L’oiseau bleu m’a
frôlée de son aile. Une robe aux couleurs de mer a vêtu mon âme qui s’est
envolée jusqu’à toi pour lutter contre les embruns. Nous sommes devenus écume
et nous sommes étreints sur les rochers où pleurent les mouettes. J’ai voulu en
attraper une mais elle m’a laissé la blancheur de son rire que j’ai gardé en
moi comme symbole de notre alliance. J’ai regardé tes yeux jusqu’à ce qu’il ne reste
rien d’autre que moi et j’ai souri parce que je savais bien que l’offrande de
mon corps était un rêve de l’oiseau bleu.
Je suis née dans le Nord de la France et j’y ai passé toute mon enfance, rêvant à des ailleurs bleus. Lectrice assidue, j’ai marqué une préférence pour la féerie, ce qui affleure dans tous mes ouvrages. Enfin libre, je trouve le temps d’écrire, puisant dans le quotidien et l’univers légendaire mes sources principales d’inspiration.
mardi 5 juin 2012
Par la fenêtre...
Une coiffe de dentelle
est un papillon prêt à s’envoler d’une
fleur d’Ouessant. De même, mon cœur palpite ; celui que j’aime est loin mais
tout à l’heure, dans quelques instants peut-être, il m’envahira de sa chaude
présence et tout mon corps est en émoi. Ma demeure est un roc jeté en défi aux
vents de tempête. Un océan d’amertume se brise en sanglotant sur ma taille
figée en figure de proue.
Je suis le navire et la sirène et le rocher perfide et
je pleure d’être ainsi une mouvance endormie au creux d’une tombe fidèle. Venez
mouettes ; ne vous méprenez pas. Ma candeur est un leurre d’écume. Loin de
vous je m’évaderai et mon plus bel horizon n’est pas votre plaine verte mais
deux bras qui se confondent en une flexible amarre ; mon regard s’irise d’un
bouquet de myosotis sur un semis de roses.
lundi 4 juin 2012
Fleurs, fruits, oiseaux
Notre belle planète
regorge de trésors qui nous arrivent un jour, à l’occasion d’une fête
familiale, apportés en offrande d’amour par des enfants aimants. Ils laissent
éclater leur exubérance en un bouquet exotique qui nous permet de nous évader
dans des édens construits à partir de nos rêves et de notre mémoire où dorment
des îlots flottants entre lacs, fleuves puissants et criques luxuriantes.
Oiseaux, fruits,
papillons tournoient dans des roselières et l’adresse des fleuristes, à l’arrivée
de ces merveilles, en fait une composition qui éclate comme un soleil et permet
d’entretenir une flamme enracinée en notre cœur, immortelle et vivace comme la
forêt originelle.
C’est plus qu’un
bouquet offert à sa mère, pour sa fête, c’est le lien qui relie des enfants
aimants à la créatrice du premier jour, en un baiser où papillonnent fleurs et
fruits comme les oiseaux.
Il me faut un nuage doré pour contenir ces mots et
vous les renvoyer, en cadeau de remerciement, azurés et persans aux mille
fleurs délicates et rosées.Que ce bouquet de mots vous apporte la preuve de mon amour et de mon affectueuse tendresse !
samedi 2 juin 2012
Salvator de Diomède Mujojoma
« ….le maître est
parti mais les disciples sont restés » lit-on dans Salvator de Diomède
Mujojoma après une hallucinante évocation descriptive des habitants d’un même
pays, affublés de signes relevant de la légende.
Cela me rappelait historiquement
la description du Juif et de la dégénérescence morale supposée de cet habitant
français sous l’occupation.
Quel aveuglement
saisit ces théoriciens de l’ombre pour opposer des gens qui vivaient en bonne
intelligence avant que la haine ne souffle sur les pays comme un vent mauvais !
Salvator de Diomède
Mujojoma a plusieurs niveaux de lecture. On peut n’en retenir que l’histoire
romancée de Salvator et de Mireille ou le fil rouge du trop célèbre génocide ou
bien encore la croyance vive du narrateur à une philosophie de la vie faite de
principes moraux, poétiques, bucoliques et religieux.
C’est cette synthèse qui fait du livre une œuvre de
méditation à placer au chevet des adolescents qui rêvent un peu trop de luxe et
de facilité, certains néanmoins préférant suivre l’Étoile du Berger et de tous les lecteurs qui attendent
d’un livre qu’il leur révèle le miroir de leur âme !
mercredi 16 mai 2012
Le temps des roses
Il est revenu, le
temps des roses, avec ses parfums et son vent de liberté, bousculant les jeunes
filles qui flânent sur la plage, un livre à la main pour se donner l’air de
croire à un monde meilleur, un monde coloré où les frontières seraient abolies.
Je les ai tant respirées,
ces roses du matin que j’en ai eu une sorte d’éblouissement, revivant en un
tourbillon de soieries et de perles la splendeur de ma jeunesse, dédiée aux
forces de l’esprit et des mots, enchâssés dans un chapelet lumineux.
Je les ai tant
attendues qu’elles se sont effeuillées, une année après l’autre, me laissant
pantelante, en proie à la tentation du derviche tourneur qui cherche à abolir
le temps. J’ai essayé de capter le reflet de la lune pour nimber les roses de l’espoir
d’une couleur inédite, celle que l’on réserve aux femmes, prêtresses des divins
songes envoyés par les Dieux.
Une sphère de cristal
a pulvérisé notre sol natal d’éclats de diamants tout de suite recouverts de
pétales de roses sur lesquels j’ai marché en ressentant une énergie nouvelle.
Il est revenu, le temps des roses, et j’ai dansé d’un
pas léger, me livrant au bonheur sans retenue, sous une pluie de rubans dorés,
enluminés, calligraphiés et brodés de roses soleil.
lundi 14 mai 2012
Les Collines de la Lune
Sur les collines
bleues où volent de grands oiseaux blancs, des éclosions joyeuses ont lieu,
comblant les espaces de verdure de couleurs miraculeuses, pervenches, buissons
de roses et d’églantines, berceaux d’iris où nichent les mésanges.
Soudain, dans un
grondement fauve arrivent des cavaliers vêtus de noir. Ils saccagent tout sur
leur passage en riant comme les démons. Ils disparaissent de l’horizon suivis
par des aigles qui ont semé la mort parmi les tourterelles. Ébahie et les jupons souillés, une petite bergère émerge du
buisson de groseilliers du Japon où elle s’était cachée. Contrairement à des
camarades qui n’ont pas trouvé la bonne cachette, elle a eu la vie sauve et
elle pourra rentrer chez elle, la tête haute ; l’infamie ne l’a pas
marquée de son fer rouge indélébile. Elle rassemble ses brebis, pleure la mort
de son chien et l’enterre au courage, creusant la terre éventrée de ses petits
bras.
Après ce déferlement de violence, la verdure ne fut
plus jamais au rendez-vous et les paysans apeurés nommèrent cette terre de
désolation les Collines de la Lune !
mardi 8 mai 2012
La Reine des Fleurs
Roses, bleu nuit, miel
et framboise, blancheur de Colombine, vert émeraude, les fées du bonheur
patinent sur les nuages pour nous donner un spectacle printanier tandis qu’éclatent
crocus, jacinthes et tulipes.
Le prince Muguet et la
princesse Myosotis valsent au clair de lune et se jurent réciproquement un
éternel amour.
Des ballons de
baudruche ont volé sous les arceaux des roselières, dérangeant le sommeil des
mésanges nichées dans le cœur de berceaux tressés dans la paille et le roseau.
Des cygnes ont glissé sur un étang lumineux, pressés de renouer avec les
amours, essayant d’attraper les voiles colorés lancés par les fées pour leur
imprimer un rythme de voyage. Et soudain, elle est apparue, la Reine des Fleurs,
dans un carrosse d’or traîné par des chevaux pommelés. Le cocher et ses aides
se sont relayés sans relâche pour que la reine atteigne son but, un château
haut perché dans les nuages, gardé par des flamants roses et des ibis. Les
chevaux ont pris un rythme endiablé et ont fourni un effort considérable pour
parvenir au but.
Ses longs cheveux
flottant sur ses épaules, le visage protégé par une mantille, la Reine des
Fleurs a esquissé un pas de danse pour pénétrer dans son palais, embaumée par
les roses et les fleurs de jasmin.
Blottie dans le cœur du
palais comme les oiseaux dans leurs nids, elle a commandé une flambée et s’est
fait servir une tourte aux asperges, un chaud froid de volaille et un Saint
Honoré en buvant de façon mesurée du vin Muscat et de la belle eau fraîche pour
en terminer avec du thé vert au jasmin.
Elle a choisi de
prendre du repos rapidement car il lui reste un long chemin à parcourir sur les
routes du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Demain, oui demain, elle
quittera son château perché dans les nuages, son carrosse d’or, elle oubliera
sa robe de dentelle et se vêtira d’une tenue de voyage et portera des
chaussures de marche, remisant ses ballerines et une robe de reine dans un sac
à dos. Elle aura à la main une canne au bout ferré en bois d’olivier et elle
marchera bravement au milieu des pèlerins.
Elle doit accomplir un
vœu, supplier Saint Jacques de jeter un regard bienveillant sur les pauvres des
royaumes terrestres. Mais elle ne sera pas seule. Invisibles aux yeux de ses
compagnons, les fées seront à ses côtés pour l’aider à accomplir ce noble
voyage et elle reviendra certainement avec un sac plein de pépites, de louis d’or
et de fleurs serties dans des colliers, bracelets et bagues où s’inscrivent les
serments, notamment cette devise magique : « Espérance pour tous ! ».
samedi 5 mai 2012
La danse de l'éventail
Sur
la route du rêve, j'ai déployé mon éventail et j'ai dansé, accompagnée par les
oiseaux. J'ai longé la rivière et j'ai lancé mon éventail en offrande aux
divinités aquatiques: il est devenu sampan et j'y ai pris place, descendant la
rivière jusqu'aux cascades où l'enchantement a pris fin; alors j'ai repris ma
promenade en longeant la rivière et en m'éventant jusqu'à ce que je rencontre
un prince, mon prince et nous sommes revenus au palais, l'éventail nous servant
de parasol.
Après
s’être rafraîchis en marchant sur le marbre rose de la salle d’apparat, nous
avons poursuivi notre détente en dégustant de délicieux sorbets aux litchis et
à la fraise.
Alors
le prince a appelé son chambellan et ce dernier a ordonné que commence la danse
de l’éventail.
Des
danseuses en robes à frou-frous, multicolores, d’une beauté à couper le souffle
ont fait leur apparition, cadencées par le bruit de leurs talons. Elles ont
mystérieusement ouvert leur éventail, dévoilant oiseaux, bergères et princes
charmants. Flûtes, harpe et violons ont souligné le rythme imposé par la danse.
Elles
nous ont transportés dans un ailleurs onirique où les fleurs s’ouvraient,
libérant des parfums envoûtants.
Aubépines,
églantines, grappes d’acacia et de glycines volaient au rythme de l’éventail
qui devenait immense, féerique, projetant la beauté des danseuses en mouvement
dans un arrière-plan sublime, à l’érotisme suggestif et soudain, après un final
endiablé, un coup de talon libérateur fut imprimé qui libéra les tourterelles
de l’amour.
Les
danseuses s’éclipsèrent, les pages offrirent l’éventail sublimé de la danse et
je me retrouvai au bord de ma rivière argentée, seule, les pieds dans l’eau et
mon corps appuyé contre un berceau de roseaux.
Le
Prince s’était fondu dans le courant mais il m’avait laissé un trésor, l’éventail
mystérieux de l’amour bleu qui se lisait dans les nuages !
vendredi 4 mai 2012
À Yvan Cassar
On dit de lui qu’il
est le meilleur arrangeur de la sphère musicale universelle. Il s’est illustré
en proposant des arrangements à Johny Hallyday, Claude Nougaro, Roberto Alagna,
Florent Pagny qui ne cesse de lui rendre hommage pour lui avoir permis de
chanter les succès de Jacques Brel et tant d’autres chanteurs dont les noms m’échappent...
Qui n’a pas été enchanté par ses prestations en qualité de chef d’orchestre ou
de pianiste virtuose ? Je le revois, ses cheveux bouclés et longs virevoltant
sous les assauts de la musique à qui il a voué sa vie !
Je peux parler de lui
car il m’a été donné de le connaître tandis qu’il était en classe terminale
dans un lycée Rennais où j’ai exercé mon métier de professeur de Lettres avec
modestie. C’était une classe particulière consacrée à la musique. Les
après-midis étaient réservés au Conservatoire de Musique.
Ma petite heure
matinale, de 8h à 9 h chaque semaine, ne me permettait pas d’accomplir un
véritable travail alors cette heure était réglée au gré des humeurs vagabondes
et du rapprochement inévitable entre la poésie et la musique.
À la Renaissance, les poèmes étaient chantés. J’avais proposé
à Yvan la partition musicale d’un poème de Ronsard et il l’avait accueillie
avec joie. C’est ainsi qu’un beau matin, une interprétation me fut proposée,
flûte traversière, piano et un ténor en la personne d’Yvan !
J’étais propulsée dans
un autre monde et s’il y a tant de chants dans mes contes c’est sans doute à
Yvan que je le dois ! À la fin de l’heure, il me fit
remarquer qu’il était difficile, pour un ténor, de chanter tôt le matin. Sans
doute ne l’avais-je pas remercié avec la chaleur qu’il jugeait nécessaire !
J’étais submergée par l’émotion et le bonheur
absolu : Ronsard m’était révélé dans sa dimension propre à la Renaissance
qui m’est si chère aujourd’hui que j’en parle sans cesse.
Alors, Yvan, mille fois merci !
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