Sevré de la présence apaisante de Brigitte, le prince Gildas ne voulut pas quitter brutalement le monastère qui l’avait si bien accueilli mais au terme d’un laps de temps qu’il jugea conséquent, il remercia le prieur de son hospitalité et prit le chemin du retour. Il vivrait désormais comme ses ancêtres et tâcherait de trouver une compagne qui s’accommode de sa personnalité.
Il fit ses adieux à Brigitte par l’intermédiaire d’une colombe qui déposa un billet sur le rebord de la fenêtre de sa dame d’amour :
« Brigitte, dame de mes pensées, je pars, le cœur en miettes mais je suis heureux de vous avoir connue. Votre dévoué Gildas ».
En prenant connaissance du message, Brigitte se demanda si elle n’avait pas commis une énorme erreur en se séparant d’une si belle âme puis elle jugea que l destin les unirait pour toujours ou les plongerait dans une dérive sentimentale génératrice de souvenirs.
Distrait par son vague à l’âme, le prince ne vit pas l’embuscade tendue par des bandits. Il fut prestement assommé et dépouillé. Lorsqu’il reprit ses esprits, deux grands yeux bleus inquiets l’observaient.
C’était une jolie jeune fille, vêtue comme une paysanne mais dont la beauté servait d’écrin à son prénom, doux et parfumé comme elle, Violette. La jeune fille s’avéra suffisamment robuste pour l’aider à se remettre sur pied et lui proposa l’hospitalité de sa modeste maison :
« Elle est toute simple mais les brigands ne viendront pas vous y chercher, Messire » dit-elle et cette proposition ravit le prince qui se demanda s’il n’était pas sur les chemins de Tendre-sur -Inclination tant son cœur battait la chamade.

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