« Si je meurs, si je meurs
Tu mettras trois roses bleues
Sur mon cœur
Il te faudra les chercher
Trois saisons avant l’été
Là où le soleil se meurt
Dans la mer, dans la mer
Les rosiers y sont en fleurs
Je l’espère ».
La voix langoureuse de Richard Anthony invita Vincent à se promener sur la grève où se mourait l’écume de la mer.
Cette chanson était si mélancolique qu’il ne fut pas fâché de croiser des lavandières venues rincer leur linge dans une crique d’eau douce, leurs genoux sur le sable fin.
La gaieté de ces femmes qui chantaient pour se donner du courage chassa la mélancolie qui avait envahi le cœur du chanteur avec Les Roses Bleues.
Vincent esquissa un pas de danse et aida les lavandières à porter leurs paniers de linge blanc.
« Le soir venu les lavandières
S’en vont avec leur linge blanc
Il faut voir leurs silhouettes fières
Se détacher dans le couchant ».
Vincent but de la manzanilla en leur compagnie et savoura des pasteis de nata avant d’entonner pour leur plaire une chanson d’amour.
Le prisonnier de la tour obtint le suffrage des dames et Vincent les émut aux larmes en chantant une romance oubliée.
« Si le roi savait ça Isabelle
Isabelle, si le roi savait ça
A la robe de dentelle
Vous n’auriez plus jamais droit
Isabelle, si le roi savait ça ».
Vincent repartit chez lui, le cœur léger, persuadé que l’amour était une douce folie indispensable au bonheur humain.

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