Rose oubliait les tracas de sa vie estudiantine sur un banc situé près de la statue dédiée à la mère du Ptit Quinquin lorsqu’elle le vit, celui qui allait donner un tournant à sa vie, Louis de Kinshasa.
Il marchait d’un pas décidé, son sourire énigmatique et conquérant effaçant le côté négatif de sa silhouette trapue et courte.
Il souleva élégamment son chapeau et lui demanda la permission de s’asseoir auprès d’elle.
Ils échangèrent peu de mots, l’essentiel se passant par l’intermédiaire d’une sorte de fluide qui abolissait le temps.
Rose disserta un peu sur l’histoire du Ptit Quinquin, l’hymne du Nord ouvrier.
Louis souriait, n’osant pas dire que dans son pays il était prince. Cette jeune fille lui semblait hors du temps mais toute sa personne inspirait l’amour. Elle ressemblait à La Jeune Fille à la perle, ce magnifique tableau de Vermeer de Delft qu’il se jura d’exposer sur le manteau de la cheminée de sa modeste chambre d’étudiant en journalisme, sous forme de reproduction.
La présence aux cours de l’école de journalisme lilloise étant obligatoire, Louis prit congé de la jeune fille en lui fixant audacieusement un rendez-vous dans sa chambre pour le repas de l’amitié avança-t-il. Rose accepta l’invitation sans hésiter, la crainte étant exclue de sa personnalité déterminée à toujours aller de l’avant.

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