lundi 4 juin 2018

Invocation aux Naiades



Au temps où les naïades  peuplaient  les rivières, les galets charriaient de l’or que l’on recueillait pour en faire des bijoux ou des statues sacrées. Puis un vent de folie chassa ces splendides divinités de notre pays et l’on pratiqua l’orpaillage  avec de solides tamis qui pulvérisèrent l’or dormant à valeur artistique pour l’offrir à des dieux du commerce sans foi ni loi.
Notre beau pays subit les dommages qu’avait connus le Nouveau Monde, mis à mal par les conquistadores, à l’exception des crimes.
On mourut à petit feu chez nous et des générations de Jacquou le Croquant se nourrirent de pain de fougères, faute de pouvoir s’alimenter de manière convenable.
La révolution balaya certains nobles arrogants mais il en resta suffisamment pour faire renaître les instincts de domination et d’arrogance égoïste de suzerains sans cœur.
On espère aujourd’hui que les naïades viendront de nouveau réguler le cours argenté des rivières mais hélas, des chevaliers d’industrie prirent le pas sur les nobles d’antan, utilisant les eaux fluviales comme déversoirs et c’est un combat incessant, de nos jours, entre les champions de la planète, reconnaissables à leurs couronnes de fleurs et les valets d’industrie, piètres émules du dieu forgeron Héphaïstos qui façonnait et ciselait des boucliers et des armes pour que les héros partent conquérir les mondes.
Naïades, mes amies, je vous ai cherchées en vain sur les rives des canaux nordiques et j’ai tant pleuré que je pouvais espérer que renaissent de mes larmes, ces divinités si nécessaires à l’harmonie de notre monde !
Naïades, ô naïades, je vous en supplie, revenez !

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