Un jour, le diable décida de frapper un coup fatal à Johnny qui lui volait la vedette auprès des déshérités de la vie. Il demanda à ses diablotins de lui fabriquer un archet magique capable de supplanter sur scène le chant, le déhanché et la guitare de Johnny, jamais la même, toujours la meilleure.
Des diablesses en costume de choristes furent sélectionnées pour le spectacle mais quand Johnny entonna J’en parlerai au Diable, on entendit nettement, en arrière -plan, le chœur des diablesses déroulant un autre couplet :
« Un jour, le Diable fit une java
Qu’avait tout l’air d’une mazurka
Valse à trois temps, il n’savait pas
Ce qu’il venait de composer là
Aussitôt la terre entière
Par cet air fut enchantée ».
Ce chœur maléfique disparut comme par enchantement lorsque Johnny, en contrepoint, eut l’idée d’interpréter Marie avec la seule force et la tendresse de sa voix.
Frappées au cœur par la sincérité de ses accents, les diablesses disparurent dans un brasier infernal, perdant définitivement l’archet satanique.
« Oh Marie, si tu savais
Tout le mal que l’on me fait
Oh Marie si je pouvais
Dans tes bras nus me reposer ».
Johnny fut exaucé et depuis il repose dans la tendresse des nuages auprès de la Mère des Mondes.

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