Les chefs d’établissement se félicitèrent d’avoir autorisé le port de la coiffe dans l’enceinte scolaire. Les professeurs de mathématiques se réjouirent également de constater l’engouement nouveau des élèves pour les clubs de jeux d’échec qu’ils animaient.
La figurine de la reine coiffée eut un tel succès que l’on prit l’habitude de remplacer la formule « échec et mat » par celle de « échec et coiffe » !
C’est plutôt réjouissant de voir un mot symbolisant la mort remplacé par celui d’un attribut régional, concept de beauté » dit l’un des participants au club et il fut approuvé par tous.
Alexis redoubla d’ardeur créative pour répondre aux commandes d’échiquiers, chacun voulant son exemplaire « reine coiffée » ; il recruta un ébéniste spécialiste en orfèvrerie qui apporta sa touche personnelle en concevant une couronne semblable à celle du Roi Arthur pour la pièce représentant le roi.
Cette nouveauté plut énormément de sorte que Bianca créa, à son tour, une couronne Roi Arthur pour que les jeunes damoiseaux ne se sentent pas exclus du projet culturel magnifiant l’art celte.
Aucun jouvenceau ne souhaita porter la couronne à l’école ce qui soulagea vivement les chefs d’établissement.
Une couronne n’était pas l’équivalent de la coiffe et pouvait s’inscrire dans l’expression du rejet de la laïcité.
« Que va porter le cavalier » ? dit malicieusement un proviseur. Cette suggestion vint aux oreilles d’ Alexis qui conçut un béret élégant pour le cavalier en s’inspirant de la représentation du chevalier La Hire au jeu de cartes traditionnel.
« La Bretagne s’insère dans un ensemble Grand Ouest » dit Alexis et cette nouveauté connut le même succès que les précédentes.
« Il nous manque un barde à présent » remarqua Bianca et sur ce, elle eut l’agréable surprise d’en voir un pousser sa porte, sa harpe celtique à la main !

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