dimanche 7 juin 2020

Le chapeau de la mariée


Le chapeau de la mariée
Croulant sous les fruits, les fleurs et les angelots, le chapeau de la mariée cache l’émotion de la jeune épousée qui marche vers son destin.
Hier jeune fille, aujourd’hui femme, elle se sent investie d’une lourde responsabilité, celle de faire régner l’harmonie au sein de sa maison.
Mais en ce jour de fête, tout est encore permis alors elle virevolte, allant d’un invité à un autre pour vérifier que chacun connaît au moins une heure de bonheur en ce beau jour où le champagne coule à flots et accompagne les mets délicats qu’on ne sert qu’une fois, préparations à base de fruits de mer et de poissons de roche, timbales veloutées de crèmes d’asperges, de champignons rares et de poulardes, rôtis en croûte et purées de patates douces et de topinambours, plateau de fromages et enfin une kyrielle de pâtisseries épousant tous les goûts, de la campagne profonde à l’orient subtil et parfumé, pains d’épices et compotées de fruits et enfin, pour clore le banquet en beauté, une pyramide de choux caramélisés, érigés en bouchées d’amour.
Le chapeau de la mariée commence à peser sur sa chevelure de fée alors elle finit par l’ôter et l’offre à sa plus fidèle amie puis elle entonne une chanson ancienne Riquita et sans attendre les bravos, elle se réfugie dans les bras de son amant devenu son mari et lui murmure à l’oreille mille et une folies.
Tous deux s’éclipsent après avoir remercié les hôtes de la noce et ils tirent enfin les rideaux de leur chambre pour connaître des moments d’intimité bien gagnés à l’issue de cette journée de noces qu’ils remettront en gage 50 années plus tard pour des noces d’or !

Les chevaux du soleil


Les chevaux du soleil
Phaéton a emprunté les chevaux de son père pour conduire le bel attelage autour de la terre mais les étalons fringants n’ont pas reconnu la main du maître Apollon et ils se sont emballés jusqu’à ce que le dieu arrive à point nommé pour les maîtriser.
Cette belle légende nous rappelle à quel point l’équilibre du monde est fragile et sujet à de multiples digressions qui nous amènent parfois au bord de la rupture.
La déesse Flore parcourt notre planète parfois meurtrie, de son pas élégant et dansant.
Elle parsème de fleurs les champs envahis par les herbes folles et les jeunes filles s’empressent d’en cueillir pour tresser des couronnes, dédiées aux épousées, à la mère divine et éplorée d’un fils qui offrit sa vie pour le salut des hommes ainsi qu’aux enfants qui jouent à l’imitation de leurs aînés.
Les chevaux du soleil paissent dans les prairies merveilleuses destinées aux animaux mythiques et côtoient les licornes qui attendent qu’une jeune fille au cœur pur les conduise à la conquête de l’amour universel.
Attendons le retour des chevaux du soleil, conduits par Apollon pour que reviennent les beaux jours régulés d’un monde qui obéit aujourd’hui aux injonctions d’une adolescente qui nous rappelle les devoirs que nous devons à notre unique planète habitable, n’en déplaise aux savants fous, la Terre !

Les amours insolites


Les amours insolites
Émergeant de sa conque de nacre, la déesse Vénus marche à petits pas sur le sable mouillé et elle dépose dans son sillage des roses et des coquillages.
S’ouvrant comme une fleur, elle choisit un amant et tous deux se dirigent vers un abri couvert de larges feuilles et de mousse.
Sur un lit de duvet de cygne et de pivoines, ils s’aiment puis le jeune pêcheur s’endort, rêve d’amour et au réveil, il se retrouve seul, habillé de perles et de ducats.
La déesse a repris la mer pour rejoindre son époux qui forge un bouclier dans son antre de feu.
Déçue d’avoir perdu son amant au corps noueux comme l’olivier, la belle Calypso guette le prochain naufragé suffisamment attirant pour qu’elle l’emmène dans sa grotte enchantée et y vivre une passion dévorante.
De son côté la belle Hélène qui a été choyée et caressée des nuits durant par le beau Pâris après l’avoir enlevée à son mari dans un élan fougueux et irréfléchi, provoquant ainsi une guerre meurtrière, est ramenée triomphalement à Sparte par son époux Ménélas après la destruction de Troie et la mort de Pâris.
Mais celle dont tout le monde se souvient, c’est Pénélope, l’épouse d’Ulysse et mère de Télémaque qui attendit le retour de son époux pendant vingt ans et qui ne lui ouvrit les bras qu’après s’être assuré qu’il s’agissait bien de lui !

samedi 6 juin 2020

La cithare d'amour


La cithare d’amour
J’ai gardé ta cithare, mon amour, celle qui m’a permis d’écrire tant de pages enflammées et féeriques mais tu n’en avais cure alors j’ai fait construire un pavillon de musique dans le parc de mon domaine et j’y ai placé l’instrument de mes rêves en un coffret de cristal taillé dans le bloc qui garda Excalibur jusqu’à ce que le futur roi Arthur la délivre pour porter haut les couleurs celtiques.
J’ai invité tous les princes des royaumes voisins et lointains et ils ont répondu à mon appel.
Je les ai installés dans une tour d’ivoire spécialement conçue pour leur confort et j’ai activé les préparatifs d’une fête musicale, invitant par ailleurs princesses, brodeuses et conteuses pour offrir leur main aux princes lors d’un bal qui, je l’espérais, serait mémorable.
J’ai installé toutes ces dames dans une tour d’argent puis j’ai lancé des invitations aux musiciens les plus renommés qui prirent place dans une tour dorée.
Marmites, couscoussiers, plats à tajines et rôtissoires parisiennes sont alors entrés en jeu et l’élaboration de mets fastueux dont un Pithiviers farci à la mode Darroze et des croquembouches de rêve, a jailli des mains expertes des cuisiniers et cuisinières attachés au domaine.
Le jour J arriva et c’est alors que tu fis une apparition inattendue, mon amour, et que tu reléguas dans l’oubli le festin merveilleux, les musiciens et leur orchestre ainsi que les danseurs et leurs dames d’allure royale.
Il ne resta que toi, mon amour, mais tu te saisis de ta cithare et tu jouas pour moi jusqu’à l’aube avant de disparaître dans l’infini paradis où rêvent les amants.


vendredi 5 juin 2020

Le manteau de nos rêves


Le manteau de nos rêves
En partant pour son dernier voyage, enfer ou paradis mais je penche plutôt pour la maison tenue par Saint Pierre, Johnny nous a laissé son manteau.
Pas question de le couper en deux comme le fit Saint Martin, il nous le légua, entier, avec toute sa mouvance de beauté et nous l’avons porté, chacun à son tour et cet ouvrage d’art est devenu le manteau de nos rêves.
Il a été taillé dans toutes les soieries portées par les fées de la musique et il resplendit, aussi bien au soleil que dans les ténèbres.
Le manteau passe de mains en mains, foin des barrières dites sociales car Johnny nous a appris une chose, c’est que l’amour n’a pas de limites et qu’il existe partout, dans les demeures des princes, des voyous et des personnes modestes qui travaillent beaucoup pour payer leur place dans les spectacles annuels.
Le manteau de nos rêves, il est là, il brille et il porte l’empreinte de notre Johnny qui transparaît en filigrane, rendant la féerie accessible à tous !