Parvenue au faîte de son épanouissement intellectuel et artistique, Stella vit sa renommée s’étendre au-delà des mers.
Elle créa son propre style symbolisé par un rayonnement séraphique rappelant ses origines.
Des princes venus de tous les horizons demandèrent sa main mais Stella déclina leur offre, les retenant courtoisement pour un séjour qui leur permettrait peut-être de découvrir la perle rare, les jeunes filles talentueuses ne faisant pas défaut dans le royaume.
De nombreux mariages furent ainsi célébrés, ce qui ravit Stella dont le destin s’inscrivait dans une trame universelle aux couleurs célestes de son identité.
Elle arma un voilier et prit la mer, mettant le cap sur l’occident qui l’avait vu naître.
Elle fit jeter l’ancre dans un port surplombé par une basilique dont elle apprit qu’on la surnommait « La Bonne Mère ».
Elle se recueillit dans la nef et pria.
Une dame en robe de dentelle noire, les cheveux couverts d’une mantille, prit place à côté d’elle. Elles sortirent du lieu sacré ensemble et lorsqu’elles se saluèrent, le choc fut d’importance : elles se ressemblaient !
« Ma fille ! La Bonne Mère m’a rendu l’enfant qu’on m’a volée à sa naissance ».
Stella tomba dans les bras de sa mère qui essuyait ses larmes avec un mouchoir brodé aux initiales de son nom Isabelle de Brabant.
Sa mère emmena Stella dans une magnifique villa qui surplombait la mer.
On fêta les retrouvailles avec un festin à base de fruits de mer, de daurade farcie aux champignons et de galette des rois.
Les deux femmes partagèrent des moments forts de leur vie.
Isabelle de Brabant dont le mari avait succombé peu de temps après le rapt, promit de venir rendre visite à sa fille dans son Orient protecteur.
Elles remercièrent les rois mages, initiateurs du sauvetage de l’enfant et promirent d’offrir des roses de Noël, des cierges et de l’or à la Vierge de la Basilique.
Stella reprit la mer, emportant avec le secret de son enfance le visage de sa mère au cœur d’un médaillon.

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