Après une nuit sans nuages, Renée se prépara pour un petit
déjeuner qu’elle espérait conforme à ses
habitudes.
Elle s’assit et déplia sa serviette de table enroulée dans un
rond portant son prénom.
Le rond de serviette d’Alexandre demeura intact. « Il
est parti en voyage » ? S’enquit-elle mais elle obtint de sa voisine
de droite prénommée Marjorie une réponse sibylline : « Si l’on peut
dire ! Ici on voyage beaucoup et sans prévenir ».
Diable pensa Renée, serais-je en train de vivre un épisode du
roman policier où les convives disparaissaient un à un en suivant les rites d’une
comptine puis elle préféra prendre l’avertissement de Marjorie pour une
boutade.
Le petit déjeuner était à la hauteur de ses espérances :
œufs à la coque , bol de café au lait ; pain grillé ou brioches avec
de la confiture.
Ce réconfort du matin lui donna de l’énergie et elle
accueillit favorablement la proposition d’une animatrice. Un choix d’ateliers s’ouvrait
aux volontaires : séances de yoga , ateliers de poterie, dessin, écriture, couture ,
broderie, tricot, jeux de société.
Renée opta pour la poterie. Elle y retrouva l’une de ses
voisines de table, Soizic.
Absorbées par leur travail, elles n’eurent guère le temps de
bavarder. Elles apprirent à façonner une cruche.
L’animatrice les félicita pour la qualité de leur travail.
Une fois séchées, les cruches pourraient être personnalisées avec des motifs
dont elles auraient le choix, à l’aide d’un pochoir.
Soizic et elle se rendirent dans une salle qui s’apparentait
à un salon de thé et burent un jus d’oranges.
« Qu’a-t-il pu arriver à Alexandre » ? Osa
demander Renée.
Soizic ne se prononça pas fermement mais elle appuya les
dires de Marjorie en affirmant qu’il y avait eu récemment de nombreuses
disparitions demeurées inexpliquées.
« Soyons sur nos gardes » dit Renée et elle fut
heureuse d’avoir trouvé une amie dans ce milieu où l’harmonie ne régnait pas
formellement.
De retour dans sa chambre, elle se plongea dans l’univers
celtique de Ken Follett à l’écriture magique.