« Tu as cru m’échapper, ô ma divine mais sache que rien n’arrête une vouivre enflammée par l’amour. Tu portes des escarpins taillés dans ma peau mais ils ne pourront pas se dérober à ma volonté. Je suis ton seigneur et maître » murmura le singulier danseur à l’oreille de celle qu’il prétendait aimer.
Un nuage doré les enveloppa et ils valsèrent de manière éperdue au rythme des violons qui semblaient ensorcelés.
Le Grand Louvetier du château mit un terme à cette folie et il enleva d’autorité la duchesse à ce danseur qu’il assimilait à un loup diabolique genre Bête du Gévaudan.
Lancelot de La Forêt Noire se contenta de sourire et il enlaça derechef la belle Amélia qui ne put se défaire de la poigne autoritaire de son cavalier.
« Vous avez essayé les escarpins taillés dans ma peau, la belle ! Vous me suivrez dans mon palais lacustre et me servirez nuit et jour ».
Effrayée par ces paroles, Amélia s’évanouit.
Le démon la déposa sur un banc et empoigna une cavalière dont le charme évident métamorphosait chacun en amant potentiel.
Ils valsèrent éperdument sous le regard admiratif des participants à la fête.
Remise de ses émotions, Amélia se retira dans une chambre sous bonne garde.
Victor des Bruyères, le grand louvetier mit un terme à cette folle emprise du diable sur les jolies femmes de l’assemblée.
Feignant un malaise, il s’accrocha au supposé Lancelot de la Forêt Noire et l’empoigna d’une main ferme protégée par un gantelet en mailles d’acier.
La croix qui brillait sur sa poitrine « teignit l’ardeur du fier danseur qui se laissa emmener par le représentant de l’ordre habile à déjouer toutes sortes de diableries.
Et c’est ainsi que le dragon, définitivement vaincu, quitta l’étang du domaine de la duchesse et porta ses maléfices dans d’autres lieux.

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