de cet enchantement diabolique.
Il avait rencontré Cordélia dans un parc, s’était laissé approcher, lui avait glissé des mots d’amour dans une langue qui ne lui était pas étrangère puisqu’elle était ornithologue et elle avait accepté sa demande en mariage comme un pari.
La robe couleur lilas était le stratagème qu’elle avait trouvé subtil : qui pouvait vraiment porter une telle robe le jour de son mariage ?
Or ce fut le déclic et Cordélias devint réellement amoureuse du cygne noir qui avait le cœur d’un prince doté d’un immense amour.
Cordélias et le prince Vandelin vécurent heureux le reste de leurs jours et ils mirent au monde de beaux enfants aimants et talentueux.

vendredi 11 septembre 2015

Si vous étiez mon édelweiss...





Si vous étiez mon Édelweiss, je serais votre Lys Royal, Belle d’Amour. Vos joues sont veloutées comme cette fleur des cimes qui pousse par miracle dans les rocs enneigés.
Je vous imagine dans une robe de mariée qui vous donnerait l’apparence d’un ange. Je serais le seul à voir vos ailes, si diaphanes que vous serez la seule à pouvoir les utiliser, papillonnant sur mon cœur comme une libellule.
Des éclairs bleutés et filés or surgiraient dans un arrière-plan romanesque que nous pourrions discerner !
Mais que vois-je, Belle d’Amour, vous laissez s’approcher de vous un homme mûr qui ne me ressemble pas et qui vous enlace sans aucune élégance !
Revenez vite vers moi, votre prince qui vous vénère et vous imagine comme une reine inaccessible.
C’est un chamois qui apporta la réponse au prince charmant délaissé : « Fils, oublie cette Belle qui n’a pas su décrypter le contenu de ton âme. À ton bel amour romantique, elle a préféré la sécurité et les écus d’or. Cherche celle qui parviendra à lire la carte du tendre que tu respectes et même si ses joues n’ont pas l’éclat de l’édelweiss, elle sera pour toi incomparable puisqu’elle te sera destinée ».
Le chamois partit en laissant dans son sillage un sentier montagneux que le prince s’empressa de suivre.
L’histoire ne dit pas s’il a conquis la belle de ses jours mais j’ai entendu tintinnabuler les cloches d’or de chèvres immaculées qui servaient de dames d’atour des chamois, rois de la montagne et il se dit qu’une pluie d’édelweiss fit la joie de villageois qui les conservèrent pieusement comme trophées d’amour.

samedi 29 août 2015

Dans la paume d'un ange





Dans la paume d’un ange, j’ai vu briller une rose nimbée d’un voile céleste.
La rose s’est épanouie en un gigantesque domaine où éclate la blancheur nacrée d’un palais au cœur d’une forêt bleue.
J’ai été attirée par un chant céleste et j’ai suivi les notes magiques relayées par les rossignols.
La Dame à la Licorne m’est apparue dans toute sa majesté fleurdelisée en un décor champêtre où se cachent biches et lapins.
Le voile de la rose se disperse çà et là sur les frondaisons des chênes bleutés. Les oiseaux se livrent à leurs parades amoureuses.
Je me retire dans un gîte réservé aux amoureux de la nature, au creux d’un chêne et j’y écris des contes pour que les enfants s’endorment le soir, des songes au bord des cils.
Monde céleste, amours chevaleresques, histoires d’animaux merveilleux naissent de ma plume et je me fonds dans ce décor enchanté où l’aria d’une reine lyrique s’élève dans toute sa splendeur.

mardi 25 août 2015

La Rose de Lancelot







Sur le chemin du Val Sans Retour, Lancelot cueillit une rose pourpre afin de l’offrir à Guenièvre. Mais la rose devint gigantesque et se métamorphosa en une vallée où courait une rivière.
L’or y était apparent et le chevalier descendit de cheval pour admirer ces paillettes qui réfléchissaient le soleil. Un enfant aux cheveux d’un blond ardent, cuirassé d’argent, le défia d’une voix métallique et désagréable.
Il disait avec mépris qu’il était le fils de Morgane et du Roi Arthur et qu’à ce titre, il régnerait sur les chevaliers de la Table Ronde « Cette rose est maléfique » murmura Lancelot mais ces paroles pleines de fiel le troublèrent et il rebroussa chemin, décidé à se retirer dans un ermitage afin d’y méditer sur sa destinée.
Il reprit la rose et l’enferma dans un livre aux fermoirs ciselés.
Chaque soir, dans sa retraite à la lueur d’un chandelier, il ouvrait l’exemplaire mystérieux et un parfum s’exhalait toujours de ses pages, rendant au livre la vérité du grand amour qu’il éprouvait pour Guenièvre.
La rose de Lancelot était en réalité enchantée et elle avait toujours servi d’étoile au fier chevalier !

jeudi 20 août 2015

La charrette de l'Ankou






Amis bretons, entendez-vous le crissement des essieux de la charrette de l’Ankou ?
Le valet de la Mort s’apprête à faucher une âme, celle de notre amie Brigitte Bonello et cela, nous ne le voulons à aucun prix !
Chers Ministres chargés de son destin, on vous a peut-être fait peur en évoquant l’Ankou lorsque vous n’étiez pas sages ! Per Jakez Hélias parle de ses émois dans le Cheval d’Orgueil.
Les chevaux bretons étaient souvent une émanation du rêve et parfois ces rêves devenaient cauchemars !
Je vous en conjure, Bretons qui êtes nés sur cette terre de landes, de granit, de bruyère et de genêts, faîtes en sorte que Brigitte Bonello n’entende pas ce bruit sinistre avant son heure !
Finalisez son dossier et rendez-lui son honneur et son travail.
Amis de Bretagne et d’ailleurs, sauvons Brigitte Bonello !