Yasmina piqua deux roses célestes dans ses cheveux puis couverte d’un voile léger brodé, elle marcha dans les ruelles à la recherche d’une rose d’or promise en rêve.
Cette rose fabuleuse devait apporter le bonheur à sa famille selon une voix féerique émanant d’un nuage bleu aux franges dorées.
Des petites filles s’enfuirent à sa vue car elle leur semblait irréelle par son élégance si rare dans l’univers ocre et poussiéreux où elles vivaient.
Yasmina regretta de ne pas avoir emporté un sac de dragées et de douceurs sucrées aux amandes puis elle se dit que ce serait pour une prochaine fois, la rose d’or devant se dérober à chaque détour du chemin. Or, elle apparut sur le heurtoir d’une porte gardant l’accès d’un palais ancien où chuchotait l’eau d’une fontaine.
Elle activa le heurtoir et la rose d’or prit place sur son caftan côté cœur.
La porte s’ouvrit et une ravissante jeune fille l’invita à prendre place dans le jardin d’intérieur près d’un oranger et d’un citronnier.
Yasmina ferma les yeux pour écouter le murmure de la fontaine et le chant des oiseaux puis un parfum subtil et boisé lui révéla une présence masculine. Un homme souriant vêtu d’une gandoura de belle facture turquoise et or lui souhaita de connaître des heures agréables en sa compagnie.
Jawat, généreux comme son prénom l’indiquait, lui proposa de partager son repas du soir. Yasmina accepta avec la retenue polie requise en bonne société.
Un serviteur apporta du lait et des dattes ; après cette entrée prometteuse, ils lièrent connaissance en abordant des sujets de circonstance.
Cette étape amicale achevée, Yasmina se laissa conduire dans une pièce destinée au repos. Les murs étaient en faïence et un divan capitonné lui permit de s’étendre et de laisser son esprit vagabonder.
Elle somnola jusqu’à ce que Horia l’aide à se rafraichir et revêtir un caftan de cérémonie.
Ainsi vêtue, elle avait le charme d’une princesse orientale. Jawad la félicita pour sa magnificence et lui prit délicatement la main pour la conduire à la table de réception.
Après des ablutions à l’eau de rose, on leur servit la chorba dans de jolis bols de porcelaine, des bricks de viande hachée à la coriandre, un couscous prestigieux, une pastilla au lait et des cornes de gazelle.
Un joueur d’oud les aidait à patienter entre chaque plat.
Unis par ce repas de fête, Jawad et Yasmina laissèrent leurs idées se métamorphoser en phrases poétiques et furent à peine surpris de voir un voile d’or les envelopper de sa douceur langoureuse.
Ils purent ainsi échanger un baiser à l’abri des regards indiscrets et se mirer dans un miroir d’eau rosée présenté par des angelots annonciateurs de l’amour.

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