mardi 10 février 2026

Brocéliande de nos amours célestes

 




Les jours suivant sa fabuleuse escapade, Brigitte se contenta de promenades dans le bourg. Attirée par la vitrine de la boutique L’âme de Brocéliande, elle entra et acheta une paire de gants en dentelle de fabrication artisanale afin de trouver un prétexte pour converser avec Bianca. Elle loua la beauté de ses coiffes et souhaita que la coiffe de Fouesnant, d’une grande beauté, se voie adjoindre la coiffe bigoudène si expressive, créée pour dire sa révolte contre un édit de Louis XIV taxant les églises à partir de leur hauteur.  Pour que la révolte se lise à l’œil nu, les bretonnes choisirent des coiffes de plus en plus hautes, criant ainsi sa rébellion contre une taxe décriée par tous.

«  C’est une excellente suggestion » admit Bianca et elle se procura un patron pour créer cette coiffe qui aurait toute sa place avec un rappel historique dans le paysage culturel actuel de la société : lutter contre les taxes en tout genre parlerait à tous !

Après le départ de Brigitte à qui elle promit sa première coiffe bigoudène, Bianca se mit au travail, consulta des ouvrages de broderie, un site informatique consacré à cette coiffe des plus intéressantes.

Elle se souvint de reportages où l’on voyait des bretonnes coiffées à la mode bigoudène entraient avec difficulté dans une voiture, ce qui avait incité des promoteurs à concevoir des décapotables susceptibles d’abriter les élégantes quelle que soit la hauteur de leur coiffe.

De son côté, Brigitte reçut un colis par la poste ; l’emballage élégant qui rappelait l’univers de La Dame à la Licorne était à l’aune des présents.

Il y avait une coiffe bigoudène, une bague portant un rubis et une rose de soie arborant un écusson avec la mention : «  A ma Dame d’Amour » incluant les armes et le blason du chevalier Yvan de Sainte-Croix.

Brigitte fut si émue qu’elle s’allongea sur la courtepointe de son lit, la rose de soie sur son cœur.

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