Jonglant avec des torches enflammées, un jeune homme, arborant une crête iroquoise et portant un collier de perles bleues autour du cou, torse nu, exécutait une danse rituelle en chantant :
« Rivières, arbres, oiseaux, fleurs et papillons, j’en appelle aux divinités florales et lacustres pour que vous conserviez votre beauté naturelle !
Pomone, je t’invoque pour que tu redonnes vie aux vergers et aux jardins entretenus avec soin. Je te servirai avec amour. Mais que vois-je ? Est-ce son incarnation ? Qui êtes-vous, déesse au regard turquoise » ?
Ainsi interpellée, Aurore s’avança, déclina son identité et invita l’apparition à se présenter.
« Je suis Tekoa ; mon nom signifie Le Magnifique dans la langue de mes ancêtres. Permettez-moi de me défaire des torches enflammées qui pourraient créer des dommages à la nature. Elles étaient nécessaires pour mon invocation mais à présent elles ne présentent plus d’intérêt.
Je suis venu dans ce royaume car le tam-tam local m’a révélé qu’il se tenait ici un tournoi de poésie. C’est un genre qui me passionne mais, à mon arrivée, une nymphe m’a dit que les joutes littéraires étaient closes. Je vais donc repartir dans les montagnes qui m’ont vu naître.
N’en faites rien, beau prince ! Je suis à l’origine de ce tournoi. Mes parents, le duc Alexandre et la duchesse Rosemonde l’ont organisé pour que je trouve un époux conforme à mon inclination.
Je vais être franche et avouer que je ressens une certaine inclination pour votre personne. Sur la carte du Tendre, vous êtes placé sur la case Tendre-sur-Inclination. Pour gagner les hameaux de Tendre-sur-Estime et Tendre-sur-Reconnaissance, il ne tiendra qu’à vous de m’offrir les gages de Jolis Vers, Billet Galant et Billet Doux : la balle de l’amour est dans votre camp !
Qu’à cela ne tienne, divine Aurore : Je ferai ce qui est en mon pouvoir pour gagner votre estime et votre amour ».
Sur ces mots, Tekoa rassembla ses effets et suivit Aurore en son manoir afin qu’elle le présente à ses parents.
« Voici mon prince, chers parents ! Il souhaite ce titre et le méritera par ses gages d’amour ».
C’est ainsi que le duché referma le livre des joutes littéraires, dans la perspective d’un mariage harmonieux pour leur fille bien-aimée.

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