vendredi 6 juillet 2018

Le cygne aux ailes d'or


Le cygne aux ailes d’or
Dans le domaine de la princesse Camélia, naquit un cygne aux ailes d’or.
Camélia l’aimait passionnément et lorsqu’il disparut, elle fut inconsolable et dépérit à vue d’œil, ce qui attristait sa nourrice Marguerite, toujours aux petits soins pour celle qu’elle aimait comme sa propre enfant.
Elle lui préparait ses plats préférés, crème à l’eau de rose ou à la violette, tartes aux myrtilles et à la praline, gâteaux mokas mais la princesse y touchait à peine.
On envoya des émissaires, chargés expressément de retrouver le cygne merveilleux mais ils revinrent tristement au palais pour avouer leur échec.
Et pourtant, le cygne n’était pas bien loin ! Il avait suivi un cygne aux ailes turquoise : persuadés qu’ils devaient vivre ensemble, il avait entrepris de le rattraper à la nage et le cours de la rivière avait brusquement fait un coude ; les deux cygnes s’étaient réfugiés dans un îlot où un abri de roseaux dissimula leurs amours.
Par la suite, de jolis petits cygnes aux ailes turquoise et or virent le jour et l’un d’eux, plus audacieux que les autres s’échappa et descendit le courant de la rivière pour arriver aux abords du palais.
Avertie de ce phénomène, la princesse enfila ses sabots et s’en fut au bord du cours d’eau après avoir absorbé une brioche à la vanille et des petits pains au chocolat.
Emerveillée par la beauté du cygne, elle demanda que l’on installe un abri en forme de bulle transparente et s’y reposa, espérant que le cygne, intrigué, vienne poser sa jolie tête sur sa robe aux bouillonnés argentés.
Les pierres précieuses s’attirant réciproquement, le cygne merveilleux se comporta comme prévu et quelle joie, au réveil, pour la princesse, de contempler un prince charmant dont la livrée céleste et dorée rappelait ses origines !
Heureuse de ce dénouement et fière de n’avoir pas douté de son destin, la princesse ordonna que l’on prépare une fête pour la réception du prince, lié à la rivière qu’elle affectionnait tant !
Il serait, elle n’en doutait pas, le meilleur des maris !
Le jour des noces, le cygne aux ailes d’or réapparut et il avait à ses côtés une maman cygne, triomphalement suivie par de beaux cygnes aux couleurs turquoise et or.
On ne servit pas de viande pouvant rappeler les origines du prince mais le festin fut grandiose et chacun s’en souvient encore.
Toasts, entremets, cakes aux fruits secs et aux olives se succédèrent dans une ronde de plats aux saveurs variées où la violette, la rose et l’hibiscus donnaient une note sucrée et originale.
De beaux enfants naquirent et ils aimèrent jouer le long de la rivière en compagnie des cygnes dont ils comprenaient le langage. Chacun vécut des jours heureux dans le plus beau des royaumes !

jeudi 5 juillet 2018

La fée bleue


La fée bleue
Douillettement enveloppée dans son nuage rose, la fée bleue survola des domaines pour finalement jeter son dévolu sur une gloriette où s’élançaient des groseilliers, des églantiers et de superbes lianes d’orchidées et de roses.
Une jeune femme, un ouvrage de broderie à la main, s’appliquait à reproduire sur une toile de lin, les beautés dont elle était entourée et qu’un orage intempestif pouvait détruire avec méthode et cruauté.
De temps à autre, la jeune femme observait le ciel et la vue de nuages la faisait trembler.
La fée bleue trouva opportun de révéler sa présence.
«  Ne tremblez pas, jeune dame lui dit-elle, je suis là pour vous protéger et tant que je serai à vos côtés, vous ne souffrirez pas d’intempéries ou de destructions d’aucune sorte » .
Dame Blandine soupira d’aise puis elle commanda que l’on apporte des rafraîchissements et des pâtisseries sorties des fourneaux de la cuisine pour cette hôtesse de qualité.
Elles devisèrent, parlèrent de l’avenir de la dame, si seule dans ce grand domaine, bien tenu par des proches , habitués aux travaux de la terre.
La fée bleue promit à la jeune femme de lui trouver un époux, à charge de l’organisation d’un bal où se presseraient des prétendants.
« Ce sera à vous de laisser parler votre cœur, ma chère, pour trouver l’élu de votre vie ».
Elle laissa derrière elle une traînée de poudre d’or, se laissa envelopper dans le nuage douillet et reprit sa route, à la recherche d’une nouvelle âme en peine qui serait prête à tirer profit de ses conseils millénaires.

mercredi 4 juillet 2018

Jiminy Cricket


Jiminy Cricket
En foulant l’herbe du matin, toute empreinte de rosée, j’ai rencontré Jiminy Cricket, malicieusement courtois.
Il a soulevé son chapeau claque et m’a saluée en me chantant une chanson.
«  Je suis Jiminy cricket, le roi du charleston de prairie et je suis la conscience de celui qui a besoin de croire en la vie. Tout, ici-bas, n’est qu’illusion, disent les esprits chagrins. Eh bien, moi, je prétends le contraire et je vous en fais la démonstration en dansant sur un air de Flamenco.
M’appuyant sur mon parapluie comme s’il s’agissait de la canne d’un gentleman, je cours, je vole et je cherche une partenaire et ma foi, si je n’en trouve pas, je demanderai à la fée bleue d’être ma princesse et ma danseuse d’un soir. »
La voix de Jiminy Cricket s’est ensuite diluée dans la brume matinale et je suis rentrée chez moi, escortée par des milliers d’oiseaux qui m’ont sacrée souveraine !
A bientôt Jiminy Cricket car il me semble que tu reviendras me voir et que nous irons à la conquête de l’espoir !

lundi 2 juillet 2018

Délices du jardin


Délices du jardin
Véritable réplique du jardin d’ Eden, un ensemble composé de carrés de verdure où alternent buissons de mélisse, de romarin et de laurier, à l’ombre d’un gigantesque magnolia, s’offre à nos yeux éblouis.
Pourquoi courir le monde quand on a tant de beauté à portée de la main ?
Les églantiers jettent leur note vive et colorée tandis que les roses préparent leur robe de bal avec un soin infini.
Les légumes ne sont pas oubliés et c’est un enchevêtrement de fruits de l’été et de butternut  que l’on savourera quand l’automne sera venu.
Assise à la terrasse, j’observe le manège des poules qui picorent inlassablement sous la surveillance du coq, à demi-endormi, après sa vibrante prestation matinale.
« Quelle paix dans un jardin ! » a dit un poète et je ne peux que l’approuver.
Et c’est dans cet admirable havre que me viennent des images tumultueuses d’amours passionnées tant il est vrai que le contraste fait partie de notre vie.
Chevaliers égarés, dames attendant l’époux du haut de leur donjon , princesses tourmentées et jouvencelles croisant des pâtres pleins de charme forment un ballet ininterrompu dans ma tête et n’ont de cesse d’avoir leurs amours mises par écrit pour s’ancrer dans la réalité des contes de fées.
Maestro, la note s’il vous plaît : le jardin va s’animer et devenir une scène d’opéra !
Amis, prenez place, la conteuse va vous dire sa dernière histoire d’amour !

dimanche 1 juillet 2018

La Maritza


La Maritza
Dans les flots argentés de la Maritza, la blonde Sylvie vogue à la recherche du temps perdu, celui où son seul prénom, associé à celui de Johnny, déchaînait les passions des foules.
Il faut dire qu’elle était si belle, Sylvie, avec sa splendide chevelure, ses beaux yeux et son air mutin !
Elle aurait été l’incarnation de princesses légendaires si la mode avait offert aux chanteurs de sa jeunesse la possibilité de faire rêver à l’aide de comédies musicales.
Elle aurait pu être la petite sirène d’ Andersen, la Belle au bois dormant de Perrault et servie par des livrets ensorcelants, elle aurait été une reine musicale incontestée.
Mais il lui suffisait, après ses premiers beaux succès personnels, d’être la compagne, l’épouse de Johnny pour enflammer les foules.
Aujourd’hui encore, afin de perpétuer la mémoire de son premier grand amour, le second étant son fils David à qui elle décerna une couronne royale dans une chanson culte, elle monte sur scène, interprétant les mélodies de sa jeunesse avec fougue et tendresse.
Il se dit que son principal manager et répétiteur n’est autre que David, toujours sublime et royal.
Que vive ce trio pour que ne meure jamais l’âme d’une idole !