« C’est pas seulement à Paris
Que le crime fleurit
Nous au village aussi on a
De beaux assassinats ».
La chanson de Georges Brassens résonne en nous comme un gong oriental alertant le peuple : nul n’est à l’abri des violences, des exactions et du crime parfois gratuit.
Le temps des Apaches armés de couteaux, de bâtons ferrés, de cannes-épées et chaussés de savates de combat est révolu, l’outillage est plus sophistiqué, plus précis comme s’il y avait une surenchère dans l’art de tuer.
« Il avait la tête chenue
Et le cœur ingénu
Il eut un retour de printemps
Pour une de vingt ans
Mais la chair fraîch’, la tendre chair
Mon vieux ça coûte cher
Au bout de cinq à six baisers
Son or fut épuisé ».
Tant de villes rasées, tant d’innocents assassinés pour de l’or et du poivre s’indignait déjà Michel de Montaigne dénonçant la conquête cruelle des Conquistadores.
Aujourd’hui, pour une montre, un bijou, une liasse de billets, une carte bancaire dont on fait dire le code par le supplice, on n’hésite pas à tuer.
« Quand sa menotte elle a tendu, triste il a répondu
Qu’il était pauvre comme Job
Elle a remis sa rob’ ».
La suite, tout le monde la connaît, la mignonne fait venir son coquin et à eux deux, ils lui font subir maints sévices avant de le tuer sauvagement.
Qui a dit que les fauves étaient dans la jungle ? Ils sont chez nous, au cœur des cités tranquilles où les fontaines, les oiseaux et les cloches d’églises distillent un chant de paix et d’amour.

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