mardi 26 juin 2018

La Voix d'Or



Venue de la côte de granit rose, une voix, celle de Johnny, surgit à point nommé, rendant aux adorateurs du chanteur, une part du rêve qu’ils croyaient disparu !
Cette voix d’or que le jeune homme développait en lui depuis l’âge de neuf ans, lors de son premier concert en qualité de fan, avec sa famille, s’était installée dans son corps d’adulte à la chevelure brune et au sourire d’enfant.
Plaçons auprès de lui, sur scène, quelques musiciens qui gravitaient autour de l’idole, et nous retrouverons un peu de cette aura qu’il avait en partage dès le berceau.
Jean-Baptiste, le bien nommé, en t’écoutant chanter, nous tissons au fil des mélodies, la légende dorée de celui qui régna sur nos cœurs pendant plus d’un demi-siècle, à la manière du Roi Soleil.
Souhaitons que cette voix magique qui révèle les trésors de l’âme celtique, continue à enchanter ceux qui ont tant pleuré qu’ils n’ont plus de larmes et qui ne demandent désormais qu’à s’ouvrir au soleil réapparu en son zénith !

lundi 25 juin 2018

Douceur de vivre



C’est un endroit paradisiaque, insulaire et fleuri et c’est là que le roi du rock a choisi de reposer, espérant qu’il ne serait pas totalement en paix mais que des fans franchiraient la mer ou fendraient les airs pour venir l’honorer en chantant ses plus beaux succès, Gabrielle, Requiem pour un Fou, Laura, Marie et le célèbre Pénitencier dont tout le monde rêve de vouloir s’échapper.
Des chevaux d’écume parcourent l’océan, des mustangs à la crinière blonde, escortés par des dauphins et l’on espère que le roi des arrangeurs, Yvan aux doigts d’argent, viendra orchestrer le chœur de jeunes filles sélectionnées pour leur voix d’or pour faire valoir le talent de ténors dans les rôles principaux.
Roberto Alagna a décerné à Johnny la distinction si rare de ténor et l’on peut juste regretter que ce fût post mortem.
Néanmoins, ce titre élogieux dont peu de chanteurs peuvent se targuer, pulvérise les critiques qui ont parfois défloré la mémoire de celui qui a enchanté les foules, du petit peuple aux grands de ce monde.
Il n’a plus besoin désormais de concevoir une entrée en scène à la hauteur du rêve qui s’est construit entre ses admirateurs et lui.
Pour son dernier au-revoir, il a peaufiné un album que nous attendons tous et qui nous permettra de tenir encore un peu jusqu’à la surprise inattendue préparée par son fils David dont le talent est à la hauteur de la couronne royale octroyée à sa naissance par une blonde beauté venue d’un pays où coule éternellement une Maritza enchanteresse !

dimanche 24 juin 2018

Madame Gazelle


Madame Gazelle
« Moi, je reste ici, avec Mamie » dit péremptoirement Eloan et je tremble un peu, suite à cette déclaration : serai-je assez rapide pour pallier une échappée ? mais je me rassure bien vite car si Eloan veut rester avec Mamie, c’est qu’il est certain qu’elle ne l’entraînera pas dans une équipée sportive dont il s’est un peu lassé.
Avec Papa c’est l’entretien du jardin, les préparatifs culinaires et des exercices d’intelligence sans oublier la touche finale de jeux sophistiqués.
Mamie est plutôt une grande enfant. Parfois, elle exécute la danse du châle avec brio. Son châle devient muleta et au son de Carmen, elle torée son petit-fils, devenu taureau pour l’occasion.
« Ici » c’est le salon, le fief de Mamie, l’endroit où elle lit, écrit ou regarde des dessins animés en compagnie de son petit-fils.
Il lui arrive de se métamorphoser en Madame Gazelle, l’institutrice de Peppa Pig et elle déclame une fable de La Fontaine, Le Loup et l’Agneau par exemple.
Madame Gazelle prend une voix de tonnerre pour clamer que l’agneau est fautif et que le cours d’eau a perdu sa pureté : « tu la troubles reprit cette bête cruelle et je sais que de moi tu médis l’an passé » Madame Gazelle est convaincante lorsqu’elle imite le loup et elle prend un ton plaintif pour la réplique de l’agneau «  comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né, reprit l’agneau, je tête encore ma mère ».
Eloan n’aime pas la fin de la fable « au fond des forêts, le loup l’emporte et puis le mange sans autre forme de procès ».
Gageons que ,plus tard, il sera un émule de JJ Rousseau qui déclarait dans L’ Emile qu’il était nocif d’éduquer les enfants en s’appuyant sur une fausse morale : «  La raison du plus fort est toujours la meilleure » mais Madame Gazelle alias Mamie se plie à la tradition Française qui veut que La Fontaine serve d’exemple aux petites têtes blondes et brunes qui écoutent avec ferveur et parfois avec malice les leçons de leurs aînés !
Le temps de l’enfance est sacré et par la suite, on s’appuie sur les souvenirs qui nous ont marqués.
Que vive Madame Gazelle dans la mémoire de mon petit Eloan !

samedi 23 juin 2018

Le Roi David


 « Le Roi David est entré dans mon cœur » chantait Sylvie Vartan et l’on peut affirmer sans conteste que cette royauté n’a jamais été remise en cause, en dépit des tribulations amoureuses et passionnées du couple dont le mariage fut littéralement princier.
Jamais mariée ne sera plus belle que la blonde Sylvie qui semblait provenir d’un conte de fées où coulait la Maritza qu’elle chantera plus tard avec émotion et talent !
Quant au père, que dire de lui si ce n’est qu’il était et demeurera toujours le monstre sacré de notre siècle ?
Grandir, mûrir, s’affirmer dans l’ombre de l’idole des jeunes qui semblaient ne pas pouvoir vieillir au fil des concerts qui ressemblaient de plus en plus à de grandes messes dédiées à l’amour et au rock, n’était pas chose facile et pourtant, David a réussi à imposer son style, son charme, le charme Vartan pourrait-on dire, et la force passionnée qui anime son père et qui éclate dans l’album Sang pour Sang.
Oui, David est bien l’heureux symbole de l’union de deux talents qui vécurent en harmonie pour chanter l’amour de leur époque et qui restera celui d’outre-temps !
Personne n’oubliera J’ai un problème , Comme un garçon et tant de mélodies qui sommeillent en nous !
La scène attire et retient David, lui offrant le moyen d’exprimer tout l’amour qui repose en lui et que chacun attend, haletant, pour l’applaudir et l’aimer !

Le retour du guerrier



C’est en revenant d’une croisade que le comte Enguerrand de Bonneterre s’égara en chemin, à quelques lieues de son château où l’attendait Dame Aude au hennin blanc.
Un églantier qu’il avait toujours connu depuis son enfance, l’induisit en erreur. Il avait pris l’habitude de le traverser pour vérifier si sa cotte de maille était toujours sans faille et cette fois, il en resta prisonnier.
Blotti bien malgré lui dans ce buisson épineux, son cheval Dragon d’ Or ayant pris la fuite, il se résigna à dormir, en dépit de l’inconfort de sa couche.
Au réveil, l’églantier avait disparu. Le comte était étendu sur un lit de mousse, à l’ombre d’un grand hêtre dont il ne se souvenait pas.
A sa grande surprise, il se vit offrir une collation par une jeune paysanne au frais minois. Elle s’éclipsa après le repas d’un pas de ballerine.
« Cette aventure est très étrange » se dit le comte mais il avait connu tant d’horribles batailles qu’il n’était pas fâché de renouer avec la beauté naturelle de cette terre.
La pensée de son épouse qui devait se morfondre, brodant à s’en piquer les doigts des tapisseries à la gloire des chevaliers l’aida à reprendre pied dans le réel.
Par chance, son cheval réapparut et il put l’enfourcher, testant au doigt mouillé la direction de ses domaines.
Une mésange se posa sur son épaule, ce qui lui parut de bon augure.
En approchant du château, il entendit le bruit des tambours et l’ensorcelante mélodie qui accompagnait souvent les armées sarrasines.
La guerre nous a donc rattrapés, songea-t-il avec stupeur et une pointe d’effroi !
Comment pourrait-il en être autrement ? lui dit l’oiseau bleu. La guerre devient omniprésente et éternelle si on a le malheur de la déclencher. Croyais-tu vraiment pouvoir te reposer après avoir pourfendu tant de personnes pour l’unique raison qu’elles ne pensaient pas comme toi ?
J’aurais mieux fait de mourir au combat, soupira Enguerrand mais il se plia aux velléités de la destinée, abaissa son heaume et partit dans la mêlée car il se devait de défendre son château et de préserver l’honneur de sa blanche épouse qui l’attendait depuis si longtemps !

vendredi 22 juin 2018

Le kiosque d'amour



Dans sa balancelle brodée d’oiseaux du paradis, Dame Blanche d’ Iroise rêvait à son île natale, fouettée par les embruns, et se laissait bercer par le chant des sirènes qui l’incitaient au voyage, sur un voilier d’or.
Mais au moment précis où elle posait son pied chaussé de satin sur la passerelle de la goélette, une colombe lui apporta un message.
C’était un parchemin, noué par une faveur turquoise, l’apanage d’un amant qui lui avait entrouvert les portes d’un ciel à l’aurore éternelle pour disparaître ensuite, la laissant seule et désorientée, avec un immense amour, désormais sans objet.
Fébrilement, elle dénoua le ruban pour découvrir des mots qui prêtaient, comme toujours, à des interprétations dignes de la Pythie :
« Les cieux déracinés t’attendent, mon aimée. La colombe te montrera le chemin ».
Machinalement, elle posa son regard sur la colombe, pour constater qu’elle avait disparu, laissant derrière elle un itinéraire poudré d’or et de turquoises.
« Tel maître, telle messagère » soupira la dame et elle s’efforça de transformer ses rêves d’amour inachevés en roses de broderie, destinées à un jeté de table qui ferait la joie de ses invités.
A l’instant où elle nouait le dernier point à une rose couleur de feu, son époux, Dom Juan de Saint-Thual déposa un baiser chaste sur son beau front.
« Ne vous fatiguez pas trop, ma Mie ! Que serais-je sans vous ? »
Et  ces belles paroles, simples et si vraies pulvérisèrent définitivement le souvenir du bel amour fou qui s’était manifesté sous la forme d’une colombe, au chemin  poudré de l’or des Incas à jamais disparus !