Pour se promener dans les rues animées de sa ville natale, le prince Nabil portait un masque d’or. Certes, il ne passait pas inaperçu mais chacun respectait sa volonté d’oser l’originalité.
Un jour, à l’étal d’un marchand, un coupon de mousseline rose brodée de lotus lui fit chavirer le cœur.
En tâtant délicatement l’étoffe précieuse, il croyait sentir glisser sous ses doigts le corps nacré de celle qui resplendirait une fois vêtue de nuage, de rêve et de poésie.
Il acheta le coupon sans marchander et le fit porter au palais par son serviteur dévoué.
De retour dans ses appartements, il mangea distraitement une grappe de raisin, cherchant un stratagème qui lui permettrait de trouver la perle rare digne de porter une véritable robe de princesse.
Il observa par la fenêtre l’animation des abords du palais et son regard fut attiré par une jeune fille aux cheveux dénoués et aux pieds nus. Elle était vêtue pauvrement mais lorsque leurs regards se croisèrent, Nabil sut qu’il avait trouvé sa princesse. Il demanda à sa nourrice Amina d’aller chercher la jeune fille sans la brusquer.
Amina la conduisit dans des appartements privés, la baigna et la parfuma puis la vêtit d’un caftan brodé de lys et la chaussa de babouches légères.
Ses longs cheveux furent nattés et lorsqu’elle apparut dans le salon du prince, Nabil crut voir la déesse du soleil. Il l’invita à prendre une collation en sa compagnie.
Oriane, la jeune mendiante élevée au rang de princesse fut heureuse d’avoir été choisie par un si beau prince.
Les jours suivants, il y eut de l’effervescence au palais ; couturiers, brodeurs et bijoutiers créèrent une robe de rêve avec le coupon de mousseline rose, des parures, des diadèmes et des bracelets de bras et de chevilles puis on prépara des noces prodigieuses sous le chant mélodieux des rossignols.

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